‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 40 sur 146 · 462 EUROPE. -— DANEMARK · texte numérisé non relu

462 EUROPE. -— DANEMARK

aimables que celle de Copenhague. Mais, comme l’économie la plus sévère préside à toutes les dépenses de l'État, on ne voit guère ici cet éclat, cette pompe que les esprits bornés regardent comme nécessaires à l’autorité suprême; on peut, depuis la destruction du magnifique château de Christiansberg, dire avec raison, que la cour de Danemark n'est que la première parmi les bonnes maisons de Copenhague.

» La première noblesse, les ministres ainsi que les ambassadeurs étrangers, se conforment naturellement au goût qui règne à la cour. On a reproché aux hauts cercles de donner au jeu et au diner une place trop importante parmi leurs amusements, ce qui ne prouve pas que l'esprit y est plus rare que dans les cercles du même rang en France, mais qu'on est plus gêné par l'étiquette et par la pénurie d’amusements publics.

» La classe moyenne, composée de plusieurs fonctionnaires publics, des officiers, surtout de la marine et de l'artillerie, ainsi que de quelques gens de lettres, est ici, comme partout, la partie la plus aimable de la nation. Il n’y a, dans tout le Nord, aucune capitale où cette classe ait plus d'instruction et d’honnêteté. Mais la sociabilité domestique est d'abord rétrécie par cetle réserve qui fait partie du caractère national, et qui empêche, ou du moins rend plus rares ces réunions à la française, sans gène et sans cérémonie; ensuite les hommes de quelque talent ou de quelque amabilité sont absorbés par les clubs; c’est-à-dire par une vingtaine de réunions, semblables aux lycées, où l’on joue, converse, mange, boit, lit les gazeltes, etc., et où les femmes ne sont admises que les jours où la musique et la danse viennent chasser de ces salons la politique. Il est vrai que ces fêtes sont ordinairement très-brillantes, surtout le jour de la naissance du roi; mais elles sont uniformes et monotones. Chaque club a son esprit, son ton et ses habitués; ces coteries, ordinairement scrupuleuses dans le choix des membres perpétuels, donnent aux voyageurs qui ne font que passer, un accès facile. En revanche, un étranger qui ne parle pas la langue du pays pénètre difficilement dans l’intérieur des familles, y déplait et s’y ennuie.

» Cette organisation de la vie sociale est vraiment gênante pour celui qui vient à Copenhague sans s'être procuré une foule de recommandations très-particulières; car il ne trouve qu’un seul théâtre, point de fêtes publiques, et les lieux de réunion ouverts à tout le monde y sont généralement abandonnés à la mauvaise compagnie. Les cafés et les restaurateurs ne s'élèvent qu’à la médiocrité, et encore le plus souvent restent en deçà.

» Il faut cependant observer que dans le milieu de l’été, un parc royal, distant de trois lieues de Copenhague, devient pour quinze jours le séjour des plaisirs et le point de réunion pour toutes les classes de la société, qui s’y rendent sous prétexte de boire de l’eau d’une fontaine renommée. Le jour d'ouverture est le Longchamp de Copenhague. Les belles soupirent après un tour à cette fontaine, qui, à ce qu’on dit, est quelquefois la fontaine de l’amour.. »

M. Balbi indique ainsi la position astronomique des États confédérés, de l'Allemagne: longitude orientale entre 2° 30’ et 18° environ; latitude entre 45° 30’ et 55° :. Ils ont pour confins : au nord la mer d'Allemagne ou du Nord, la monarchie danoise et la mer Ballique. A l’est de la monarchie prussienne et de l'empire d'Autriche qui ne sont pas compris dans la confédération, le royaume actuel de Pologne et la république de Cracovie. Au sud , les pays de l'empire d'Autriche qui n’appartiennent pas à la confédération, la mer Adriatique et la confédération suisse. À l’ouest, la monarchie Française et les Pays-Bas. |

La totalité de la confédération germanique offre une superficie de 184,000 milles carrés ; sa population absolue à la fin de 1826 s'élevait à environ 54,200,000 âmes.

Cette confédération se compose des pays suivants :

Toute l'Allemagne (Deutschland où Teutschland des Allemands), ou le ci-devant empire

germanique, à l'exception de presque tout l'évêché de Liége, réuni au royaume actuel de Belgique, de l'évêché souverain de Bâle, de deux des quatres villes forestières et du Frickthal, agrégés à la confédération suisse, et de quelques enclaves réunis à la France, plus le grand-duché de Luxembourg et quelques petites fractions détachées dernièrenent de l'Alsace et de la Lorraine.

