‹ Musée centennal de la classe 94Chapitre 7 sur 23 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Epanoiiissoniont du stylo rooaillo. Ses oxeès ot ses chcfs-d'dMivi'o, ITSr* à ITôO. — l.cs orfèvros Mcissomiioi', Dclaimay ot lîalliii \o iiovoii. — (ïraiKh' l'oiioniiiu'o d(^ Thomas Goriuaiii. — Iiilhioiioo (lo la Coin* sur lo lioùt.

jl.^'^ N IT'2.'). lorsque, après la mort du Ri'goiit, Louis XV prit les rênes du pouvoir, il y avait à Paris une douzaine d'orlèvres de ti'ès «i'rande réputation débordés par les comniaudes, et ecu\-là mêmes qui étaient le plus attachés aux traditions durent sul»ir rentraiuement général et accepter souvent l'intervention des arbitres étrangers à Û^Cy^ rv^/ 7^ leur profession que la mode leur imposait. C'est alors '^^ (pie les extravagances du genre rocaille commencèrent à

rire à la mode, et ([ue le style «baroque » prévalut définitivement et fit fureur. Parmi les artistes qui ti'availlèrent le plus, dit M. Henry Ilavard (1, à faire perdre h l'oi-fèvrei'ie française la solennité de ses formes et la symétrie de sa décoration, il faut citer, en première ligne. Gilles Oppenord, le favori du régent,

^l; lliiiry Ihivanl. Ilisloirc de l'Orfpvvcric, paire 'i3S.

— sole dôcoratcur du Palais-Royal, et Juste-Aurèlc Mcissonnier, dessinateur ordinaire de la chambre du roi. L'un et l'autre étaient étrangers, cependant ce sont eux qui aidèrent puissamment à créer en l-'rance un des styles les plus français que nous ayons jamais eus. Architectes tous deux, ils introduisirent dans nos arts décoratifs le mépris le plus absolu de l'architecture. La conslruclion logique, la sage répartition des masses portantes, le respect de l'aplomb, (jne l'on avait jusque-là observés, furent brusquement répudiés par eux, et ce spectacle nouveau parut si charmant que, — bon gré, mal gré, — les artistes spéciaux durent se conforuicr

cl ces troublants exemples... Mais cette dérogation aux luis de l'exigeante raison n'empêchai! pas cependant les orfèvres parisiens de produire, dans ce genre qu'ils qualifiaient eux-mêmes de baroque, une quantité extraordinaire d'œuvres charmantes, d'une forme assurément tourmentée, aux contours tarabiscotés, gondolés, cannelés et surchargés d'ornements, dont l'échelle n'était |)as toujours convenablement calculée, mais si bien appropriée à leur usage, d'un galbe si souple, d'une ampleur si gracieuse, d'une si amusante saveur, que l'on partage, malgré soi, l'enthousiasme que cette curieuse production suscita, non seulement en notre pays, mais encore au delà de nos frontières (I). Il y eut d'ailleurs des degrés dans le genre rocaille. Je veux dire que tandis que certains orfèvres, pour paraître en avance sur la mode, se laissèrent aller aux pires extravagances, d'autres, au contraire, — et ceux-là travaillaient en général pour la C-our, — essayèrent, sinon de réagir, du moins de conserver la mesure et le goût dans les

(1) Hpiiry llavnrd, Uistnire de l'Orfèvrcrk'. piigc iU.

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