‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 56 sur 78 · SIBÉRIE ORIENTALE · texte numérisé non relu

SIBÉRIE ORIENTALE

Gouvernement de Jéniséisk, 2. 4, ,, 0. 170,000 135,000

—— d’Irkoutks. dans Lis air depart: 60,000 + 400,000

Proyince d'Rkoutks, SEEN CSSS LE 189,000 147,000

District de Kamtchatka. . . Te DES LUE 14,000 4,500

District d’Okbotks et pays de Téhoukotks. né DRE thus 148,000 ÿ 6,700 TOTAUX: à NAME De ie 670,300 1,605,700 .

Écatérinenbourg, sur l’Iset, est une assez grande ville, où se rendent, au temps des foires d'Irbit, des négociants de Tumène, de Tobolsk, des Arméniens et des Grecs de Moscou, de CS et d’Astrakhan. Le commerce de cette place est assez Hope taut. 9,000 habitants.

Néviansk, assez grande ville, sur la Koucheva. Cette place tire son importance des usines pour la fonte des métaux. Des forêts immenses, peuplées d’élans, entourent Évianks, qui a 10,000 habitants.

Taghilsk, ville moyenne, près de laquelle sont de riches mines, dont on extrait de Je et du platine. Les fabriques d'acier des environs sont très-renommées.

* Beresow, sur la Sosva, près de l'Ob, a de riches mines d’or. Celte ville et ses envi: rons ont beaucoup d’exilés. 9,000 habitants. On fait à Beresow une grande consommas Lion de viande de jeune renne.

Tumène, sur la Tumenska, compte, dans ses 7,000 habitants, plus de 3,000 Tartares.

Tobolsk, chef-lieu de la Sibérie occidentale, grande et riche ville, sur le Tobol et l'Irtiche. Cette place importante est ornée de nombreux édifices publics, dont le plus remarquable est l’hôtel des postes. L’Irtiche forme ici plusieurs bras, de façon que différents quartiers se trouvent dans des îles. Tobolsk, parmi ses 46,000 habitants; compte plus de 4,000 Allemands.

Barnaoul, la plus belle ville de Sibérie, sous un ciel tempéré et au milieu d’un pays qui ne débs erait pas les provinces les plus fertiles d'Europe. Barnaoul, sur le haut Ob, doit sa prospérité à l'abondance des produits du sol. 8,000 habilants.

Tomsk.

Femme Tartare de

(Asie.)

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«… Sineïow, au centre des riches mines de l’Allaï. Cette ville est laide et peuplée en partie d'employés des mines el de mineurs. 4,000 habitants.

Colyvan, près du beau lac de ce nom, ville peuplée d'ouvriers habiles qui façon-

nent des colonnettes, des vases, des chambranles et des bas-reliefs en jaspe et en porphyre que l’on tire des environs. Presque toutes ces belles choses vont en Russie. 4,000 habitants. On a récemment découvert de riches mines de plomb près de cette vie.

…Riddersk, dans l’Allaï, sous un climat rigoureux à cause de l’élévation du sol. Riddersk n’est que de 80 toises moins élevé qu'Inspruck au-dessus de l'Océan. Les environs, surtout au nord, donnent cependant des moissons, des légumes et quelques fruits. Kroukowski, avec ses riches mines, n’est qu'à une demi-lieue de Riddersk. 7,000 habitants. Les plus hauts sommets de l’Altaï sont aux environs de Riddersk. On trouve aussi près de là un écho fort singulier, qui, après avoir rendu un mot d’une manière distincte et sonore, le répète plus de cent fois en le renvoyant de montagne en montagne, pendant une minute et quart.

Fykalka, petite ville el poste militaire, aux frontières de la Chine. Fykalka fait un commerce actif et avantageux.

Tomsk, sur la Toma, ville laide et pauvre, qui a cependant 8,000 habitants.

Krasnoyarsk, grande et riche ville, dans le gouvernement de Jénisséisk, sur le Jénisséi, Cette place, déjà florissante, est appelée à une grande prospérité. Foyer d’un commerce aussi lucratif qu’étendu. 42,000 habitants.

Kyakhta, sur la rivière de ce nom, fait un commerce considérable avec les Chinois. 7,000 habitants.

Nertchinsk, sur un affluent de l'Amour. Cette ville est entourée de mines où l’on ne füil travailler que des meurtriers et des voleurs, 4,000 habitants, dont beaucoup d’em-

- ployés.

Yakouts, sur la Léna ; celte ville laide et mal bâtie est toutefois assez riche. …Jrkoutsk, sur l'Augara, à 7 lieues de sa sortie du Baïkal. Gette grande et importante ville, qui fait un commerce aussi aclif qu'étendu, peut être considérée comme le cheflieu de la Sibérie orientale. On y voit de grands et beaux édifices publics qui ne déparéraient point nos villes d'Europe. 15,000 habitants.

