LA VÉNUS DE CHERCHEL
Ce beau marbre, dont toutefois le mérite a été exagéré, n'a plus qu'une hauteur de 0.96 : il ne subsiste de la figure que le tronc et les cuisses. On y reconnaît Tune des nombreuses variantes d'une des Aphrodites de Praxitèles, celle de Knide. La déesse, déjà nue pour entrer au bain, le corps un peu penché en avant, a probablement déposé ses vêtements à sa droite. La main gauche avait un geste pudique, indiqué nettement dans un distique d'Ovide : il reste sur la cuisse droite l'indication des tenons qui assujettissaient les doigts de cette main gauche. Sur le dos se voient encore quelques mèches de cheveux qui flottent. Vue de dos, elle rappelle les éloges enthousiastes que Kallikratidès, dans les Erotes de Lucien, donne « à ses belles proportions, aux cuisses « pleines, à la prise agréable que ces flancs charnus off^rent à la main <( qui les touche, à la grâce qui arrondit les chairs des fesses, qui ne « sont ni trop maigres ni sèchement étendues sur les os, et ne débor- « dent pas non plus en un excessif embonpoint, enfin au sourire « des deux petites fossettes creusées sur les reins de chaque côté ». La partie antérieure du torse oftVe malheureusement moins de qualités : le travail en est à la fois sec et mou. Toutefois l'exécution de cette statue est soignée : elle ne présente pas, comme la plupart des répliques de l'Aphrodite de Knide, l'image retournée. On peut supposer que de la main droite elle retire ses voiles et les pose à sa droite sur quelque haut vase. Les répliques de l'œuvre de Praxitèles sont rares, suivant la remarque de M. Reinach, en comparaison des figures qui ressemblent à la Vénus de Médicis, sortant du bain; la plus belle de toutes, celle du Vatican, présente ce retournement de l'image originale que l'on n'observe pas ici.