Cette confédération formait autrefois l'empire germanique, qui, avant la guerre de la révolution était divisé en neuf cercles : d'Autriche, de Bavière et de Souabe, au sud; de Franconie, du haut Rhin et du bas Rhin, au milieu; de Westphalie, de haute Saxe ct de basse Saxe, au nord. Outre ceux-ci, il y avait d’autres pays qui ne dépendaient d'aucun cercle, mais qui étaient considérés comme faisant partie de l'empire. Les neuf cercles renfermaient un grand nombre d’États tant séculiers qu’ecclésiastiques de différente étendue, et soumis à des princes indépendants les uns des autres. Tous ces États (environ 300) étaient réunis pour les intérêts généraux sous un chef électif, qui portait te titre d’empereur d'Allemagne ; dignité depuis longtemps héréditaire dans la maison d'Autriche.

En 1801, la paix de Lunéville ayant confirmé à la France la cession de la rive gauche du Rhin apporta de grands changements dans l'empire germanique. Presque tous les États ecclésiastiques à la droite du Rhin furent sécularisés, et on supprima toutes les villes impériales, à l'exception de dix. Ces pays furent donnés comme indemnité aux princes séculiers, qui avaient perdu des provinces à la gauche du Rhin. Les électorats

: Dans ce calcul sont compris tous les pays regardés comme faisant officiellement partie de la confédération germanique,

de Trèves et de Cologne furent supprimés et on en créa quatre nouveaux : ceux de Salzbourg, de Wurtemberg, de Bade, et de Hesse-Cassel. Les villes libres qui restèrent furent : Hambourg, Lubeck, Brème, Francfort sur le Mein, Augsbourg et Nuremberg.

Dans l’année qui suivit la paix de Presbourg, c’est-à-dire en 1806, l'empire germanique fut entièrement dissous, et une grande partie des États qui le composaient se réunirent sous la protection de la France pour former la CONFÉDÉRATION pu RHin. Les traités de Tilsit (1807) et de Vienne (1809) ajoutèrent de nouveaux États à cette fédération, qui en 1813, époque de sa dissolution, en comptait 34, dont les principaux étaient le royaume de Saxe avec le grand-duché de Varsovie, les royaumes de Bavière, de Wurtemberg et de Westphalie, les grands-duchés de Bade, de Berg-Clèves, de Hesse-Darmstadt, de Wurzbourg et de Francfort. Le souverain de ce dernier grand-duché avait le titre de pr ince primat et présidait le collége des rois, composé des princes qui gouvernaient Îles États que nous venons de nommer. Les autres États, beaucoup moins considérables, formaient le collége des princes, qui était présidé par le duc de Nassau-Usingen. Il comptait 24 États qui tous forment partie de la confédération actuelle à l'exception de ceux de Nassau-Weilbourg, de Leyen, d’Isenbourg-Birstein, de Reuss-Lobenstein et de Saxe-Gotha, qui ont cessé d'exister, soit par l’extinction de la maison régnante, comme Saxe-Gotha, Reuss-Lobenstein, etc. soit pour avoir été agrégés comme princes médiats à d’autres États, comme ceux de Leyen et d’Isenbourg-Birstein.

À la suite des événements qui en 1814 et 1815, changèrent la face de l’Europe, il se forma à Vienne une nouvelle confédération qui prit le titre de Confédération germanique ; c'est celle dont la description nous ccupe en ce moment.

D'après l'acte fédératif du 8 juin 1815, les États de la confédération ont des droits égaux. Les affaires sont confiées à une diète qui se réunit soit en assemblée ordinaire, soit en assemblée générale. Dans l'assemblée ordinaire, les États sont représentés par leurs plénipotentiaires, qui votent, soit individuellement, soit collectivement. Le nombre des voix est de dix-sept. Ainsi les quatre duchés de Saxe n’en forment qu’une; ceux de Brunswick et de Nassau, une; les deux grands-duchés de Mecklenbourg, une ; le grand duché de Holstein- Diderboute/ les trois duchés d’Anhalt et les deux principautés de Schwarzbourg, une ; les principautés de Lippe, de Waldeck, de Reuss, de Lichtenstein et de Hohexzollern , une; le landgraviat de Hesse-Hombourg et les quatre villes libres de Brême, Lubeck, Hambourg et Francfort, une; le duché de Luxembourg, une; le Danemark, pour les deux MÈRE de Holstein et dé Loue une ; et enfin chat des autres États de l'Allemagne, une.

