FEMME DE TORNA-HARAD
PAYSAN DE JERFSO.
gie.)
{ Helsin
{ Scanie.)
vinces méridionales, les malheureux Dalécarliens qui y viennent par centaines chercher de l'ouvrage. Leurs excursions annuelles ont ordinairement lieu aux premiers jours de printemps; jusqu’à leur retour qui s’accomplit vers l’automne, le soin de la terre est laissé au vieux père, à l'épouse ou à quelque voisin. Le Dalécarlien est trèsfrugal et fait sa nourriture habituelle de pain, de gruau; trois ou quatre sardines et quelques pommes de terre lui composent un diner délicieux. En général, on ne voit figurer l’eau-de-vie et le beurre que dans les maisons riches, et ce n’est que dans les solennités que l’on brasse la bière nommée hogtidsricka (bière de fête). De même que dans tout le nord du royaume, on mange en Dalécarlie une espèce de pain appelé tunnerod , façonné en grandes galettes très-minces, et pliées après avoir été passé au four ; ce pain se fait ordinairement d'orge ou d'avoine, quelquefois, surtout à Battvik, de farine de pois; mais les habitants des paroisses pauvres sont toujours obligés d'y mêler une portion de farine d’écorce d'arbre. L'antique hospitalité du Nord est encore religieusement observée en Dalécarlie; les habitants partagent leurs modestes provisions avec l'étranger, et regarderaient comme une malhonnèêteté de lui demander son nom avant de l’avoir convenablement hébergé. Le Dalécarlien a conservé cet usage, du temps où les lois de l'hospitalité prescrivaient le devoir de protéger tout individu qu’il recevait chez soi, sans même en excepter l'ennemi, et craignant de découvrir quelquefois un nom odieux, il préférait de ne pas le connaître.
En Dalécarlie, la garde-robe d'un ménage est un objet assez coûteux. Elle compose une partie considérable de la valeur du mobilier; car les costumes sont différents, non-seulement dans toutes les paroisses, mais varient encore dans chacune, selon l'importance des solennités ; il en résulte qu'on voit souvent dans une maison, les quatré murs d’une pièce considérable garnis d’habits, la plupart cependant faits d’étoffes fabriquées par les paysannes elles-mêmes. Les femmes de Leksand et celles de Mora portent des jupons noirs et plissés; le nombre de ces plis indique l’état de leur fortune.
Le HELSINGIEN, ou habitant de la province de Helsingie, a été surnommé le Hollandais du Nord, parce qu’en effet on remarque en lui ce calme, cette persévérance, cet esprit actif et industrieux, et cetamour de la proprelé qui caractérise Le véritable Hollandais. Cependant, il y à de nombreuses dissemblances entre ces deux peuples. Ainsi, le Helsingien n’est dépourvu ni de vivacité, ni même d’une certaine impétuosité lorsqu'il est provoqué; il possède, à la guerre, le courage calme du vrai soldat. On lui reproche quelquefois un peu d’entêlement et de vanité, principalement aux habitants des villages commerçants de Bollnas et Delsbo , chez lesquels le désir du gain a altéré les qualités natives. Toutefois, la Helsingie est peut-être la partie de la Suède où la civilisation soit le plus avancée. Dans leur conversation, les paysans font preuve d’une grande urbanité; presque tous savent lire, et l’on voit assez communément dans leur demeure une petite bibliothèque formée de livres historiques et religieux.
JERFSo renferme l'élite des paysans de la Helsingie. Ses habitants sont de haute taille, avec des cheveux ordinairement blonds, des yeux bleus et pleins de vivacité, et des manières qui dénolent l'assurance des personnes au-dessus du commun. Comme tous les autres, ils sont hospitaliers, mais ils se distinguent par plus de franchise et de loyauté que leurs compatriotes.
