‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 41 sur 146 · BAVIÈRE · texte numérisé non relu

BAVIÈRE

Ce royaume a pour bornes : au nord, la Hesse électorale.et les États des maisons de Saxe et de Reuss; à l’est, l'extrémité du royaume de Saxe et l'empire d'Autriche (le royaume de Bohême et le gouvernement de la haute Autriche); au sud, l'empire d’Autriche (le Tyrol avec le Vorarlberg) et une petite partie du lac de Constance; à l’ouest, le royaume de Wurtemberg, les grands-duchés de Bade et de Hesse,

Le cercle du Rhin, qui est séparé de la partie principale du royaume, confine au nord avec l’enclave appartenant au landgraviat de Hesse-Hombourg , le grand-duché prussien du Bas-Rhin et le grand duché de Hesse ; à l’est, avec le grand-duché de Bade; au sud, avec le département français du Bas-Rhin; à l’ouest, avec le grand-duché du Bas-Rhin et avec l’enclave appartenant au duché de Saxe-Cobourg.

La Bavière est, depuis 1818, divisée en huit cercles, subdivisés en plusieursdistricts.

Le tableau suivant présente ces divisions et subdivisions :

CERCLES. CHEFS-LIEUX , VILLES PRINCIPALES ET PRINCIPAUX ÉTATS MÉDIATS

Isen.. . . , . . . Munich, Nymphenbourg, Schleissheim, Gross-Heselohe, Biederstein, Kreuth, Rosenheim, Tegernsee, Landshut, Freising, Traunsten, Reichenhall, Berchtesgaden, Landsberg, Dachau, Bergen, Miltenwald.

Bas DANUBE. . . . ,. . |Passau, Straubing, Deckendorf, Hafnerzell ou Obernzell, Burghausen.

REGEN. . . . . . . . |Ratisbonne (Regensburg), Amberg,Ingolstadt, Sulzbach, Landau,

Waldmunchen, Bodenwohr. Les possessions du duc de Leuchtenberg et prince d’Eichstedt.

Haur Meix (Ober-Mayn). . |Bayreuth, Ho/}, Culmbach, Bamberg, Kronach, Wunsiedel, Banz Muggersdorf, Pegnitz, Auerbach, Vorchheim ; les possessions du comte de Giech.

Bas Men (Unter-Mayn). . |[Würzbourg, Oberzell, Kitzingen, Schweinfurt, Brückenau, Aschaffenbourg, Orb, Lohr, Kissingen, Neustadt, Konigshofen ; les possessions des princes Leiningen-Amorbach-Miltenberg.

REzaT, . . . . . . . |Anspach, Nuremberg, Rothenbourg, Erlangen, Windsheim, Fürth, Schivabach, Noerdlingen, Oltorf, Wilzburg, Fessenburg; les possessions des princes OEttingen-OEttingen ; d’OEtingen-Warlestein et du comte de Pappenheim.

Haur Danue (Ober-Donau). [Augsbourg, Memmingen, Neubourg , Donouworth, Dillingen ,

| Gunzburg, Lauingen, Kempten, Lindau, Kaufbeuren, Ottobeuren , Fussen.

Rain. . . . . . . . |Spire (Speier), Frakenthal, Neustadi, Kaiserslautern, Hombourg, Deux-Ponts (Zwei Brücken), Germersheim, Landau, Anweiler, Durheim, Otterberg\, Kussel, Pirmasensz.

Par l'acte constitutionnel du 26 mai 1818, la Bavière forme un royaume indivisible ; les domaines de l'État sont inaliénables ; la couronne est héréditaire, et la personne du roi est inviolable. Il peut professer la religion catholique ou protestante à son choix. Le trône n’est dévolu aux femmes qu’à défaut de mâles. L'assemblée générale des États se compose de deux chambres : celle des pairs est formée de la réunion des princes de la famille royale, des dignitaires de la couronne, des deux archevèques, des chefs des principales familles seigneuriales, d’un des évêques nommés par le roi, du président du consistoire général protestant, et de tous ceux que le roi désigne, soit comme membres héréditaires, soit comme pairs à vie. Cependant le nombre de ceux-ci ne doit point dépasser le tiers de la totalité. On exige des membres héréditaires un bien-fonds payant. 500 florins d’impositions, l’âge de 21 ans pour siéger, et 25 ans pour ceux qui sont nommés à vie. La chambre des députés se compose de 415 membres, dont un huitième appartient à la noblesse, un huitième au clergé, un quart à la bourgeoisie et la moitié aux propriétaires fonciers; de plus, chaque université nomme un député qui doit avoir 30 ans révolus, et qui doit appartenir à l’une des trois communions chrétiennes. Les nombres des membres de cette chambre est déterminé d’après celui des familles, de mauière que 700 familles sont représentées par un député; la candidature se renouvelle tous les six ans. Ils sont convoqués tous les trois ans. Les États sont investis du pou-

