‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 41 sur 78 · NE · texte numérisé non relu

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mettre fin aux guerres sanglantes entre les Hindous et les musulmans. Quoiqu'il ne se prétendit pas inspiré, ses disciples ont toujours considéré son livre comme une autorilé émanée d'en haut. C’est dans ce livre qu’il avait déposé les règles de sa doctrine, dont les bases étaient l’unité de Dieu et le devoir de la bienveillance envers toutes Les créatures. IL enjoignait aux musulmans de respecter les préjugés des Hindous, de s'abstenir de tuer les bœufs, et de se livrer à d’autres actes qui sont en horreur aux seclateurs de Brahma; et il exhortait les Hindous à renoncer à leur honteuse idolâtrie, pour se réunir aux mahométans dans l’adoration d'un Être suprême, un et indivisible. La nouvelle secte fit plus de prosélytes parmi les Hindous que parmi les musulmans; et comme $es adeptes ne firent aucune tentative pour s'arroger un pouvoir temporel, on les laissa en paix durant un siècle; ce qui leur permit de répandre au loin leurs principes, grace surtout au zèle de gourous ou apôtres, dont neuf, après la mort de Gourou-Nanuk, furent reconnus comme chefs héréditaires des sikhs. Le centre de leur religion était le Pendjab. En 1574, le Gourou-Ramdas bâlit la ville et creusa l'étang d'Amritsir, source de l’immortulité, dont le premier nom fut Ramdaspour. Gette ville, située à 10 lieues de Lahore, devait servir de lieu de pèlerinage et de réunion générale.

Vinrent lés mauvais jours pour les sikhs. La rapidité avec laquelle leur nombre augmenlait, mais surtout la fondation d’Amritsir, éveillèrent la jalousie des chefs du pays. Une persécution terrible éclata contre eux en 1384, et Arjimnal, successeur de Ramdas, fut une des premières victimes. Les radjahs hindous, qui les détestaient comme renégats, et les musulmans, qui confondaient tous les infidèles dans leur proscription, se réunirent pour les exterminer. Les sikhs coururent aux armes el se défendirent: mais leur puissance alla toujours déclinant pendant près d'un siècle. Enfin, én 4674, Govind, deuxième et dernier gourou spirituel, reconnaissant que les mesures les plus vigoureuses pouvaient seules empêcher l’anéantissement total de la secte, par les attaques formidables et le fanatisme aveugle et cruel d’Aureng-Zeb, ce chef fit subir un changement complet à leur caractère el à leurs institutions. Il composa un nouveau volume, le donna comme supplément au Grinth; et cette mesure suffit pour convertir les sikhs et une armée de fanatiques, chargés, comme les musulmans, de défendre et de propager leur religion à la pointe du glaive.

On remarquera toutefois que les principes pacifiques de Nanuk se maintinrent éncore chez un petit nombre de sikhs, appelés Udasis, et parmi lesquels on choisit d'ordinaire les prêtres. Afin de mieux marquer la séparation de son peuple, Govind abolit toute distinction de caste. Il adopta pour ses sectaleurs le surnom de singh ou lion, qui n'avait été porté jusqu'alors que par les fiers Radjpouts. Comme on devait s'y attendre, les membres des castes inférieures accoururent en foule, se rangèrent sous les bannières de Govind, et sauvèrent le nom de sikhs de la destruction. Ils furent toutefois obligés de plier sous le pouvoir irrésistible d'Aureng-Zeb; et leur chef, après üne longue et orageuse carrière, mourul dans une retraite, où il s'était caché.

