‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 53 sur 257 · espèces delà province d’Assam · texte numérisé non relu

espèces delà province d’Assam

\ ,200 espèces du pays des Mismi, dans l’Himalaya.

4,700 espèces des mêmes montagnes, pays de Boutan. 1,000 espèces des environs de Calcutta.- \ ,200 espèces des monts Naga, à l’extrémité orientale du haut Assam, de la vallée de Houkhong, du district de Mogam et du pays de l’Iraouaddy, entre Mogam et Ava.

A ces plantes seront ajoutées les collections faites sous la direction du lieutenant Kittoe , dans les forêts de Cuttak, etc.

Herbier du voyage de M. Bélanger.

On trouve dans la collection de M. Delessert toutes les plantes du voyage en Perse et aux Indes-Orientales deM. Charles Bélanger. Ce voyage, tel qu’il a été entrepris par M. Bélanger et à l’aide des facilités que lui procurait sa position particulière, ne pouvait manquer d’offrir un haut intérêt. Chargé d’établir à Pondichéry un jardin botanique qui devait servir comme entrepôt des richesses végétales de l’Hindoustan, M. Bélanger partit de Paris le 9 janvier 4 825, accompagnant M. le vicomte E. Desbassayns de Bichemont, administrateur général des établissements français dans l’Inde, et qui se rendait par terre à sa destination. Après avoir passé par l’Allemagne, la Pologne et la Russie méridionale jusqu’au Don, notre voyageur parcourt une partie de la Circassie, la chaîne élevée du Caucase, et descend, aux premiers jours d’avril, dans la Géorgie. C’est seulement alors qu’il commença ses herborisations. La traversée de l’Europe s’était faite en hiver et avait été sans résultat pour la botanique. Les neiges même dont le Caucase était couvert firent courir de grands dangers aux voyageurs. Arrivé en Géorgie, M. Bélanger fit un court séjour à Tiflis. Il ne récolta, dans la Géorgie et l’Arménie, qu’une centaine de plantes. Parvenu aux frontières de Perse, il continue sa route et visite successivement Érivan, Tauris, Téhéran, Ispahan, Schiras et Aboucher. La zoologie et la bo-

tanique étudiées par M. Bélanger pendant son séjour dans cette contrée, promettent des résultats importants quant aux objets recueillis et aussi quant à la géographie botanique de ce pays, peu de voyageurs bayant visité dans une étendue aussi grande.

M. Bélanger n'augmenta pas beaucoup ses collections à Tauris, où il fut attaqué d’une fièvre inflammatoire, mais il en fut dédommagé en se rendant à Téhéran ; là il recueillit plus de 500 espèces, obligé toutefois d’herboriser presque au galop, le sabre au côté, le poignard à la ceinture et constamment sur le qui-vive. f

Vers la fin de septembre 1825, M. Bélanger, accompagnant toujours M. le vicomte Desbassayns, quitte avec lui la Perse et s’embarque à Aboucher. Mascate, Bombay, la côte de Malabar, où il resta trois mois et qu’il visita dans une grande étendue, et Mahé, un de nos établissements, lui fournirent pendant ce voyage d’amples collections d’histoire naturelle.

En mars 4 826, M. Bélanger traverse les Gates occidentales dans leur partie la plus élevée et entre dans le Mysore; puis, redescendant par les Gates orientales, il arrive à Pondichéry à la fin du même mois, après un voyage qui avait duré un peu plus d’une année.

Une fois établi à Pondichéry, il fait plusieurs excursions dans le Karnate, aux montagnes de Gingy, à Trincomalé dans l’île de Gejlan, sur la côte de Coromandel et à Madras. Il allait recueillir des plantes destinées au jardin de Pondichéry , M. Bélanger explore ensuite le bas Bengale et visite Calcutta et Chandernagor, rassemblant avec ses plantes sèches des échantillons de bois, des graines et des végétaux vivants.

L’histoire naturelle fl’a cependant pas seule occupé M. Bé langer dans le cours de ses voyages. Il a rapporté avec ses collections les informations les plus précieuses sur les mœurs des habitants, sur le commerce et l’industrie, et sur l'organisation politique des pays si intéressants et si variés qu’il a parcourus, ainsi que des collections d’armes et de monnaies,

des dessins et des notes sur les différents langages usités dans ces pays.

