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beaucoup de celles des Hindous ; mais au centre, ils ont conservé les mœurs antiques, et éest là qu'il faut chercher le type original.
Les principaux courants d’eau sont l'Indus, le Caboul, le Gomal et l'Helmend. Le Caboul et le Gomal sont affluents de l’Indus; l’Helmend, après un cours de 250 lieues, tombe dans le lac de Zerré.
Le pays est en outre arrosé par un assez grand nombre de rivières moins considérables, de torrents et de ruisseaux. Les lacs sont peu nombreux, el il n'y a que le lac de Zerré, dans le sud-owest, et celui de Meched, dans le nord-est, qui méritent qu'on en parle.
Les productions sont très-variées; et les Lerres basses et chaudes donnent quelques fruits de l'Inde, tandis que les régions alpestres abondent en grains et fruits d'Europe. On trouve dans les hautes montagnes de l’Hindou-Kouch des mines d'argent, de plomb, de fer, et en divers endroits de l’antimoine et de nombreuses sources salées, ce qui indique un vaste lit de sel gemme.
Le chef suprême porte le titre de chäh (roi); les tribus sont gouvernées par des” khans, à la nomination du châh; et les communautés ont à leur tête des serdars, qui sont élus par la communauté même.
Les tribus de l’ouest s’adonnent à la vie pastorale; celles du centre sont plus belliqueuses; elles ont souvent des discordes intestines, et se livrent au brigandage; les Afghans de l’est sont presque tous guerriers. Cependant toutes ces tribus, quelle que soit leur position, ne négligent point entièrement la culture. |
L'Afghan est simple dans ses goûts; fier, brusque, irascible, vindicatif, et les baines entre les familles, et quelquefois les tribus, sont inextinguibles. Malgré tous ces défauts, on doit reconnaître que l’Afghan est hospitalier et souvent franc el loyal.
Les tribus sont régies par un code coutumier. Les femmes sont sages, et jouissent de plus de liberté que dans d’autres pays musulmans. Toute leur poésie se réduit à des chants fort tendres, tous consacrés à l'amour. Les Afghans aiment la conversation, les récits fantastiques, les chants; ils sont passionnés pour la chasse, pour les courses de chevaux et les exercices guerriers à cheval. On voit les hommes se livrer aux jeux les plus puérils, comme les billes, la fossette, etc. Souvent des combats de coqs, de
caïlles, de chiens, de béliers, excitent un grand enthousiasme parmi les assistants,
qui, de même qu’en Europe, font des paris. ,
On observe chez ces peuples une grande variété de costumes; mais il convient d'adopter celui des tribus de l’ouest comme type national, en ce qu'il est le plus répandu, et qu'il s’écarte davantage des costumes des nations voisines.
Un ample pantalon de toile de coton, de couleur foncée; une blouse à manches, tombant jusqu'aux genoux; des bottines; un bonnet étroit, bordé d’une bande de soie noire et surmonté d’une calotte d’étoffe éclatante ou mêmede brocart d’or. Les femmes portent aussi la blouse à manches larges ; mais elle est plus longue, d’un Lissu plus fin; elle est peinte ou brodée en soie de couleur. Les pantalons, plus serrés que ceux des hommes, sont de couleur. Elles ont un bonnet de soie, très-petit, d’une couleur éclatante, brodé en or, et qui touche à peine le front ou les oreilles; un voile long et épais, qui, dans les classes pauvres, est une toile de coton unie. Dans l’ouest, ce voile est remplacé par un mouchoir, qu'elles attachent par-dessus le bonnet. Leurs cheveux sont partagés en deux longues tresses, qui tombent par derrière. Toutes les femmes afghanes portent comme ornement de tête des sequins de Venise, enfilés, des chaines d'or ou d'argent, terminées par de grosses boules, qui viennent pendre près des oreilles. Au cartilage du nez, il en est qui suspendent des anneaux de différentes
dimensions. Les filles portent les cheveux flottants, sans ornements de lète, et ont des pantalons blancs.