11 est assez diflicile de classer les habitants de la Sibérie, où l’on rencontre plus de vingt nations, différant par leur origine, leurs mœurs, leur langage. Les Russes el les Allemands sont répandus partout. Les premiers comme militaires et adminislrateurs: les seconds sont employés aux mines, dont ils entendent mieux l’exploitation que les Russes. Le long du versant oriental de l’Oural, et sur le fleuve Oural, sont les Vogouls, d’origine finnoise. Ces peuples sont chrétiens. A l’est des Vogouls et au nord de Tobolsk, jusque vers les bouches de l’Ob, sont les Ostiaks, tribu en partie sédentaire et en partie nomade, dont les hommes sont grands, bien faits, bons et hospitaliers. Ces Ostiaks sont chrétiens; mais ils mêlent encore beaucoup de superslilions païennes à leur culte. Les Samoyèdes, à l'embouchure de l'Ob, sur les deux versants de l’Oural, sont presque aussi grands que les Ostiaks ; mais leurs femmes son petites. Ces peuples diffèrent des Samoyèdes de l'est, qui sont petits. Tous les Samoyèdes, quoiqu'on en ait baptisé quelques-uns, sont idolâtres. Les Samoyèdes Sont essentiellement pêcheurs, de même que les Ostiaks; mais ces deux peuples se livrent aussi à la chasse, dans le but d’avoir des fourrures. Les Kirghiz sont les peuples les plus nombreux de la Sibérie; ils occupent une contrée fort étendue, depuis le pied de l’Altaï, jusqu’au centre-de la Sibérie, et font encore des incursions chez les tribus voisines, où ils pénètrent pour voler des chevaux. Les Kirghiz sont tous pillards;

mais leur courage n'égale pas leur amour du larcin; et quelques Cosaques suffisent pour en disperser des centaines. Le voisinage des Russes influe sur les mœurs de ces. nomades, dont quelques-uns commencent à cultiver la terre, soigner les pâlurageset prendre des habitudes sédentaires. Le gouvernement a déjà ouvert dans leurs ostrogs quelques écoles. Le meilleur moyen de les civiliser serait d'envoyer parmi eux dés Allemands. Les Kirghiz sont presque tous musulmans; mais c’est dans le même degré d'ignorance que les Ostiaks sont chrétiens. Les Kalmouks, qui diffèrent en toutdes Kirghiz, sont leurs voisins, et habitent souvent les mêmes steppes. Les Kalmouks, tous pasteurs, sont pacifiques et assez probes. Leur malpropreté égale leur ivrognerieIl est d'autant plus regrettable que les Kalmouks aient ce penchant, qu'ils sont fort gais el naturellement portés au bien. Ils vivent en bonne intelligence avec les Téléoutes, leurs voisins, venus de l’Altaï, et qui sont d’origine mongole; mais ils ont souvent des démêlés avec les Kirghiz, qui tentent de les voler. Les Kalmouks et les Kirghiz sont excellents cavaliers. Les Téléoutes diffèrent peu des Kalmouks quant aux mœurs. Les Bouriats, peuplades de souche mongole, vivent vers les rives du Baïkal, dans un cercle assez étendu. Ces Tartares ne sont point exclusivement pasteurs; ils cultivent la terre avec assez d'intelligence; et ceux qui habitent l’ile d'Olkhone, dans le Baïkal, ont de belles campagnes, bien cultivées, et de nombreux troupeaux. Cette île a 20 lieues de longueur, sur une largeur moyenne de3, et peut nourrir 70,000 habitants. Les Tongouses, dans le gouvernement d’Irkoutsk, sont fort nombreux et s'étendent dans le nord jusque vers la mer Glaciale, se mêlant aux Samoyèdes. Ces nomades sont misérables, dans le nord et au centre; mais ceux du sud ont d'innombrables troupeaux, et vivent dans l’abondance de toutes choses. Les Tongouses sont d’origine mantchoue; quelques-unes de leurs hordes vont, à l’est, jusque près du Kamtchatka. Ces peuples ont une grande droiture, une probité sévère, et sont fort obligeants, mais d’une mal propreté révoltante, qui ne le cède qu’à celle des Kamtchadales. Les Yakouts, divisés en pêcheurs et en chasseurs, suivant leur position, habitent les deux rives de la Léna, et s'étendent davantage vers l’est de ce fleuve. Ils sont fort polis, bons, hospitaliers. On trouve parmi les toïons, ou chefs, des hommes de très-grande taille; mais ce n’est point une circonstance qui s’étende à toute la nation, Les Youkaghirs, qui vivent sur les rives de la Kolyma, sont d'une belle stature; mais cette population intéressante diminue de jour en jour. Les Tchouktchis, qui habitent au nord et âu nord-est d'Irkoutsk, sont nombreux et hostiles à leurs voisins, quoiqu’ils payent fort exactement le tribut au gouvernement russe. Leurs principales hordes occupent les rives de l’Anioui et de l'Anadyr. Ces peuplades errantes sont d’origine américaine ; et ils ont évidemment une souche commune avec les Eskimaux. Les Ttchouktchis sont adroits, rusés, spirituels, quoiqu'ils affectent une grande simplicité. Les Koriaks, leurs voisins, leur ressemblent sous beaucoup de rapports; et n’ont toutefois pas la même origine. Les Kamtchadales, qui habilent la grande presqu’ile de ce nom, sont petits, trapus et laids ; bons, quoique irascibles: très-voraces, ivrognes, et les peuples les plus sales de toute l'Asie.

Les Baskhirs se confondent avec les Kalmouks. C’est principalement parmi ces peu: ples que l’empereur prend des cavaliers, qui, de même que les Cosaques irréguliers, flanquent d'ordinaire les armées russes, et sont employés comme partisans. Leurs officiers sont choisis parmi les Cosaques du Volga et du Don.

Les habitants des Kourilles ne sont pas tous dépendants de la Russie; et le Japon a la possession des trois îles de cet archipel qui sont au sud. La population totale des Kourilles russes n'excède pas 2,200 habitants, qui vivent tous de la pêche. Ces insulaires sont idolàtres; et il n’en est qu'un petit nombre qui aient reçu le baptême;

Kiréhiz.

(Asie.)

mais comme le gouvernement n’y a point fondé d'églises, Leur ignorance les rejette

dans les superstitions de leurs compatriotes. ,

Après avoir énuméré toutes les populations si variées de la Sibérie, il faut ajouter que l'on trouve presque partout, et principalement à Bérésow, à Tobolsk et tout le long de l'Altaï, les exilés et Les descendants d’un grand nombre de ceux qui moururent dans le bannissement.

