HEKB1ERS PARTICULIERS DE LINDE
Deux herbiers particuliers de Roxburgh et du docteur Heyne, et d’autres collections provenant de M. William Jack, de sir Stamford Raffles et de lady Amherst sont venus, depuis cette époque, accroître l’importance des herbiers delà région de Tïnde, que possédait le musée de M, Delessert.
docteur William Eoxbnrgli
Le docteur William Roxburgh avait étudié la botanique sous le docteur Hope, professeur à l’université d’Edimbourg; il commença, en 1766, à être attaché à la compagnie des Indes à Madras, et fut employé au service médical et comme botaniste de la compagnie dans le Karnate; il recueillit dans ce pays de grandes collections, et fit dessiner plus de 500 espèces de plantes qu’il envoya à la compagnie des Indes avec des descriptions soigneusement rédigées.
Dans les premiers temps de sa carrière scientifique, il résida dans la péninsule, particulièrement à Samolcottah, où il eut de nombreuses occasions d’examiner la botanique des montagnes avoisinant les Circars. 11 s est livré pendant quelques années à la culture du poivre et de l’indigo dans une des Circars du nord. En 1795, la compagnie des Indes lui confia la surintendance de son jardin botanique de Calcutta.
L’herbier du docteur Roxburgh, maintenant en la possession de M. Delessert, se compose des grandes collections qu’il a faites dans l’Inde continentale, à la côte de Coromandel et à Banda, Amboine et autres îles de l’archipel Indien, et des plantes qu’il a recueillies au cap de Bonne-Espérance. Le mauvais état de sa santé le força de quitter l’Inde en \ 84 4 et d’en! reprendre un voyage qu’il voulait borner au Cap et qui l’amena jusqu’à Sainte-Hélène. 11 resta dans cette île depuis le 7 juin 1815 jusqu’au 1er mars 1814, trouvant encore le moyen de consacrer quelques instants à la botanique. Obligé de revenir en Angleterre, le docteur Roxburgh est mort en 1 814 à Edimbourg.
Docteur Heyne.
Pendant plus de vingt ans et jusqu’en 1815, le docteur Benjamin Heyne, excellent botaniste, a parcouru l’Inde orientale par l’ordre et aux frais de la compagnie des Indes. 11 est mort à Wappera près de Madras, le 6 février 1819.
t William «Yack et sir Stamford Railles.
M. William Jack était entré jeune encore comme aide-chi~ rurgien au service de la compagnie des Indes, au Bengale, et il s’embarquait pour cette contrée le 29 janvier 1815, âgé seulement de dix-huit ans, et déjà pourvu de connaissances botaniques et médicales très-étendues. Quelques années après, vers la fin de 1818, étant à Calcutta, il rencontra au jardin botanique de celte ville sir Stamford Raffles, gouverneur de Sumatra, qui venait visiter ce jardin. A la suite d’une conversation qu’ils eurent ensemble, il fut décidé que M. Jack accompagnerait à Sumatra sir Stamford Raffles, qui devait lui procurer toutes les facilités possibles pour explorer l’histoire naturelle de cette île. M. Jack se proposait d’en étudier la minéralogie et la botanique, et sir Raffles mettait à sa dispo-
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sition une riche et scientifique bibliothèque qu’il possédait. Sumatra semblait au jeune botaniste une terre vierge, car quoique les Anglais aient eu autrefois un établissement à Bencoulen, dans la partie occidentale, aucun individu, avant sir Stamford, n’avait pénétré au delà de quelques lieues dans le pays. De 4 84 9 à 4 822, M, Jack a visité Poulo-Pinang et Singapour, et ensuite Natal, établissement malais sur la côte occidentale de Sumatra, Tappanouli dans le pays des Battes, Bencoulen, Tello-Delano dans l’tle de Nias (Poulo-Nias), possession anglaise, la plus grande de cette chaîne d’îles qui borde la côte occidentale de Sumatra. En juin 4 824, M. Jack accomplit la tâche difficile et périlleuse déjà tentée deux fois, mais vainement, par des Européens, d’atteindre le sommet du Gounong-Benko ou montagne du pain de sucre, dans l’intérieur de Bencoulen, et qui s’élève, dit-on, à une hauteur de plus de sept mille pieds.
Sir Stamford Rallies était attaché de cœur à M. Jack. 11 Pavait chargé de plusieurs missions et de divers travaux sur l’administration civile du pays. M. Jack considérait comme le plus heureux pour lui le jour qui Pavait rapproché d’un homme tel que sir Baffles. « Il possède, écrivait-il, une énergie de caractère toute particulière qui communique quelque portion de son influence à tout ce qui l’environne, et j’espère profiter beaucoup par moi-même d’une telle fréquentation. »
M. Jack avait été longtemps malade. 11 revenait de Java où il avait essayé, mais sans succès, ce que produirait le changement d’air sur sa santé, et, embarqué pour le cap de Bonne- Espérance, il mourut le 4 5 septembre 4 822, avant que le vaisseau ait pu lever l’ancre. Il avait vingt-sept ans seulement. Un monument lui a été élevé dans le jardin botanique de Calcutta par les soins du docteur Wallich, qui depuis a dédié à son ami, sous le nom de Jaclria ornaia , un arbre magnifique dont les fleurs, au milieu d’un feuillage touffu, fbrment de grandes panicules pendantes. Cet arbre avait été
trouvé par M. Wallich, dans une des petites îles qui avoisinent Singapour.
