ÉDENTÉS
Ce nom réunit plusieurs animaux caractérisés par une certaine lenteur et un défaut d’agilité qui résulte de la disposition de leurs membres. Ils ont, en général, les extrémités des doigts enveloppées par de gros ongles sur lesquels ils se trainent péniblement. Ils se distinguent aussi par le nombre et la forme de leurs dents, qui, chez eux, est anormale. Ils n’ont jamais de dents sur le devant des mâchoires, c'est-à-dire de dents incisives; quelquefois ils manquent aussi de canines et de molaires, de sorte que l'animal est alors tout édenté.
Les formes des Édentés paraissent hétéroclites et bizarres, quand on les compare à celles des autres mammifères. Leurs membres sont toujours mal proportionnés. La progression est difficile et embarrassée, et ces animaux sont incapables de saisir ou de retenir les objets.
Les habitudes des Édentés sont extrémement paisibles et tiennent beaucoup de celles des Rongeurs. Timides par caractère, et privés de dents propres à dévorer une proie vivante, ils ne cherchent jamais à faire du mal aux autres animaux, à moins qu'ils n’en aient été provoqués. Tous leurs efforts tendent à mettre leur vie en sûreté; ils restent tout le jour cachés, soit dans leur souterrain, soit dans quelque fente de rocher; et ce n’est que la nuit qu'ils se hasardent à aller chercher leur subsistance. Les aliments dont la faiblesse de leurs organes masticateurs leur permet l'usage, sont des herbes tendres, des feuilles vertes,
ü! ZOOLOGIE.
des cadavres de petits animaux ramollis par la putréfaction, des insectes et surtout des fourmis et des termites. :
Is forment un groupe tout à fait disparate dont on trouve des espèces en Afrique, en Amérique et à la Nouvelle-Hollande. C’est dans les Édentés que se rencontrent les mammifères qui ont la peau le plas profondément modifiée, et disposée, soit sous forme de carapace, comme les Tatous et les Encouberts, soit sous forme d’écailles, comme les Pangolins. |
Ce groupe artificiel à été partagé en trois familles :
1° Les TaRDIGRADES ont la face courte, des molaires cylindriques, des canines aiguës, plus longues que les molaires, deux mamelles pectorales, des doigts réunis ensemble par la peau, terminés par d'énormes ongles comprimés et crochus. Les bras et les avant-bras sont beaucoup plus longs que les cuisses et les jambes ; ils marchent avec une difficulté extrème, grimpent assez bien et passent une partie de leur vie suspendus aux branches des arbres dont ils dévorent les feuilles. On les rencontre dans l’intérieur de l'Amérique méridionale. On dit qu'ils se laissent choir du haut des arbres, lorsqu'ils en ont épuisé le feuillage. La position la plus fatigante pour eux, c’est d’être sur le sol : leur repos, c'est de se tenir accrochés. À chaque portée, la femelle met bas un seul petit. Buffon a vu, en France, un Unau qui montait et descendait plusieurs fois par jour l'arbre le plus élevé. Son sommeil était plus long par un temps froid. I dormait quelquefois dix-huit heures de suite.
20 Les ÉDENTÉS ordinaires se reconnaissent à leur museau pointu. C’est dans cette famille qu’a été placé le Fourmilier. On donne ce nom à des animaux d'une organisation très-simgulière, qui se nourrissent principalement de Fourmis, et dont on à formé un genre particulier, dans l’ordre des Édentés. La privation des dents fait leur caractère distinctif. La langue est le seul instrument avec lequel ils saisissent leur proie : elle est longue, en forme de ver, et couverte d'une matière glutineuse. Le grand Fourmilier à quelquefois deux ou trois mètres de longueur, depuis le museau jusqu'à l'extrémité de la queue. Il est couvert de poils courts et épineux; ses mouvements sont lents, mas :1l est bon nageur.
La principale nourriture du Fourmilier, comme nous l'avons dit, sont les Fourmis; mais tous les insectes lui conviennent; et l’on assure qu’on peut le nourrir, en esclavage, avec de la mie de pain, de pets morceaux de viande ou de la farine délayée dans de l'eau. C’est ainsi qu'on est parvenu à en amener
en Europe. | Cet animal est toujours seul. Ses moyens de défense paraissent être dans la
ZOOLOGIE. 65 force de ses ongles et dans les muscles vigoureux de ses jambes de devant. Lorsqu'il est attaqué, 1l s’assied sur son train de derrière, et embrasse son ennemi, qu'il serre jusqu’à ce que l’un ou l’autre périsse. Lorsqu'un homme le rencontre, il peut le chasser devant lui comme une bête de somme, sans que cet animal montre de colère; mais dès qu’on le presse, son humeur se manifeste par de violents mouvements de la queue. La femelle ne fait habituellement qu'un seul petit, qui s'attache à sa mère et se fait ainsi porter partout avec elle.
3° Les MoNOTHRÈMES ont une organisation qui les rapproche des animaux des classes inférieures, des oiseaux et des reptiles principalement. Ce sont surtout les fonctions de la reproduction qui ont recu ces modifications importantes; ces parhcularités, qui établissent des rapports entre ces animaux et les Vertébrés ovipares, auxquels les Monothrèmes conduisent évidemment, ont décidé quelques naturalistes à leur donner le nom d'Ornitodelphes.