âdolplie Steinlteil
Gc jeune naturaliste, qu’une mort prématurée a enlevé à la botanique qu’il cultivait avec tant d’ardeur et de science, a herborisé pendant dix-huit mois à Bone où le retenaient ses fonctions de pharmacien militaire. « Steinheil arriva à Bone,
( dit M. Decaisne dans la notice qu’il a consacrée à son ami), peu de temps après la conquête de cette place. Bien encore n’y était organisé. La petite maison qu’il habitait, couverte d’une terrasse à la manière orientale, laissait passer de toutes parts la pluie dans la seule pièce qui fût habitable. Souvent alors, pour préparer ses plantes, on le voyait passer la nuit à sécher au feu d’un réchaud le papier trempé dont il avait bc-
soin pour changer les échantillons qu’il avait recueillis peu de jours auparavant. Ses seules distractions, au milieu des nombreuses occupations dont il était chargé, étaient de réunir des matériaux pour une flore de Barbarie. Fidèle à ses habitudes, il dessinait, analysait et décrivait tout ce qu’il recueillait. Si l’armée faisait quelque reconnaissance aux environs de la place et qu’il ne fût pas de service ce jour -là, il échangeait son tour de garde, afin de la suivre; car c’était pour lui une occasion d’agrandir le cercle de ses herborisations et d’enrichir son herbier. » Accablé de fatigues et atteint d’une fièvre intermittente qui ne lui laissait aucun repos, Steinheil, bien à regret, sollicita et obtint l’autorisation de revenir en France dans le courant de l’année 1831.