A JEAN REBOUL
FnAi;:MK>T adtikssk en 1840.
Pauvre, chaste, isolée, ô sublime poëte. Ta muse attirera les doux regards de Dieu : Heureux le barde saint comme un anachorète, Qui garde ainsi le triple vœu !
S'il n'a pas des trésors comme un grand de la terre, Une splendide table et des flatteurs autour, De ces bruyants plaisirs où la santé s'altère, Des nuits qui remplacent le jour;
Le ciel pour sa journée, ainsi qu'à Paul ermite. Lui donne un pain qu'il double, alors que des déserts 11 survient un Antoine, un autre cénobite, Pour se mêler à ses concerts.
Puis, tous les deux assis au bord de l'onde pure Que le rocher pour eux sous leurs pieds fait jaillir, Avant de prendre ensemble un peu de nourriture, Ils poussent au ciel un soupir.
Et bientôt devisant des hommes et des choses : « Les hommes, que font-ils? se disent-ils entre eux; « Pour louer le Seigneur ont- ils leurs lèvres closes? « Les ouvrent-ils pour les faux dieux?
« Adorent-ils Mammon et l'impure déesse; « Sont-ils ambitieux, égoïstes, jaloux?
« Ilabiles à montrer des dehors de tendresse « Sont-ils des agneaux ou des loups?
« Bàtissent-ils toujours leurs maisons sur le sable, (( Fondent-ils sur l'erreur, lorsque la vérité « Est l'antique rocher qui seul peut rendre stable « Le travail de l'humanité? »
Puis, élevant vers Dieu Tessor de leurs pensées : « C'est vous seul, disent-ils, que nous devons bénir, « 0 Dieu ! seul éternel, roi des choses passées, « Du présent et de l'avenir, p
Ainsi je t'ai rêvé dans ta simple demeure, Où le plus humble frère est toujours bien venu. Que ne m'est-il donné d'y converser une heure. D'y passer comme un inconnu !