Avec Govind s'éteignit Ja hiérarchie des patriarches sikhs, et on lui substitua la Gourou-Mata, ou diète nationale, instituée par Govind lui-même, et dont les réunions continuèrent d’avoir lieu à Amritsir, quand les circonstances l'exigeaient, jusqu'en 1806, époque où la guerre avec Holkar amena des forces anglaises dans le Pendjab. Sous les règnes courts et agités des successeurs d'Aureng-Zeb, la fortune des sikhs Varia. Proscrils, massacrés chaque fois que la cour de Delhi put envoyer des forces considérables dans le Pendjab, ils reprenaient la prépondérance, dès que les armées impériales étaient obligées de quitter le pays. Les sikhs s’attribuaient alors tous les droits d’une souveraineté indépendante, et battaient monnaie..En 1737, la terrible

invasion de Nadir-Chäh et les incursions incessantes d'Ahmet-Douraouni, le fondateur de la monarchie afghane, changèrent totalement la face de l'empire et arrachèrent sans relour le Pendjab à la maison de Timour. Tant que vécut Ahmet, les sikhs furent Loujours vaincus par les Afghans, et subirent leur domination, sans toutefois la reconnaitre. En 1762, ils perdirent plus de 20,000 hommes; et les vainqueurs purifièrent avec leur sang, les mosquées qu’ils avaient profanées. Mais le fanatisme les soulint, et après chaque défaite ils se relevaient plus furieux; enfin, après la mort d'Ahmetils chassèrent sans peine les Afghans de tout le Lahore. |

Le gouvernement s'était modifié depuis l'extinction des Gourous, et il avait pris la forme d'une république fédérative. Le pays était divisé en douze missuls où associations; et chacune d’elles, indépendante sous son serdar, obéissait, du moins en apparence, à l'autorité suprême de la Gourou-Mata. S’il fallait repousser une invasion, chaque missul fournissait son contingent fédéral. L'armée était évaluée à 70,000 hommes, en majeure partie de cavalerie. Le système féodal, qui règne dans toute l'Inde et dans plusieurs autres contrées de l'Asie, dominait aussi chez les sikhs. Les terres étaient divisées en fiefs administrés par un zémindar, qui marchait à la tête deson con: tingent, et devait rendre compte au serdar de l'impôt territorial. L'administration suprême de la justice élait déférée au serdar, qui jugeait d'après le Grinth, ou plutôt d’après les inspiralions de ses conseillers. Vers les dernières années d'Ahmed-Chäh, l’un des serdars, un certain Khourrouk-Singh, que des talents remarquables et une valeur éprouvée avaient élevé à ce rang, se rendit si puissant, qu'à sa mort il put léguer à son fils, Matia-Singh, une dignité qui était élective. Khourrouk-Singh avait péri en combattant en 1774. Matia-Singh, quoique mineur, gouverna avec fermeté el accrul son pouvoir, qu'il transmit à son fils Rundjet-Singh, en 1799, époque de sa mort. Rundjet-Singh avait douze ans : il exerça le pouvoir sous la tutelle de sa mère. Il gouverna par lui-même dès 1796. On l’accuse d'avoir fait empoisonner sa mère ; mais celle atrocilé n'est nullement prouvée. Une armée afghane, sous les ordres de Zehman- Chäb, fit incursion dans le Pendjab, en cette même année 1796. Les serdars, qui n'étaient point unis entre eux, et dont les troupes furent saisies d’une panique, feignirent de se soumettre. Rundjet-Singh montra dès lors son génie essentiellement politique et porté à l’intrigue. La soumission des serdars n'avait été que simulée. Ils combatlirent, avec des chances variées, de 1796 à 1799; et les Afghans furent enfin contraints d’évacuer le Lahore. Le jeune Rundjet-Singh, durant cette crise, s’élait agrandi aux dépens des deux partis, et il acquit l’importante ville de Lahore pour quelques canons perdus sur un banc de sable, et qu’il avait rendus au prince afghan.

