HYPNUM PRÆLONGUM
rameaux plus ou moins rapprochés ou espacés, disposés dans un même plan, tres étalés, procombants, grèles, atténués ou courts, presque obtus. Plante formant des tapis assez denses ou lâches, interrompus, ou vivant presque isolée, d’un vert foncé, dans les lieux ombragés, passant à un jaune assez vif au soleil. Feuilles moyennes des rameaux largement ovales ou ovales-oblongues, simplement aiguës ou terminées par un acumen large et court, légèrement concaves, imparfaitement distiques, aplanies, planes aux bords et finement denticulées en scie, munies d’une nervure qui atteint les 374; pas de plis; long. 1—1 172 millim., larg. 1792—374—1 millim. Tissu : cellules à parois minces ; les. basilaires, aux angles, un peu plus grandes, oblongues, courtes ou subrectangulaires, les moyennes linéaires-oblongues ou subhexagones, atténuées, 6—10 fois aussi L. q. L., renfermant beaucoup de chlorophylle dans les lieux ombragés. Fleurs femelles sur la tige primaire; fol. 10—15, finement denticulées, longuement et finement acuminées (acumen réfléchi), les externes ovales, très légèrement nerviées, courtes; les intimes oblougueslancéolées, énerves ; 15—80 archégones; paraphyses plus longues, filiformes, assez nombreuses. Vaginule oblongue, courte et épaisse. Pédicelle pourpre, dressé; long. 15—20 millim. Capsule oblique ou subhorizontale, ovale ou brièvement oblongue, bombée, sans col notable, légèrement rétrécie à l’orifice ; long. 2 millim., diam. 1—1 174 millim. Opercule convexe-conique, surmonté ‘d'un bec fin oblique. Anneau composé de deux séries de cellules pâles. Dents du péristome orangées, médiocrement lamellifères ; lanières internes acuminées , larges, très ouvertes sur la carène; 2—3 cils aussi longs , noduleux, grèles. Spores vertes, médiocres. Fleurs mâles : fol. ovalesoblongues, acuminées, denticulées vers le sommet, les externes seules faiblement nerviées (acumen très étalé); 6—10 anthéridies brièvement oblongues; paraphyses filiformes, les dépassant peu. — Févriers-mars.
Cette espèce varie singulièrement d’après ses conditions d'existence,
a. vulgare Nob. — Plante assez grêle, allongée, déprimée, fleæueuse, verte à l'ombre, jaunâtre au soleil. Feuilles assez lâches, ovales ou ovales-oblongues, aiguës; la nervure atteint les 374; cellules moyennes linéaires, atténuées, allongées, à parois minces.
Plante des vergers et des prairies en plaine. Dans les haies et les broussailles, les branches principales sont parfois pre ne les rameaux fasciculés, rapprochés, étalés, dressés ou arqués; les feuilles plus concaves, brièvement acuminées; la nervure atteint les 45. On pourrait en faire une var. suberectum, (côte de Senaide),
b. atrovirens Schimp. — Plante couchée, plus robuste, for-
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mant des touffes enlacées, denses, d’un vert foncé; feuilles briévement acuminées, munies d’une nervure qui atteint les 475; cellules linéaires-allongées, atténuées, aiguées. Capsule ovale, bombée, courte.
Rochers humides des montagnes granitiques inférieures des Vosges. Fertile au Bouchot, près de Vagney (Pierrat). — Dans la Haute-Vienne (Lamy).
c. abbreviatum Schimp. — Tige couchée, radiculeuse, émettant des rameaux courts, obtus, rapprochés ou espacés, déprimés ou dressés. Feuilles largement oblongues-lancéolées, assez longuement acuminées, nettement dentées; nervure dépassant les 374; cellules moyennes linéaires -flexueuses, atténuées, très allongées, 20—30 fois aussi 1. q. 1.