Le Pégou, dont la végétation n’était connue que par le voyage de M. Wallich, le seul naturaliste qui eût exploré ce pays avant M. Bélanger, devait attirer son attention. Le 4er octobre 1827, il s’embarqua sur la gabarre la Chevrette , que l’administrateur général mettait à sa disposition pour aller faire des collections botaniques et explorer le Pégou dans les autres branches de l’histoire naturelle. 11 visite une seconde fois Madras et se rend à Calcutta, d’où il partit le 2 décembre pour le Pégou. Il y séjourna dix-huit jours, parcourant les bois et les marais ; mais ses explorations ne s’arrêtèrent pas là. En 4 828 et à peine rétabli d’une violente hépatite occasionnée par tant de travaux et de fatigues, il s’embarque pour les îles de la Sonde, visite soigneusement Anières, dans le détroit de ce nom, 1 île de Poulo-Merak, voisine de Java, puis les environs de Batavia et le district de Buiten-Zorg. Un grand nombre d’oiseaux, d’insectes et de mollusques, et un bel herbier furent les produits de ce voyage. Les lièvres qui n’avaient cessé de le tourmenter pendant plus de trois années, ne lui permettaient pas de rester plus longtemps dans l’Inde. 11 quitta ce pays au mois d’octobre 1828. Son retour en France se fit par les îles de France et de Bourbon, où il passa quelques mois, et après de courtes relâches au cap de Bonne-Espérance et à Sainte-Hélène, il arriva à Paris dans les premiers jours de juillet 1829.

M. Bélanger a rapporté de nombreuses collections d’objets d’histoire naturelle dont plus de 17,000 échantillons de plantes bien conservés, reorésentant 5,400 espèces recueillies, savoir : •

En Perse, 726; sur les côtes de Canara, Coromandel et Malabar, dans l’intérieur de la péninsule, dans les Gates et au Bengale, 5,000 ; au Pégou, 550, enfin à Java, aux îles de France et de Bourbon, au cap de Bonne-Espérance et à Sainte- Hélène, environ 4,400 espèces.

M. Bélanger a commencé la publication de son voyage, dont la partie botanique est accompagnée de planches. Il paraît sous ce titre : Voyage aux Indes-Orientales par le nord de l’Europe, les provinces du Caucase , la Géorgie, l’Arménie el la Perse, etc.

Voyage de Jacquemont

Les plantes dont il nous reste à parler reportent nos souvenirs sur un voyageur dont le nom a acquis dans ces derniers temps une certaine célébrité, Victor Jacquemont, naturaliste attaché au Muséum d’histoire naturelle de Paris, mort à Bombay après un séjour de près de quatre années dans l’Inde.

Encouragé par des voyages antérieurs aux États-Unis, à Saint-Domingue, où l’avait entraîné son goût pour la botanique et la géologie, Jacquemont avait conçu le plan d’un voyage en Asie, et ce voyage ayant été approuvé par le Muséum, Jacquemont s’embarque à Brest le 9 août J 828, plein de confiance sur le résultat de son entreprise et conservant une espérance qui ne s’est malheureusement pas réalisée, celle de revoir tous les objets de ses affections comme il les avait déjà trouvés à son retour d’un précédent voyage. Il arrive à Calcutta en mai 1829, ayant relâché à Ténériffe, à Rio de Janeiro, au cap de Bonne-Espérance, à Bourbon et à Pondichéry. 11 fut accueilli avec la plus grande bienveillance par lord Bentinck, gouverneur général de l’Inde, et après s’être préparé au voyage qu’il méditait il se mit en route le 6 novembre pour Delhi, passant par Chandernagor. Il arrive à Benarès sur les bords du Gange, d’où il visite la province de Bundelkund, traverse la Jumnah à Kalpi, passe à Agrah, une des villes les plus anciennement nommées dans l’histoire de l’Inde, et est à Delhi en mars 1850. Il quitte cette ville dans le courant du même mois pour faire un voyage sur les versants

septentrional et méridional des montagnes de FHimalaya et dans une partie du Thibet et se dirige d’abord vers Seharempour. Avant d’y arriver, il s’était associé à quelques personnes de Delhi qui avaient bien voulu organiser pour lui une grande partie de chasse qui, d’après ses espérances, devait enrichir considérablement ses collections zooîogiques. « Suivis de dix-sept éléphants, écrivait-il, de quatre cents cavaliers et du double de gens à pied, nous parcourûmes, non sans les dévaster un peu, les principautés de Kythul et de Pattialah, étendues jusqu’au désert de Bikanir, et j’eus le regret de ne rapporter de cette fatigante excursion qu’un petit nombre de plantes nouvelles. »

