‹ Muse et musetteChapitre 52 sur 133 · LA SERVANTE · texte numérisé non relu

LA SERVANTE

Au Commandant Dufour,

Les Allemands se sont, à sa grande épouvante, Logés chez le curé. Le pauvre homme en a peur Et, devant ces gaillards à barbe de sapeur, S'il dit : « Je ne crains rien, » à coup sûr il se vante.

Les ordres sont donnés, et déjà la servante Ouvre la grange, avec un sourire trompeur.

Les soldats, harassés, tombent dans la torpeur Et dorment. Au dehors, il pleut, surtout il vente;

Au milieu de la nuit très sombre, le curé Se réveille en sursaut, ouvre un œil effaré : La servante est debout, qui lui tend sa lévite.

Il s'inquiète : « Où sont, fait-il, les ennemis?

— Chut ! Monsieur le curé; sauvez-vous; venez vite;

Le feu brûle la grange,... et c'est moi qui l'ai mis. »

Petits Drames. 99

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