“inconnue aux Grecs et aux Romains, la Sibérie le fut de même aux Russes jusqu’au te siècle. Ces derniers y firent leur première expédition en 1499, mais ils ne parvinrcht à la soumettre que sous Ivan IV, dans la dernière moitié du siècle suivant. La partie la plus importante de cette conquête fut faite par le Cosaque Iermak qui, pouréuivi comme pirate par le gouvernement russe, passa, en 1380, au delà des monts

“Ourals, avec 6,000 de ses compatriotes, et tomba sur les possessions de Koutchoum-

Khan, descendant de Djenghiz-Khan, et souverain de la principauté de Touran, qui oceupait les bords du Tobol, de l'rtych, de la Toura, et s'avançait jusqu’à l'Obi. Térmak défit complétement ce prince en 1581 et se rendit maître de sa capitale, Isker où Sibir, qui, par la suite, donna son nom à toute la contrée que nous décrivons. Après ces exploits l'intrépide Cosaque fit hommage de ses conquêles au tzar qui lui accorda son pardon et l'investit du titre de prince de Sibir. Cependant les troupes du houvéau Souverain se mutinèrent et Iermak, attaqué à l’improviste par Koutchoum- Khan, se noya dans l'Irtych. Sous les successeurs d'Ivan IV, les Russes s’avancèrent peu à peu à l’est et il ne leur fut pas bien difficile de soumettre le reste de la contrée. Il faudrait s'étendre bien au delà des limites du cadre de cet ouvrage pour détailler 16 mœurs et les costumes de chacune des peuplades de la Sibérie. Il ÿ a d’ailleurs, entre ces peuplades, de grandes ressemblances, puisque leur vie est presque uniforme. Les riverains de l'Océan, des fleuves et des rivières se livrent exclusivement à la pêche,

“vivent de poisson, et en vendent à leurs voisins des steppes, qui sont pasteurs et se

nourrissent de la chair et du lait de leurs troupeaux. Un grand nombre de ces nomades

“pasleurs sont également chasseurs, à cause des fourrures. Les montagnards sont pas-

teurs et chasseurs. Presque tous les Sibériens sont pacifiques, loyaux et très-faciles à

‘gouverner; ce que prouve incontestablement le petit nombre d'agents civils et mili-

laires que l'empereur entretient dans ces vastes régions, où un officier, accompagné

J de deux Cosaques , suffit pour faire la police d’un district aussi étendu que la Belgique,

ét pour percevoir l'impôt. Les Kirghiz sont voleurs, et les Tchouktchis enclins à la

guerre; mais les Kirghiz sont peu belliqueux; leur pays est entouré de garnisons qui,

quoique faibles, suffisent pour les tenir en respect. Quant aux Tchouktchis, l'élément fait défaut pour qu'ils puissent guerroyer; et ils ne peuvent le faire avec leurs paisibles et pauvres voisins les Kamtchadales et les Samoyèdes.

Nous décrirons, quoique succinctement, les usages el les costumes de quelques-uns de ces peuples qui nous ont paru mériter une mention toute particulière.

b Les Kasrommrzes, Kastchinzi ou Katchins habitent sous des tentes faites en feutre pour l'hiver et en écorce de bouleau pour les saisons moins froides ou moins plu- Vieuses. Leurs ustensiles de cuisine se composent d’une marmite de fer et de quelques baquets en bois de bouleau. Ils obtiennent, en distillant le lait, une eau-de-vie dont ilSs'enivrent pendant l'été et l'automne. L'usage de fumer est une passion commune dux deux sexes. Ils passent pour les plus sales et les plus sauvages des peuples nomades de la Sibérie. La petite vérole n’exerce ses ravages parmi eux qu’à des époques assez éloignées, et le mal vénérien y fut longtemps ignoré; mais on y à remarqué depuis quelque temps une maladie étrange qui atteint les jeunes filles de ces Tartares : c'est