C’est dans la ville de Seharempour, que déjà nous avons eu occasion de nommer, qu’est établi un jardin botanique, succursale du bel établissement de Calcutta, et dirigé par le docteur Royle, Fauteur du magnifique ouvrage sur la flore des montagnes de FHimalaya. Après quelques jours passés à Seharempour, Jacquemont quitte cette ville, et dans sa route vers les sources de la Jumnah, il fait une herborisation à Mohun dans les premières chaînes de FHimalaya et parvient à Jumnoutri, ce que les Hindous appellent les sources de la Jumnah, lieu sacré pour eux et où l’avaient guidé, au lieu d’un seul homme que Jacquemont avait demandé, trente-cinq montagnards, population tout entière d’un village et de deux hameaux voisins. 11 fait ensuite une ascension sur la cime de Kédar-Kanta, Fune des plus hautes montagnes de 1 Himalaya parmi celles qui sont en dehors de la chaîne centrale et pénètre jusqu’au Setledje, le plus grand affluent de Flndus. Dans toute la partie inférieure de son cours dans les montagnes, on n’a qu’un seul moyen, peu commode et assez dangereux, de traverser cette rivière. C’est à l’aide d’un câble unique, tendu d’un bord à l’autre, et autour duquel est passée une pièce de bois, formée en anneau. Les voyageurs qui se contient à ce pont suspendu d’une nouvelle espèce, accrochent leurs bagages à cet anneau et s’y attachent eux-mêmes.

On les tire du bord opposé pour les y amener. Si le câble rompt, ils sont perdus sans ressource.

Jacquemont séjourne à Kanum, ville principale du Kanawer, dans le Thibet; il fait une excursion au col de Hangarang, limite du Kanawer et du petit Thibet ( Ladak), station à laquelle on assigne une hauteur absolue de 4,500 mètres, puis il revient à Delhi le i 3 décembre \ 850.

11 repart bientôt de cette ville, entre dans le Pendjab et s’arrête à Lahore. Rundjet-Singh, roi du Pendjab, prend Jacquemont en affection ; grâce à cette circonstance et protégé par des firmans et des escortes que ce prince mit à sa disposition en témoignage d’amitié, Jacquemont put visiter la province et les montagnes de Cachemyr, fermées aux Européens, les mines curieuses de Pindadenkhan et plus tard celles de Mondinougour. De retour à Delhi, vers la fin de 1 851 , il y réunit toutes les collections qu'il avait formées jusque-là et les expédie par le Gange, sur Chandernagor, où elles devaient être embarquées pour la France.

Le J 4 février 1852, Jacquemont se fiant à ses forces et comptant sur sa santé qui lui avait fait supporter de grandes fatigues, partit en se dirigeant vers le sud pour visiter la côte

occidentale et la presqu’île de l’Inde, mais il tomba grave-

ment malade à Pounah. A peine guéri, il eut le courage de parcourir l’île de Salsette, dont les miasmes pestilentiels eurent sans doute une fatale influence sur sa constitution déjà affaiblie. 11 arriva épuisé à Bombay, et comprenant dès lors la nature et la gravité de sa maladie, il fait son testament avec sang-froid et prend toutes les mesures convenables pour conserver et faire parvenir en Europe tous les manuscrits ou objets qu’il avait avec lui ou qui se trouvaient sur d’autres points de l’Inde. Le 7 décembre 1852 la mort l’enlevait à trente ans, au terme d’une entreprise qu’il avait accomplie avec courage et intelligence, et dont les fruits, heureusement, ne seront perdus ni pour la science ni pour la gloire du voyageur qui les a recueillis.

il. I*©Iy«l©re Houx* JH. Law.

Plantes de Bombay.

C’est peut-être à la même époque que mourait aussi à Bombay M. Polydore Roux, conservateur du Musée d’histoire naturelle de Marseille, parti dans le printemps de 1 854 pour un voyage scientifique avec M. le baron Hügel. Après avoir visité la Grèce, la Syrie et la Palestine, l’Égypte, la Nubie et l’Arabie, ils avaient atteint Bombay en 1852. Un herbier des plantes de M. Roux, venu de cette ville, se trouve réuni aux herbiers de M. Delessert, ainsi qu’une collection de plantes de la même localité, transmises par M. T. -S. Ralph, et qui proviennent de M. Law, attaché au service civil dans la présidence de Bombay.

