COQUELICOTS
A M. Armand Schiller.
J'ai rêvé qu*uii tapis de gazon sous vos pas Se déployait, riante et soyeuse prairie.
J'avais planté mon cœur parmi Therbe fleurie Et si modestement qu'on ne le voyait pas.
Et, comme vos regards ne tombent point si bas, Votre pied a rouvert sa blessure guérie.
Lorsque du sang jailli la source fut tarie.
Le gazon en a fait un^ sinistre repas.
Et quand il eut passé dessus toute une année, La prairie à porter moisson fut condamnée :
Mille coquelicots ont germé dans les blés;
Et tous les papillons et toutes les abeilles Autour du champ fatal voletaient rassemblés ; Mais pas un n'a voulu baiser les fleurs vermeilles.