VASE AUX ARMES DU ROI
Peseio de CbArlea Le BruD. (Miiaée du Louvre.) *
|),Mi^ le> leulures des « Maisons royales », Cli. Le IJrun a\ail introduit, dans sa couiposition, des vases d'or et d'argent, urnes, cassolettes, aiguières et plateaux accompagnant les balustrades ou surmontant les pilastres du premier plan; il avait eu soin de ne pas les garnir de lleurs poiu- laisser à ces œuvres toute leur valeur d'objets d'art.
Il est présuniable même que les magnifiques pièces d'orfèvrerie ([ne l'on porte autour d'Alexaudi'e cnlrant en triomphateur dans Babylone, cl figurant tiaus les leninres exécutées d'après les belles compositions de Charles Le Brun, sont aussi des représentations de pièces fabriquées aux Gobelins (I).
Dans l'une des tapisseries que nous venons de citer. Le Brun avait reproduit la Nef en or du roi Louis \IV, dont l'état du mobilier de la Couronne, dressé le 20 févriei' KiTo, nous a conservé la description. Elle ('-tait d'or, soutenue par des Tritons et des Sii-ènes; le couvercle, avec les armes du Koi é-inaillées, était sui--
(1; Kecueil des la/iisnerics, par E. liiiiolianl. et Motiogiaphie de Al/'. Dut tel.
Ciulcims (lu roi.
(Dessin de lUih'vl de Colie.)
iiiontL' d'une grande couronne de diamants et de rubis portée par un Amour
accosté de tlcux Daupliins. 11 y était entré 80000 livres d"or sans compter les pierres précieuses. L'exécution en avait été confiée à l'orfèvre Jean Gravet, qui consacra six ans à cet ouvrage et reçut ISoOO livres rien que pour la façon. Elle a disparu comme a disparu celle dessinée par Le Brun; au moins avons-nous encore le projet de cette Nef, conservé au Musée du Louvre, qui donne I)ien le caractère somptueux des décors de celte époque.
La Nef était une prérogative royale, on y mettait sou Essay (1), sa cuiller, son coulelet, sa fourclielte et ses épices. Non seulement elle jouait un rôle considérable dans l'ornemenlalion de la table, mais elle concourait à la sécurité des princes en éloignant la pi'éoccupatiou de l'enqDoisonuement. Son entrée dans la salle des repas était presque triomphale : portée par le chef du gobelet, elle était l'olqetdu respect de tous, et le maître d'hôtel passant devant la nef lui faisait une révérence, comme le |)rè(i'e passant devant le Tabernacle.
Le cadenas était également une prérogative loyale; ayant la forme d'un jdateau sur lequel était la salière, la boîte à épices, il servait à mettre le pain, le couteau et la fourchette du roi. Nous trouvons dans l'album de Robert de Cotte le dessin du cadenas (pii servait au roi Louis XIV, nous trouvons également dans cet alljum des documents précieux pour l'histoire de l'orfèvrerie au dix-septième siècle ("i): .- , ■ ,
' ■ salière uu roi.
une salière d'argent aux armes (Dessin de Uoberi de Coiie.)
\, lluiirv lluvanl, D.'dionnairc dr i'Ameuhlcmrn/. ;m mol Sef, piijic 0S2, cl au mol /i.v«rt//. p.igi' IS4. ■ (2) Cet ali)uui piécieiix. conteuant les dessins originaux de RohiMt de Cotte ou des crof|uis relevés par r-et artiste d'après les pièces txistanles encoie de sou teuips, se trouve au Cabinet des Estampes, à la Kildioliièiiue luiliouale.
du roi, un préseiiloir cl un encrier exécutes d'après un dessin de Bérain, d'un
beau caractère et, bien faits pour aufïmeiiter nos regrets en pensani à leur disparition.
Lorsque sonna l'heure des revers et que la disette du Trésor lU réfléchir Louis XIV sur les conséquences de ses débordantes prodigalités, il crut en racheter les excès pai- le sacrifice de son argenterie j)ersonnelle; il pensait aussi de cette façon, en donnant l'exemple, décider plus facilement son entourage et le public à l'holocauste (pi'il allait iniposçr. Les édits du 20 avril 1072, des U) février et 10 mai 1087, n'eurent pour résultat que d'arrêter le développement de l'orfèvrerie; les ordonnances du li novembre 1089, du 22 mai 1091, de mars 1700 et de 1709 furent plus effectives et firent disparaître pour toujours ses plus belles productions.
