JARDIN DE FAUBOURG
Abrité par des murs très hauts, de tous côtés, L'étroit et long jardin, que noircit une usine, S'étiole et pâlit sous une ombre assassine.
Qu'aggravent les deux rangs de tilleuls ététés.
Arbustes, plantes, fleurs, dans leur crue arrêtés, Avec leurs airs penchés, leur tête qui s'incline. Offrent aux habitants de la maison voisine Un spectacle attristant, dont ils sont enchantés.
A Paris, un jardin ! Quelle bonne fortune!
Et surtout pour l'enfant malingre c'en est une. Le loyer est plus cher? Avant tout, la santé !
Dans le perfide enclos, sagement, l'enfant joue. Mais, loin que « le grand air » lui rende la gaîté. Chaque jour décolore et creuse encor sa joue.