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de ce genre qui excitent la curiosité. Toutefois, nous dirons quelques mots de la Mésange à longue queue, dont le nid touche à la perfection.
La Mésange à longue queue n’est guère plus grosse qu’un Roitelet; son nid, fermé par le haut, bien serré partout, n’a qu'une ouverture circulaire tressée sohdement, c’est la porte et la fenêtre du petit manoir. Mais comme le froid et quelques gouttes de pluie pourraient pénétrer par cette entrée, elle est garnie de rideaux assez serrés pour garantir de l'air et de la pluie, et assez transparents pour que la lumière ne soit pas interceptée ; ce sont de petites plumes disposées autour de la porte, que l'oiseau force aisément, soit pour entrer, soit pour sortir, et que leur élasticité remet en place sur le champ.
L’extérieur de l'édifice a exigé l'emploi de deux sortes de matériaux, des herbes pour le tissu, et des mousses et des Hichens pour le crépissage. Ces oiseaux se sont établis contre la tige d’un arbre ; appuyés sur une branche, ils trouvent le moyen d’attacher leur construction à l'écorce de l'arbre, de la revétir des mêmes plantes parasites dont cette écorce est couverte, et d'en continuer aunsi l'apparence, pour qu’un spectateur imattentif ne puisse ren soupeonner dans cette protubérance qui sera l'asile d’une vingtaine de jeunes Mésanges.
L'intérieur du nid de la Mésange à longue queue est garm d’une profusion de plumes propres à conserver la chaleur des œufs et des petits durant les absences forcées du père et de la mère. L'édifice terminé est ordinairement de 25 centimètres de hauteur, sur plus de 12 centimètres de diamètre : c’est une œuvre immense pour deux oiseaux d'aussi petite taille ; ils l’ont commencée au milieu des rigueurs et des privations de l'hiver, et, en travaillant avec oprmâtreté, ils n’ont fin que vers le milieu du printemps. La femelle y dépose quelquefois jusqu'à vingt-deux œufs, produit d’une ponte longtemps continuée, en sorte que l'incubation commence pour quelques œufs beaucoup plus tôt que pour ceux qui sont venus les derniers.
Les naissances suivent le même ordre ; quelques petits sont en état de prendre l'essor, tandis que d’autres ne sont pas encore couverts de plumes. I y a donc alors une surveillance à exercer, des soins à prodiguer au-dehors et audedans; le père et la mère partagent entre eux ces pénibles fonctions. Enfin , toute la nombreuse famille quitte le manoir natal, et elle ne se disperse que pour former de nouvelles unions et construire de nouveaux nids.
Citons encore un exemple de cette industrie étonnante dont l'étude, sans nous dévoiler les mystérieuses lois de l'instinct des animaux, excite et soutient en nous une si vive admiration. |
Un voyageur a rapporté de l'Inde, il y a quelques années, un nid de Fau-
vette, solidement tissu d'herbes déliées, entrelacées avec la bourre des plantes et formant un matelas de plusieurs pouces d’épaiseur. Ce nid, de la forme et du volume d’une carafe renversée, avait sa portion rétrécie terminée par une tige de roseau dure etflexible à la fois, disposée comme une anse qui servait à le suspendre au milieu d’un épais fourré. Un soir, notre voyageur fut frappé d’une lueur vacillante qui s’agitait à quelques pas de lui, et l’attribuant à la phosphorescence de quelque cigale lumineuse , il s’élançca pour s’en emparer. Un cri plaintif se fit entendre, un bruissement saccadé le suivit... la lumière avait disparu ; etcomme l'observateur ne pouvait croire qu'un fable insecte fût l’auteur de ce petit événement joyeux ou funèbre, il marqua la place et s’y rendit le lendemain.
Il trouva le nid dont je parle ici, mais rien n’expliquait à ses yeux la lumière scintillante qui, la veille, avait attiré ses pas. Il cherche autour du nid, sur les feuilles, sur l'écorce de l’arbre, sur la terre même qui l’entoure, rien ne lui rend compte de ce phénomène étrange.
Enfin , il se décide à ouvrir le nid : trois œufs refroidis et abandonnés attestent la terreur dont avait été frappée la couveuse; mais ce que notre naturaliste était loin de soupconner et qu’il ne put voir sans une profonde émotion, c’est que cet intérieur mystérieux et sombre était éclairé par des vers luisants, placés et retenus à distance, sur des tasseaux de terre glaise.
Quelques débris de ces insectes gisaient au fond du nid, © ’étaient des carcels éteintes et hors de service... Hors de service? Non... ces larves immobiles eussent été la première nourriture des jeunes petits de la Fauvette.
Nous n'avons fait qu'esquisser l’histoire de la mdification, et le lecteur peut cependant soupconner l'intérêt qui s'attache à cette étude. Disons maintenant quelques mots d’un des phénomènes les plus singuliers de la vie des oiseaux, leurs migrations dans des pays lointains.
Certaines espèces ont l'habitude de faire, à des époques déterminées de l'année, de longs voyages, et de changer de climats suivant les saisons. Chez quelques groupes, les mâles effectuent leur migration isolément ou seulement accompagnés de leurs femelles; mais le plus grand nombre voyagent en commun.
On admire l'instinct qui les porte à s’appeler, à se rassembler vers un pot fixe, douze où quinze jours avant celui du départ. Ce départ est ordinairement l'indice d'une variation météorologique; car on remarque que les oiseaux en ressentent les influences assez tôt pour que l’on puisse pronostiquer des changements de température. L'on peut juger de l’ordre qui doit être suivi dans toute la route par celui que nous sommes à même d'observer chez quelques grandes
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