C'est seulement lorsqu'il s’agit de Hélileres sur une loi fondamentale ou sur une affaire d'intérêt commun que la diète se constitue en assemblée générale. Dans cette assemblée, les voix sont réparties en raison de l'importance des États. Ainsi, l'Autriche, la Prusse, la Bavière, la Saxe, le Hanovre et le Wurtemberg en ont chacun quatre, le grand-duché de Bade, la Hesse électorale, le grand-duché de Hesse, le Danemark pour ie Holstein et le Lauenbourg, et enfin le duché de Luxembourg en ont chacun trois ; les duchés de Brunswick, de Mecklenbourg-Schwerin et de Ne en ont chacun Hé les vingt-cinq autres États en ont Cr une. Il est cependant nécessaire de Étre ubsétyer que .les quatre duchés de Saxe en ont cinq par suite de l’extinction de la branche de Saxe-Gotha , en 1829; que la seigneurie de Kniphausen n'ayant été déclarée État souverain que depuis l’organisation de la confédération, n’a pas de voix individuelle, et que les trois principautés de Reuss, partagées en deux branches, n’ont que deux voix à la diète. Le nombre total des voix est de soixante et dix.

En assemblée ordinaire il suffit de la majorité absolue des suffrages pour décider une question; landis que dans l'assemblée générale il faut les deux Liers des voix. Lorsqu'il

y a partage, le président, qui est toujours un représentant de l'Autriche, décide la question.

Une solidarité générale a lieu , en cas de guerre, pour tous les États de té confédéra- Lion ; aucun d'eux ne peut entamer de négociations particulières avec l'ennemi sans le consentement des autres. Dans les démêlés qui pourraient s'élever entre eux, les États confédérés s'engagent par l'acte fédératif à ne point se faire la guerre, mais à soumettre leurs différends à la décision de la diète. La ville libre de Francfort sur le Mein est le siége de la diète, et à ce titre peut être considérée comme la capitale de la confédération.

Selon les dispositions prises dans la diète en 1822, l’armée fédérale doit être fournie par les États de la confédération à raison d'un soldat par cent habitants pour l’armée active, et d'un soldat par deux cents habitants pour l’armée de réserve. Cette armée est commandée par un général nommé par la diète, et est partagée dans les douze corps suivants :

Hommes.

L''ILet Hlfournis par l’Autriche, formant un total de, * .. . . . , . . . . . . ‘94,829 IV, V et VI fournis par la Prusse, formant un total de . . . . . . . . . . . . . 79,234 VII fourni par la Bavière, . . . ae + = . 199,600 VIIL fourni par le Wurtemberg, Bade et He hAUd-OUCAlONR NAN, st 7320, + 50H50 IX fourni par le royaume de Saxe , Hesse électorale et Nassau. . . . . . . HAUTE X fourni par le royaume de Hanovre, Holstein-Lauenbourg, Mecklenbourg, Olenbourg, Brunswick et les villes anséatiques de Hambourg, Brême et Lubeck. . . . . , . . 928,058 XI. La division d'infanterie de réserve, pour compléter les garnisons des forteresses fédérales, est fournie par les trois duchés et le grand-duché de Saxe, les duchés d’Anhalt, les principautés de Schwarzbourg, Hohenzollern, Liechtenstein, Waldeck, Reuss, Lippe, le landgraviat de Hesse et la république de Francfort Var FU, AE 11,566 XIL fourni par le grand-duché de Ne pour la BaThisO he la forteresse fédérale de DAROMRDQUrS "ie dd. « Ë PA LUN Ag eh a ph) Fo SR NE ST ARS CE OU 4 ,4

Total de ie TOULON TT RE EME. 507484

Dans ses possessions, la confédération renferme quelques villes regardées comme forteresses fédérales. Les trois principales sont : Luxembourg, dans le grand-duché de ce nom; les Prussiens ont le droit d'y former une partie de la garnison ; Mayence, appartenant au grand-duché de Hesse, où les Autrichiens et les Prussiens ont le droit de former la garnison conjointement avec les Hessois;. Landau, possédée et présidée par la Bavière. Dans les protocoles du congrès de Vienne de 1815, il a été établi que l'on construirait une quatrième forteresse fédérale pour la défense du haut Rhin.

On doit remarquer que la confédération n’a point de flotte fédérale, quoiqu’elle possède quelques ports dans les États des princes qui en sont membres.

Nous passerons maintenant à la description particulière de chacun des États de la confédération. |

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