‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 133 sur 153 · TR ST LL LL LL LD · texte numérisé non relu

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racine. C’est de ce point que partent en sens inverse les fibres montantes et les fibres descendantes.

C’est par les racines que les plantes absorbent les matières nutritives nécessaires à l'entretien de leur vie; et les liquides ainsi introduits dans le corps du végétal constituent ce que l’on nomme la sève ascendante. Cette sève monte le long de la tige au moyen de vaisseaux particuliers, et arrive ainsi dans les feuilles et les autres parties vertes des plantes. Là elle se modifie par l'effet de la transpiration et de la respiration, et, après avoir été ainsi préparée, la sève descend en suivant une nouvelle route, et se distribue aux différents organes du végétal dont elle favorise l'accroissement. Les jeunes arbres épuisent le sol près de leur pied, et les vieux arbres aux limites d’une circonférence plus grande que la cime de l'arbre, qui par conséquent n’est jamais assez étendue pour empècher les racines de recevoir l'influence de la pluie.

L’absorption des matières nutritives s’effectue principalement par l'extrémité des racmes. C’est en traversant ces organes et en montant le long de la tige, qu'elles arrivent aux feuilles dans l'épaisseur desquelles le suc alimentaire est préparé pour la nutrition du végétal. Les deux actes de l'absorption et de l’ascension de la sève sont intimement liés.

RaAcINES. On donne le nom de racine à la partie inférieure des végétaux qui sert à les fixer au sol, et qui, par la croissance, s’allonge en sens inverse de la üge. À l'exception de quelques plantes qui vivent plongées dans l’eau ou qui flottent à sa surface, tous les végétaux sont pourvus de racines, et presque toujours ces organes sont enfoncés dans la terre. (Voir les fig. de la planche Racines.)

Quelquefois les racines flottent librement dans l’eau, telles sont les lentilles d’eau; d’autres s’insinuent dans les fentes des murs ou dans les crevasses de la tige de quelque autre plante; cela a lieu pour le lierre et pour la plupart des mousses. Enfin, chez certains végétaux, il existe des racines qui naissent à une hauteur considérable au-dessus de la surface du sol, et ne s’enfoncent dans la terre que par leur extrémité, de facon à rester exposées à l’air dans la plus grande partie de leur longueur; ces racines s’observent dans les maïs et dans plusieurs arbrisseaux de l'Amérique ; on les nomme aériennes ou adventives.

On considère dans la racine trois parties distinctes : 1° le corps ou partie moyenne, qui tantôt est renflée et tantôt semblable à la tige; 2° le chevelu ou les radicelles : ce sont des fibres plus ou moins déliées qui terminent la racine. On peut les considérer comme autant de petits tubes ou conduits qui servent à établir une communication directe entre le corps de la racine et le sol (fig. b); on remarque à l'extrémité un petit renflement spongieux, criblé d'ouvertures ou

pores, et doué d’une grande force de succion ; 3° le collet: c’est le point qui sépare la racine de la tige; il est souvent marqué par un léger rétrécissement.

La constitution des racines présente une partie corticale ou écorce, et une partie centrale ou tissu ligneux. La forme générale des racines varie beaucoup et donne lieu à une foule de distinctions. Ainsi : 1° on appelle simples les racines qui ont une base unique en continuation avec la tige ; ces sortes de racines sont ou pivotantes ou fibreuses (fig. a). On les dit pivotantes, lorsqu'elles descendent perpendiculairement et ont toutes leurs spongioles réunies à leur extrémité; elles peuvent être ou fusiformes comme les carottes (fig. a), ou rapiformes comme les navets (fig. c); on les dit fibreuses lorsqu'elles ont beaucoup de chevelu (fig. b) : ces sortes de racines sont noueuses ou rampantes, dans le premier cas elles présentent des renflements le long des fibres, dans le second cas elles se répandent près de la surface du sol. 2° On appelle racmes multiples celles qui partent en grand nombre du collet de la plante; elles sont capillaires, noueuses ou fusiformes.

