‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 27 sur 146 · IRLANDE · texte numérisé non relu

IRLANDE

et

L’Irlande est située entre 51° 20’ de latitude nord et entre 7° 35” et 12° 40” de longitude occidentale. Elle a, du nord au sud, 105 lieues dans sa plus grande longueur, et sa largeur extrême est de 62 lieues. On évalue sa surface à 3,970 lieues carrées.

Le climat de l'Irlande est analogue à celui de l'Angleterre, mais l'atmosphère y est encore plus humide, ce qui paraît résulter du nombre et de l'étendue de ses lacs.

Ce pays renferme une multitude de montagnes, dont quelques chaînes sont assez considérables , mais elles sont peu élevées.

Les forêts qui jadis couvraient l'Irlande sont remplacées aujourd’hui par des bogs ou marais qui forment un des traits caractéristiques du pays. L’Irlande recueille au fond de ces bogs le bois nécessaire à son usage. Ge bois est parfaitement conservé, et ce qui fait supposer que les troncs d'arbres qu’on retrouve sont de: restes d’antiques forêts de chêne, c’est que les eaux qui les recèlent semblent être chargées de tan : elles ont

la propriété de convertir en une sorte de cuir la peau des animaux, et quelquefois même celle des hommes qui sont engloutis dans leur profondeur. On y a découvert, dit-on , des ornements d’or et des restes d’antiquité.

Jusqu'en 1800, l'Irlande, qui depuis plusieurs siècles était vassale de l’Angleterre, eut son parlement séparé ; mais en 1801, il fut réuni à celui de la Grande-Bretagne.

Ce pays est administré par un lord-lieutenant nommé par le roi d'Angleterre, et qui correspond avec le secrétaire d'État pour les affaires de l’intérieur ; il réside au château de Dublin, où il tient une espèce de cour composée d’un secrétaire privé, d’un steward ou intendant, d’un chambellan, d’un écuyer, des gentilshommes de la chambre, des pages, elc.; ses appointements sont de 675,000 francs : il préside un conseil privé, dont les membres sont les principaux fonctionnaires de l'État.

En 1827, la noblesse irlandaise était représentée par deux cent dix-huit individus, savoir : cinq pairs du sang royal, un duc, quatorze marquis, soixante-seize comtes, quarante-huit vicomles, soixanteet dix barons et quatre pairesses ; ce corps de noblesse élit pour la vie vingt-huit membres de sa classe pour siéger dans la chambre des pairs de la Grande-Bretagne, où ont droit de siéger aussi un archevêque et trois évêques qui alternent à chaque session. Les communes sont représentées par soixante-quatre knights ou chevaliers, et trente-six burgesses ou bourgeois, en tout cent représentants.

L'Irlande est divisée en quatre provinces : Ulster, Connaught, Leïinster et Munster ; elles se subdivisent en trente-deux comtés, dont neuf pour la première, cinq pour la seconde, douze pour la troisième, et six pour la dernière.

On compte en Irlande quatre provinces ecclésiastiques ou archevêchés dont les siéges sont@Armagh, Dublin, Cashell et Tuam , et en vingt-deux évêchés suffragants.

Du, la capitale, est une ville populeuse et commerçante. Son gouvernement et sa police sont confiés aux soins du lord-maire, assisté d'un recorder, de deux shérifs, de vingt-quatre aldermen et d’un conseil municipal; la garde aux ordres d’un magistrat se compose de quarante cavaliers et de quatre cents fantassins qui fournissent des sentinelles à tous les postes convenables. Elle ne peut dépasser la route qui forme une enceinte autour de la ville.

On dirait que l'humidité de l'atmosphère qui entretient en Irlande une végétation si fraiche, y contribue aussi à la beauté du sang : il y a peu de peuples aussi beaux que les Irlandais. Ce n’est pas seulement dans les classes supérieures que l’on fait cette remarque : sous les haillons de la misère on trouve dans les campagnes des hommes grands et vigoureux, et des femmes dont les traits réguliers, dont les grâces et la fraicheur seraient enviés par plus d’une élégante de Dublin. La noblesse irlandaise, dédaignant généralement les occupations productives, àime le luxe et la dépense; mais la partie la plus riche de la nation est celle qui se compose des nombreuses familles anglaises et écossaises appartenant principalement à la classe industrielle : elle habite les côtes orientales et septentrionales de l’île. La population de l'Irlande se compose done de la grande masse des prolétaires indigènes séparés du reste des habitants par ieur manière de vivre, leur langage et leur abrutissement, et façonnés aux humiliations des propriétaires ; de riches Hat atu dont les mœurs et le langage ne diffèrent pas de ceux des Anglais; de presbytériens écossais, descendants de ceux qui, fuyant la persécution sous le règne de Jacques Ir et de ses successeurs, s’établirent avec leur industrie sur les côtes septentrionales de l’île: et de négociants anglais qui ont répandu le mouvement et la vie sur les côtes orientales.

