‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 29 sur 146 · ILES ORCADES · texte numérisé non relu

ILES ORCADES

Ces iles sont appelées Orkney par les Anglais. Elles sont situées entre 58° 49' et 590 22 de latitude, nord, et entre 4° 55’ et 5° 35’ de longitude occidentale.

On peut les diviser en deux groupes, dont l’un, au nord, est séparé de l’autre par les frths ou canaux de Westray et de Stromsay, et se compose de seize îles et îlots. Le deuxième groupe qui comprend le reste des terres est séparé du comté de Caithness, en Écosse, par le firth de Pentland.

Les Orcades sont situées dans la zone tempérée; le plus long jour y est de dix-huit heures et quelques minutes; dans la plus grande partie du mois de juin, il fait tellement clair à minuit qu’on peut facilement lire une lettre dans sa chambre.

On prétend que les Pictes furent les premiers habitants ou possesseurs des Orcades. Cette opinion, parait confirmée par l'existence de ruines auxquelles les Orcadiens se sont toujours accordés à assigner une origine pictique, el aussi par l’usage de la langue norse, qui a été parlée par le peuple jusque vers le milieu du dernier siècle, et qui a la plus grande affinité avec l'idiome gothique, peu différent du teutonique que l’on croit avoir été employé par les Pictes. Ce peuple était originaire de la Germanie; il venait des bords de la mer Baltique, du duché de Mecklembourg et de la Poméranie.

L'époque à laquelle cette peuplade germaine descendit aux Orcades est à peu près inconnue. Quelques-uns la font remonter à l'an du monde 4867; d’autres pensent qu’elle n’y est arrivée que beaucoup plus tard et du temps de Reuther, roi d'Écosse. Ces derniers racontent ainsi cette émigration : Les Écossais étaient alors en proie à la guerre civile, et chacun des deux partis comptait dans ses rangs un nombre considérable de Pictes. Ceux de ces derniers qui combattaient sous les ordres de Géthus, leur roi, ayant été presque entièrement détruits, et une invasion des Bretons en Écosse leur faisant craindre de ne pouvoir résister à ce nouvel ennemi, ils se réfugièrent dans les parties les plus reculées du comté de Gaithness, et de là passèrent aux Orcades. |

La population que l’on pense avoir élé beaucoup plus considérable autrefois est évaluée aujourd’hui à un peu plus de 23,000 habitants, qui peuvent être divisés en trois catégories : 4° les seigneurs, propriétaires de presque toutes les terres ; 2° les marchands et les artisans; 5° les fermiers et Les laboureurs qui forment plus des huit dixièmes du nombre total.

Les Orcadiens justifient encore de nos jours la réputation de beauté et de vigueur dont jouissaient leurs ancêtres.

Ils sont assez grands, robustes, et ont en général une physionomie agréable. Les femmes surtout sont très-jolies; elles sont fécondes, et ont des enfants dans un âge très-avancé. ei

De bien faibles traces des mœurs antiques se sont conservées parmi les Orcadiens ; ils semblent prendre à tâche d’imiter les habitudes des Écossais, leurs voisins et presque leurs frères, dont ils copient jusqu’à l'accent, au lieu de conserver celui qui aurait pu rappeler leur origine danoise ou norwégienne. [ls sont intelligents, polis, hospitaliers, et éminemment susceptibles d'être entièrement civilisés.

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