Il n v a pas lieu de refaire ici en détail le récit bien connu de cette douloureuse avcnlure qui déchahia en France, pendant plusieurs années, de véritables fureurs d'iconoclastes. Les orfèvres du roi chassés des ateliers du Louvre et des Gobelins, les grands travaux arrêtés, les pièces d'argenterie dépassant les poids • Iclci'ininés par les édits, saisies, imililécs ou fondues, les perquisitions partout organisées, à Paris et en province, avec la dernière rigueur, le zèle destructeur des commissaires, l'ardeur des courtisans à envoyer leur vaisselle à la .Monnaie pour gagner les bonnes grâces du souverain, tout cela a été dit par les écrivains les
Pi'csciitoir.
(Dessin de liobert de Coite.
EiU'i'ior (lu l'iii.
Dessin de Uiih:Tl de CuUe.
plus autorisés, et il serait fastidieux d'en refaire le ré<Mt. On sait que le grand exécuteur de ces barbares mesures fut le commissaire Delamarre auquel on adjoignit des collaborateurs; les procès-verbaux conservés aux Archives )iationales, et publiés par M. Jules Guiffrey, fournissent les renseignements les plus précis sur la manière dont furent conduites les opérations. Pas un orfèvre — si bien en cour fùt-il — ne put se dérober aux visites inquisitoriales. A Paris, on alla chez Nicolas Delaunay, qui était pourtant directeur de la Monnaie et des médailles du roi; on alla chez le fameux Alexis Loir, chez Thomas Aubry, chez Philippe de Larbre, chez Charles de la Fresnaye; on alla chez Claude Ballin, qui ne put préserver de la saisie un magnifique surtout de table qu'il était en train d'exécuter pour un souverain étranger, qu'en présentant une autorisation spéciale signée de Louis XiV lui-même. On pénétra successivement chez Thomas de Roussy, établi rue Saint-Honoré, à l'enseigne des Bâtons royaux, chez Antoine Levêque, en face du Palais-Royal, chez Honoré de Yilliers, rue des Lavandières, chez Simon Le Bastier, à la Croix d'or, chez Jacques Dubourg, à Y Etoile d'or, chez François Simonnin, Pierre Coeffé, François Barbier et Charles Quévanne, rue de TArbre-Sec, chez cent autres, enfin, dont les boutiques étaient installées dans les environs de la Monnaie, du quai de la Mégisserie et dans divers quartiers de la capitale. En deux mois seulement, on saisit ainsi pour un poids de 3266 marcs « d'ouvrages défendus, tant achevés qu'imparfaits et prêts à achever », dont les pièces furent « brisées, rompues et défigurées » pour qu'on ne pût ni les réparer ni les vendre.
La fonte de l'argenterie royale faite à la Monnaie, du 9 décembre 1689 au 19 mai 1690, d'après les procès-verbaux qui en relatent les circonstances (1), produisit 8!23!2:2 marcs (20086''^'], équivalant à 2505637 livres (2) d'argent monnayé. L'opération fut renouvelée en 1709, et, cette fois, pour les ustensiles d'or. Toute la vaisselle de la Couronne y passa, à bien peu de chose près. Il n'en resta plus rien. Dans la plupart des grandes familles, il en fut de même. Los pièces d'orfèvrerie comprises dans les ventes par autorité de justice, ou trouvées dans un inventaire après décès, durent être saisies et transportées à l'Hôtel des Monnaies le plus voisin. Gens de noblesse, magistrats et bourgeois, à l'exemple de la Cour, envoyèrent au creuset celles qu'ils possédaient. Le Mercure de juillet et d'août 1709, publiant quelques listes des personnes qui obéirent à ledit implacable, cite les ducs de Grammont, de La Rochefoucauld, de Bcauvilliers, de La Fcuillade, du
(1) Arcliives nationale:;, K, \-l\. ii ' i:!.
(2) La valeur du marc d'ar^oiil, i)(iiii(;(iii ilc Pari.-;, iHail à celte épo(|iie de 3U livres ; relie du marc tl'or, de 400 livres. — On sait que le poids du in.-irc é(|uivalait à 2H grammes T.\. Par conséquent le poids lotal de l'orfèvrerie de Louis XIV. qui était de i)l 03(1 marcs, représentait un peu plus de i'2(JU0 kiloy;raninu's. — Quand le marc désifiiiail le poiils des onvray;es il'ai'iienl, il se fractionnait en S onces, ou liO {j;ros ou I9i deniers, ou 1(i(l estcrlins ou 301) mailles, ou 44 008 gi'ains.