Quoique l'Irlande soit inférieure à l'Angleterre sous le rapport de l'instruction, de l'industrie, du commerce et de l’agriculture, et que le petit cultivateur irlandais n'ait

pour nourrilure que des pommes de terre, ce qui à fait donner par les Anglais, à cette

ile, le nom de Land of potatoes (pays aux pommes de terre), elle possède des germes féconds de prospérité future : il suffit d'en donner pour preuve l’accroissement de ses produits en moins d’un siècle, et surtout celui de sa population. En 1726, celle-ci se composait de 2,309,000 individus ; en 14827, elle était de 7,672,000 âmes. Le recensement de 1831 la porte même à 8,200,000. Ainsi, chose extraordinaire, sa population a presque quadruplé en moins d’un siècle : ce qui annoncerait des ressources immenses ou une dépopulation considérable pendant les troubles et les révolutions qui ont si longtemps agité ce pays.

On voit souvent en Irlande des familles composées de six, huit et dix enfants, tous élevés dans une liberté insouciante et sauvage, aimés de leurs parents, gâtés comme le sont les enfants des riches et imprévoyants de l'avenir.

Les filles reçoivent une éducation très-superficielle : on leur apprend un peu de tout; elles ne savent rien. La plupart, jolies et gracieuses, naissent avec des qualités que l’on ne trouve pas toujours en Angleterre; elles ont de la douceur, de la bienveillance, un naturel heureux. Mais étourdies, négligées, violentes dans leurs expressions et leurs désirs, capricieuses et impétueuses, elles contrastent singulièrement avec la grave et modeste race saxonne.

Les fils, en grandissant, s’occupent surtout de politique; s’exaltant les uns les autres, ils exposent leurs opinions avec chaleur, et sont prêts à se couper la gorge pour les soutenir. Tout ce qui flatte leur orgueil les enivre. Voués à une coterie, mais sans patriotisme , ils sont peu disposés à faire un sacrifice personnel à leur pays. La chasse, la pêche, l’indolence remplissent leurs journées. Ils ne manquent cependant pas d’une certaine instruction variée, et ce sont les meilleurs enfants du monde tant qu’on ne les attaque pas sur la politique.

Cependant, quelle perspective s'ouvre devant eux? Le père possède une fortune médiocre; souvent même elle est si embarrassée qu'il ne peut, en restant en Irlande, ni la liquider, ni l’accroitre. S'il parvient à marier une ou deux deses filles, les autres restent à sa charge, augmentent la dépense du ménage ou vont passer six mois chez des amies, espèce de demi-mendicité que l’on accepte sans scrupule, et qui, voilée d’un prétexte de cordialité, fait taire les remords de l’orgueil.

IL arrive fort souvent que la fierté et la misère sont intimement liées en Irlande. La »remière s'efforce de couvrir, de protéger le fruit de ses propres entrailles; mais semblables à l'ombre empoisonnée du mancenillier, elle porte la mort sur le pays qu’elle couvre. Il faut espérer toutefois qu'avant peu d'années les classes supérieures sentiront l’absurdité de cet orgueil, et que les générations futures prouveront que la fierté irlandaise ne diffère en rien de celle qui donne à l’homme le sentiment de ses devoirs et rend une nation digne de respect.

Par quel moyen obtenir un tel résultat? comment apprendre à des gens fiers de leur nom et de leur oisiveté que le travail ne dégrade point l’homme, et qu'il est plus humiliant de mendier que de servir? La loi sur les pauvres telle qu’elle est établie en Angleterre suflirait-elle pour cela? ce n’est pas probable. IL existe une trop grande différence entre les deux nations. Il faut reconnaître que, sous le rapport de la civilisation, l'Irlande est restée bien loin de l'Angleterre. Les préjugés et l'ignorance la dévorent. Les Irlandais suivent toujours l’impulsion première. La loi s’oppose-t-elle aux préventions qui les dominent ils s'élèvent contre la loi. Est-elle conforme à leur idées, ils ne s’embarrassent guère alors si elles nuisent ou si elles conviennent au pays. Il est très-difficile de gouverner les basses classes en Irlande : le législateur doit connaître parfaitement leurs usages, leurs mœurs, leurs vertus et leurs vices.