une sorte de fureur utérine qu'elles ressentent lorsqu'elles deviennent nubiles, et qui les Lourmente quelquefois pendant plusieurs années. Dans les accès de cette espèce de fièvre, elles s’élancent hors de leurs habitations en poussant des hurlements et faisant des gestes lascifs; elles s’arrachent les cheveux, s’étranglent ou se détruisent par quelque autre moyen. Dans les intervalles lucides, ces malheureuses observent toutes les règles de la décence. Ges Tartares sont païens; ils croient à un être bon qu’ils adorent en se tournant vers l'Orient, et à une divinité malfaisante qu'ils nomment Tu. Is ont aussi des magiciens qui passent pour fort adroits. Les cérémonies du mariage et celles des funérailles sont assez curieuses. Les Æatchins n'épousent qu’une femme L'homme qui a l'intention de se marier charge une personne de confiance de porter une cerlaine quantité d'eau-de-vie et de tabac au père de la fille qu’il a en vue. Sile père consent à boire et à fumer avec l’envoyé, c’est une preuve que la demande est agréée. Quelque temps après on traite des conditions et l’on arrête le jour de la célébration du mariage. Ce jour arrivé, l'époux se rend avec ses amis à la tente du beaupère, où celui-ci et sa femme sont assis à la tête des parents et des amis. Pendant quel= ques instants, ce ne sont plus que des larmes ; la fille se jette en pleurant aux pieds de ses parents et leur dit adieu en sanglotant ; les assistants l’imitent, et cela duré jusqu’au moment où l'époux vient prendre par la main sa fiancée qu’il conduit à une autre tente, préparée à quelque distance et où toute la compagnie les suit. On mange, on boit et on se divertit alors pendant plusieurs jours. S'il est prouvé que l’épouseait tenu une conduite déréglée avant son mariage, celui qui a eu des relations intimes avec elle est condamné à des dommages-intérêts envers le mari.— Les morts sont ensevelis avec leurs vêtements; on place plusieurs bagatelles dans le cercueil que l'on ferme, dans la fosse, avant de le couvrir de terre; après quoi on dépose sur la fosse comblée une écuelle. Le jour de l'anniversaire arrivé, les parents se rassemblent; les. femmes commencent par gémir et se lamenter, mais la scène change bientôt et celle ovalion à la mémoire du défunt se termine par un festin et des divertissements: L'écuelle déposée sur la fosse sert de vase pendant ce repas. Les filles sont habiles à suc= céder comme les mâles et ont les mêmes droits.— Les Æatchins se rasent et ne consérvent de leur barbe qu’une moustache en demi-lune avec une petite touffe sous la lèvre inférieure ou au menton. Ils portent généralement leurs cheveux noirs en lresses, landis que les enfants n’en ont qu’une qui pend derrière la tête; le reste de leur che: velure, longue de six pouces, est épars et flottant. L'hiver, la chemise est remplacée par une longue fourrure à manches étroites, ordinairement en peau de chevreau et l'ouvrage des femmes qui, au moyen du foie bouilli de l'animal, savent, en 24 heures, lui donner l’apprêt nécessaire. Les riches ont des vêtements en peaux dé mouton et d'agneau couvertes de leur laine; les chefs ont des habillements de drap ct des caleçons de soie dans les jours solennels; et le peuple porte des pelleteries, dé larges caleçons de toile et des bottes. Les femmes ont des caleçons et des brodequins en façon de bas, faits en peau et brodés; leur vêtement de dessous est long, en coton de la Chine ou en soie; celui de dessous, long aussi et joignant au corps, est de drap fin, de soie ou de peau, et se croise sur le devant. De riches broderies ornent les extrémités de leurs habits de parade, et les coutures sont garnies d’une fourrure fine où d’une bande d’étoffe d’une autre couleur. Leurs cheveux sont partagés en deux grandes tresses qui leur tombent sur le sein; elles portent des pendants d'oreilles et, quel: ques-unes, un petit collier en corail sur la poitrine. Leur coiffure est un bonnet plat bordé d’une fourrure, et dont la convexité ressort beaucoup en avant. Les filles ont un plus grand nombre de tresses que les femmes mariées: il est habituellement de neuf, dont trois tombent sur les épaules et trois de chaque côté. Les filles des riches

Famille Tartare Katschontzes.

portent une ceinture sur le vêtement de dessous, et tiennent celui de dessus ouvert pour laisser voir le premier, ainsi que leur chaussure brodée en forme de brodequins. La plupart des enfants sont nus dans les cabanes.

Les Bourrares, Burieles ou Barga-Buriats, appelés Bratski par les Russes, ressemblent extérieurement aux Kalmouks ; mais ils sont généralement plus gras; ils ont peu de cheveux, el beaucoup n’ont point de barbe; ils ont le teint pâle, jaunâtre, et sont naturellement faibles, quoique d’une bonne santé. Depuis qu’un établissement d’inocu- Jation à été fondé à Irkutsk, la petite vérole exerce moins de ravages. En revanche la gale sévit avec fureur parmi ces tribus, qui doivent cette maladie à la qualité des aliments, à la manière de vivre et de se vêtir. L’habillement des basses classes est en euirou en peau de mouton, avec où sans laine; celui des gens aisés, en drap ou en soie; ils portent des bottes fort larges, des caleçons, et leur robe de dessus, qui descend jusqu'aux talons, en recouvre une autre, moins longue, dont les manches sont courtes el qui se lace par devant. Leur poignard, leur bourse à tabac et le briquet sont suspendus à une ceinture en cuir garnie de trois plaques de fer-blanc. Leurs cheveux sont coupés ras, à l'exception d’une touffe laissée sur le sommet de la tête et dont ils forment une tresse qui se joue sur le dos. En été ils vont tête nue; en hiver ils la recouvrent d'un bonnet rond en drap bleu céleste, bordé d'une fourrure et orné d'un gland dé crins rouges. — Les femmes renferment souvent leurs cheveux, partagés en deux iresses, dans une bourse de drap ou de velours; elles ont pour coiffure un bandeau ehtichi de corail et en partie recouvert d’un bonnet rond; elles portent aussi des colliers de corail. — Une femme qui a eu trois maris doit renoncer au mariage; celle qui n'en a eu qu’un ou deux a la faculté d’y renoncer également pour entrer dans une espèce d'ordre institué pour les veuves, et où elles seules peuvent être admises. Un ruban de soie ou de velours est le signe-distinctif de cet ordre. Cette espèce d'écharpe se porte transversalement d’une épaule à l’autre.