voir législatif et de la faculté de voter les impôts. Le pouvoir exécutif est entre les mains du roi; les deux autorités centrales sont le ministère composé de cinq ministres, et le conseil d’État considéré comme autorité consultative et comme le pouvoir délibérant le plus élevé. D’après la loi fondamentale, nul ne peut être soustrait à ses juges naturels ; tous les citoyens sont appelés à remplir les divers emplois de l État, et le service militaire est obligatoire pour tous.

Les différents cercles que nous avons mentionnés plus haut sont administrés chacun par un commissaire général, qui a sous ses ordres les autres membres de l’administration, qui se divise en deux branches, l’intérieur et les finances : la police y est soumise à l’autorité de plusieurs autres commissaires. Chaque cercle est ensuite subdivisé en diverses justices qui ont chacune leur chef-lieu ; plusieurs de ces justices sont sous la dépendance de quelques seigneurs privilégiés ce qui leur fait donner le nom de justices médiates et seigneuriales; nous n’en avons point parlé, parce que nous avons pensé que l’énumération en serait fastidieuse et sans intérêt. La cour souveraine d'appel de Munich est le premier tribunal du royaume; tous les tribunaux d’appel de cercle lui sont subordonnés, de même que les tribunaux de cercles, ceux des villes et des campagnes : les justices patrimoniales et seigneuriales sont subordonnées, à leur tour, à ai cour d'appel de chaque cercle.

La capitale de la Bavière est Munrou. Bâtie sur l’Iser et chef-lieu du cercle de ce nom, elle est la résidence ordinaire du roi, le siége d’un archevêque, du tribunal d'appel du cercle et de toutes les autorités supérieures de l'État. Munich est une des plus belles villes d'Allemagne et une de celles qui plus que les autres s’est accrue et embellie d’une manière extraordinaire depuis le commencement du siècle actuel. Elle le doit surtout au roi régnant, connaisseur intelligent et protecteur magnanime des beaux-arts et à son prédécesseur ; ces princes dépensèrent des sommes énormes pour son embellissement et pour la construction d’un grand nombre d'édifices et d'institutions vraiment remarquables. L’irrégularité du plan primitif et quelques édifices du moyen âge qui s'élèvent encore au milieu de constructions modernes, sont compensés par beaucoup de rues larges, bien alignées bordées de trottoirs, garnies de maisons élégantes et de magnifiques hôtels.

Outre plusieurs établissements d'éducation et scientifiques qui font honneur à Murich, cette ville en possède quelques-uns exclusivement réservés à l’éducation des classes pauvres : telles sont l’école destinée aux jeunes gens sans fortune, et l’école gratuite des dimanches et fêtes pour les adultes des deux sexes.

Munich renferme aussi des sociétés philanthropiques et plusieurs établissements publics destinés au soulagement des indigents. Hôpitaux pour les deux sexes, maisons d'orphelins, hospice d’enfants trouvés, établissements pour les aliénés, rien ne manque sous ce rapport à Munich. Ce qu’il y a de plus intéressant, c’est que la plupart de ces établissements sont dus aux fondations vraiment pieuses et philanthropiques de quelques habitants de cette ville; quelques-unes de ces fondations existent depuis près de quatre siècles : il semble que depuis cette époque, les citoyens vertueux, guidés par une noble émulation, aieut cherché à soulager dans des établissements publics et durables tous les genres d’infortune et de misère, sans être encouragés ni soutenus par la coopération du gouvernement et de la noblesse. Aujourd’hui que l'administration a suivi cet exemple, les secours n’en sont devenus que plus puissants, les moyens de répression contre la mendicité, que plus sévères et plus efficaces, aussi a-t-on remarqué qu’il y a peu de villes où il y ait moins de mendiants qu’à Munich. On y voit rarement des enfants s’habituant de bonne heure à vivre dans l’oisiveté, en comptant sur les aumônes des passants qu’ils importunent ; ceux que l’on surprend à mendier dans les villes et dans les

