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PASSEREAUX

On réunit dans cet ordre les oiseaux qui ne sont m Nageurs, ni Echâssiers, ni | Grimpeurs, ni Oiseaux de proie, ni Gallinacés. Le caractère propre des Passe- | reaux se trouve ainsi purement négatif; mais cependant, quoiqu'on ne puisse

| pas réunir sous un signalement commun toutes les espèces qui rentrent dans cet | ordre, elles n’en sont pas moins naturellement rapprochées par l'ensemble de

| leur organisation. Les Passereaux n’ont ni la violence des oiseaux de proie, ni le régime déterminé des gallinacés ou des oiseaux aquatiques. Les insectes, les fruits, les grains, fournissent à leur nourriture ; les grains d'autant plus exclusivement, que leur bec est plus gros; les insectes, si cet organe est plus grêle ; ceux qui ont cet organe fort poursuivent même les petits oiseaux.

La longueur proportionnelle de leurs ailes et l'étendue de leur vol sont variables comme leur genre de vie. Ils ont quatre doigts, trois en avant, un en

arrière et quelquefois tous les quatre en avant; mais jamais deux en avant et deux en arrière, comme dans l’ordre suivant; enfin, le doigt du milieu est réumi dans une étendue plus où moins considérable avec le doigt externe, au moyen d’une membrane.

Parmi les Passereaux, les uns sont insectivores, d’autres sont gramivores, et d'autres omnivores. C’est dans une des familles de cet ordre que se rangent tous les oiseaux chanteurs et la plupart des oiseaux de passage.

L'ordre des Passereaux, qui est extrêmement nombreux, a été partagé en cinq fanulles. L'une d'elles, la famille des DENTIROSTRES, ne comprend que des Passereaux dont le bec est échancré aux côtés de la pointe; ils sont tous insectivores, et le plus grand nombre d'entre eux mangent aussi des baies et autres fruits tendres. Ils ont été classés d’après la forme générale de leur bec, qui fait deviner et apprécier facilement le naturel et le régime de chaque groupe. Si l'échancrure est profonde, les mœurs se rapprochent de la violence et de la cruauté des Oiseaux de proie; les genres plus faibles cherchent des insectes dont ils détruisent une immense quantité.

Le régime de ces oiseaux les oblige à de continuels déplacements. À mesure que les insectes viennent à disparaître d’un canton, soit par suite des froids, de la sécheresse où de la pluie, soit par la destruction qu'ils en ont faite, 1ls sont forcés de le quitter et de se transporter dans un autre, où ces petits animaux soient plus abondants. Telle est la cause des migrations auxquelles ils sont presque tous sujets; 11 n’y a que les espèces qui peuvent remplacer ce genre de nourriture par un autre, qui puissent vivre sédentaires dans la m£:e contrée : tels sont les Pies-Grièches et les Merles, qui suppléent au défaut a’insectes, les premiers par l’usage des petits animaux qu'ils peuvent attraper, el les seconds par celui des baies qui restent tout l'hiver sur les arbres.

La famille des DExrIRoSTREs réunit un assez grand nombre d'oiseaux remarquables par la beauté de leur voix. ;

C’est au printemps, à l'époque de la ponte et de l'incubation qu'ils enchantent l'oreille par la variété de leurs modulations. C’est alors que nous admirons la voix forte et sonore du Rossignol, le sifflement varié du Merle, les accents de la Fauvette, ete. Le but principal de ces chants, que le mâle seul fait entendre, est de charmer les ennuis de la femelle, pendant qu’elle réchauffe ses œufs pour les faire éclore; aussi, dès que les petits sont nés, les chants cessent pour faire place aux soins qu'exige leur éducation, car, dans cette famille, le mâle et la femelle participent également à la construction du nid, à l'éducation de la jeune famulle et même souvent à l'incubation.

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C'est dans un genre de cette famille, les Merles, que se place un oiseau dont le nom, la Lyre, est emprunté à un instrument dont sa queue rappelle la forme. La Lyre, désignée aussi sous le nom de Ménure, est de la taille d’un Faisan; son plumage est généralement d’un brun grisâtre, avec la gorge, les couvertures supérieures et les pennes des ailes d’un brun roux. Paré de couleurs aussi tristes, cet oiseau est encore un des plus beaux de la Nouvelle-Hollande, par la nature et la disposition des plumes de la queue, dans le mâle. Ces plumes sont de trois sortes : les douze ordinaires, très-longues, à tige mince, à barbes effilées et très-écartées; deux médianes, garnies de barbes serrées, et deux externes courbées en S ou comme les branches d’une lyre.

C’est, au rapport de M. Lesson, dans les forêts d’Eucalypsus et de Camarina, qui couvrent la surface entière des montagnes Bleues, à la Nouvelle-Hollande, et les ravins qui les divisent, qu'habite principalement le Ménure dont la queue, sous la solitude australe, est l’image fidèle de la lyre harmonieuse des Grecs. Cet oiseau, nommé Faisan-des-Boiïs par les Anglais du port Jackson, aime les cantons rocailleux et retirés. Il sort le soir et le matin, et reste tranquille pendant le jour sur les arbres où il est perché. Il devient de plus en plus rare.

Les FissiRostREs constituent la famille la plus naturelle et la mieux caractérisée, par son bec court, large, sans échancrure, et très-profondément fendu à sa base; par ses ailes, dont la longueur dépasse celle de la queue, qui ellemème est assez longue. Nous en avons déjà mentionné quelques uns, dans nos généralités sur les nids (page 81). Cette famille a pour type les Hirondelles, les Martinets, les Engoulevents.