“Les Tuncuses: ou Tongouses ont la taille moyenne, la voix rauque et grêle, le visage aplali et large, les yeux pelits et vifs, le nez proportionné; peu d’entre eux ont de la barbe. Ils ont les cheveux noirs et longs et les laissent pendre autour de leur tête dans une longueur uniforme, à l'exception d’une touffe plus longue, au sommet de la tête, él dont ils font une tresse à laquelle ils attachent leur arc, de peur qu'il ne se mouille, lorsqu'ils doivent, en allant à la chasse, traverser quelque rivière à la nage. Ces peuples sont excellents cavaliers et très-adroits dans l'exercice de l'arc. Leur courage et leur fidélité en font de bons soldats que l’on incorpore parmi les Cosaques chargés du Service militaire sur les confins de la Chine. La plupart des Tongouses sont païens et professent le schamanisme; peu d’entre eux ont consenti à recevoir l’eau sainte. Les prèlres ou schamans sont à la fois devins, magiciens, sacrificateurs et médecins. Le dieu suprème est Boa ; puis viennent Detatschia où Tirgani (le soleil), Bega (la lune), el Douda (la terre), à la suite desquels sont beaucoup d’autres divinités bienfaisantes où malfaisantes qui président aux fleuves, aux montagnes, aux vents, aux tempèêles, etc. — Les deux sexes ne peuvent être distingués à leurs vêtements : ils portent l'un et autre, sur la chair, leur robe de peau qui descend à peine au genou; leurs caleçons courts sont en peau de poisson durant l'été, et en fourrure en hiver; leurs bottes doublées ont des ornements qui se composent de grains de verre ou de raies de diverses couleurs ; ils ont encore un petit tablier de cuir jaune ou brun garni de franges. Leur Surlout, quoique lacé par devant, étant trop étroit pour se joindre sur la poitrine, ils

!Toungouse ( porc) est un surnom dérisoire qui leur est donné par les Tartares, leurs voisins; ils s’appellent entre eux Boukie ou Boie (hommes).

font usage en hiver d’un pectoral brodé avec des grains de jais ou des fils de différentes couleurs; sur ce pectoral ou sur la poitrine nue, les plus superstitieux portent quelque petite idole en fer-blanc qui doit les protéger dans leurs entreprises. Ces peuples 6u du moins le plus grand nombre, se font des raies ou autres figures sur le front,Mles joues ou le menton; ce sont les pères qui impriment eux-mêmes ces traces sur le visage de leurs enfants lorsqu'ils ont atteint six à dix années. On emploie pour cette opéræ Lion douloureuse un fil humecté de salive et noirci avec une espèce de terre ou dela suie que l’on passe alors, au moyen d’une aiguille, dans la peau du malheureux qu’on veut embellir des taches azurées et ineffaçables qu'y laisse cette couture. é

Les Osrrars sont de stature moyenne ou petite, d’une complexion faible, leurs mem bres sont grêles, les traits de leur visage sont laids, leur teint est pâle, et ils mont rien de caractéristique dans la physionomie. Leurs cheveux, d’un blond d'or où plutôt roussâtre, qui sont épars autour de leur tête, ajoutent encore à leur aspect difforme. On rencontre peu de leurs femmes qui aient quelque agrément, et celles qui ontalteint un âge avancé sont repoussantes. Quelques Ostiaks sont chrétiens, mais la plupart sui vent le culte des idoles qu'ils adarent en leur frottant la bouche avec de la graissede poisson et en tenant devant elles un cornet plein de tabac en poudre, avec quelques pelits morceaux d'écorce de saule pour leur boucher les narines. Cependant la véné ralion qu'ils ont pour ces idoles n'empêche pas ces peuples de les accabler d'outrages et de les briser même lorsqu'elles n’exaucent pas leurs vœux ou qu'ils sont frappés de quelque disgrâce. — Le nombre de femmes n’est pas limité chez les Ostiaks, et ils peuvent épouser toute parente, à quelque degré que ce soit, du côté de la femme; ils pré fèrent même se marier avec deux sœurs, dans la persuasion qu'il en résultera un grand bien pour la famille. Dans ce cas ils ne payent pour la seconde qué la moitié du prix qu'ils ont donné pour la première. Toutefois, ils considèrent comme une infamié toute union contractée avec une femme de leur propre famille et qui porte leur nom:Un Osliak qui veut se marier choisit parmi ses parents et ses amis quelques hommésde son âge et en désigne un pour son médiateur. On se rend ensuile à la cabane du père de la fille recherchée, où le premier, à l'approche de ce monde et prévoyant le sujek de la visite, fait préparer un grand repas, à la fin duquel les convives passent dans une autre cabane. Le médiateur fait part de la proposition qu’il est chargé d'émettre et demande au père de la fille quelles sont ses prétentions. Lorsque les parties sont d'accord, le prétendant revient bientôt avec la moitié du kalim convenu ét qui habitucllement consiste en cent peaux de rennes et une quantité de différentes pelléteries: Si le futur beau-père est satisfait des objets qui lui sont offerts, le prétendant prévient qu'il viendra le lendemain coucher chez lui, et le prie de tenir sa fille à la maison. En effet, le lit est préparé à l'arrivée de l'époux, et lorsqu'il y a passé quelques heures; la fille se place dans un autre lil voisin où elle reste seule jusqu'à ce que les flambeaux et le feu soient éteints. Le matin suivant la mère questionne le mari, et s’il répond qu'il est Satisfait de sa fille, il lui fait présent d'un vêtement de peau de renne; la mère prend alors celle sur laquelle les époux ont couché et la coupe en morceaux qu'elle éparpille en signe de triomphe. Mais si le mari témoigne du mécontentement, la mère de la fille est obligée de lui donner un renne. Du moment que les époux ont passé ensemble une nuit, ils vivent familièrement, sans cependant que le mari se permietle d'emmener sa femme avant d’avoir acquitté la totalité du kalim. Le mari évite sa belle= mere el la femme son beau-père jusqu’à ce qu'ils aient un enfant: cette bizarre cou. tume est si rigoureusement observée qu’en cas de rencontre comme celle dont nous venons de parler, la femme se cache le visage et le mari tourne le dos. —Ces peuples regardent leurs femmes comme des animaux domestiques, et, bien qu'elles soient labo-

rites et empréssées dans les soins du ménage, il est rare qu'ils leur adressent une