Les racines sont appelées charnues lorsqu'elles sont plus succulentes, plus grosses que la base de la tige; ligneuses lorsque leur tissu ressemble davantage à du bois. Souvent elles présentent des renflements ou tubercules (fig. d), qui sont toujours des amas de matières nutritives destinées à servir, à une certaine époque, aux besoins de la plante.

Les racines ont une durée variable; 11 y en a d’annuelles, de bisannuelles, de vivaces et de ligneuses, ces dernières ont une durée plus ou moins indéfinie. Un bon nombre d’entre elles est employé dans l’économie domestique : telles sont les betteraves, dont on retire un sucre égal en qualité au sucre de canne; les carottes, les navets, les salsifis, etc. La cassave, dépouillée du suc blanc et vénéneux qu’elle contient, donne une farme douce, nourrissante, agréable au goût, que l’on garde plusieurs années; sans la voir éprouver la plus légère altération, et qui constitue le principal aliment des peuples qui habitent des îles de la mer Pacifique. Les tubercules de la pomme de terre se mangent également cuits sous la cendre, à la vapeur, s'unissent à tous les mets, se convertissent : en pain, en fécule, etse donnent crûs ou simplement échaudés aux animaux des basses-cours. On se sert aussi des racines pour en extraire d’excellentes couleurs, particulièrement de la garance, de l’orcanette, de la vipérine, etc. La médecine obtient des racines un grand nombre de médicaments héroïques. |

Pour prouver que c’est dans le chevelu de la racine que réside la propriété de succion, on à disposé un jeune arbre de manière à ce que les radicelles seules plongeassent dans l'eau, l’arbre a continué de végéter. Puis on à fait l’expé-

rience contraire, on a placé les racines dans l’eau en ayant soin d’éloigner les radicelles de tout contact avec ce liquide. Dans ce second cas, la végétation s’est arrêtée tout à coup et les feuilles se sont flétries.

Tice. On donne le nom de Tige à la portion des végétaux qui est intermédiaire entre les racines et les feuilles. La tige nait du même point que la racine, mais elle s’allonge en sens inverse et sert de support aux feuilles, aux fleurs et aux fruits. En général, la tige est bien apparente et facile à reconnaître; quelquefois elle est simple, d’autres fois elle est rameuse. Quelquefois elle ne prend que peu de développement, et les feuilles ainsi que le rameau floral semblent naître de la racine : c’est ce qui arrive dans la jacinthe, le pissenlit, etc. On dit que la tige est vivace, quand elle vit plusieurs années (fraisier) ; annuelle, quand elle ne vit qu’un an (froment); bisannuelle, quand elle vit deux ans (carotte). La tige est appelée herbacée, lorsqu'elle est molle et facile à briser; on la dit ligneuse, quand elle forme un bois solide qui persiste après son endurcissement. On donne le nom de tronc à la tige ligneuse des arbres. La tige de la plupart des plantes s'élève verticalement en l'air; mais quelquefois elle manque de force pour se soutenir et reste penchée à la surface du sol, ou bien elle s'appuie sur quelque autre branche plus robuste; c’est le cas des plantes grimpantes. Celles-c1 s’enroulent souvent autour de leur soutien, en spirales; on les appelle alors volubles (volubilis). IL est à remarquer que les différents individus d’une même espèce s’enroulent toujours dans le même sens. Ainsi le haricot et le liseron s’enroulent de droite à gauche; le chèvrefeuille et le houblon, de gauche à droite, etc.

On distingue les tiges en exogènes et en endogènes. — Les tiges exogènes, ainsi nommées parce qu'elles croissent de l’intérieur à l'extérieur, présentent à leur centre un canal médullaire; elles croissent par couches superposées. C'est dans cette classe de tiges que doivent être rangés les arbres et les arbustes des forêts.

Les tiges endogènes ne présentent ni canal central , ni couches concentriques, ce qui à fait dire que leur bois était à la circonférence et leur aubier au centre. Elles ne s’accroissent pas par la surface. On a des exemples de ces sortes de ges dans les palmiers, les roseaux, etc.

