‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 93 sur 257 · II. Miers · texte numérisé non relu

II. Miers

Les collections de M. Lambert ont fourni à l’herbier de M. Delessert un choix de plantes de M. John Miers provenant de la Plata et du Chili, où il a résidé plusieurs années. M. Miers avait formé le projet de fonder au Chili une grande entreprise industrielle. Le 22 mars 1 819, deux mois après son départ, il jetait l’ancre dans la rade de Buenos-Ayres. De là il devait se rendre à Mendoza, chef-lieu de la province de ce nom, en traversant les Pampas. 11 effectua ce voyage, dont la direction peut être tracée rapidement en signalant les lieux principaux par lesquels il passa. Ainsi, parti de Buenos-Ayres le 6 avril, il se trouvait le lendemain au village de Luxan et ensuite à Salto. Après avoir traversé, dans les provinces de Santa-Fé, de Cordova et de San Luis, différents lieux, et entre autres Melinque, Achiras, San Luis-de-la-Punta, dont les environs présentent une flore plus variée, plus étendue et plus belle que dans beaucoup d’autres provinces, le village de Coro- Corto, etc., M. Miers arrive à Mendoza le 25 avril. 11 en repart pour se rendre à Santiago, et se dirige vers la grande chaîne des Andes, traverse le Paramillo, chaîne de montagnes longue et étroite entre la plaine d’Uspallata et Mendoza, et où les nouveautés botaniques n’étaient ni très-nombreuses ni très-remarquables. Continuant sa course par le désert sablonneux d’Uspallata, il arrive vis-à-vis la vallée de Tupungato, qui se termine par le célèbre pic de ce nom, regardé comme le point le plus élevé des Andes du Chili. On a dit qu’il surpasse le Chimborazo en hauteur, ce qui ne peut être r vrai, puisqu’il n’atteint pas la limite des glaces perpétuelles,

qui dans cette latitude est au-dessous de la hauteur du Chimborazo. Ce chemin conduit notre voyageur aux sources de la rivière Aconcagua. Ici M. Miers admire la riche végétation qui caractérise cette contrée, et qui rend si agréable pour le bo * taniste un voyage dans les Cordillères aux mois de décembre, janvier et février. M. Miers y trouva non-seulement la plupart des plantes des parties inférieures du Chili, mais encore d’autres espèces tout à fait nouvelles et propres à ces localités élevées. Il arriva enfin à Santiago en quittant les plaines cultivées de Colina, et se rendit ensuite à Yalparaiso, où deux routes conduisent le voyageur, l’une par Casa-Blanca, et l’autre par la Dormida.

Pendant sa résidence dans le Chili, M. Miers ne s’est pas borné aux opérations industrielles qui l’y avaient amené ; ses observations ont encore embrassé la géographie, la géologie, la statistique, le gouvernement, l’agriculture, les finances et les mœurs du pays. Au milieu de ses voyages, il n’a pas négligé la botanique. Durant son séjour au Chili, à Buenos- Ayres, à Mendoza, il avait fait plus de 200 dessins de plantes renfermant plusieurs genres nouveaux, éclairés par des descriptions, et il avait des matériaux pour un nombre à peu près égal d’autres dessins. 11 est à regretter que rien de ces divers travaux n’ait encore été publié.

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