Le respect, l'affection de l’ancien serviteur irlandais pour son maitre, tous ces ex-

cellents sentiments sont bien déchus. Jadis l'Irlandais était fier de son rang, de sa supériorité de race; aujourd’hui il est fier de sa personne. L’orgueil n’a pas diminué; il a seulement changé d'objet. |

Jamais les Irlandais ne pourront acquérir le sage esprit d'indépendance qui donne au paysan anglais les manières honnêtes et franches qui le caractérisent. En Angleterre, le fermier n’est que civil envers son propriétaire; en Irlande, il est bas et rampant, capable de venger en secret sur son maître une injure personnelle, quoiqu’en sa présence il ait toujours Pair d’un esclave; car, sous cette apparence d’abaissement, l'orgueil subsiste. |

Nés avec un tempérament ardent et impressionable, les Irlandais exposent leur vie avec indifférence; le wiskey allume en eux des transports de fureur effrayants et les convertit en bêtes féroces. Néanmoins, ces fureurs, ces transports ne leur tent pas leur bonté de cœur naturelle. Deux boxeurs qui luttent ensemble, deux gladiateurs qui font assaut, ne sont point pour cela ennemis. Il en est de même des Irlandais quand ils se battent. C’est un amusement qu’ils trouvent plus excitant que les autres, et auquel le sentiment du danger prête un nouvel attrait.

Les mœurs sociales parmi les paysans de l'Irlande sont beaucoup moins avancées qu’en Angleterre. La loi n’y a point encore été fermement élablie : on n’y croit pas. D'un autre côlé l’animosilé qui divise les factions est implacable; les vieilles traditions de haine et de vengeance se conservent et se perpétuent soigneusement dans les tribus et dans les familles, et ces haines sont irritées par ceux-là mêmes qui devraient travailler à les éteindre; enfin le courage y est l’objet d’une vive admiration : tout cela, joint à l'influence du wiskey, contribue à entretenir chez les Irlandais cette humeur batailleuse qu’un observateur superficiel appellerait une sauvage barbarie. Il n’en est rien cependant. Convenablement dirigée, elle se changerait facilement en une valeur guerrière; c’est un élément admirable entre les mains d’un sage législateur, et qui deviendrait le fond du caractère national.

Il n’y à pas au monde de meilleurs soldats que les Irlandais, quand ils sont bien disciplinés. Il existe point d'hommes qui supportent plus patiemment les privations et les souffrances, qui affrontent la mort avec plus de sang-froid; tout ce qu'ils demandent, c'est que leurs chefs ne manquent ni de courage ni de vigueur, et sachent les conduire; mais un gouvernement faible, vacillant, pusillanime, un landlord susceptible de lâches craintes: jamais le peuple irlandais ne se laissera gouverner par eux!

En énumérant les éléments nécessaires qui doivent former un bon caractère national, un des plus grands philosophes de l'antiquité exige, outre le courage physique, une vive et prompte intelligence. Eh bien! aucune nation, pas même celle des Grecs, ne l’emporta à cet égard sur les Irlandais. Les Anglais, obstinés à ne voir chez leurs voisins que le mauvais côté des choses, appellent cela subtilité, fausseté, imagination déréglée, humeur grotesque mêlée d'accès de sensibilité; ils condamnent également toutes ces ruses évasives qui finissent trop souvent par le parjure, et derrière lesquelles le pauvre Irlandais bataille contre la loi. |

Les étourderies amusantes de celui-ci proviennent de la même source. C’est qu’une grande vivacité d'intelligence s'accorde rarement avec le sens commuu qui résulte du calcul : or, les Irlandais ne sont pas calculateurs. — « Le sens commun, dit lady Chatterton, qui certes est favorablement disposée pour l'Irlande, le sens commun est ici d’une rareté déplorable. Il manque, et tout manque à cause de lui. Les portes mal fermées de chaque chaumière, les fenêtres bouchées avec de la paille, ce qu'on fait el ce qu’on ne fait pas; les amas de fumier qui obstruent l'accès des maisons, la fumée qui s'échappe de toutes les ouvertures, excepté de la cheminée, tout signale l'absence

du sens commun. Pourquoi les hommes se couvrent-ils de manteaux si lourds et si épais pendant les jours les plus chauds de l’année? Pourquoi la jeune fille du village, chargée d’un panier, retrousse-t-elle sa mante, la seule qu’elle possède, pour déposer au fond de son vêtement ce même panier, dont le poids va endommager l’étoffe? C’est le manque de bon sens qui est cause de tout cela, et cette sorte d’infirmité se reproduit dans mille circonstances.» |

Néanmoins, il serait injuste de conclure que la fausseté, la perfidie, la légèreté d’esprit soient la conséquence nécessaire d’une vive intelligence.