Quand il s'aj^issail des onvraaes d'or, les divisions du marc étaient autres. Le marc d'or se divisait en 24 carats, le carat en 8 deniers, le denier en 24 grains et le gi-ain en 34 primes.
niaréclial de Boufllcrs, le(|iiel, au caiiip de Compiè^iie, eu IG98, avait étalé poulie service de sa table « ((uati'O-viuyts douzaines d'assiettes d'argent, six douzaines de vermeil, des plats et des corbeilles d'argent pour les fruits, et le reste à pi'oportion(ri. Il mentionne encore le duc de Villeroy, la maréchale de Noaillcs, le duc de Lauzun, et jus([u"aux artistes, l'architecte Gabriel, le sculpteur Girardoii et le médecin Kagon. Il aurait pu eu désigner beaucoup d'autres, car bien peu parvinrent, comme Saint-Simon, à « se mettre à l'arrière-garde » pour dissimuler le plus (piils purent de leur vaisselK' d'argent. Au creuset, les chaises, cabinets, bureaux, toilettes, guéridons, chenets, torchères, girandoles, pots à Heurs en ai'geiit massif (pii oi'uaient les palais et les châteaux! Transformes en lingots, les services de table et les beaux meubles de M"'"* de Chaulnes et de Lude, qui avaient excité à un certain moment de si vives admirations ! Fondus aussi les objets sacrés des églises, les relifjuaircs et les ostensoirs, les chandeliei's et les châsses : car le loi avait enjoint aux prélats « tant dans les villes qu'à la campagne » de ne plus garder (pic les ornements les plus indispensables à la célébration du culte, et d'euNoyer le surplus « à la Monnaie la plus prochaine ou dans les villes (pii avaient des changeurs ["2) ». Il semble pourtant qu'à cet égard les édits aient été appli([ués avec une sévérité très relative, ou que l'on ait déployé une habileté spéciale pour les transgresser, car de l'ancienne orfèvi'crie religieuse il subsiste, en définitive, un assez grand nombre de types remarquables.
On s'explique, après cela, pourquoi à l'époque de la Régence, les plus riches familles, même celles de sang royal, ne possédaient plus que très peu d'orfèvrerie. Sous ce rapport, les inventaires après décès, conservés soit aux Archives nationales, soit dans les minutes des notaires, nous font connaître l'exacte vérité. .Nombre de documents de ce genre que nous avons consultés attestent jusqu'à l'évidence que les ordres de Louis XIV ne fui-ent ([ue trop scrupuleusement exécutés. Par exemple, \' Inventaire de Monsieur, le propre frère du roi, dressé en 1701, n'accuse que pour 101)000 livres d'orfèvrerie, et l'on n'y trouve aucune mention des (ouvres capitales que ce prince, si engoué de luxe, avait commandées quelques années auparavant. Au Palais-Royal ou à son château de Saint- Cloud. il avait eu une argenterie d'une richesse presque égale à celle du Monaïque de \ersailles. Très souvent son frère lui en avait (l()nn('' en ]irésenl. ain^i (pie le |)rouvent les registres du mobilier de la Couronne oii on lil fréfiuemment, en regard de certains articles, cette annotation : « Deschargé, donné par le Roy à Monsieur. » Ces cadeaux consistaient non seulement en meubles, mais eu objets dart de tous geni'es, gondoles d'argent, coupes de vermeil, calebasses d'or,
(I) Menuie'jalaitl. scplriiiluc 16"JS.
^2 Daiigi-au. .loiiniul. t. II, pagu tiî.
tasses d'agate, etc. (1). C'est sur sa table qu'avait paru, eu 1698, à l'occasion d'un festin offert à lord Portland, ambassadeur de Guillaume III, un des trois premiers surloii/s qui soient sortis de l'atelier de Delaunay, et cette pièce monumentale, qui fut très admirée, inaugurait une mode nouvelle. Mais, à la mort de Monsieur, qu'étaient devenues ces œuvres opulentes? L'inventaire de ce prince n'en contient pas trace. Elles avaient été fondues.
