VIEILLE MUSIQUE
A M, A, Lavallée,
Quand je me promenais, le soir, dans le jardin, C'était une très vieille et très douce musique. Comme d'un clavecin, élégante relique Qui prenait nos soucis vulgaires en dédain.
A l'exquise gavotte, au menuet badin Succédait une voix frêle, pure, angélique : O le ravissement du sublime cantique !
Puis, à minuit sonnant, tout se taisait soudain.
Peut-être qu'elle était de beauté dépourvue :
Je l'ignore toujours, ne l'ayant jamais vue.
Un jour son cœur cessa de battre dans son sein.
La maison est déserte et la chambre fermée, Et celle qui chantait, le soir, au clavecin.
Est morte sans savoir que je l'avais aimée.
loo Muse et Musette,