‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 51 sur 78 · PAL · texte numérisé non relu

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associant par là les jeunes gens qu’ils Supposent devoir se cotivenir dans le ciel. On stipule üne dot que paye le père du fiancé. Quand les Tchetsenses, tribus barbares voisines des Ingouches, ne peuvent garder un brisounier, ils lui coupent le nez et les oreilles avant de le renvoyer.

Le pays des Tcherkesses n'a ni villes ni bourgs; on rencontre seulement, à de rares intervalles, de petits villages, dans des lieux fortifiés par la nature. Leurs habitations, en général, sont éparses et entourées d'arbres, afin de se procurer de Phumidité, de l'ombrage et un moyen dé défense. Ces maisons des Techerkesses sont fort simples, quoique commodément agencées. Les bestiaux occüpent un bâtiment qui est adjacent à l'habitation. Les princes habitent de petites forteresses, placées dans des positions inexpugnables, où du moins très-fortes. Ces demeures féodales sont très- Communes dans Loute la montagne. On en voit peu dans les plaines.

Les Russes possèdent sur cette côte, depuis 1899, la ville et le port d’Anapa. On y étretient une forte garnison. Celle position Maritime est de la plus grande importance.

Soudjouk-Kalé est à 8 lieues sud-est d'Anapa. Cette petite ville est ävantageusemet Située Sur une baie profonde, où les navires dé toutes grandeurs trouvent un mouillage sûr pendant 8 mois. Mais ce port esl dominé par des hauteurs abruptes, d'où l'ennemi peut tomber à l'improviste sur la ville, qui ne deviendra un port florissant qu'après que les Russes seront maitres de tout Le pays.

e petit port dé Mamaï, véritable repaire des pirates, d'où les Tchérkesses faisaient Sortir 40 à 50 de leurs longs baleaux À rates, montés chacun par une soixantaine de délérminés brigands, et avec lesquels ils infestaient toute la côte, est aujourd'hui au pouvoir des Russes qui en ont cependant été chassés deux fois depuis 1839.

Les Turkomans, les Nogäïs, les Koumouks et quelques hordés des Kalmouks sont les Habilants dé vastes steppes que l’on pourrait appeler caucasiens, puisqu'ils commehcent au pied du Caucase et s'étendent, vers le nord, jusqu'au Don et au Volga, S'approchant dé la Crimée à l'ouest, et d'Astrakhan au nord-est. Les Turkomans déSéendent des Turcs; ils sont bien faits, vifs, courageux. Ce peuple nomade a d'innombrables troupeaux. Il occupe cette immense plaine sablonneuse qui, du Terek et de là Kouma, va jusqu’à la Caspienne. Les Turkoïans s’habillent avec une recherché inconnue dans lé Caucase : ils portent des surtouts de couleurs éclatantes, galonnés d’or, avec de riches ceintures. Leur coiffure est un bonnet; de forme élégänte, en peau d'agneau noire; des bottines jaunes, de belle forme, et qui chez les plus fiches Sont dé maroquin. Leurs armes sont riches; l'arc et le cärquois des Turko- Mans sont chargés d’ornements et de ciselures: Les femmes sont mises avec autant de richésse: mais elles se défigurent en passant un anneau dans leurs narines. Toutefois cet usage, dont les Russes leur ont fait apercevoir la laideur, devient plus rare. Les Turkomans sont fort bons cavaliers et ônt dé beaux et excellents chevaux. Hs fournissent à la Russie un contingent de cavalerie irrégulière, et ne payent point d'autre imposition, de façon qu'il ny à point, dans tout l'empire, de peuplade plus indépendante : car leur gouvernement particulier est purement celui de la famille.

Keslar, ville assez riche, de 10,000 âmes, est la seule ville des Turkomans. Le commerce est aux mains des Arméniens.

Géorgiewsk, petite ville forte, sur le Podkoumok, dans le Caucase, est une résidence agréable. La Russie y entretient une garnison nombreuse, afin de protéger le stéppe contre les incursions des montagnards.

Les Nogaïs, que l'on retrouve dans le Daghestan, en Crimée el jusque dans le steppe du Volga, parcourent celui qui entoure Stavropol. Ces peuples, d'origine

mongole, habitèrent longlemps au nord-est de la mer Gaspienne el passèrent, partie

en Europe, partie au nord et à l’est de l’isthme caucasien, au commencement du xvin® siècle; et comme ces peuples ont des mœurs essentiellement pacifiques, on les a partout accueillis avec bienveillance. Les chariots couverts de ces pasteurs sont de véritables habitations, puisque, dans leurs campements, ils ne dressent presque jamais de tentes. Les Nogaïs sont vêtus comme les Turkomans, mais moins richement: et ils sont aussi moïns propres. Ils doivent à leur rare sobriété une santé robusteet une longue existence. Les hommes se rasent la tête et les femmes marchent sur deux planchettes qui se trouvent adaptées à leurs souliers en manière d’échasses.

Les Tartares koumouks sont au delà du Terek. Ce peuple est en partie sédentaire, et se livre aux arts et à l’agriculture. Leurs khans (ou princes), tributaires de la Russie, résident à Endéri, ville de 10,000 âmes. Un autre prince de cette nation (le chamkal, le plus puissant d’entre eux) habite Tarkou, sur la mer Caspienne. Ces Koumouks ont des coutumes fort étranges. Quant à leur religion, c’est un mélange de mahométisme et de superstitions païennes. Les Turkomans sont musulmans, de même quelles Nogaïs et les Kalmouks; toutefois ces derniers mêlent aussi à leur mahométisme des pratiques païennes. Une observation qui peut s'appliquer à tous les nomades, c'est qu'ils sont moins attachés aux formes extérieures de la religion, que les peuples sédenlaires, et qu'ils ne sont jamais intolérants. Les Kalmouks partagent avec les Nogaïs l'origine mongole, et ils ont à peu près les mêmes mœurs, le même gouvernement intérieur. Ils occupent cette partie du steppe qui est entre.le Kouban et le Volga: Leurs troupeaux de chevaux, bœufs, chameaux et moutons forment toute leur richesse. Ils vivent exclusivement de viande et de laitage, préférant à tout la chairde cheval. Les Kalmouks sont polygames. Ils sont braves, hospitaliers, et moins pillards que les autres hordes tarlares. Leur costume, où le rouge domine, à la coiffure el au pantalon près, ressemble un peu à celui de nos Landais. Le bonnet, en peau de mouton ou d'agneau, est pointu ou rond; les pantalons, fort courts, sont d’une largeur démesurée, et les bottes, qui montent au-dessus du genou, sont fort incoms modes : aussi ce peuple va-t-il presque toujours à cheval. Le costume des femmes diffère peu de celui des hommes. Une large ceinture de cuir assujettit leurs pantalons:

Les cérémonies funèbres en usage chez ce peuple ont un caractère d’étrangeté qui nous engage à en dire quelques mots. Toutes les femmes de la famille du défuntse réunissent pendant plusieurs jours; elles se découvrent la poitrine et en déchirent les chairs avec les ongles. Une coutume plus étrange encore exislait jadis : lorsqu'un prince de cette nation mourait, son précepteur se coupait la moitié des oreilles et sa nourrice s’enterrait vivante. Cependant on laissait à celle-ci la tête hors de terre; recouverte d’un pot cassé par l'ouverture duquel on lui donnait quelque nourriture: Si après un nombre de jours déterminé, elle ne succombait pas à ce supplice, on y mets lait un terme, en la retirant de cette tombe vivante.

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