LES BORDS DE LA SAONE
Briller dans les cités N'est point ce que j'envie; Mais aux bords encbaaté& Où j'essayai la vie, Comme un oiseau, sa voix^ Qu'un soir m& vie éteinta Tombe comme la plainte D'un oiseau dans les bois !
Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime, et tes ombrages
De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient ^ battant des afles
Leurs doux ramiers ?
Oh! comme j'aimerais, Sous tes verle&saulées,
Goûter Tombre et le frais, En entendant mêlées Au bruit de leurs troupeaux Les clmiisons des bergères Que ces lieux solitaires Invitent au repos.
Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime, et tes ombrages
De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes
Leurs doux ramiers?
Hélas ! loin de tes bords La fortune m'exile.
Que n'ai-je ses trésors !
Pour ton eau si tranquille, On verrait mon esquif Fuir l'océan du monde Qui cache sous son onde Le dangereux récif.
Oh ! qui me rendra les rivages, Saône que j'aime, et tes ombrages
De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes
Leurs doux ramiers?
CHANT D*AMITIË
Nous sommes deux, âmes et corps^ Formant, par les secrets accords
DE PIERRE DUPONT. fc5
De nos cœurs et de nos pensées, Deux branches d'arbre entrelacées.
Marchons ! L'un sur l'autre appuyés, Nous franchirons montagne et plaine, Ne lassant jamais que nos pieds ; Nos cœurs sont toujours en haleine.
Cédant au poids de la chaleur, Un même fruit nous désaltère, Un même vin qu'on rend meilleur, En le buvant au même verre.
Nous sommes deux, âmes et corps, Formant, par les secrets accords De nos cœurs et de nos pensées, Deux branches d'arbre entrelacées.
Que nous combattions isolés, Le frère éloigné de son frère, Ou conime chevaux attelés Au même char dans la carrière, Faisons toujours un seul faisceau De nos lauriers, de nos couronnes ; L'arc de triomphe est un arceau Qui repose sur deux colonnes.
Nous sommes deux, âmes et corps, Formant, par les secrets accords De nos cœurs et de nos pensées, Deux branches d'arbre entrelacées.
Gomme les deux ailes de fer Du vaisseau que la vapeur mène Tranchent les vagues de la mer, Traversons la tourmente humaine !
Notre navire glorieux, Dût le vent déchirer ses voiles, Un jour montera dans les cieux Pour s'y changer en deux étoiles !
Nous sommes deux, âmes et corps,
Formant, par les secrets accords De nos cœurs et de nos pensées> Deux branches d'arbre entrelacées.
Ainsi liés peut- on souffrir?
Que Tun ou Tautre on nous accuse^ L'un pour l'autre voudra mourir, Gomme jadis dans Syracuse.
Denis, voyant de tels amis, Les rendit à leur douce étreinte, Et supplia pour être admis En tiers dans leur amitié sainte.
• Nous sommes deux,, âmes et corps»
Formant, par les secrets accords De nos cœurs et de nos pensées.
Deux branches d'arbre entrelacées.
A sa prière ils se sont tus; Ils auraient admis le génie,.
Ou la science ou les vertus,.
Mais non jamais la tyrannie»
Suivons un exemple si beau D'amitié pure et de courage, Et qu'un jour sur notre tombeau Deux lauriers mêlent leur ombrage.
Nous sommes deux, âmes et corps, Formant, par les secrets accords De nos cœurs et de nos pensées, Deux branches d'arbre entrelacées.