En 1810, il fut tacitement reconnu comme chef unique de la nation, et dès l’année suivante, après avoir achevé de subjuguer les douze missuls, il prit le titre de Maharadjah ou Roï, changeant ainsi la république fédérative des sikhs, en une monarchie absolue, qui, pendant les années suivantes, s'agrandit de plusieurs provinces qui furent successivement démembrées de l'Afghanistan, et iucorporées au royaume de Lahore. Le Peshawer et le Moultan furent conquis en 1818; le Cachemir, en 1819: Enfin, la bataille décisive de Noushahro, en 1893, réduisit les Afghans à se tenir désormais sur la défensive. | |

Les premiers rapports de Rundjet-Singh avec la puissance anglaise datent de 1808, lorsque, par suite des empiétements successifs des chefs sikhs sur le territoire situé entre le Sutledge et la Jumna, un corps de troupes bengalaises s’avança contre eux. Rundjet comprit sur-le-champ qu’il ne pouvait lutter contre les soldats disciplinés de la Compagnie; et en conséquence il conclut, au mois d'avril 4809, une convention

d'après laquelle le Sutledge devait former la limite des deux empires; et depuis cette époque jusqu'à sa mort, Rundjetentretint les relations les plus amicales avec les Anglais. Les entrevues qu'il eut avec lord W,. Bentink et lord Aukland seront longtemps fameuses

ar le déploiement de pompe orientale et de faste mililaire qu’elles offrirent. Ce fut en 1844 que Rundjet-Singh songea pour la première fois à organiser une partie de son armée à la manière européenne, et il se servit, dans ce but, de quelques déserteurs de l'armée de la Compagnie. En 1822, deux officiers français, MM. Ventura et Allard, qui avaient servi avec distinction sous Napoléon, étant arrivés à Lahore, leur présence donna une nouvelle impulsion à celte expérience militaire. Plusieurs autres officiers européens vinrent après eux dans le Pendjab; et à sa mort Rundjet-Singh avait 95,000 hommes d'infanterie de ligne, que sir Alexandre Burnes jugeait égaux, pour la discipline et le courage, aux cipayes de la Compagnie. Il avait en outre une nombreuse ‘cavalerie, une artillerie formidable, et tout cela, joint à beaucoup de cavalerie irrégulière, reste de l'ancienne armée des sikhs, faisait monter son armée à près de 80,000 hommes. < |

Rundjet-Singh mourut à Lahore, le 27 juin 1839, des suites de ses excès. Par le traité conclu avec l'Angleterre, sa succession avait été garantie à Khourrouk-Singh, seul fils reconnu, et ce prince monta sans opposition sur le trône. Mais sa faiblesse physique et son incapacité, ne lui permettant pas de prendre une part active aux affaires, son propre fils, No-Nihil-Sing, s'empara des rênes du gouvernement, avec le titre de régent ; et, aidé par Radjah-Dhian-Sing, le plus habile et le plus fidèle ministre de son aïeul. Mais les mesures adoptées par ce jeune prince et son conseiller, qui; du vivant même de Rundjet, avait été le chef du parti anti-anglais, prirent bientôt un caractère si hostile, qu'une lutte devint inévitable. Ils laissèrent les serdars selivrer à des actes partiels d'agression contre les frontières anglaises, et refusèrent toute explication à l'agent anglais à Lahore. On assure même qu'ils envoyèrent des sommes considérables à Dost- Mohammed, alors en armes dans le Turkestan. Il n’y avait qu'une vive animosité contre les Anglais, qui pût pousser le chef des sikhs à secourir son ennemi le plus invétéré. Quoi qu'il en soit, son règne fut court; car Khourrouk étant mort en novembre 1840, No-Nihil, le jour même de ses funérailles, auxquelles il assistait, fut blessé mortellement par la chute d’une poutre, que causa une presse des éléphants, dans une porte étroite. Ainsi mourut, à l’âge de 21 ans, le dernier rejeton légitime de Rundjet-Singh.