On distingue dans les tiges exogènes deux parties principales : l'écorce et la

portion centrale ou ligneuse qu’on pourrait appeler le corps de la tige. La partie

centrale est formée par la moelle, par les couches ligneuses et par les rayons médullaires. L'écorce se compose de l’épiderme, d’une enveloppe cellulaire et d’une parte fibreuse nommée liber ou couche corticale. Si l’on coupe en tra-

vers une ige de sureau ou de tout autre arbre exogène, on observe dans le centre un canal qui est ordinairement à peu près cylindrique, et qui, dans les jeunes branches, est rempli de tissu cellulaire. Cette cavité est ce qu’on nomme le canal médullaire des végétaux, et le tissu cellulaire qui s’y trouve est appelé la moelle de la plante. Cette moelle est d’une consistance molle lorsqu’elle est encore jeune; elle est toujours humide ou unie et d’une teinte légèrement verdâtre ; mais par les progrès de l’âge, les cellules dont elle se compose se vident, se dessèchent et deviennent d’une blancheur remarquable. Quelquefois elles se déchirent par l'effet de l'allongement de la tige, et se séparent en lames, comme on le voit dans les branches de jasmin qui sont parvenues à la fin de leur première année.

Dans les plantes herbacées et dans les plantes fe dont la croissance est rapide, l’espace occupé par la moelle est très-considérable ; mais dans les arbres dont le bois est très-dur, le canal médullaire est en général très-petit. Entre le canal médullaire et l'écorce on aperçoit le corps ligneux, qui se compose de couches concentriques dont le nombre est plus ou moins considérable, suivant l’âge du végétal; chacune de ces couches se compose de fibres longitudinales unies à la couche sous-jacente par du tissu cellulaire. Le corps ligneux constitue ce que l’on appelle généralement le bois; sa portion centrale est plus dure que sa portion extérieure, et ordinairement colorée d’une manière différente; c’est elle que l’on appelle vulgairement cœur du bois ou bois parfait. On appelle aubier les couches ligneuses externes dont la solidité est moins grande et la couleur plus blanche. Les rayons médullaires sont des lames de tissu cellulaire analogue à la moelle, et qui se dirigent du centre de la tige vers la circonférence, mettant ainsi la moelle en commumication avec la périphérie de l'arbre.

L'écorce se compose d’abord d’une couche calleuse qui constitue l’épiderme, puis d’une couche plus profonde composée de lames minces qui se détachent facilement les unes des autres et que l’on nomme hber. Les anciens s’en servaient comme nous le faisons du papier. Quant à la couche extérieure de l'écorce, la croissance de la tige se dilate au point de la faire gercer; elle se déchire alors par lames flexibles ou se détache par plaques. K en résulte que l'épaisseur de l'écorce est toujours peu considérable, et que sa surface se renouvelle continuellement. Chez quelques plantes, la couche herbacée prend un très-grand développement, et la portion de l'écorce qui se sépare ainsi offre assez de consistance et d'épaisseur pour être employée à divers usages. Le liége, par exemple, n’est autre chose que la partie superficielle de l’écorce d’une espèce de chêne, qui se détache tous les huit ou neuf ans, et qu’on peut enle-

ver plus fréquemment sans qu’il en résulte un danger notable. Dans le platane, cette couche corticale distendue à mesure que l'arbre grossit, se déchire, meurt

etse détache en lambeaux.

La tige des plantes endogènes est formée d’une masse considérable de tissu cellulaire analogue à la moelle, à travers laquelle s'élèvent des faisceaux de fibres séparées ou unies par un tissu cellulaire très-lâche, qui ne forme jamais des couches concentriques comme les couches exogènes; le tronc du palmier donne une idée de ces sortes de tiges. Dans les plantes dont nous parlons, il n’existe pas d’écorce distincte, la pellicule externe ne s'accroît jamais par couches, comme dans les plantes exogènes ; la dernière enveloppe est formée par la base des feuilles qui persiste tandis que le reste s’est détaché.