IL est rare que les Afghans se fixent dans les villes, à moins qu'ils soient de haut rang, ou militaires, ou mollahs, ou attachés à un homme de distinction. La plupart des commerçants, artisans ou ouvriers sont des Tadjiks, peuple qui diffère en toutdes Afghans, et que l'on retrouve en Perse et dans d’autres contrées d’Asie. Beaucoupde ces Tadjiks sont agriculteurs; et, nonobstant cette vocation pacifique, sédentaire, ils sont bons soldats. Le vêtement des Tadjiks consiste en une tunique, une robe à manches larges, serrée par une ceinture, un pantalon plus court que celui des Afghans;-et un turban de très-petite dimension. Les Hindjiks, autre peuplade venue de l'Inde, exerce habituellement les professions mécaniques, surtout dans l’est.
Les Afghans ont parfois des esclaves, en petit nombre, soil indigènes, soit africains. Ces esclaves sont traités avec beaucoup de douceur ; les émancipations sont fréquentes et toujours gratuites.
Le précis des événements qui ont eu lieu dans l'Afghanistan depuis novembre 1841, fera mieux connaitre que toutes les relations de voyageurs, quel est le caractère, l'énergie des Afghans, parce qu’ils sont ici aux prises avec la tactique européenne,*et que celle guerre est tout autrement sérieuse et difficile à soutenir que celles qu'ils ont eues avec la Perse, le Lahore et le Mogol.
« La gazette du gouvernement entre dans quelques détails sur l'expédition du général Sale. Il a vaincu; mais cette victoire sans résultat lui a coûté beaucoup de mondebe 10 novembre il arriva à Djellalabad, épuisé de fatigue, mais non découragé. Iysest depuis quatre semaines, sans vivres ni munitions. On espère toutefois qu’il parviendra à se maintenir et à subsister jusqu’à ce qu’il puisse être secouru. Il ne peut faire davantage : ce sera même beaucoup. Il a reçu l’ordre de venir à Caboul; mais il a répondu qu'il ne pouvait avancer d’un mille, sans mettre ses troupes en danger. Entouré d'ennemis dangereux, perfides, infatigables; en butte à la perfidie des prétendus alliés du parti anglais dans l'Afghanistan; sans moyens de subsistance, ne pouvant même Cm: muniquer avec ses amis, il faut qu'avec ses 2,000-braves, il attende le moment où un passage pourra être obtenu à travers le pays Cyber, ou jusqu’à ce que les troupes, traversant 150 milles d’un pays difficile et inhospitalier, puissent arriver à lui parles défilés des montagnes ; el il sera très-heureux, si ce secours lui vient à temps. Pendant que le général se frayait péniblement un chemin à travers l'Himalaya, la révolte s'organisait rapidement dans le pays qu’il avait quitté. L’ennemi avait si bien caché-ses mouvements, el intercepté les communications, qu'au moment même où la brigade combatlait à 40 milles de Caboul, depuis 20 jours, l’envoyé n’avait aucune connäissance des luttes meurtrières qui avaient lieu dans le voisinage, et ne soupçonnait pas même le danger. Le 29 octobre, il écrivait à Bombay que tout était prospère et Lranquille, et qu'il se mettrait en route au bout de quatre jours. Au moment où il écrivait, toutes les armées de l'Inde n'auraient pu le faire avancer de 400 milles. Le 2 novembre, un soulèvement général eut lieu dans Caboul et ses environs. Les 60,000 habitants de celte capitale se mirent en révolte ouverte; les Ghilzier, excilés par un succès récent, brûlant de se venger, arrivèrent de toutes parts. Les communications sont tellement interceplées, que du 12 novembre au 17 décembre, il n’y avait eu aucun rapport entre les villes de l'occident et Caboul. Les capitaines Swaines, Robinson et Gordon ont succombé dans les combats qui ont eu lieu. L’ennemi s'étant emparé d’un fort, le Capilaine Raban fut tué le 6, en voulant le reprendre. Les troupes l’ont reconquis: Le 11, nous avons repris quelques canons, que les insurgés nous avaient enlevés. Le capitaine Codringlon a été tué, et le Capilaine Palton grièvement blessé en cetle circon-