Quelque suspectes que parurent les circonstances de cette mort, aucun parti n’était en mesure d'en profiter, dans le premier moment, par suite de la confusion et de l’anarchie qui en résultèrent. Shéré-Sing, fils d’une des principales femmes de Rundjet, que celui-ci n'avait jamais voulu reconnaitre, parce qu’au moment de sa naissance il était depuis longtemps absent de. sa capitale, mais à qui il accorda toutefois de grandes faveurs, Shéré-Sing, que ses qualités rendaient cher à l’armée, réussit à s'emparer de la couronne. Mais la mère et la veuve de No-Nihil élevèrent des prétentions, el implorèrent le secours de l'Angleterre, sur quoi Shéré-Sing jugea prudent d’abdiquer en faveur de sa mère: mais sa retraite ne fut que momentanée. En janvier 1841 il reparut devant Lahore, à la tête d'une armée qu’il avait rassemblée dans les montagnes. Il fut bientôt rejoint par Dhian-Sing; et après plusieurs combats meurtriers, il força la reine à se retirer, et à le laisser en possession du royaume. Ses talents administratifs ne sont point à la hauteur de sa bravoure, et les dernières nouvelles du Pendjab représentent ce pays comme en proie à l'anarchie , au milieu de laquelle toutes les amélioralions introduites par Rundjet-Singh disparaissent une à une; et déjà les officiers européens ont été contraints à se réfugier sur le territoire britannique. La vieille reine a élé assassinée. Le poison et le poignard jouent le rôle le plus actif, et la mort ou la

confiscation des biens viennent frapper tous les chefs opposés au gouvernement actuel, qui se soutiendra, aussi longtemps que Shéré-Sing s’abstiendra de tenter le rétablissement de la discipline dans l’armée; mais la première mesure énergique qu’il adoptera pour ramener l’ordre et la tranquillité, sera le signal de son renversement.

Le Lahore est borné au nord et à l’est par le petit Thibel; au sud, par l'Hindoustan, province de Delhi; au sud-ouest, par le Sindhi; à l’ouest et au nord-ouest, par l’Afghanistan. Son étendue est de 15,000 lieues carrées. La population, de 8,000,000 d’habi- Lants, se compose de sikhs, sectateurs de Govind-Sing et de musulmans, plus un petit nombre d'Hindous.

Le climat est fort chaud en été, mais l'élévation de certains districts, surtout vers le nord et dans le Cachemir; y rend les hivers rigoureux.

Cinq fleuves et un grand nombre de petites rivières arrosent le Lahore etyrépandent la fertilité. Le Sutledge coule de l’est à l’ouest, se joint au Beyah, qui, sous le nomde Ghorra, va rejoindre le Tchenab, lequel, grossi des eaux du Djilem et du Ravi, vaenfin tomber dans l’Indus. Tous ces courants d’eau sont navigables pour des bateaux de moyenne grandeur. Le Djilem, qui arrose Cachemir, reçoit par un canal les eaux duc de Cachemir. Quelques canaux favorisent la navigation intérieureet l’arrosagedes terres.

Toutes les vallées du Lahore sont fertiles, et produisent les grains d'Europe, leriz, le sorgho, et toutes sortes de fruits de l'Europe et de l'Inde, Les éléphants y sont peu nombreux; mais il y a beaucoup d'excellents chevaux, de race tartare et persane, des bœufs, des moutons, et grand nombre de chèvres, dans le nord, et surtout dansde Cachemir. On se sert quelquefois de chameaux; toutefois ces utiles animaux y sont peu nombreux, à cause de la grande quantité de chevaux.

La flore de ce pays est très-riche, et les roses de Cachemir sont universellement renommées.

Le bois est rare, et dans certains cantons on brüle la bouse de vache séchée.

Les eaux sont d’une excellente qualité; l’on ne retrouve plus au Lahore les goitres qui défigurent plusieurs populations du Beloutchistan et de l'Afghanistan.

Le Moultan, province qui confine au Sinhi et à l'Afghanistan, est dans un état florissant, depuis que Rundjet-Singh a doté ce beau pays d’une infinilé d'améliorations et celte province expédie beaucoup de céréales dans le Pendjab.

Au sud-est du Moultan est un petit pays dont le prince, qui prétend descendre de Mahomet, paye tribut aux sikhs. Ce khan est riche, et a pour résidence l’importante ville de Bahavalpour, sur le Ghorra, avec 20,000 habitants. Le Bahavalpour estun pays très-fertile, parfaitement arrosé, et où l’agriculture et l’industrie sont activement protégées par le khan actuel, qui encourage tous les efforts vers le progrès. On fabrique dans ce pays des ceintures d’une finesse de tissu telle, qu’elles sont recherchées dans tout l'Orient. Le Bahavalpour fait un commerce très-actif, et achète des quantités considérables de marchandises d'Europe.