Il est vrai qu'en contraste avec de tels exemples, on rencontre des inventaires qui donneraient à penser que les édits ne réussirent pas à faire disparaître l'argenterie aussi complètement qu'on aurait pu le craindre. Ainsi,
celle que possédait André Le Nôtre, le célèbre jardinier, était prisée en 1700, au moment de sa mort, 18 500 livres, et le maréchal d'Humières, en 1694, en avait encore pour 309!25 livres.
Retenons ces deux chiffres. Ils déterminent avec assez d'exactitude la part qu'on était habitué à faire aux dépenses d'orfèvrerie, dans la société française, à la fin du dix-septième siècle, et montrent la proportion ordinaire qu'il y avait entre celle d'un grand seigneur et celle d'un bourgeois riche, d'un magistrat aisé, ou même d'un gentilhomme n'ayant que modeste train de maison. Le budget qu'on y consacrait était alors sensiblement plus élevé qu'au début du siècle, et inférieur de près d'un tiers à celui qu'on y emploiera au milieu du règne de Louis XV. Les gens de condition moyenne, suivant de loin l'exemple de la Cour, s'accoutumaient à ce luxe, mettaient leur vanité à faire parade de vaisselle plate ([iii leur constituait d'ailleurs un patrimoine qu'on transmettait par héritage à Tainé des enfants, et qui aidait, à l'occasion, h jeter un peu de poudre au.x yeux. Mais cette orfèvrerie familiale, d'un bon usage courant, sortait rarement des limites admises, gardait la juste mesure et n'arrivait pas aux exagérations fantastiques et ruineuses qu'il était sage.
Ihiiliur <lii Miiï^ce ccntcniiiil.
{Colleclion de M"" Biinit.)
(1) Giiift'rcv, Inventaire du molnlier de la Couvonne. Voyez uotamiiiciit le toine 1"', page '73, page l'Jl. page 198, page 223, page 2.30. Les notes eu petits caractères iiidiriuent les tlécliarges par donalioii.
en elTet, d'oiUravcr : ce n'est pas celle-là qualloignircMit les ordonnances de Louis \IV.
C'est probablement à ce motif que nous devons d'avoir pu trouver encore au .Musée centennal un huilier appartenant à la collection de M""" Rurat. ainsi que la cafetière que le Musée des Arts décoratifs avait confiée aux organisateurs de l'Exposition. L'huilier était oval(\ d'une forme sévère et bien assise. Les pieds sont foruK's par des enroulements surmontés de tètes de satyres; h) panse décorée d'une frise rej)résentant une scène de (diasse ciselée en relief et interrompue régulièrement par des maxarons encadrés d'un pamieau ciselé d'im (piadrillé sur fond matis. Il est d'une l)elle exécution, et porte bien l'emprciiilc de l'habileté de l'orfèvre qui l'exécuta.
Il (Ml est de même de la cafetière à S [lans décorée de motifs ciselés en tracé matis. i[ui rappellent les ornements dessinés par Rérain ; le culot est décoré tl'aiipliiiues en bas-reliefs du même goùl, alternées de 8 faisceaux de roseaux à l^ tiges; l'anse, très élégante, est surmontée par une tète de femme formant poucette, et le bec s'amortit sur la panse pai- ime autre tète encadrée de feuilles. "Nous donnons également la reproduction, dans une même planche, de diverses pièces d'orfèvrerie exécutées dans les
premières années du dix-huitième siècle, ainsi que nous l'apprennent les poinçons relevés avec précision pai* .M Paul Eudel. La destination utilitaire de ces dilîércutes pièces leur avait fait certainement trouver grâce devant les Commissaires chargés de ces barbares exécutions.
Sans le zèle passionné que M. Paul Eudel mit a collectionner les beaux spécimens de la vieille argenterie française qu'il rencontrait, sans le soin qu'il a |)ris, avant la dispersion de sa collection, de faire graver, dans un Recueil de soixante |)lat)(hes, les meilleures de ces œuvres, nous serions encore à les iguoi'cr. i< J'espère, dit-il, dans la préface cpiil a mise eu tète de ce recueil, » être (k' quelque utilité non seulement à mes coreligionnaires artistiques, les » collectioniieui's, mais aussi aux argentiers, mes contemporains. Ils seront à » même d'étudier, dans ce livre, les formes remarquables et la pureté de style
Cafetière du Musée centennal.
[CoUeclioii du Musée des Ails di'cor;t(ifs.)
