‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 57 sur 78 · ZI · texte numérisé non relu

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Asie.)

Yakut 18e

Femme Yakute.

(Asie.

eéxtrème chez ces peuples; chaque tribu vénère soit l'aigle, soit le cygne, soit le …heval, etc., qui sont regardés comme d’un heureux présage, tandis que les corbeaux, es corneilles et les coucous sont considérés comme d’un fâcheux augure. — Les Jakoutes sont plus soignés dans leurs habillements que les Tungouses. Les plus aisés portent une robe de drap, bordée et doublée en fourrure; des pantalons étroits et bien faits, mais leurs bottes sont difformes. Les vêtements des femmes sont à peu près les mêmes que ceux des hommes, excepté que leur confection et leur composition admettent plus de recherche; elles ont, dans les grandes occasions une robe de dessus sans “manches et un bonnet formé de la peau de quelque quadrupède dont elles dressent les oreilles en façon de cornes. —Les jeunes filles se distinguent des femmes mariées en ce qu’elles arrangent leurs cheveux en tresses et roulent autour de leur tête un bandeau brodé d’où s’échappent, dé chaque côté, deux files de perles de verre. Elles ont, en “outre, un morceau d’étoffe, de dix-huit pouces de long sur quatre de large, enrichi de perles ou de corail et qui leur descend du sommet de la tête derrière le dos. — Les divertissements se bornent au plaisir de la table; cependant les femmes ont une danse qui consiste à se ranger en cercle et à marcher suivant le cours du soleil, Les chansons, presque toujours dues à l'improvisation, n’ont aucune harmonie; le premier objet qui les frappe suffit pour exciter leur verve.

Les TCHIUKTSCHES, Tchouktchis ou Tchouktches ont de gros traits, et Lesseps affirme que leur visage n’a«ien de la forme asiatique. Habiles à la fronde, ils font preuve de courage et d'adresse dans la pêche des baleines. Ils fabriquent eux-mêmes les ares, les flèches, les vêtements et les ustensiles qui leur sont nécessaires. Leurs lentes, de figure carrée, sont composées de quatre pieux qui supportent des peaux de renne et forment un toit; devant chacune sont fixées dans la neige des lances et des flèches lestinées à repousser les attaques des Æoriaikes qui, bien que de même race, leur font une guerre acharnée. On n’a aucun renseignement sur la religion de celte peuplade dont le culte est vraisemblablement celui des idoles. — Les dépouilles mortelles sont brûlées, et lorsqu'elles ont élé réduites en cendres, on rassemble, à la place occupée par le bûcher, un tas de pierres auquel on donne une forme plus ou moins humaine, Une grosse pierre, bien ointe de graisse et de moelle, superposée sur cet amas, lient lieu de tête et l'on voit à peu de distance un monceau de cornes de rangiers. Les parents du défunt visitent, une fois par an, ce lieu sur lequel ils rappellent les belles actions “de celui qu’ils ont perdu ; puis chacun d’eux frotte la tête de pierre avec de la moelle

et de la graisse, et ajoute une corne à celles dont nous avons parlé. — Les Zchoukichis

“font leurs vêtements d’intestins de veau marin; ils restent presque nus dans leurs cabanes à cause de la chaleur qui y règne. L’habillement des femmes se compose d’une simple peau de bête fauve arrêtée au cou, de sorte qu’elles n’ont qu'à défaire le nœud pour se trouver complétement nues. Néanmoins elles ont une manière à elles de se parer : elles se marquettent la peau de diverses figures et se passent dans la lèvre inférieure de petits os de morjes.

Les Korrars ou Æoriaikes n’ont rien qui les distingue des Tchoukiches, si ce n’est qu'ils sont plus repoussants par leur saleté. Ce serait assurément un grand sacrifice “pour un Européen que de devoir profiter de l'offre qu'ils font de leurs femmes ou de leurs filles aux étrangers qui les visitent; el cependant, repousser cette faveur est leur faire une injure digne de tout leur ressentiment, tant il est vrai que la vanité nous aveugle et nous fait voir nous et les nôtres à travers un prisme toujours favorable. — Leur culte est nul ou consiste en un grossier schamanisme.— Un mari peut avoir plusieurs femmes ; le Koriak riche en a une par troupeau. — Leur habillement est en gros drap garni de fourrure; des bottes en peau de renne sont communes aux deux sexes.

