INTESTINAUX
Les animaux de cette classe ont été nommés aussi Entozoaires. La plupart d’entre eux ne vivent que dans l’intérieur d’autres animaux, et se logent dans la substance du foie, dans les yeux, dans le tissu cellulaire, dans les muscles et même dans le cerveau, aussi bien que dans le canal digestif. Ils se multiphient au moyen d'œufs, ou donnent quelquefois naissance à des petits vivants ; mais on
ne comprend pas bien comment ils peuvent se transmettre d’un animal à un
autre, ni comment ils peuvent pénétrer dans la profondeur des organes, dans l’intérieur desquels ils se développent. Presque tous ont une grande analogie avec les Annélides, mais ils n’ont pas, comme ces derniers animaux, une chaîne de ganglions nerveux ; leur sang n’est pas rouge, etils n’ont pas de membres armés de scies, comme la plupart des premiers. Leur corps est généralement trèsallongé et cylindrique ou déprimé, et présente des traces plus ou moims distinctes de divisions annulaires ; on ne leur voit rien qui ressemble aux couronnes de cils vibratiles dont sont pourvus les animalcules dont nous parlerons plus
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tard; mais leur bouche est souvent garnie de crochets où conformée en manière de ventouse. Plusieurs présentent des vaisseaux bien distincts, et chez quelquesuns on trouve des vestiges d’un système nerveux ; mais il n’en est pas qui paraissent pourvus d'organes spéciaux pour la respiration.
On remarque dans cette classe de Zoophytes les Cavitaires, dont le caractère distinctif est une cavité qui renferme un tube alimentaire terminé par une bouche et un anus. La peau qui les revêt est garmie de fibres musculares. L'un d'eux, le Filaire, espèce très-commune dans les pays chauds, porte le nom de Ver de Médine ou de Guinée. Ce ver s’insmue sous la peau de l’homme, surtout sous celle des jambes ; 1l y acquiert jusqu'à trois mètres trente-trois centimètres de long ; il peut ne causer aucune sensation, même pendant plusieurs annéees ; d'autres fois, les douleurs qu'il produit sont intolérables. S'il se montre au dehors, on tâche de ne pas le rompre, en le retirant avec beaucoup de précaution. Sa grosseur égale celle d’une plume de pigeon; le bout de sa queue, est pointu où crochu.
Les Ascarides ont le corps rond, aminci aux deux extrémités; on les trouve dans toute espèce d'animaux. L'Ascaride lombrical a été connu dès la plus haute antiquité ; il varie de un à vingt centimètres ; sa couleur est blanche, tirant un peu sur le jaune ou le rouge. Ce ver est plus fréquent chez les enfants que chez les adultes.
Le Strongle géant est le plus volumineux des vers intestinaux connus; 1l à de soixante-six centimètres à un mètre de long, et une grosseur égale à celle du petit doigt; il se développe le plus souvent dans Fun des reins du loup, du chien et de l’homme. Il est quelquefois d’un beau-rouge.
Les Entozoaires Parenchymateux n’ont pas de cavité intestinale ; leur corps n'offre qu'un tissu homogène dans lequel on ne distingue pour tout organe que quelques suçoirs placés à la surface extérieure et qui se continuent dans lintérieur, sous la forme de petits canaux ramifiés qui remplacent le canal digestif. Ils manquent par conséquent de bouche véritable aussi bien que d’anus, et la nutriion se réduit chez eux à l'absorption des matières alimentaires qu'ils trouvent loutes préparées dans le corps des autres animaux.
C'est dans cette section des Intestinaux qu'ont 6t6 placés les Ascarides, qui ont le corps rond, aminci aux deux extrémités ; on les trouve dans toute espèce d'animaux. C'est aussi à cette section qu'appartient le Ténia large, qui à communément sept mètres de longueur sur douze millimètres de large. La partie antérieure est toujours un peu plus étroite que le reste du corps. On le rencontre dans le. corps de l’homme au nord de l'Europe.
I! est encore une espèce de ver intestinal très-connu, qui se tient dans les fibres des museles des cochons, et qui produit la maladie désignée sous le nom de ladrerie. Elle est petite, se muluplie beaucoup et pénètre jusque dans le cœur et les yeux. Le sanglier sauvage en est, dit-on, exempt. Il n’est est pas de mème du singe et quelquefois aussi de l’homme; dans ce dernier, ces vers portent le nom d’Hydatides; on les y trouve tantôt hbres et séparés les uns des autres, tantôt réunis entre eux au moyen de filaments.
Mentionnons aussi une espèce bien célèbre, le Cœnure, qui se développe dans le cerveau des moutons et des autres ruminants, et qui leur cause une paralysie qu’on a nommée le tournis, parce que les animaux qui en sont affectés tournent de côté comme s’ils avaient des vertiges. à
Les Douves sont de petits animaux qui n’ont ordinairement que quelques millimètres d’une extrémité du corps à l’autre. Leur consistance est très-molle ; on en trouve de longs, d’ovales, d’aplatis, de cylindriques; ils peuvent, comme les sangsues, s’allonger et se raccourcir, soit en totalité, soit en partie. Des deux orifices que présentent ces animaux, celui de devant constitue la bouche, etest destiné à absorber la nourriture; celui du ventre ne paraît servir qu'à fixer l'animal aux viscères dans lesquels 1l se développe.
Le Douve du foie, qu'on trouve sur la plupart des ruminants, dans le cochon, le cheval et l’homme, est aplati, ovale, gros en avant, mince en arrière. Il pullule quelquefois tellement dans les moutons qui paissent les prairies humides, qu'il n'est pas rare de voir ces mammifères devenir hydropiques.