‹ Muse et musetteChapitre 5 sur 133 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

faux brillants, le raffinement des idées, les jeux de mots, les ingénieuses sottises, les « jolies chutes » deviennent ses ornements de choix et son triomphe. Le public applaudit d'autant plus qu'il comprend moins, et, quand Molière dénonce, comme choses « dont le bon sens murmure », les « colifichets » du sonnet d'Oronte, le parterre, habitué à les goûter, hésite entre les flagorneries de Philinte et les boutades du misanthrope. Il faudra que le grand critique porte à la scène les extravagances du sonnet de Cotin sur « la fièvre de la princesse Uranie » pour que les yeux de la foule se dessillent et qu'elle conspue sans réserve un genre littéraire dont elle a admiré jusqu'aux aberrations.

Après deux siècles environ de discrédit, notre génération littéraire a ramené, pour le sonnet, une ère de faveur et d'éclat. L'école romantique, se souvenant qu'il remonte, par delà le règne trop longtemps célébré des maîtres classiques, â l'époque moins démodée de la Renaissance, l'avait repris comme l'étendard de la

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