Les KaïSTCHADALES où Æamichadales * sont aussi malpropres que Ja plupart des peuples de la Sibérie. Les malheurs qu'ils redoutent sont l'inquiétude, les soucis, l'ennui, et ils ont pour principe qu'il vaut mieux mourir que de ne pouvoir satisfaire tous ses goûts. Leur ignorance et leur stupidité commencent pourtant à s’amoindrir, et plusieurs ont embrassé la religion chrétienne. —Le Kamstchadale qui veut se marier va fixer sa demeure dans l’ostrog de lafemmequ’ilrecherche ; il fait part de ses intentions aux parents et travaille quelque temps avec eux pour leur prouver son adresse et son activité. IL demande ensuite la permission de toucher sa future épouse, et, lorsqu'il l’a obtenue, il épie l'instant de la saisir, ce qui est difficile, d'abord parce qu’elle est gardée par les matrones de l'ostrog qui ne la laissent point libre, puis parce qu'elle porte deux ou trois caleçons, autant de corsels, par-dessus lesquels sont des courroies qui lui permeltent à peine de se mouvoir. Si le jeune homme la rencontre seule, il se jette sur elle et déchire ses vêtements non sans recevoir de nombreux horions, des égralignures, elc.; enfin s’il est assez heureux pour arriver au but, c’est-à-dire s’il parvient à toucher certaines parties, il s'éloigne de la fille qui proclame sa défaite en prononçant tendrement et d’une voix plaintive les mots ni-ni. Après cela, l'époux peut consommer le mariage et emmener sa femme chez lui sans autre cérémonie. Ces usages n'ont point lieu si la future est veuve; la seule formalité que celle-ci doive remplir est une purification de ses péchés, qui consiste à avoir commerce avec un étranger. — Le divorce et la polygamie existent parmi ces peuples.— Ils n’ensevelissent point leurs morts; ils lient le cadavre par le cou au moyen d’une courroie, le traînent hors de la cabane et le jettent aux chiens. Les habits du mort sont jetés hors de l’iurta parce que l'usage en serait, disent-ils, fatal à ceux qui les porteraient. Ils coupent des branches d'arbre, les rangent en cercle dans leur iurta et passent deux fois au travers, dans le but de se purifier; pour la même cause, celui qui a traîné le cadavre hors de l'iurta prend deux oiseaux, en brûle un ét mange l’autre qu’il partage avec les autres membres de la famille, Nul ne peul rentrer dans l’iurta avant la purification. Ils ne prient point pour l'âme qui s’en va, mais ils jettent sur le feu les ouïes du premier poisson qu'ils prennent, et mangent le reste du corps. — Les restes desenfants sont déposés dans le creux des arbres sans plus de cérémonie. Ces derniers devoirs rendus, ils abandonnent leurs habitations et vont plus loin en construire d’autres. Les Kumstchadales sont chasseurs et pêcheurs, ils senourrissent de poissons, d'animaux marins et deracines; l’aliment principal est lyukola, poisson de l'espèce du saumon, coupé par morceaux, séché à l'air ou à la fumée, ct qui remplace le pain.— Leur habillement se compose de peaux de renne, de chien et de veau marin, unies ensemble sans distinction: ils ont ordinairement deux vêtements; l’un a les bords égaux en longueur, l’autre est plus long par derrière que par devant : quelques-uns ont une longue queue. Les premiers portent le nom de Æuklianki ronds, les autres kuklianki à queues. Tous deux descendent au-dessous du genou; les manches en sont larges, bordées en peau de chien blanc à long poil; le Collet garni en peau et en pattes de chien; le dos chamarré de bandes de peau ou d'étoffe de diverses Couleurs. Le vêtement de dessous a le poil en dedans, celui de dessus en dehors; le revers du premier est teint en jaune. Ils ont encore un-troisième vélement appelé kamlei, qui tombe jusqu'aux pieds et ne reçoit aucune teinture. Mais Le Costume élégant est le tingek, aussi long que le kuklianki, plus large par le bas, plus étroit sous les aisselles, qui à le collet fait comme celui d’une chemise, les manches étromes, el le tout bordé en peau de castor. Une bande de cuir, large d’un doigt et demi, forme cette bordure dont on fait rois rangs de petits carrés, chacun cousu avec