parole obligeante. Néanmoins ils ne leur infligent aucune correction corporelle,

quellé que soit la gravité de leur faute, sans l’assentiment du père. Si elle a été mal-

trailée par son mari, la femme se réfugie chez ses parents et oblige son père à restituer

lékalim reçu et à lui trouver un nouveau mari.— Les Ostiaks ont, en général, peu d’en-

fants, non par défaut de fécondité, mais parce que la mauvaise nourrilure et le manque

de soins délerminent une mortalité continuelle parmi les enfants en bas âge. — Avant

l'ensevelissement, on expose les morts et on place à côté d'eux un couteau, une hache, un cornet de tabac et une forme de briquet en bois; les parents et les amis, réunis

autour du corps exposé, poussent des cris épouvantables; les hommes sont debout, et

les femmes , le visage couvert de leur voile, se tiennent assises. Le cadavre, revêlu de ses" meilleurs habits, est ensuite placé dans un petit canot dont les deux pointes

sont coupées, el on met auprès de lui les objets indiqués plus haut. Il est alors transporté au champ du repos où l'accompagnent les personnes du sexe auquel il appartenait. Le lieu de sépulture est ordinairement un endroit élevé, et la tête du mort est

tournée vers le midi. Quand le défunt est un homme, on fait suivre son convoi par quatre de sés plus beaux rennes, attelés à des slites et bien équipés. L’enterrement

fini, on attache une courroie aux pieds de derrière de chacune de ces pauvres bêtes, et,

tandis qu'un homme les tire en avant à la course, quatre autres les poursuivent avec

des pieux aigus qu'ils leur enfoncent impitoyablement dans toutes les parties du corps;

si lémort était riche on en assomme un plus grand nombre. Ces animaux ainsi sacrifiés

en l'honneur du défunt restent sur son tombeau où l’on élève un échafaud sur

lequel on place les harnais et les slites renversées. Un repas termine la cérémonie. — Les OSiuks sont simples, timides et adonnés aux préjugés, mais ils ont le cœur bon et

sont très-hospitaliers. — Leur langue a quelque ressemblance avec la finnique et plus

encore avec celle des Voguls. — L'habillement des deux sexes n’a presque rien de commün avec celui des autres nations. Les hommes portent des caleçons étroits et n’arrivant point aux genoux, en peau de loutre ou de renne; une espèce de bas courts, pardessus lesquels sont des bottes faites de la peau des jambes de renne, auxquelles ils adaptent pour semelle la partie velue qui se trouve entre les éperons de cet animal, parce qu'elle est de bonne durée et que le poil dont elle est garnie les empêche de glisser sur la neige; leur costume est complété par un manteau de loutre, et la plupart d'entre eux ont aux oreilles de petits anneaux.— Les femmes se vôêtent d’une mavliza, pelleterie étroite et à manches portée sur la peau, qui leur descend jusqu'aux reins, a ue ouverture pour y passer la tête et est fermée devant et derrière; la mavlisa (ordifairement une peau dé renne né au printemps et dont on a laissé le poil qui s’applique sur la peau) est recouverte d’une purga, fourrure ordinaire ayant un capuchon qui sert de bonnet. Ce dernier vêtement est bordé en peau de chien et se porte en été aussi bien qu’en hiver quand les vents sont froids; mais dans cette dernière saison elles ont encore une autre fourrure, plus large et plus longue, appelée gus, et des caleçcons en peau avec des courroies blanches. Leur costume d'été consiste en une mavliza de luxe, sans doublure, faite de bandelettes de diverses couleurs et bordée en peau de chien blanc où en queue de renard polaire; elles ont aussi une espèce de ouate de peau, serrée au moyen de pelites courroies, ouverte par devant, mais de manière qu’un des côtés avance sur l'autre et ne découvre aucune partie de leur corps; leurs jambes seules sont

nues. Leurs cheveux, divisés en deux tresses, tombent sur les épaules et sont entre-

mélés de cordons; les plus riches y joignent des bandelettes de drap jaune garnies

de plaques de lailon ou de cuivre, sur lesquelles sont imprimées de petites figures

d'animaux. Les vieilles dont la chevelure a disparu se couvrent la tête d'une bande de

e | drap en forme de couronne; elle est maintenue par deux attaches, et les extrémiles

relombent croisées sur le dos. Les jeunes filles ont sur la tête une Couronne de petites plaques, ornée de bandelettes qui descendent jusqu’à la moitié des reins. — Toutes en

général ont les oreilles ornées de pendants en corail de diverses couleurs ; elles ne peuvent paraître à visage découvert que devant leur mère; lorsqu'un étranger ou même un parent entre dans l’iurten, elles mettent un voile à franges (vortschié) qui dérobe leurs trails, ou vont se cacher dans un coin si elles n’ont pas ce voile en ce moment-Un genre de parure usité parmi les femmes consiste en divers dessins tracés au moyen d'une aiguille dont les piqûres imprégnées de suie demeurent ineffaçables exécutés

sur les mains, l’avant-bras et les jambes. Les hommes impriment également, et par le

même procédé, sur leur poignet la marque sous laquelle ils sont notés aux registres des tribulaires; celle marque tient lieu de signature pour ceux qui ne savent pas

écrire. En outre, lorsqu'ils sont malades, les Ostiaks se font faire de ces empreintes sur différentes parties du corps; celte opération a, selon eux, la même propriété médi-

cale que chez nous les ventouses. Ces peuples ne se lavent jamais les mains: ils és

essuient seulement sur leur fourrure. On s’expliquera facilement la malpropreté qui

règne dans leurs huttes et l'odeur nauséabonde qui doit s’en exhaler, lorsque nous

aurons dit que les hommes, femmes, enfants et chiens vivent pêle-mêle sans qu’on

songe jamais à neltoyer la cabane, non plus que les chaudières et autres ustensiles

qui servent en même temps à l'espèce humaine el à l'espèce animale. Les Ostiaks exécu-

tent une danse ou pantomime dans laquelle ils représentent l'allure des quadrupèdes

el des oiseaux qu’ils chassent, et même celle des poissons qu’ils pêchent; ils contre-

font aussi, parfaitement, dit-on, leurs voisins dans les occupalions auxquelles ces der-

niers se livrent. Leurs instruments sont au nombre de deux : la dombra et le derneboï,

espèces de harpes.