Voyage «le M. Adolphe Delessert.

M. Adolphe Delessert, neveu de M. Benjamin Delessert, parti en mars 4 854 avec M. Perrottet, qui se rendait à Pondichéry, a voulu, quoique la botanique ne l’ait pas occupé exclusivement, que son nom figurât dans les herbiers de M. Benjamin Delessert, et rappelât longtemps le souvenir de son voyage dans l’Inde.

Arrivé à Pondichéry dans le mois de septembre, M. Adolphe Delessert fit des excursions aux environs de cette ville, jusqu’au 8 novembre, où il s’embarqua pour aller avec ses chasseurs explorer Poulo-Pinang, Malacca, Singapour et une partie de Pile de Java. Il visita dans cette île Batavia. Revenu à Pondichéry, il songea à faire de nouvelles courses aux environs. La saison n’était plus la même, et il voulait se rendre dans des points plus éloignés pour en rapporter des collections nouvelles. Après Madras, il se dirigea vers Gingy, où, aidé de ses chasseurs, il tua plusieurs animaux remarquables.

De l’île Bourbon où il était allé faire un voyage, M. Adolphe

Delessert commença ses dispositions pour effectuer un projet qu’il avait formé depuis longtemps, celui de visiter le Bengale, et il prit passage sur un navire partant pour Calcutta ; il y arriva à la fin de janvier 1 857. Avant de se rendre dans les montagnes des Nil-Gherry, il alla à Chandernagor et ensuite à Seharempour, qui forme, avec les îles Nicobar et Tranquebar, à la côte de Coromandel, la presque totalité des établissements danois dans l’Inde. Son voyage aux Nil-Gherry eut lieu par Madras et par Salem et Madepollam, et il recueillit quelques plantes dans les Shewroy-Hills, district de Salem. Il resta sept mois à Kota-Gherry et s’établit à Outa-Kamound. Son retour en France s’effectua par Calicut, chef-lieu de la province de Malabar, Tellichery, Cannanore, Mangalore, Goa et Bombay, où il arriva le 4 janvier 4 859. Il partit de cette dernière ville le 25 février, et revint à Paris par le Caire, Alexandrie, Malte et Marseille. Le 50 avril, il se retrouvail dans sa famille après cinq années d’absence.

M. Adolphe Delessert a rapporté de son voyage de nombreuses collections zoologiques très -précieuses : plus de 1,200 mammifères, un nombre considérable d’oiseaux, de reptiles; une collection de poissons du Gange et des mers de l’Inde, des insectes, des coquilles, des minéraux et des plantes. Quant à ces dernières, il n’en a pas recueilli toujours dans les localités diverses qu’il a parcourues. Occupé surtout à des chasses pénibles et fatigantes, à la recherche des insectes et d’autres animaux dont la préparation et la conservation demandent de grands soins, il n’a pu consacrer que quelques instants à la botanique. Il a rapporté des plantes principalement de Poulo Pinang, Malacca, Batavia, où il a voyagé seul, et des Nil-Gherry, de Pondichéry, des montagnes de Gingy, de l’île Bourbon, etc., et quoique la quantité de ces plantes ne soit pas aussi considérable que celles recueillies par M. Perrottet, elles n’en offrent pas moins beaucoup d’intérêt.

Sous le titre de Souvenirs d'un voyage dans l'Inde, M. AdoL

phe Delessert a publié, eu S 845, un volume dans la première partie duquel il donne l’itinéraire et rassemble toutes les circonstances et les particularités de son voyage. La seconde partie est, tout entière, consacrée à l’histoire naturelle et à la description des espèces nouvelles d’animaux qui se trouvaient dans ses collections zoologiques.

M. Adolphe Delessert est reparti pour l’Inde en février 1845. Au mois d’août suivant, il était à Calcutta et avait visité Point-de-Galle, dans 1 île de Ceylan, Madras, etc.

M. Law.

Plantes du Pekkan,

Une autre partie de l’Inde, le royaume du Dekkan, est représentée dans l’herbier de M. Delessert par des plantes transmises par M. T. -S. Ralph, provenant de M. Law, de Bornbav, et recueillies principalement à Aureng-Abad, l’ancienne capitale du Dekkan, sur les montagnes d’Eliora, à Mahabuleshwar, etc.

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