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PRÉFACE. XV

celui qui a fait Tun des siens en quatorze monosyllabes, ils réalisent des bizarreries sans intérêt, et, s'il reste un souvenir de leurs tours de force, on a bientôt oublié les noms des acrobates de lettres qui les ont accomplis.

M. Paul Romilly n'est pas de ces derniers.

Malgré sa facilité à tourner la stance, quatrain ou tercet, il affranchit le sonnet de quelquesunes de ses puériles exigences; mais il ne cesse d'y voir ce petit cadre savant qui fait ressortir en pleine lumière la pensée ou le sentiment, augmente Téclat ou nuance la grâce. Il se plaît parfois à y enfermer tout un drame dont Taction s'expose, se noue, se prépare de stance en stance, pour éclater en un coup de théâtre au dernier vers du tercet final. Tel est le Chouan, avec son inconscient fratricide :

Jean ne sait pas encor qu'il a tué son frère.

Tel est l'exploit férocement patriotique de la Servante :

Le feu brûle la grange, et c'est moi qui l'ai mis ! Quelques sonnets ont une portée philosophi-

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