campagnes sont soustraits à cet état dégradant qui engendre tant de vices, et sont élevés aux frais du gouvernement jusqu’à ce que par leur travail ils soient en état de gagner leur subsistance. Plusieurs maisons d'arrêt et de correction sont destinées aux criminels et aux vagabonds; enfin, pour terminer ce que nous avons à dire sur les établissements de bienfaisance et d'utilité publique, rappelons celui dont le plan fut proposé, à Munich, par l’un des hommes auxquels l'humanité et l'économie domestique doivent le plus de reconnaissance. Le projet du comte de Rumford a reçu une exécution complète : dans un édifice destiné à cet usage, 600 indigents reçoivent chaque jour gratuitement leur nourriture; une porte secrète, qui communique de l'extérieur dans le bâtiment, est réservée à ceux qui aiment mieux souffrir que de montrer leur misère. Parvenus à un guichet, ils y reçoivent, sans être vus, une ration d'aliments sains et suffisants. On assure que plusieurs individus respectables, mais victimes des vicissitudes de la fortune, trouvent ainsi dans la ville les moyens de supporter plus facilement le poids de leur indigence.

Les dépenses de la cour et les emplois du gouvernement font vivre la majorité de la population de cette ville, dont le commerce est peu important, bien qu’elle ait dans ses murs quelques fabriques de drap, de quincaillerie et de bijouterie, plusieurs tanneries, des brasseries considérables, et une manufacture de tapisseries de haute lice. La seule branche qui ait de l’activité, est le commerce d'expédition, cependant il se tient à Munich plusieurs foires annuelles, et hebdomadairement des marchés de grains.

On peut remarquer chez les peuples de Bavière quelques traits caractéristiques des différentes souches dont ils sortent : l'habitant de l’ancienne souche est ignorant, superstitieux et colère; le Franc, ou le peuple de l’ancienne Franconie, est rusé, actif, et entreprenant ; le BAvarois proprement dit, celui qui descend du mélange des Vindelici et des Bou, est sérieux, loyal, fidèle à ses engagements, constant dans ses affections, attaché aux cérémonies religieuses plutôt qu'aux préceptes de la religion, et prêt à tout faire pour sa patrie, si le prêtre le lui prescrit au nom de la divinité. Leurs mœurs ne sont pas aussi pures qu'on pourrail Le croire : dans les villes la corruption n’est que trop visible et facile à expliquer ; jusque dans les montagnes le nombre des enfants naturels annonce une dépravation qui n’est probablement que la suite du défaut d'éducation. Dans chaque paroisse il y a une école élémentaire; un temps viendra sans doute où chaque village en possédera une. Sous ce rapport, la classe aisée est mieux partagée : des lycées, des colléges, des universités sont établis dans plusieurs villes; mais pour une nation qui a la prétention de tenir un rang parmi les plus éclairées , leur nombre est loin d’être suffisant.

Ils parlent les dialectes bavarois, souabe et franconien, qui se rattachent, les deux premiers, au dialecte danubien, ou autrichien; le troisième, au dialecte rhénan, appartenant l’un et l’autre à l'allemand des pays hauts. La prononciation en est assez rude. |

Dans les régions montagneuses de la Bavière proprement dite, le sol est d’une qualité médiocre; mais dans les vallées il est très-productif. Le gouvernement cherche à encourager l’agriculture; mais il aura bien à faire pour vaincre l’indolente apathie et l'ignorance routinière des paysans, qui sont autant d'obstacles à toute espèce de perfeclionnement. Près d’un tiers des terrains de l’Iser, du bas Danube et de la Negon est encore inculle. Près d’un cinquième de la superficie de la Bavière proprement dite est composé de terres vagues qui ne produisent que de mauvais pâturages.

Le cercle de l'Iser, du haut Danube, ceux du haut et du bas Mein, sont les mieux cullivés et ceux qui récoltent le plus de céréales. Les produits n’y sont point, il est vrai, aussi considérables que dans la Flandre et dans la basse Saxe, mais les habitants

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