Les Sawoïènes ou Samoyèdes : ont la taille peu élevée; elle est trapue et varie entre quatre et cinq pieds. Ils ont la tête grosse, le visage plat, le nez écrasé, la partie inférieure du visage proéminente, la bouche et les-oreilles grandes, les lèvres grosses el saillantes, une peau olivâtre et luisante de graisse, des cheveux noirs et rudes qu'ils soignent néanmoins, peu de barbe au menton et deux petits yeux noirs et longs. Les femmes ont la taille un peu moins disgracieuse, un certain air de douceur dansa physionomie, et sont nubiles de bonne heure; les filles peuvent être mères à onzeans. Cependant elles sont peu fécondes et cessent de l'être avant trente ans. Un fait digne de remarque, c’est qu’elles ont les mamelons très-gros et noirs. Le culte des Sumoyèdes parait être l'idolâtrie, et ils ont des tadib (magiciens ) qui escamotent fort adroilement, font mille tours habiles ou rusés, et deviennent quelquefois frénéliques. — Lorsqu'il s'agit de mariage, le Samoyède, faisant abstraction de la beauté, recherche une femme dans une famille qui soit au moins égale à la sienne en condition et en fortune. Ilse procure à cet effet un médiateur et se rend avec lui et ses parents à latente de son futur beau-père, où la troupe étant arrivée, le fondé de pouvoirs est seul admis à traiter l'afs faire Landis que le reste de la compagnie demeure dans les slites rangées à la porte. Al est rare qu'un prétendant soil repoussé, car les pères ont un grand faible pour le alim, qui se compose de vêtements, de meubles, d'ustensiles de cuisine, de peaux de renne, elc.; cependant la moitié du kalim revient aux autres membres de la famille de l'épouse, Dès que le futur a payé en entier son kalim, le père l'invite à diner, et durant le repas ous deux chantent, le premier en réclamant l'amitié et les bonnes grâces du beau-père, celui-ci en recommandant à son gendre d'aimer et de bien traiter sa fille.

‘ Is se nomment entre eux Winetz (hommes) ou Chosovo (mâles).

On fixe alors le jour où la fille doit être livrée à son mari avec un présent que le beaupère doit faire et qui consiste en vêlements pour les fiancés. Le premier devoir de la femme est de préparer Le lit nuptial où les deux époux reposent ensemble, ce qui n’empéche pas que le mariage ne soit consommé qu’au bout d’un mois. Après la consommation, et s’il a trouvé sa femme telle qu’il la désirait, le gendre fait aussi un présent x 61 belle-mère. — Ces peuples n’ont point de cimetières déterminés; le lieu de sépulture est une colline quelconque. Le mort est couvert d'autant d’habits que possible, et ceux qui restent sont placés autour de lui; sa tête disparait ensuite sous une chaudière renversée, dans la croyance où sont les vivants que l'âme y séjourne après l’anéantis- Sement du corps. Enveloppé avec ces divers objets dans une couverture de peau de renne, le cadavre est emporté, la tête la première, par un large trou pratiqué dans la tente où dans la cabane, car ces hommes superslitieux sont persuadés que si la dépouille mortelle sortait par la porte, quelque membre de la famille ne manquerait pas d’être bientôt frappé par les Parques. Si c’est en été, les restes sont déposés dans une fosse à peine assez profonde pour les couvrir et sur laquelle on plante des branches d'arbre. Si c’est en hiver, on place le défunt dans une cabane et on laisse sur le Lombeau une hache, un couteau, un are, des flèches, du tabac, une pipe, une cuiller et une coupe. On immole aussi des rennes comme chez les Ostiaks. Lorsqu'un Samoyède passe près de la sépulture d’un parent, il doit tuer et manger, avec ceux qui l’accompagnent, un renne à la mémoire du mort. La tête de l’animal est ensuite fichée au haut d'un pieu auprès du tombeau. L'absence du ceinturon autour-du corps et les bottes tombant sur les talons sont les signes du deuil pour un parent ou un ami; les veuves portent leurs cheveux épars. Le deuil expiré, elles les remettent en deux tresses ct y en ajoutent une troisième qui tombe sur une oreille; elles conservent cette coiffure toute léur vie. La manière de se vétir est à peu près la même que celle des Ostiaks, mais les Samoyèdes ne se rasent point la Lète et laissent croître leur barbe de chaque côlé du menton. L'habillement des femmes comporte quelques particularités qui leur sont propres; elles n’ont ni le voile ni le vorost des Ostiakes; elles vont Lête nue et le visage découvert, excéplé en voyage; on peut dire qu’elles n'ont aucune idée de la pudeur. Elles portent les cheveux comme les Ostiakes, mais sans bandeleltes; elles ont des pendants d'oreilles en corail. Leur robe se compose d’un assemblage de morceaux d’étoffe et faite ordinairement d’une peau de renne jaune, garnie sur les bords de bandelettes de drap et au bas d’une belle fourrure. Cette robe est ouverte par devant et croisée; elle est serrée sur les reins au moyen d’une ceinture qui a un gros anneau de fer. Elles ne quittent point leurs vêtements, tandis que les hommes les retirent pour dormir et ne conservent que leurs caleçons. Ce peuple est aussi malpropre que les Ostiaks. Le Samoyède regarde Sa femme comme un être impur, et elle est obligée à se parfumer avant de pénétrer dans la tente qu’elle-même a dressée; elle ne mange jamais avec son mari, el elle ne peut faire le tour de la cabane pour vaquer aux soins du ménage, parce que le mari, ignorant et brutal, croirait que les loups viendraient, la nuit suivante, dévorer ses rennes. Leur langue est dure, gutturale et ne ressemble à aucune autre; et cependant les Samoyèdes ont des danses, des chants et des fêtes où on fait des paris à qui sautera le mieux et le plus loin.