Sur la terre humide dans les creux des rochers. Vallon de Flumen à Saint-Claude (Jura).
d. rigidum Nob. — Plante raide, dénudée; branches principales courtes, enlacées, fasciculées, pennées ; rameaux rapprochés, arqués, procombants, peu ou pas atténués ; touffes d’un vert foncé. Feuilles concaves, très lâchement imbriquées, raides, largement ovales, aiguës, ou brièvement apiculées, fortement dentées; la nervure atteint les 34. Tissu épais; cellules subhexagones, rhombées, atténuées, courtes, 4—6 fois aussi L. q. 1.
Rochers secs du calcaire jurassique. Maxéville, près de Nancy.
e. uliginosum Nob. — Tige grêle, molle ; rameaux très gréles, atténués, flexueux, courts ; feuilles caulinaires, ovales, finement acuminées ; celles des rameaux oblongues-lancéolées, acuminées, finement dentées; la nervure atteint les 3/4; cellules moyennes linéaires-rhombées, 10 fois aussi L. q. 1.
Lieux marécageux, très humides. — Prairies de Saint-Dié. — Cette espèce, en y comprenant ses variétés, est commune partout, dans les plaines, sur les collines et les montagnes inférieures, dans les haies, sur la terre, dans les vergers, les prairies humides, les champs incultes; elle se montre cependant avec plus d'abondance dans les terrains calcaires ou argileux. — Il n’est pas inutile de faire observer que les variétés ci-dessus indiquées sont très instables, qu'elles se croisent en tous sens, et qu’à ces formes on pourrait en ajouter une foule d’autres. La var. db, une des plus robustes, a été regardée comme espèce par Swartz (Hypnum atrovirens) ; c’est aussi Le À. Swartzii Turner M. Winter nous a communiqué, de Sarrebrück, sous le nom de H. Schleicheri Brid. une forme qui diffère de toutes celles que nous avons décrites par son port robuste, ses branches pennées, ses rameaux dressés, courts, obtus ; ses feuilles concaves, irrégulièrement plissées, terminées par un large acumen, superficiellement denticulées Le pédicelle est court, flexueux (long. 8—10 millim.); la capsule courte, bombée, munie d’un petit col, les lanières
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du péristome interne sont éfroitement ouvertes, Les cellules des feuilles sont étroites, linéaires, flexueuses, — (Gette plante est l’Eurhynchium Schleicheri de Milde (Bryol. siles. p. 306) ; mais il est bon de faire attention que Bridel attribue une floraison monoïque à sa plante, tandis que celle-ci est dioïque ; v. Brid,. Bryol. univ. t. Il, p. 4053.
44. Hypnum pumilum Wils. Engl. Bot.; Eurhynchium pumilum Sch. Synops. p. 561; Eurhynchium prælongum b. pumilum Bryol. eur. t. 525, v. b.
Plante très grêle, formant des tapis denses, enlacés, d’un vert obscur terne. Tige courte (19—20 millim.), divisée en plusieurs branches déprimées, enlacées, brièvement pennées; rameaux courts, souvent arqués; la plante se renouvelle par des stolons filiformes, garnis de fol. très petites, en forme d’écailles ovalesacuminées, concaves, étalées. Ces stolons radiculeux naïssent de la base des tiges ou de leur extrémité en contact avec le sol. Feuilles moyennes étalées en tous sens ou en partie aplanies, peu denses; les supérieures làchement dressées, presque imbriquées, brièvement ovales-lancéolées, acuminées, très peu décurrentes, dentées sur tout le contour, légèrement révolutées à la base, munies d’une nervure qui s'arrête un peu au delà du milieu. Tissu: aux angles quelques cellules carrées ou obliquement tronquées, vertes; les autres linéaires-subhexagones, atténuées, aiguës, courtes, 4—8 fois aussi L. q. L., à parois assez épaisses ; long. des feuilles 172—374 millim., larg. 178 millim. « Pédicelle court. Capsule petite, brièvement ovale ou oblongue ; opercule terminé par un bec long et päle. Péristome comme dans le H. prælongum, plus pâle. » Schimp. Syn. — Wilson dit de sa plante : « Dioïque; tige rampante ou procombante, filiforme, subpennée; rameaux très grèles, subaplanis ; feuilles étroites, ovales, étalées-serrulées, nerviées jusqu’au milieu; feuilles du périchèse très étroites ; pédicelle rude ; capsule ovalearrondie, penchée. Opercule terminé par un bec court. »
Nos échantillons, recueillis sur des rochers et des vieux murs, dans les ruines du château de Lützelbourg, nous semblent très bien caractérisés et appartenir certainement à cette espèce; mais, d’autre part, nous avons recueilli dans les ruines des châteaux du Spitzemberg, près de Saint- Dié, de Hohe-Barr, près de Saverne, et sur les rochers secs et ombragés du calcaire jurassique de Neufchâteau et du Florimont, près de Colmar, une série de formes intermédiaires entre le Æypnum prœlongum et le Hyp.pumilum, tellement enlacées, que nous ne pouvons guère regarder cette dernière plante comme une espèce légitime. Il est fächeux que nos échantillons de toutes ces formes litigieuses ne soient pas fructifiés, Cette plante est indiquée de plus au château de Heidelberg (Schimper), près de Carlsruhe (A. Braun). — Var : Hyères, au canal du Béal (De Mercey), Manche (Le Jolis).