On reconnait sur la tige d’un arbre exogène, en allant du sommet à la base, quatre parties principales :

1° Les bourgeons : ils constituent le premier état de développement des ramifications de l'arbre. Ils naissent au printemps de boutons placés à l’aisselle des feuilles et au sommet des rameaux. Ils continuent de s’allonger pendant tout le temps de la végétation, et conservent le nom de bourgeons jusqu’au moment où ils cessent de s’accroitre en longueur. Dans les arbres et les arbrisseaux, ils paraissent au moins un an avant leur épanouissement, dans les arbustes et les plantes herbacées, ils ne se montrent que l’année même où ils doivent se développer. Les bourgeons, dans les pays tempérés, paraissent en été; ils portent alors le nom d’yeux. Dans les arbres de nos climats, les bourgeons sont protégés extérieurement contre le froid par un enduit visqueux, et à l’intérieur par une espèce de bourre ou de coton qui recouvre la jeune pousse; ces enveloppes manquent dans ceux des contrées méridionales. Ils s’accroissent peu durant l’automne et constituent les boutons; en hiver, leur végétation s'arrête ; au printemps, ils se gonflent, écartent leurs écailles et se développent complétement; c'est alors qu'on les appelle proprement bourgeons.

2e Les rameaux : vers la fin de l’automne, les bourgeons ont terminé leur évolution. Leur sommet et l’aisselle de chaque feuille présentent un bouton bien formé. Ce prolongement prend alors le nom de rameau : c’est le second état de développement des ramifications.

3 Les branches : au printemps suivant, les boutons placés sur les rameaux

donnent lieu à de nouveaux bourgeons, qui continuent de s’allonger jusqu’à la

fin de l’automne. A cette époque, ils présentent aussi des boutons bien formés, et leur développement en longueur s'arrête. Ils reçoivent à leur tour le nom de rameaux, et le rameau primitif qui les supporte prend celui de branche. C'est

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le troisième et dernier état de développement des ramifications de l'arbre. Une fois qu'elles ont acquis ce caractère, ces ramifications ne peuvent plus donner directement naissance à de nouvelles productions, où du moins cela n’a lieu qu'exceptionnellement. Elles ne servent plus, dans l’économie de l'arbre, qu’à transporter les fluides, puisés dans la terre par les racines, jusqu'aux boutons que portent les rameaux.

4 Le tronc : dans la üige des arbres, c’est la partie qui, naissant du collet de la racine, s'élève à une certaine hauteur, sans se ramifier. Il a passé, comme les branches, par les diverses phases de développement que nous venons de décrire. Il en diffère seulement parce qu'il nait directement de la racine et qu'il supporte toutes les ramifications précédentes.

Feuies. Lorsqu'au printemps les bourgeons se développent, la base des boutons se gonfle et fait entr'ouvrir l'enveloppe écailleuse; dès lors l'air et la lumière pénètrent jusqu'aux jeunes feuilles, qui verdissent, se fortifient et se déploient. Les feuilles sont des expansions latérales de la tige, ordinairement de forme lamellaire et de couleur verte.

La tige, la racine et les feuilles sont avec raison désignées sous le nom général d'organes fondamentaux, car une analyse savante de ces divers organes a montré que toutes les autres parties de la plante ne sont autre chose que des transformations ou des métamorphoses des feuilles.

Suivant le milieu dans lequel elles se développent, les feuilles sont aériennes ou submergées. La structure de l’épiderme varie dans des plantes différentes : il se compose tantôt d’une seule couche, tantôt de plusieurs couches superposées, présentant des ouvertures qu'on appelle stomates. Dans les feuilles submergées, ces stomates n'existent pas.

On appelle base de la feuille la partie la plus rapprochée de la tige, et sommet la partie qui en est la plus éloignée. Sa face supérieure ou interne est celle qui regarde le haut de la tige; sa face inférieure ou externe est celle qui regarde le bas. La ligne de jonction des deux faces forme le bord de la feuille. Le plus généralement la feuille est horizontale ou sur un plan un peu oblique à la tige ; elle est quelquefois verticale.

La lame mince, aplatie, qui forme en général la plus grande portion de la feuille, et qui est désignée vulgairement sous ce nom, est appelée par les botaistes le limbe de la feuille ; la partie atténuée, qu'on nomme ordinairement la queue, porte le nom de pétiole. Le limbe est le siége des fonctions propres de la feuille, telles que la respiration, l’exhalation, etc. IL est composé de faisceaux fibro-vasculaires qui, partant de la tige et se resserrant en traversant le pétiole

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