Les Jaxoures ou Yakutsk présentent une grande variété dans la stature; ceux qui habitent autour des prairies situées au midi des montagnes de Virchoyausky ont généralement de cinq pieds dix pouces à six pieds quatre pouces de hauteur; il sont bien faits, forts et actifs. Les plus pauvres, qui vivent au nord de ces montagnes, Sont tous au-dessous de la taille moyenne, paresseux, malsains et paraissent devoir ces défauts à la rigueur du climat et au manque de vêtements. La plupart sont idolâtres. — Le

mariage est accompagné de cérémonies bizarres, longues et ennuyeuses. Le prétendant détache un de ses amis vers le père de la fille qu’il désire obtenir, afin de s'informer du prix qu'il en exige, c’est-à-dire du nombre de chevaux ou de têtes de bétail qu'il demande et de la quantité de viande qu'il faudra pour le repas des noces; le père consulte les intentions de sa fille, et si elle ne témoigne point de répugnance, on convient du prix. Le futur tue deux juments grasses dont il accommode les têtes entières et le corps par morceaux; puis il va trouver son beau-père, suivi de quelques amis. Quand ils sont à la cabane de l'époux, un des amis prend une de ces têtes, la met devant le feu et rejoint ses compagnons sans souffler mot. Ils entrent Lous alors dans la cabane où un magicien est devant le feu, tandis que le gendre, un genou en terre et le visage tourné vers le foyer, jelte du beurre sur les charbons allumés ; bientôt il relève un peu son bonnet, fait trois inclinaisons de tête, après quoi le magicien lui dit qu’il est un homme heureux et lui prédit une longue prospérité. Le futur se relève, salue son beau-père et sa belle-mère et va s'asseoir vis-à-vis de son épouse, toujours sans prononcer une syllabe. Le repas a lieu, puis le mari se met au lit et on lui amène bientôt la jeune épousée qui passe la nuit avec lui. Lorsqu'elle est conduite à la cabane de l'époux, qui est bâtie à neuf, elle est suivie de tous sés parents et amis; trois d'entre eux entrent dans l’ancienne habitation, l’un portant neuf peaux de zibeline, l’autre un même nombre de peaux de renard , et le troisième vingt-sept peaux d’hermine, qu'ils suspendent à une cheville et se retirent. L’épouse, le visage couvert d’une peau d’hermine, est ensuite conduite, par une troupe de femmes, à la cabane dont la porte est traversée par une baguette de fer très-mince, que l'épouse, en entrant, rompt avec la poitrine; elle s’assied devant le feu, étend les mains qu’elle tient ouvertes et dans chàcune desquelles on met sept petites baguettes avec de pelits morceaux de beurre qu’elle jette sur le brasier. Le magicien marmotte quelques mots, ‘après lesquels l'épouse se lève et se rend à la nouvelle cabane où son voile lui est seulement retiré. Le mari vient l'y joindre et traite les convives durant deux jours. — A l’époque de la naissance d’un enfant on tue, le troisième jour, si c’est un garçon, une jument grasse, et tous les voisins sont conviés au repas; puis on impose un nom au nouveau-né, Si c’est une fille, on ne fait aucune cérémonie. — Les morts sont recouverts de leurs plus riches vêtements; le corps est étendu dans un cercueil, et aux objets qu'y joignent les Ostiaks on ajoute de la viande ct du beurre. Un magicier, préside aux cérémonies funéraires; les femmes et les parents accompagnent le convoi; le cheval favori du défunt, sellé, équipé et portant une hache, une chaudière et quelques autres ustensiles, suit avec une jument grasse jusqu’au lieu de la sépulture. On creuse deux fosses, dans l’une desquelles on dépose le mort, dans l’autre le cheval après l'avoir tué. La jument est également égorgée et sa viande sert au repas offert aux assistants; sa peau est suspendue à un arbre qui ombrage le tombeau, et la tête est tournée vers l'Occident. Le magicien prend son tambour, conjure les esprits méchants de laisser cette âme en paix, et comble, en terminant, la fosse de terre. — Lorsque le frère aîné meurt dans une famille, ses femmes appartiennent à son puiné; mais si le défunt a des sœurs ou des frères plus âgés, ses femmes restent libres. Les veuves se remarient rarement, à moins qu'elles ne soient dans une extrême pauvreté. Les Jakoutes sont soumis el respectueux envers les vieillards, hospitaliers envers les étrangers, reconnaissants du bien qu’on leur à fait et vindicatifs envers leurs ennemis; leur haine comme leur altachement s'étend à la postérité de ceux qui l'ont fait naître. Ils sont curieux, intelligents, francs dans leurs questions aussi bien que dans leurs réponses; ils se montrent jaloux de mériter une bonne réputation, mais on doit leur reprocher les flatteries dont ils usent à l'égard des personnes qui peuvent léur être utiles. La superstition est

Re As :

Famille Tschiuktsches.

Asie

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