‹ Muse juvénileChapitre 47 sur 62 · I-TL'DES MTTKRAinrS · texte numérisé non relu

I-TL'DES MTTKRAinrS

mauvaises formules. Mathers se tenait près du piano, et son àine s'élevait avec celle de Cécile aux contemplations d'un monde invisible.

« Nous avons parcouru notre pays ensemble, dit le vieux savant à la néophyte, lorsque ses doigts fatigués s'abattirent siir les touches d'ivoire et d'ébéne.

— Je ne suis pas habituée à ces grands voyages, » lit la jeune fille essoufflée et haletante comme une pythonisse, pendant que le jeune dandy Edouard Godin lui disait, entre ses dents, d'un ton pincé :

« Joli! joli ! joli! » comme s'il se fût agi d'une cabriole de singe ou d'un calembour.

Cécile n'accueillit pas fort bien cette manière maussade de félicitation, et s'abandonna mollement aux suffrages du cercle babillard et parfumé.

La soirée s'éteignait ; les derniers mots et les derniers sourires de la jeune fille furent pour Mathers.

« Xûus sommes ensemble, » lui dit-elle.

Mathers lui serra la main et s'esquiva en saluant à peine le maître, la maîtresse de la maison et la société financière.

« Au diable l'obstacle I niurmura-t-il en sortant, du ton d'un homme qui est disposé à tout vaincre; au fait, ajoutat-il, on ne triomphe que par lui. »

Et il se dirigea rêveur vers sa cabine d'homme de génie incompris.

Page 1