Le Cachemir, que les Mogols ont appelé Paradis Terrestre, mérite à tous égardscette brillante dénomination : fertilité du sol, abondance et variété de toutes les productions, douceur du climat, tout se réunit, au Gachemir, pour rendre la vie agréable; et sila malpropreté des habitants ne venait enlaidir ce superbe pays, il n’en esi pas un qui pût lui être préféré. Les précieux Lissus de Cachemir sont trop connus pour qu'il soit utile d'en parler ici.

À l'exception des Hindous, qui sont commerçants ou tisserands, toutes les populations du Lahore, quoique adonnées à la eulture, sont belliqueuses, et lorsque le pays est en paix, un grand nombrede guerriers sikhs vont servir à l’étranger, pour se livrer à leur goût dominant, la guerre.

Quoique les sikhs soient polygames, il n’y a guère que les princes qui entretiennent des harems. Les commerçants, les artisans et les hommes de la campagne ont une seule femme, qui est traitée avec douceur, et jouit de plus de liberté que dans l'Hindoustan. Les mœurs, sans êlre rigoureusement pures, sont loin d'être dissolues, et l’on ne voit guère que les grands se livrer aux excès et à la débauche.

Torograpnre. — Lahore, sur le Râvi, autrefois résidence des Grands Mogols, et maintenant capitale de tout le royaume, est une grande ville, qui, quoique bien déchue, est encore peuplée de 400,000 habitants, dont un grand nombre se livrent au commerce et à l'industrie. Lahore est bâti avec régularité; les rues sont larges, assez propres. On y remarque le magnifique palais de granit rouge, construit par Akbar, et agrandi par ses successeurs et notamment embelli par Rundjet-Singh. Aux environs de Lahore sont deux beaux monuments : le mausolée de Djehäng-hir et celui de Nour-Djehân- Begoum, l’un et l’autre bien conservés.

Amritsir, à 52 lieues sud de Lahore, est une grande ville que les sikhs vénèrent comme cité sainte. On y remarque l’Amritsir (bassin du breuvage de l’immortalité), d'où cette ville a pris son nom. Le fond et les bords de l'Amritsir, qui est un étang ereusé par les sikhs, est revêtu de briques. Au milieu s'élève le temple dédié à Govind- Gourou, où les sikhs viennent invoquer cet illustre réformateur de la religion de Nänuk. Sous un riche dais, repose le livre sacré des lois, écrit par Govind. Ce temple est desservi par 300 prêtres. Amritsir est arrosé par un canal dérivé du Râvi. Cette ville est défendue par une forteresse, construite par Rundjet-Singh. Population, 50,000 âmes.

Cachemir, grande ville, mal bâtie et sale, sur le Djilem, dans une situation enchanteresse, non loin du lac de Cachemir, qui a 3 lieues de circonférence, et sur les bords duquel on admire le vaste et magnifique palais, que les empereurs mogols, qui affeclionnaient particulièrement ce délicieux séjour, y avaient fait élever. Cachemir a beaucoup souffert des guerres longues, acharnées et incessantes qui ont ensanglanté le Lahore; mais il conserve sa réputation pour les superbes châles que l’on y tisse. Population, 445,000 habitants, musulmans.

Peichawer, grande et célèbre ville, qui avait une école mahométane très-fameuse. Cette ville a considérablement perdu de sa splendeur. L’immense forteresse du Balahissar renferme un palais avec de beaux jardins. On remarque en outre un beau caravansérai, 70,000 habitants, presque tous musulmans.

Moultan, non loin du Thenab, grande ville, ceinte d’un mur de 50 pieds d’élévation, et flanqué de tours. Moultan a une citadelle. On y remarque de beaux tombeaux. Gette ville a une bonne industrie, et on y fabrique beaucoup de soieries et de tapis trèsrecherchés. 25,000 habitants.

Les autres villes considérables du Lahore et des pays tributaires, sont Abmedpour, Outch, Millancote et Attok.

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