Le paysan de Jerfso a conservé le costume helsingien dau sa forme primitive. C'est ce qui nous a engagé à le reproduire dans nos FACE
Les ScANIENS peuventêtre divisés en trois grandes tribus : ceux qui habitent le nord de la Scanie, qui ont la taille élevée, les yeux vifs, et sont adroits, agiles et entreprenants; les Scaniens Sla-bon, où habitants du pays plat ; qui se distinguent par l'indo-
lence et la lenteur, une taille courte et ramassée, et des traits larges et grossiers; enfin, les individus qui occupent la partie sud-est de la Scanie; ceux-ci ont le visage maigre, anguleux et pâle; leur costume et leurs manières indiquent une peuplade de pêcheurs.
Les habitants de HarnTAn-Harap, dont nous donnons le costume, sont moins indolents et moins lourds que leurs voisins, et leur manière de se vêtir ne manque pas de grâce. Nous donnons aussi quelques planches représentant les habitants de TornA- Harap el de WEMMENTROGS-HAraD.
Nous ne dirons rien des Lapons, que nous avons décrits à l’article Russie.
NORWÉËGE.
La Norwége est située entre 57° 58 et 71° 10’ de latitude nord et entre 2%et 29/ de longitude est. Elle a pour bornes : au nord, l'océan Glacial-Arctique; à l’ouest, l’Atlantique et la mer du Nord; au sud, le détroit de Skager-rack, qui la sépare du Jutland ; à l’est, la Suède; et au nord-est, la Russie. On évalue sa superficie à 15,670 lieues carrées.
Les côtes présentent denombreux escarpements et une multitude d’enfoncements; au sud, se présente le golfe de Christiania; à l’ouest, sont le Bukke-fiord, le Hardangerfiord, le Drontheims-fiord; au nord, le West-fiorden, l'Ulvs-fiord, le Lyngen-fiord, l'Owænanger-fiord , l’Alten-fiord, le Porsange-fiord, le Lags-fiord, le Tana-fiord et le Waranger-fiord. D’innombrables îles les entourent : le groupe le plus considérable est, sur la côte nord-ouest, celui des Lofoden, dont les îles Senjen, Hvaloen, Ringvadsoe, Arenoe, Sœroe, Seiland, Qvaloe, et Mageroe, forment la continuation nord-est; on remarque à l’ouest, Hitteren, Smœæelen et Froyen; les montagnes sont également en grand nombre, ainsi que les cours d’eau et les lacs.
L'aspect de la Norwége est grand et majestueux, mais généralement dépourvu de grâce. Le sol, souvent pierreux et stérile, est en général assez bon dans le sud; il ya des terrains très-productifs dans les environs de Bergen. On n'évalue les terres de labour qu’au centième de la superficie, et les récoltes en grains sont loin de suffire à la consommation : on y supplée par des importations considérables de blé. En été, la longueur extraordinaire du jour compense le peu de durée de cette saison; la chaleur y est telle que le blé mürit avec rapidité; on cullive aussi, dans quelques endroits, de l’orge et de l’avoine, et, dans la partie méridionale, quelques fruits; les autres productions sont des légumes, surlout des pommes de terre, du lin, du chanvre, du houblon, beaucoup de cumin, et quelques plantes propres à la teinture. Les immenses forêts qui couvrent les montagnes sont peuplées de pins, de frênes, et principalement de sapins d’une grosseur et d'une hauteur extraordinaires : ces bois sont une branche importante d'exportation; il y a de bons pâturages où l’on élève beaucoup de bêtes à cornes de petite espèce, des chevaux petits, mais pleins de feu, des moutons, des chèvres en plus grand nombre et des porcs. Dans la Laponie norwégienne, les troupeaux de rennes forment la seule richesse et presque la seule nourriture des habitants. Le gibier abonde partout ; les forêts sont remplies d'ours, de loups, de lynx, de renards, de chats sauvages, elc. Il y a des oiseaux de différentes espèces, une multitude innombrable d’oiseaux aquatiques fournissent aux insulaires des œufs et de l’édredon. Les cours d’eau et les lacs nourrissent des castors, des loutres et beaucoup de poissons; les côtes sont fréquentées par des baleines, des chiens de mer, des morues, des harengs, des homards
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