JUNGERMANNIA BICUSPIDATA
oblongue; long. 34 millim. Plante monoïque; fleurs mâles terminant un rameau spécial. — Mai-juin. — Espèce très fertile.
Hautes-Vosges et Haut-Jura, sur les troncs pourris, dans les forêts élevées , sombres ; Chaufour, Retournemer (Mougeot, B.), Valtin (B.), Preyé au-dessus de Moussey (Lemaire); Salève, Dôle (J Müller) ; indiqué aussi dans les Vosges inférieures (Zeyher). — Les périanthes raides, décolorés au sommet , persistent pendant tout l'été.
52. Jungermannia bicuspidata Linn. Spec. pl.; N. ab Es. E. Leb. II, p. 251; Stirp. n° 337; Billot, exsicc. cont. GEL ES e
Tige couchée, garnie de radicules hyalines plus ou moins abondantes ; innovations flexueuses ou décurrentes, plus ou moins redressées, nombreuses (2—5), naissant dans le voisinage des capsules; long. 3—10 millim. Plante très molle, presque entierement hyaline ou d’un vert tendre, formant des tapis très läches ou plus denses et étendus; parfois encore, par suite d’altération , cette plante passe à des teintes rousses ou brunes. Feuilles ovales ou obovées-oblongues, légèrement rétrécies à la base, non décurrentes, concaves, dressées-imbriquées, et rendant les tiges subjulacées ou espacées et étalées, insérées presque perpendiculairement, surtout dans le premier cas; sinus descendant jusqu’au milieu et au-delà, arrondi, plus rarement aigu ; lobes lancéolés, plus ou moins finement acuminés, étalés ou dressés, ou légèrement connivents; cellules très délicates , molles, grandes, subrectangulaires on subhexagones, souvent un peu allongées, à parois molles, sans espaces intercellulaires. Rameau fertile court ou plus développé, radicant ; fol. involucrales supérieures oblonques-obovées, lâächement dressées , brièvement cohérentes à la base, profondément bilobées; lobes lancéolés, aigus, diversement sinuolés, dentés ou même incisés, surtout vers la base, en dehors et sur les bords des sinus; plusieurs amphigastres, uniquement sur ce rameau fertile ; les inférieurs petits, brièvement bilobés; le supérieur ressemblant aux deux feuilles voisines, avec l’une desquelles il est souvent en partie cohérent , moins profondément bifide. Périanthe dépassant linvolucre des 23, étroit, allongé, atténué, fortement plissé (3—4 plis profonds), un peu comprimé, lobulé-cilié à l’orifice , hyalin; 8—10 archégones courts. Pédicelle long de 10—15 m. Capsule elliptique, obtuse; long. { millim. — Avril-mai.
CC. dans toute la chaîne des Vosges, depuis la plaine jusqu'aux plus hauts sommets, dans les bois , près des petits filets d’eau, des rigoles, des sources au bord des chemins creux et humides, dans les fissures humides des rochers, sur la terre végétale humide dans les bruyères, dans les tourbières ; dans les Argonnes , Les Faucilles, la forêt de Serre , dans les tourbières
810 6° GENRE : JUNGERMANNIA.
du Jura, sur les alluvions siliceuses de l’Alsace et de la Lorraine. Nous croyons que cette espèce évite les terrains calcaires purs. — Répandu sur les terrains siliceux de toute la France. Dans cette espèce , les feuilles -sont hyalines ; vertes ou brunes, espacées ou imbriquées , étalées ou dressées ; leurs lobes aigus ou acuminés ; les fol. de l’involucre incisées, sinuolées ou entières ; les amphigastres du rameau fertile plus ou moins développés, delà autant de variations qu’il suffit d'indiquer. Les cellules superficielles de la tige sont rectangulaires, 2—4 fois aussi l. q. le, grandes.
53. Jungermannia connivens Dicks. Crypt. Fasc. IV, p. 19; N. ab Es. E. Leb. IT, p. 283; Stirp. n° 432.
Tige très grêle, flexueuse, étroitement appliquée, chargée de radicules, allongée, simple (1. 20 millim.) ou plus courte, dichotome ou émettant de nombreuses innovations divergentes ; tapis lâches, plus rarement fournis, d’un vert pâle, glaucescent. Feuilles espacées ou plus rapprochées et se recouvrant à moitié, insérées très obliquement, subhorizontales ou redressées, concaves, brièvement ovales-subarrondies, à bord postérieur convexe , longuement décurrentes par le bord antérieur; long. à peine 174 millim. ; sinus ovale, oblong, arrondi, descendant au tiers, au milieu ou même au-dessous ; lobes petits, ovales ou lancéolés , aigus, connivents, arrivant à se trouver en contact par la pointe; cellules molles, carrées-subhexagones, médiocres, à parois assez épaisses, sans espaces intercellulaires notables ; les cellules superficielles de la tige sont très grandes, hyalines, carrées, très molles. Rameau fertile court; 6—10 fol. dont les inférieures petites, bilobées; les supérieures plus grandes, obovées, profondément 2—3—4—lobées, sinus aigus; lobes ovales ou lancéolés, aigus ou acuminés, parfois inégaux, entiers, n’atteignant pas le milieu du périanthe; les lobes inférieurs peuvent être considérés comme appartenant à un amphigastre. Périanthe subcylindrique à la base, plissé, anguleux, trigone vers le sommet (angles obtus) lobulé-cilié à l’orifice;
‘long. 2'millim., diam. 394 millim. Capsule très petite, oblongue. Fleurs mâles sur un petit rameau, en forme de chaton; fol. rapprochées , imbriquées , très concaves, à lobes acuminés , incurvés. — Mai-juin.
Sur les troncs pourris, dans et sur les touffes de mousses qui commencent à se décomposer, dans les touffes des sphaignes et sur la tourbe ; C. dans toute la chaîne des Vosges, particulièrement dans les hautes montagnes et les anciennes forêts ; également répandu dans tout le Haut-Jura, sur les troncs pourris et dans les tourbières, moins abondant cependant que dans les Vosges. — Dans toutes les montagnes de France. — La décurrence des feuilles et la forme des cellules superficielles de la tige fournissent de bons caractères pour distinguer les formes stériles de cette espèce des formes grêles du J, bicuspidata.