II. Bovë
Les plantes d’Alger, de Constantine, Blidah, Cran, etc., sont dues à M. N. Bové, que nous avons cité déjà pour ses voyages en Arabie. Il a recueilli les plantes d’Algérie pendant son séjour dans ce pays de 1 857 à 1839.
Exploration scient! tique «le 1* Algérie.
L’Algérie , déjà visitée , comme nous l’avons vu , par i\IM. Desfontaines, Steinheil et Bové, a fourni, il y a peu d’années encore, un nouvel aliment aux recherches scientifiques. Nous voulons parler de l’expédition envoyée par le gouvernement français dans nos possessions d’Afrique ; on sait que M. le colonel Bory de Saint-Vincent présidait la commission formée d’hommes spéciaux qui devaient rechercher dans les diverses parties accessibles du pays et réunir tout ce qui pouvait intéresser l’histoire et la géographie de la contrée, l’industrie, les sciences et les arts. M. le capitaine Durieu de
Maison-Neuve était chargé particulièrement de la botanique. M. le colonel Bory a pris part aux recherches relatives à l’histoire naturelle. Voué plus spécialement à l’étude des plantes cryptogames et surtout des hydrophytes, il a fouillé les eaux depuis le point le plus oriental de la région de la Galle, frontière de Tunis, jusqu’à l’ouest d’Oran, tandis que M. Durieu visitait tous les points de l’intérieur. Ainsi la province de Bone, les deux routes de Constantinc, les environs de cette ville, le vaste plateau du Chelif, Bougie, l’île déserte de Colite, à vingt lieues environ de la côte, et qui n’a jamais été visitée par aucun naturaliste, les environs d’Alger, le Sahhel, la plaine de la Metidja, Blidah et les pentes de l’Atlas, le col de Teniah, Medea, Cherchel et son pourtour, Mostaghanem, Mascara, Tremecen, la Tafna, enfin tout le pays d’Oran ont été observés soigneusement par ces deux naturalistes, et bien peu de plantes ont échappé à leurs recherches.
Les explorations et les travaux de la commission scientifique ont eu lieu en Algérie de \ 840 à \ 842.
M. le capitaine Durieu, revenu en France avec la commission scientifique, est retourné en Algérie pour explorer les parties du pays où lui et M. le colonel Bory de Saint-Vincent n’avaient pu pénétrer lorsqu’ils visitèrent ensemble le nord de l’Afrique. M. Durieu va compléter dans ce voyage les travaux qu’il avait commencés avec M. Bory sur le règne végétal et les diverses branches des sciences qui s’y rattachent.
Débarqué à Alger le 18 mars 1 844, M. Durieu remit le lendemain ses lettres de recommandation àM. le gouverneur, et en ayant reçu l'assurance que ses recherches seraient puissamment encouragées, il se trouvait, dès le 50 mars, sur la route de la chaîne de l’Atlas. Il parvint à Boufarick et à Blidah, et s’achemina par la base de la chaîne à quelques lieues dans l’est; là il découvrit une magnifique forêt de cèdres dont on ignorait l’existence, malgré sa proximité d’Alger. Le 5 avril, M. Durieu herborisait paisiblement dans des régions ou l’on n’eût pas osé supposer, il y a deux ans,
qu’un Européen pût jamais s’aventurer. 11 est encore en Algérie, occupé à poursuivre le cours de ses explorations (I ).