Les plantes qui proviennent de William Jack ont été décrites dans le premier volume de ses Malayan Miscellanïes , ouvrage très-rare publié à Bencoulen, et qui a été reproduit par sir W.-J. Hooker, dans son Botamccil Journal.
Quelques années après William Jack, la mort enlevait son ami et son protecteur sir Stamford Raflles, dont tous les instants avaient été consacrés aux sciences et à Lamélioration du sort des indigènes dans l’archipel indien. En J8t6, après avoir été lieutenant-gouverneur de Java et de ses dépendances, il fut envoyé à Bencoulen. Revenu en Angleterre, il retourna à Sumatra avec le titre de lieutenant-gouverneur de Bencoulen, où il arriva en 1818. Ses recherches se sont étendues sur les diverses branches de l’histoire naturelle et de la philosophie, tant à Java qu’à Sumatra. Aucun Européen avant lui n’avait pénétré dans l’intérieur de Sumatra. 11 a envoyé des plantes recueillies par lui à Singapour. Sir Raflles a contribué à faire connaître la topographie et l’histoire naturelle des colonies sur lesquelles les Hollandais avaient publié peu de détails. 11 avait rassemblé des collections précieuses d’animaux et de plantes, un millier de dessins, des matériaux nombreux pour faire une description des principales îles de la Sonde, un recueil de grammaires, etc. Une partie de ces
I collections a été perdue par suite de l’incendie du vaisseau qui le ramenait en Europe avec sa famille. 11 s’était embarqué en février 1824 à Bencoulen, mais dans la nuit même de son départ, le navire prit feu, et il ne resta aux passagers que le temps de se jeter dans un bateau pour rentrer à Bencoulen. Différents ouvrages publiés par W. Jack, ses notes, ses recherches sur l’histoire naturelle et sur la littérature orientale ont été également perdus dans ce désastre. Sir Stamford Raflles est mort le 5 juillet 1 826.
C’est à sir Stamford Raffles qu’on doit la découverte de la plante singulière qui porte son nom ( Rafflesia Titan , de W.
Jack, Rafflesia Arnoldï, de Robert Brown). La description que nous ferions ici de cette plante extraordinaire ne pourrait en donner qu’une idée imparfaite. Elle est figurée d’une ma» nière remarquable et d’après les dessins de Francis Bauer à la suite du savant mémoire de M. Robert Brown, dans le treizième volume des Transactions of the Limiêan Society of London. Cette plante gigantesque- semble unique sous le rapport de sa forme et de son mode de fructification comme sous celui de sa dimension, la fleur, quand elle est épanouie, pouvant avoir jusqu’à trois pieds de diamètre. Elle a été trouvée, en 4 818, par sir Stamford Raffles dans les forêts de Passoumah-Ulu-Manna, lors de son premier voyage de Bencoulen dans l’intérieur de Sumatra. Il était accompagné d’un naturaliste plein de zèle et de connaissances, le docteur Joseph Arnold. Plusieurs autres espèces appartenant à ce genre ou à la même famille ont été découvertes depuis la publication du Rafflesia Arnoldï.
Potts et 1;» cl les Amliersf.
Quoique les collections en soient peu considérables, nous citerons ici, comme jointes aux herbiers de W. Jack et sir Stamford Raffles, d’autres plantes recueillies par Potts à Singapour, Poulo-Pinang et Sumatra, et nous mentionnerons plus particulièrement un petit herbier de plantes récoltées par la comtesse Amherst et lady Sara Amherst sa fille.
Ces deux dames, qui cultivent avec zèle les diverses branches de l’histoire naturelle, et la botanique spécialement, ont résidé près de cinq années dans l’Inde. Elles ont entrepris des voyages longs et pénibles dans les régions élevées de l’ouest et du nord de î’Hindoustan, et sont restées plusieurs semaines dans les montagnes près de l’Himalaya, à une élévation de 40 à 42,000 pieds. Elles sont revenues en Angleterre avec une collection assez nombreuse d’échantillons de plantes recueillies et préparées par elles-mêmes avec le plus; grand soin.
Le docteur Wallich a dédié aux dames Amherst, sous îe nom d'Amhersiia nobilis , une plante nouvelle d’une admirable beauté. C’est un arbre appartenant à la famille des légumineuses, que M. Wallich a trouvé, en 1827, dans la province de Martaban, et qu’il a décrit et figuré dans ses Plantœ anaticœ rar tores.
On se rappelle que l’année dernière le duc de Devonshire fit voir à la reine Victoria cette même plante qu’il avait fait venir en Angleterre, et qui lui avait coûté 40,000 francs.
Mistriss Marlott et M. Kelaarf.
Quelques plantes de la collection de M. Delessert ont été recueillies par mistriss Mariott, à Trincomalé, sur la côte nord-ouest de l’île de Ceylan.
M. Kelaart (E.-F.), natif de Colombo, capitale de Ceylan, a donné une collection choisie des plantes les plus remarquables qu’il a récoltées dans cette île.
NOUVELLES COLLECTIONS DE PLANTES DE l'ïNDE.
Pendant les cinq dernières années qui se sont écoulées, d’autres collections ont été faites dans diverses parties de la frontière nord-est de l’Inde; elles paraissent devoir être distribuées en Angleterre par le professeur Royle, d’après l’autorisation de la compagnie des Indes.
M. William Griffith, attaché au service civil de Madras, prépare un ouvrage qui portera le titre de Contributions to the flora of Incita, dans lequel doivent entrer les nouvelles collections et d’autres encore provenant de son herbier particulier. Le tout comprendrait environ :
2,500 espèces des monts Kasiya.