Ils se donnent entre eux le nom de Jtelmenes.

Kamtchadales.

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Kamtehadale.

du fil de couleur différente. Au-dessus et au-dessous de celle-ci on place une autre bandelette de peau rouge à laquelle en sont attachées d’autres coupées en pointe et bordées en laine teinte. Cet habillement, commun aux deux sexes, ne diffère que par le vêtement de dessus et la chaussure; les femmes ont les bottes montantes jusqu’au genou, tandis que les hommes les portent courtes. Les plus belles bottes sont en peau blanche de veau marin, avec l’empeigne teinte en rouge et bordée comme l'habit, et la tige également en cuir sans poil ou en peau de veau marin et teinte. Les bonnets sont pareils à ceux des Yakuts, excepté en été, époque où ils se couvrent la tête d’une façon de chapeau fait d’écorce de bouleau et qu'ils s’attachent derrière la tête. Les femmes portent des coiffures très-hautes, des bonnets, des rubans, et se mettent du fard. Les vieilles seules conservent les anciennes coutumes, c'est-à-dire qu’elles portent perruque. Les Kamstchadales ont des danses à eux et chantent assez agréablement; ils paraissent aimer beaucoup la musique, et néanmoins on ne leur connait d'autre instrument qu’une espèce de flûte formée de la tige de l'angélique, et dont on ne tire que des sons incomplets.

Les Kazmouxs sont de taille moyenne, dispos et bien proportionnés; l'angle de leurs yeux est étroit; ils ont la tête et le visage ronds, les sourcils noirs, peu épais mais bien arqués, le nez écrasé et disparaissant vers le front, les pommettes saillantes, les lèvres grosses et charnues, le menton court, les dents blanches même dans la vieillesse, les

oreilles d’une grosseur extraordinaire (ce qu’ils doivent peut-être à l'habitude d’en-

foncer leur bonnet sur la tête), les cheveux noirs, la barbe très-épaisse bien qu'ils ne laissent croître que les moustaches et une petite toufle en manière de royale; les prêtres et les vieillards seuls conservent la barbe avec les moustaches, mais ils s'arrachent les autres poils du corps. Le Kalmouk, de même que l’Indien, a une finesse d'ouïe, d’odorat et de vue dont nous autres Européens nous ne pouvons nous former une idée. Ces peuples ont des lois qui punissent la trahison des princes, la lâcheté des soldats, l'homicide et le vol ; qui défendent aux filles de se marier après leur vingtième année ou avant la quatorzième. Leur religion est le lamisme, qui, malgré ses allégories bizarres et inexplicables, admet un lieu de souffrances pour les méchants et de délices pour les élus; les idoles, peintes ou en oret en argent, empruntent presque toutes des formes et une figure de femme. Leurs prêtres sont les mêmes que ceux des Thibétains. Bien que la religion le défende, la polygamie et le divorce sont admis parmi les

» princes et les grands. —Quand une femme est pour accoucher, un prêtre vient réciter