« D'ou vient, dit un écrivain anglais, que de tous les défauts de la population irlandaise le plus prononcé soit le penchant au mensonge? Nous allous essayer de résoudre ce problème : Supposez un homme au cœur chaud, à la tête ardente, sympathisant avec quiconque souffre ou est en danger, même avec les criminels; supposez-le négligé par ses supérieurs, el ignorant ce que c'est que la loi; que ceux qui le gouvernent lui soient représentés journellement comme ses ennemis et Les ennemis de son pays, comme des oppresseurs contre lesquels il est en droit de $e soulever; qu’une pareille doctrine soit confirmée à ses yeux par des exemples tirés des anciens temps. Supposez-lui encore l’éloquence du langage, une faculté singulière d'invention, la disposition à s’amuser en parant une altaque et en embarrassant son adversaire; que, chez lui, la religion tourne à la superstition ; qu'il soil accoutumé à chercher des compromis, même avec la justice de Dieu, à faire des restrictions mentales, à compter sur une puissance qui le relève de ses serments, puissance hostile au magistrat el à la loi; qu’un tel homme soit condamné à l'oppression, astreint à un travail sans récompense, réduit à la pauvrelé, forcé de vivre de ressources; vous élonnerez-vous après cela qu’il contracte l’habitude de la dissimulation, et qu’on dise de lui : Parole irlandaise! mensonge irlandais ? »

M. Carlton nous inontre l’Irlandais devant la barre du tribunal :

« Nous devons reconnaitre, dit-il, que son habilité à soulenir un contre-interrogatoire égale presque celle qu’il déploie à établir un alibi. Il possède une versatilité d'esprit qui le rend toujours prêt à la riposte, un bonheur d'invention qui déconcerte ordinairement l’homme de loi le plus expérimenté, une simplicité apparente qui est impénétrable, une vis comica qui arrache des larmes aux Juges eux-mêmes, et des démonstrations de chagrin si originales qu’elles excitent un rire fou. Est-il serré de près, ses ressources sont inépuisables : l'adresse avec laquelle il tâche de gagner du temps, afin de combiner ses réponses , est merveilleuse. Étudiez un peu sa physionomie ; quel air de préoccupation ! quel regard timide! Ce corps déhanché, ces membres qui semblent mal attachés, et cette grande redingote en ratine, ne promettent pas beaucoup; parfois, notre homme donne à ses traits une expression de simplicité et de confusion admirable. Vous n’attendriez de lui que bévues et stupidités. C’est de sa part pure hypocrisie ; observez avec quelle circonspection il place son chapeau sur le banc; avec quel air sournois et madré il relève sur la hanche la ceinture de son pantalon, comme s’il préparait ses reins pour une lutte au pugilat.

» Le premier interrogatoire est terminé : voici l'instant du contre-interrogatoire. Paddy redouble de circonspection et de prudence ; ses yeux bleus fixés sur les yeux de l’homme de loi, et comme plongeant dans le regard de celui-ci, il attend le premier coup. La question arrive enfin. Paddy change de position, fait un mouvement des épaules el s'agite dans sa grosse redingote; puis il renvoie la question à l'avocat, sans y changer une syllabe, afin de bien s'assurer que c’est là ce qu'on lui demande; car Paddy a de la conscience. Les deux adversaires déploient une habilité égale; l’un est un vétéran stylé aux termes techniques de la jurisprudence, maniant tour à tour l'iro-

nie, le sarcasme, les quolibets; l’autre, un pavre paysan comptant seulement sur la juslice de sa cause et ses dons naturels, dénué d'expérience et d'éducation, et n’ayant d'autre arme que sa modestie. »

Après avoir parlé des rires frénétiques qui éclatent presque toujours pendant le cours de ce contre-interrogatoire; M. Carlton ajoute :

« Il n’est pas impossible qu’une telle manière d’administrer la justice n’encourage Paddy dans ses restrictions mentales et dans son indépendance. L'idée d’être enchaîné par les nombreux serments qu’on exige de lui l’inquiète. En effet, pour la plupart des Irlandais un serment est quelque chose de solennel et de sacré; mais deux ou trois témoignages prêtés devant le tribunal guérissent bien vite ce scrupule. Grâce à lindifférence et au laisser aller avec lequel on prête serment, à l'accent musical que prend la voix, et à la rapide prononciation de la formule obligée, cet acte véritablement sérieux devient une scène d’un grotesque parfait. Il n’est plus question de vérité et de réalité; c’est une sorte de représentation dramatique où la fiction abonde, et qu'égayent le mérite et l’à-propos de la pantomime. N'oublions pas la ressource que Paddy s’est donnée de baiser son pouce dans les moments critiques; il en tire un parti merveilleux. Comment parviendrait-il à échapper si heureusement aux attaques et aux embüches du contre-interrogatoire, et à rendre si clair ce qui semblait si obscur, s’il n’était pas persuadé qu'en baisant son pouce au lieu de l'Évangile, non-seulement il ne s’est lié par aucun serment, mais qu'il s'est assuré au contraire un champ plus large et plus libre pour ses inventions? Que s’il est forcé de baiser le livre même, il se console et étouffe les scrupules de sa conscience en réfléchissant qu'après tout ce n’est qu’une Bible de loi (law Bible). »

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