‹ Muse et musetteChapitre 4 sur 133 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

critique dramatique en diffamation et en menaces de coups de bâton. La discussion du mérite d'un sonnet pouvait elle-même donner lieu à des luttes littéraires interminables, ce partageant la cour et la ville », comme celle des Uraniens et des Jobelins, où tous les beaux esprits proclamaient leur préférence à coups de sonnets, où Corneille apportait lui-même le sien, en réservant délicatement son avis.

A cette époque florissante, le sonnet ne paraissait pas incompatible avec les grandes idées et le grand style : témoin celui où le licencieux, d'aucuns disent Tathée Des Barreaux, s'offrait, malade et pénitent, aux coups de la justice divine :

J'adore, en périssant, la raison qui t'aigrit, Mais dessus quel endroit tombera ton tonnerre. Qui ne soit tout couvert du sang de Jésus-Christ ?

Mais ce n'étaient pas là les sujets préférés ni le ton ordinaire du sonnet. Les sentiments religieux lui étaient moins familiers que l'amour, et l'amour lui-même moins que la galanterie. Le précieux l'envahit ; la recherche de l'esprit, les

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