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se montre qu'après qu’on a passé la barrière. Cette barrière n’est autre qu’un magnifique arc de triomphe surmonté du quadrige que Napoléon avait fait transporter à Paris, et que les Prussiens reprirent en 1814. Au delà de la barrière, que l’on appelle la porte de Brandebourg, on trouve d’abord la promenade des Tilleuls, où quatre rangs de beaux arbres ombragent des hôtels, chacun desquels peut passer pour un palais, et à l'extrémité de cette promenade, l'œil se porte sur le château royal, sur l’élégante et légère colonnade du musée, sur la Grande-Garde, d’une belle architecture, sur l'Opéra italien et sur l'Université. Telle est la splendeur que présente tout d’abord l'aspect de Berlin; mais le reste de la ville est loin de répondre à l’idée que l’on a pu en concevoir à la première vue. Il n’y manque pas, à la vérité, de beaux monuments, d'élégantes maisons, de larges rues et de places spacieuses; mais tout cela est monotone, roide, et surtout dépourvu de vie et d’activité. Une morne tristesse s'empare involontairement de vous en parcourant cette capitale, la seule peut-être de l’Europe qui soit trop grande. pour ses habitants. On s'aperçoit que cette ville ne s’est point accrue, comme les autres, en raison du nombre de ses citoyens, mais qu’elle a été bâtie à priori, sauf à la population à augmenter ensuite pour la remplir.
Les deux régences de Brandebourg sont Postdam et Francfort.
La Pouérante, dont le chef-lieu est Stettin, se divise en trois régences : Coslin, Stettin et Stralsund.
La population de cette province se divise en trois classes : la noblesse, les bourgeois et les paysans; la première jouit de plusieurs priviléges. Les bourgeois, composés en grande partie de réfugiés protestants, sans jouir des priviléges des nobles, ne sont pas néanmoins assujettis au vasselage, l’unique partage des paysans.
La province de Saxe est une des dernières et des plus importantes acquisitions qu’ait faites la Prusse; elle est formée, en grande partie, de diverses portions enlevées, en 1815, aux États saxons.
Cette province, dont le chef-lieu est Magdebourg, est divisée en trois régences : Magdebourg, Mersebourg et Erfurt, subdivisées en quarante et un cercles.
Les habitants sont actifs et industrieux ; ils ont peu de manufactures, mais un assez grand nombre de métiers particuliers, pour la fabrication des toiles, des étoffes de laine et des cotonnades; on fabrique du tabac, du papier, de l’empois, beaucoup de bière et d’eau-de-vie. Les établissements pour Le travail des métaux sont assez nombreux.
La province de WesrPHALIE comprend trois régences, dont les chefs-lieux sont Minden, Munster et Arnsberg ou Arensberg.
Le grand-duché de Posex est partagé en deux régences : Posen et Bromberq.
Le paysan est ignorant, adonné à l'ivrognerie, et, malgré les efforts de la législation et de l’administration pour l’élever au rang d’être raisonnable, ses progrès sont lents et incertains. Selon Holsche, les petits nobles, du temps de la république, traitaient les paysans comme des nègres : « ils violaient toute fille qui leur plaisait, et répondaient par cent coups de bâton à quiconque s’en plaignait ; il n’y avait ni lois ni justice pour un paysan. » Mais c'était le temps des guerres de la confédération. La vie physique du paysan était, de l’aveu du même témoin oculaire, plus agréable que celle des cultivateurs allemands : une nourriture très-abondante, des vêtements grossiers, mais propres à résister au froid , une chaumière sale, mais bien couverte, un lit de plumes, la liberté de danser, de chanter et de s’enivrer, voilà les conforts de ces esclaves. Il est difficile d’ennoblir une race abâtardie par des siècles d’habitudes serviles, surtout quand, chez elle, toute idée morale a fait place à la superstition.
La province RHÉNANE est divisée en cinq régences : Cologne, Dusseldorf, Coblentx Trèves et Aix-la-Chapelle.