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C'est ici le lieu de remarquer la grande différence qui existe dans la composition des Corps Inorganiques et des Ëtres Organisés. Dans les premiers, se trouvent tous les éléments de la matière, qui, d’après la chimie actuelle, sont au nombre de plus de cmquante. Il suffit d’un seul de ces éléments, souvent de deux, rarement de trois, réunis presque toujours en proportions définies, pour constituer un Corps Inorganique.
Dans les végétaux et les animaux, au contraire, on ne trouve qu'un petit nombre d'éléments, savoir, comme nous venons de le dire, l'hydrogène, le carbone, l'oxygène, parfois l'azote, et plus rarement encore le soufre et le phosphore. Jamais un seul, ni même deux de ces éléments, ne peuvent former un Être organisé ; car ceux-c1 sont toujours des composés, au moins ternaires ou quaternaires.
La comparaison de la composition chimique des animaux et des plantes démontre, comme nous l'avons déjà dit, que l'excès d’azote paraît le caractère propre de l'organisation des animaux, et que le carbone domine dans celle des plantes. Il en résulte que les principes des matières animales peuvent subir des combinaisons beaucoup plus promptes et plus faciles, et que ces principes sont par conséquent plus diffusibles.
On comprend par là pourquoi les substances animales se décomposent plus vite que les matières végétales. On le comprendra bien mieux encore si l’on s’assure par l'expérience que, dans les animaux, il y a proportionnellement plus de liquides que dans les plantes; que chez les premiers, la matière fluide est souvent accumulée en masses plus ou moins considérables dans ces réservoirs, tandis que chez les secondes, elle est constamment divisée par molécules ou par filets très-fins, dans des cellules étroites ou dans des vaisseaux.
En traitant de la germination, nous verrons comment les plantes fixent le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l’azote; mais nous devons faire remarquer, dès à présent, qu’elles ne renferment pas seulement ces principes médiats, et qu’elles contiennent encore des composés intermédiaires qui, par leurs combinaisons multipliées, constituent les divers tissus végétaux. Ces principes sont : le soufre, les oxydes d’alumine, de fer, de manganèse; la silice, les car- . bonates, les phosphate, les sulfates; les azotates de chaux, de magnésie; les
chlorures de potassium, de sodium, de calcium, de magnésium; les iodures
de potassium.
Toutes ces substances ne se rencontrent pas évidemment dans le Règne Végétal. Celles qui s’y trouvent le plus souvent sont les sulfates, carbonates et phosphates de potasse, les carbonates et phosphates de chaux, le phosphate
de magnésie, le chlorure de potassium, le sel marin, la silice, l'oxyde de fer, l'oxyde de manganèse. :
Tels sont les principes chimiques que l’on trouve en proportions variées, après la combustion des plantes, et qui constituent le résidu qu’on nomme cendres, dont la quantité représente au plus quelque centième du poids total de la plante qui les a produites.
De nombreuses expériences ont démontré combien les proportions de matières terreuses variaient suivant les végétaux, suivant les différentes parties de ces végétaux, et mème suivantle moment où on les récoltait. « Ainsi, dit M. Dumas, avec les mêmes éléments, mais avec un arrangement moléculaire différent, la nature végétale produit ou bien les parois msolubles des cellules, du tissu cellulaire et des vaisseaux, ou bien l’amidon qu’elle accumule comme aliment autour des bourgeons et des embryons, ou bien la dextrine soluble que la sève doit transporter d’une place à l’autre pour les besoins de la plante; admirable fécondité qui sait du même corps en faire trois différents, et qui permet de les transmuter lun et l’autre avec la plus faible dépense de force, toutes les fois que l’occasion l'exige. »