LE RÊVE QUE J'AI RÊVÉ
Un jour, du prix de mes leçons, Ilélas ! je n'enseigne personne, Et du produit de mes chansons, N'oubliez pas que je les donne, Je veux m'acheter à Paris Une maison d'un très-bas prix.
Notez que les maisons sont chères, Pour y loger les pauvres hères Qui sont logés sur le pavé; C'est un rêve que j'ai rêvé.
Un jour, le fusil sous le bras, Je veux faire une bonne chasse, Tuer tout gibier gros et gras, Je n'ai jamais tué bécasse ; Et du prix de la venaison Je veux fonder une maison.
Une publique hôtellerie, Où jour et nuit on boive, on rie.
D'où Pon parte le pied levé; C'est un rêve que j'ai rêvé.
Je veux, si jamais je suis roi.
On a vu mieux, on a vu pire, Octroyer un blanc palefroi A tous les gueux de mon empire.
Dégrever mes sujets d'impôt, Donner à tous la poule au pot.
Des dots aux pauvres demoiselles, Comme aux veuves, laides ou belles, Un époux neuf et tout trouvé; C'est un rêve que j'ai rêvé.
Enfm, mon rêve le plus cher.
Passez-moi celte simple envie,
«30 GAAl^TS IT POÉSIES
Serait de souffler sur Tenfer, Qu'on fait brûler dans Fautre vie.
Je youdrjiis que le paradis Ne fût pas un petit taudis»
Bon tout au plus pour cent personnes, (Ju'on en pût gagner les couronnes Sans réciter toujours VAve; C'est un rêve que j'ai rêvé.