059 12 GENRE : HYPNUM.
45. Hypnum Stokesii Turn. Musc. hib. p. 159; Stirp. n° 1029; Eurhynchium Stokesit Bryol. eur. t. 526.
Tige d’abord simple et dressée, puis divisée en 2—3 grandes branches procombantes, longuement pennées, ou même partiellement bipennées; rameaux nombreux, atténués, disposés dans un même plan, étalés ou dressés ; touffes gonflées ou déprimées, parfois étendues d’un beau vert foncé à l'ombre, jaunâtres au soleil. Feuilles des branches principales espacées, brièvement ovales triangulaires, auriculées , décurrentes étroitement et longuement, terminées par un acumen brusque et allongé, très étalées, recourbées par l’acumen à demi tordu, dentées sur-tout le contour, munies d’une nervure dentelée au sommet et prolongée jusqu'à l’acumen; cellules grandes et courles, hexagones ou subrectangulaires aux oreillettes; les autres longuement linéaires-flexueuses, 10—20 fois aussi I. q. l. Feuilles des rameaux lancéolées-aiquëès, assez rapprochées, dressées à l’état sec, plus étalées par l’action de l’humidité. Fol. de l’involucre très nombreuses (20—35), les intimes allongéesoblongues, demi-engaînantes, très longuement acuminées, denticulées, généralement énerves; 10—15 archégones; paraphyses très nombreuses. Pédicelle d'un pourpre foncé, ‘dressé; long. 15—20 millim. Capsule horizontale, brièvement ovaleoblongue, bombée, rétrécie sous l’orifice. Opercule convexeconique, médiocre, terminé par un bec fin, redressé. Un anneau formé de 3 séries de cellules. Péristome élevé, brun: dents étroites, lamelliferes; lanières longuement et finement acuminées, percées d'ouvertures sur la carène; 1—2 cils plus ou moins parfaits. Plante mâle plus grêle, rare. Fleurs mâles nombreuses sur les branches principales; 15—20 fol. largement ovales, finement acuminées, presque toutes énerves; acumen étalé; 6—10 anthéridies oblongues; paraphyses un peu plus longues, nombreuses. Rarement fructifié. — Mars.
C. Sur la terre, plus rarement sur les pierres et à la base des troncs d’arbres, dans les forêts; lieux frais et ombragés sur les collines et les montagnes; semble préférer les terrains siliceux. Dans toute la chaîne des Vosges, dans les Faucilles, l’Argonne et la forêt de Serre. Lesquereux ne l'indique pas dans le Jura. Nous avons trouvé cette espèce fertile dans les forêts de Saint-Hié, de Gérardmer et de Serre.
0000. Fleurs synoïques; feuilles presque aplanies; cils du péristome appendiculés.
46. Hypnum speciosum PBrid. Mant. p. 156; Rhynchostegium androgynum Bryol. eur. ti. 517.
Plante très voisine des formes robustes du 27. prælongum,