» des pièces ciselées pur des maîtres, comme Leliendrick, François Joubert et » François Thomas Germain. Mon désir le plus sincère serait de voir ces mor- » ceaux d'art devenus pour les orfèvres de véritables types dont ils s'inspire- » raient désormais dans leurs nouvelles productions, de manière à ramener le )) public, pour l'honneur de notre pays, vers le sentiment des belles et bonnes » clioses (1). »
Nous citerons en première ligne le n° 1 : une chocolatière en or de forme simple dont le collet et la base sont décorés d'ornements courants symétriques gravés et ramoléyés, ainsi que la lampe à esprit de vin n" 2, montées sur trois pieds recourbés et munies toutes les deux de manches droits à 8 pans en jaspe sanguin. Elles furent faites sous Etienne Balagny, en 1703. Le poinçon de décharge est une mouche; le poinçon de maître ou différent est illisible.
Le n" 3 est une écuelle décorée comme les précédentes, d'ornements champlevés sur fond matis au pointillé. Les oreilles sont décorées de mascarons à têtes de femmes d'un travail très fin. Elle fut exécutée sous Florent Sollier par Antoine de Saint-Nicolas en 1716.
Le n" 4 est un huilier de forme semblable à celui exposé au Musée centennal par M""^ Rnrat, mais décoré sur la panse d'un ornement différent, dans le goût de Bérain. Il fut exécuté sous Etienne Balagny par Grégoire Masse, en 1708. Puis deux flambeaux dont l'un, le n" 5, de petite taille, était décoré de cannelures et de godrons d'un excellent goût et fut exécuté également sous Etienne Balagny par Louis Loir, en 1710 ; et l'autre, n" 6, d'un travail charmant, fut exécuté sous Jacques Cottier, en 1710, par Antoine de Saint-Nicolas. Il est à 8 pans, le vase formé par de petits caissons décorés d'ornements champlevés ainsi que le fût à compartiments est orné de chutes à tètes de satyres alternées avec des tètes de femmes.
Enfin, deux cuillers à soupe avec bouton de revers en fer de lance d'une forme curieuse. Le n° 7. à spatule trilobée d'après les poinçons relevés, a dû être fait en 1681 sous Paul Brière de Saussaye. Le n° 8 est gravé d'un chiffre enlacé qui rappelle les monogrammes dessinés par Navelet, et fut exécuté sous Périne en 1701.
Toutes ces pièces, empreintes d'un beau catactère et qui résument l'art des orfèvres du dix-septième siècle, auraient pu figurer aveC honneur au Musée centennal. En conservant le souvenir de sa belle collection dans les publications qu'il a faites en 1884, M. Paul Eudel s'est acquis des titres à la reconnaissance des collcction-
(1) liriMii'il dp siiixanli; plaiicho;; irnrrrvnM'ii' do la Collrclion de l'aul Eudel ivour faire s'.iite aux Eloiiiciils d'nrrrvii'rifs (•(iiiijKisrs jiar l':iTrr (iiTinaiii (Quantiii, l'diti'ur).
mmmMmM^
Huit pièces dorfcvi-ciic Liiuis XIV. extcutccs <k- I(J8i à 17 û dessinées par Gii'aldon d'après les orijriiuuix.
Collection de M. Paul Eudel.)
neurs et des orfèvres, et les services (|iril ('s])érait rendre, et qu'il a l'éellernetit rendus à ses contemporains, ont dû \o récoinpenseï- de ses edbrts. D'ailleurs, si cette collection fut dispersée, nous avons eu la joie de retrouver dans le Musée centennal plusieurs pièces de haut goût (]ui, prêtées par les amateurs qui les avaient accpiiscs, tiguraieiit en bonne placcv La cliocolatière en or, dessinée sous le II" I, appartieid aujourd'hui à M. Doistau. Conservée par lui avec un soin jaloux, elle l'ail l'adniiralion de ceux ([ui, connue moi, accueillis par lui avec tant de bomie grâce, ont pu apjirécier le charme ([ui se dégage de ce joyau pr(''ci('ux de l'oiTèvreiie du grand siècle. Leur retour sous les yeux du public n'a l'ait (pic l'orlilier le goût des belles orfèvreries françaises dans l'espi-il des amateurs, cl, chez les hommes de métier, le sentiment de la l)elle tenue des o-uvres des maîti'es (pd les ont précédés.
Bassin en or des Tapissciics des Maisons royales. Cliùtenu (le Fonluinebleuu.)
Dessin de Hi^iMin.