ET SES DÉPENDANCES
Partie la plus orientale de la Barbarie, le royaume de Tripoli, situé entre 25° 45' et 53° de latitude nord, et entre 7° 40' et 26° de longitude est, se compose : 1° du Tripoli propre au nord-ouest; 2° du Fezzan au sud; 3° du Barcah à l'est. Ses bornes sont : au nord la Méditerranée, à l'est l'Egypte, au sud le Sahara, et à l'ouest le royaume de Tunis. Sa longueur est d'environ 400 lieues de l'est à l'ouest, et sa plus grande largeur est de 230 lieues.
Barcah. — Ce pays est sous la dépendance d'un gouverneur ou bey qui relève du souverain de Tripoli, et dont la résidence est une masure décorée du nom de château, à Beng'hazy (ou Bernik), ville de 5,000 à 6,000 âmes, avec un port médiocre, sur une côte poissonneuse, et dans un territoire fertile, où l'on exporte des laines. Les États européens ont des consuls dans cette cité, qui occupe l'emplacement de l'antique Bérénice.
Fezzan. — La capitale du Fezzan est Mourzouk où réside le sultan, qui est tributaire de Tripoli. Cette ville est le rendez-vous des caravanes du Caire, de Tripoli, de Tunis, et de Tembouctou, à l'arrivée de chacune desquelles le sultan, placé sur un siège d'honneur, la reçoit hors de la ville, et donne sa main à baiser à tous ceux qui la composent.
Quoique depuis le xve siècle le sultan paye en or, en séné et en esclaves, un tribut au pacha de Tripoli, il est néanmoins indépendant; son pouvoir est absolu et son trône héréditaire. Selon Hornemann, ces revenus proviennent de ses domaines; d'autres relations mentionnent trois ou quatre impôts légers, et notamment un droit d'entrée sur les marchandises transportées par les caravanes. La place de cadi, ou juge suprême, et celle de chef du clergé, sont héréditaires. Le sultan n'a point d'armée régulière; en temps de guerre il fait un appel aux hommes en état de porter les armes, et réunit ainsi de 15,000 à 20,000 soldats.
Bien que cette force armée indique environ 150,000 habitants, composés en partie de Touariks, de Tibbous et d'autres peuples africains, Hornemann n'évalue pourtant la population du Fezzan qu'à 75,000 individus. La couleur de ces hommes, par sa variété, annonce bien une population mélangée; cependant la race indigène conserve des traits qui lui sont propres : elle est de stature ordinaire, dénuée de vigueur; la peau est très-brune, les cheveux sont noirs et courts, le nez moins aplati que chez les nègres,