GRAND-DUCHÉ DE BADE
Les limites de ce territoire sont : au nord, le grand-duché de Hesse et le royaume de Bavière; à l’est, ce mème royaume, celui de Wurtemberg et les principautés de Hohenzollern ; au sud , le lac de Constance et le Rhin, qui le séparent de la confédéralion suisse ; à l’ouest, le Rhin, quile sépare de la France.
Le grand-duché de Bade qui, jusqu’en 1830, était divisé en six cercles, l’est maintenant en quatre. Toutefois , comme nous n’avons point de documents assez positifs sur les nouvelles divisions, nous sommes forcé de donner les anciennes :
CERCLES, CHEFS-LIEUX, VILLES PRINCIPALES ET PRINCIPAUX ÉTATS MÉDIATS
Mur et Prinz. . . . , , |Durlach, Carlsruhe, Bruchsal, Pforzheim, Rastadt, Baden, Et- .| (lingen.
Lac (see). . . . . . . |Constance, Uberlingen, Supplingen, Salem ; les possessions du
prince de Fürstenberg, ou Villingen et Donaueschingen, Mosekirch, Neussadt.
TReysam. . . . . . . . |Freibourg, Saint-Blaise, Vieux-Brisach (Alt-Breisach),Lœrrach, Endigen, Badenrweiler, Schopfheim, Todinau.
Kiné. , . . . . . . |Offembourg, Lahr, Kehl, Ettenheim , Gengenbach, Oppenhau, Schonenwald, les possessions du prince de Leyen.
Necker. . . . . . . . |Manheim, Æeidelberg, Schwelzinuen, Feinheim, Philippsburg,
Mosbach, Eberbach; les possessions du prince de Leiningen.
Men et Tauges. ,. . . . |Wertheim, Bischofsheim; les possessions des princes de Lœvenstein-Wertheim, ou #’ertheim: de Leiningen, ou /7al-
durn, elc.
Le gouvernement est une monarchie constitutionnelle. Le 16 mars 1816, le grandduc publia un décret par lequel il annonçait que, disposé à assurer la tranquillité, le bonheur et la liberté de ses sujets, il ne pouvait mieux atteindre ce but que par une constitution qui déterminât les droits de la nation et ceux de la couronne. D’après la loi fondamentale publiée en 1818 : Au prince appartient le droit de proposer des lois et de lever des contributions; de donner des lettres de grâce et de conférer la noblesse; d'approuver ou de défendre l'établissement des sociétés religieuses; de surveiller tout ce qui a rapport au culte et de faire la paix ou la guerre. Il partage avec les deux chambres le droit de fixer les impôts.
Les chambres doivent être convoquées au moins tous les deux ans; la première chambre se compose de membres héréditaires qui doivent justifier d'un patrimoine de 500,000 florins, de huit membres nommés par le prince, de huit autres élus par la noblesse, et enfin de quatre à la nomination des universités, Ceux que nomme le prince jouissent de leurs fonctions pendant toute leur vie; ceux que la noblesse élit siégent pendant huit années, et ceux qu'élisent les universités pendant quatre.
La deuxième chambre se compose d'environ soixante membres.
Le code français, longtemps en vigueur, a été remplacé par le rétablissement des lois romaines et des anciennes coutumes en vigueur dans le duché avant le protectorat de Napoléon, jusqu’à la publication d’un nouveau code badoïis en rapport avec les mœurs des habitants. La conscription a été conservée. Le seul bienfait que ce pays ait conservé de ses relations avec la France est l'établissement d’un nouveau système de mesures basé sur la division décimale.
D’après une ordonnance de 1825, on n’'accorde point la permission d'étudier le droit et dese destiner à la carrière du barreau, aux fils de paysans, de bourgeois ou de marchands qui ne peuvent justifier de l'espérance d’un patrimoine de huit cent florins, à moins qu'ils ne se distinguent par des dispositions qui laissent entrevoir l'avenir d’un srand talent. Malgré cela, le gouvernement badoiïs favorise l'instruction par de nombreux établissements dont les bienfaits s'étendent chaque jour ; il entretient deux universités : celle d'Heidelberg et celle de Freybourg ; il a fondé quatre lycées : ceux de Constance, de Bade, de Carlsruhe et de Manheim, et dans les grandes villes dix symnases et quinze écoles, dont sept où l’on enseigne le latin; il a encouragé la fondation de plusieurs institutions spéciales, telle que celles des sourds-muets, celle des élèves forestiers, celle des architectes, des académies de commerce de Manheïm et de Carlsruhe, et il a fondé dans cette dernière ville le séminaire des pasteurs protestants, et à Mersbourg un séminaire catholique.
Nous ajouterons quelques détails, afin de donner une idée exacte de la Lihtial éclairée du gouvernement badois en faveur de l'instruction. Il y a des écoles dans toutes les communes; les enfants sont tenus de les fréquenter dès l’âge de sept ans, jusqu’à treize pour les filles, et jusqu’à quatorze pour les garçons. Mais si à l’époque fixée pour leur sortie des écoles ils n’ont pas acquis l'instruction nécessaire, ils doivent y rester une année de plus, et ne peuvent en être dispensés que par les motifs les plus urgents. Les enfants qui s’absentent des leçons par paresse ou par négligence, sont soumis à des peines corporelles légères; lorsque leur absence est causée par la faute de leurs parents, ceux-ci supportent de petites amendes de 12 à 60 kreutzers au profit des pauvres de la commune, ou bien ils sont punis d’une détention de quatre à vingt-quatre heures, dans la prison bourgeoise, les absences ne sont autorisées que pendant la moisson ou la fenaison. Les ministres de chaque paroisse et le premier magistrat, sont chargés de la surveillance des écoles.
Ces mêmes écoles existent également dans les villes, mais sur un pied élevé. Il existe
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