des prières affectées à cette circonstance, tandis que le père, armé d’un gros bâton, frappe, autour de la tente, de grands coups en l'air, jusqu'à la délivrance, en criant : Gasttehthir (retire-toi, démon). Le nouveau-né reçoit pour nom la première parole remarquable que les parents entendent au moment de sa naissance, ou le nom de l'individu ou de l'animal qu'ils rencontrent. —La coutume la plus ordinaire pour les funérailles est de transporter le cadavre au milieu du désert et de l’ÿ ensevelir nu, la tête tournée vers l'occident et appuyée sur un bras comme pendant le sommeil. On plante aux quatre coins de la sépulture un pieu auquel sont attachées des banderoles en toile bleu céleste, sur lesquelles sont tracées en noir certaines prières. Les prêtres disent un office des morts et remettent aux parents trois autres banderoles que ceux-ci vont joindre aux autres; les prières pour les trépassés se continuent pendant quarante-neuf jours. On juge, d’après l'heure où une personne est décédée, si elle a bien ou mal vécu. Les cadavres de ceux qui sont morts en état de grâce sont brûlés, parce qu'on pense qu’ils ressusciteront; les cendres recueillies sont mêlées à l’encens et portées au Dalaï-Lama (chef suprême du clergé). — Les Kalmouks sont hospitaliers, loyaux, affa-

bles, gais, serviables, généreux, actifs et laborieux; ils se livrent tour à tour à la

chasse et à la pêche et font preuve d'adresse et de volonté dans ces deux exercices.— Les habitations ou kibetk consistent en tentes de feutre, comme toutes celles des nations

nomades de l'Asie, mais la construction en est plus ingénieuse : la charpente est un

treillage circulaire, haut de sept pieds et plus, et composé de pièces bien assemblées ; dans le circuit on laisse, pour entrer, une ouverture close par des battants et un rideau de feutre en dehors ; de la même claie s'élèvent deux longues perches qui vont former le toit de la cabane et dont les extrémités, rapprochées au-dessus, se lient à un cercle qui devient, dans le centre, une espèce de fenêtre par où s'échappe la fumée. Sur ce cercle horizontal, on en croise deux demi qui forment une sorte de coupole couverte d'une pièce de feutre qui se ferme à volonté pour garantir du vent, de la pluie, et conserver la chaleur dans l’intérieur de la cabane après que le feu est éteint. — L’habillement des hommes ressemble beaucoup à celui des Polonais, mais les manches sont étroites et serrées sur le poignet; ils portent sous l’habit une petite veste boutonnée,

serrée au moyen d'une ceinture et qu’ils nomment bechmet; les riches ont, en outre,

sous cette veste, une chemise courte, ouverte devant, et de larges caleçons de toile, appelés hitaïka, qui descendent jusqu'aux brodequins. Les pauvres n’ont point de chemise; ils s'enveloppent dans un habit ou une fourrure étroite qu'ils serrent avec une ceinture.— L'habillement des femmes ne diffère du précédent qu’en ce que l’étoffe en est plus légère et de qualité supérieure. Gependant celles qui sont riches portent, sous

le bechmet, une longue robe sans manches, faite de belle étoffe, et jettent leur habit

sur l'épaule de même qu'un dolman. Le devant de la chemise est ouvert, ce qui permet aux filles d'aller découvertes jusqu’à la ceinture pendant l'été. — Les hommesse rasent la tête et ne conservent au sommet qu’une touffe de cheveux dont les pauvres forment une tresse et les riches deux ou trois. Leur coiffure est un bonnet assez petit pour ne couvrir que la partie supérieure de la tête. Les Kalmouks coupent les cheveux de leurs

enfants, excepté ceux des jeunes filles, qui les portent flottants jusqu’à l’époque où

elles sont nubiles; ensuite elles les roulent en tresses autour de leur tête. Les femmes ont deux tresses qu’elles laissent tomber par derrière: celles de la basse classe les renferment; pendant les heures de travail, dans une espèce d’étui. Les bonnets des femmes et des filles ont beaucoup de ressemblance; mais il y à une différence assez marquante entre ceux des femmes riches, appelés scialban, et ceux des pauvres (maschiali); les premiers sont de soie ou de quelque étoffe précieuse, avec un large bord retroussé, doublé en velours noir, ouvert devant et derrière et surmonté d'un gros gland, ordinairement rouge; les autres sont en étoffe et ont le bord simplement garni de poil. —Les pendants d'oreilles sont communément portés par les femmes kalmoukes.

Eleuthe.

(Asie.)

Kalmouk.

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