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DANS LES BOIS

A M. Lucien Charpentier ,

Dans les grands bois profonds et sourds, Parmi les herbes et les mousses, Sur l'épais tapis de velours Nos promenades étaient douces.

Nous passions des matins entiers A chercher cèpes et morilles Cachés, tout le long des sentiers, Sous les feuilles et les brindilles.

En folâtrant, les papillons

Nous frôlaient de leurs ailes blanches.

Le soleil découpait des ronds

A travers le réseau des branches.

Aveugle comme l'ouragan.

Qui des mâts arrache la voile, J'emportais, d'un front arrogant, Une araignée avec sa toile.

Les arbres secouaient sur nous Des gouttelettes de rosée, Et, si nous tombions à genoux, Quelque fraise ^tait écrasée.

A chacun de ces contretemps.

Nous partions tous deux d'un fou rire.

Les oiseaux, ivres de printemps.

Chantaient notre commun délire.

Dans les grands bois profonds et sourds.

Parmi les herbes et les mousses, Sur l'épais tapis de velours Nos promenades étaient douces.

Paysages et Souvenirs, 25

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