Tous les Fissirosrres ont le plumage foncé, gris brun ou noir, avec quelques taches d’un blanc plus ou moins pur, mais sans variété dans les teintes ; leur vol est brusque et rapide, et leur régime exclusivement insectivore; leur gosier large et profond, qu'ils tennent ouvert en volant, est enduit d’une salive épaisse et visqueuse dans laquelle s’empêtrent les insectes qu'ils y engouffrent continuellement. C'est la vue de ces petits animaux, qu'ils aperçoivent à tous les points de l'horizon, au-dessus, au-dessous où à côté d'eux, qui amène les différents détours et changements de directions que nous leur voyons exécuter sans cesse. Leur vue est si perçante et si juste en même temps, qu'il est rare qu'ils laissent échapper la proie qu'ils ont une fois aperçue ; ils sont pour les insectes ce que les Rapaces sont pour les oiseaux et les petits quadrupèdes.

Les Podarges ont la forme etles habitudes des Engoulevents ; la seule espèce connue se trouve à la Nouvelle-Guinée, chez les Papous. Ces oiseaux sont crépusculaires et ne quittent les retraites où ils passent les journées, soit dans

l'obscurité des cavernes, soit dans l'épaisseur des forêts, que lorsque la vive lumière a disparu. Ils vivent isolés, poursuivent les phalènes et autres insectes nocturnes, et déposent à terre et sans art un petit nombre d'œufs. Quand ils volent, l’air qui s’engouffre dans leur large bec, y produit un bourdonnement particulier. On a dit qu'ils tètent les chèvres, mais 1l n’en est rien; et ce qui a donné lieu à cette opinion populaire, c’est qu'ils fréquentent les pares des chèvres et des moutons, pour s'emparer des insectes qui y sont attirés en grand nombre.

Il est assez difficile de bien déterminer les couleurs du plumage du Podarge, tant elles sont fausses et mélangées. Tout le dessus du corps est d’un gris ferrugineux mélangé de stries noires et blanches. Cette couleur est aussi celle du dessous des ailes, dont les couvertures supérieures présentent des Tumulles d’un blanc jaunâtre à demi cerclées de noir.

Cette grande espèce a quarante centimètres de longueur totale. La queue est longue de vingt centimètres. Le bec a trois centimètres de largeur à sa base.

Les Coxirosrres ont le bec fort, plus où moins conique et sans échancrure ; ils vivent de grains, le plus communément. On compte dans cet ordre les Moineaux, les Mésanges, les Alouettes, les Corbeaux, les oiseaux de Paradis, indigènes de la Nouvelle-Guinée, parés du plus brillant plumage, et dont l'histoire a été longtemps tissue de fables et d’absurdités. On ne peut guère les obtenir que des naturels fort barbares de ces contrées, qui les préparent pour faire des panaches, et leur arrachent les pieds et les ailes, en sorte que l’on a été jusqu'à croire dans un temps où l’on aimait le merveilleux en histoire naturelle, qu'ils mançquaient réellement de pieds et vivaient toujours dans Pair, sans jamais se poser. On ajoutait qu'ils n'avaient pour aliment que la rosée et les parfums qui s’exhalent des fleurs; mais les observateurs modernes qui leur ont trouvé des pieds assez semblables à ceux des corbeaux, ont bien su constater aussi qu'ils se nourrissent de fruits et d'insectes.

Près des CoxrmosrREs se place un oiseau dont les mœurs rappellent celles du Pic, c'est le Promérops. Lorsqu'aux approches du printemps un couple de Promérops, en sondant les arbres, a trouvé et choisi une cavité qu'il croit propre à servir d'habitation à la progéniture dont l'avenir l'mquiète déjà , il travaille du bec pour rendre l'entrée plus facile, l'enceinte plus large et plus profonde.

Les Promérops, répandus dans les montagnes et dans les forêts de l'Afrique et de l’Asie, ont un grand nombre d'espèces, toutes peintes des teintes les plus brillantes, et différant les unes des autres par les couleurs, par la taille, la disposition des plumes, la conformation du bec et des pattes, et par la nature de

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Cet ordre comprend encore les TénürosTREs, chez lesquels se trouvent les Cohibris, oiseaux célèbres pour les belles couleurs qui parent leur plumage, et pour leur petite taille; ils habitent l'Amérique et les iles adjacentes; et leur plumage, à couleurs métalliques, est quelquefois paré de plaques aussi brillantes que des pierres précieuses. Ils se nourrissent du nectar des fleurs, autour desquelles on les voit voler en bourdonnant, et se balançant dans l'air à peu près comme de certaines mouches, où plutôt comme le papillon connu sous le nom de Sphynx-Bourdon. Ils vivent isolés, défendent leur nid avec courage, et se battent parfois entre eux avec acharnement. Quelques-uns ont le bec droit et la tête souvent huppée, ce sont les Oiseaux-Mouches. Le plus petit des Oiseaux- Mouches n’est pas plus gros qu’une abeille ; il est d’un gris violet.

La dernière famille des Passereaux est celle des Syxpacryzes, dont le doigt externe est um à celui du milieu. L'un d'eux, le Martin-Pêcheur alcyon, est un peu plus grand qu’un moineau, d’un vert ondé de noirâtre en dessus, avec une bande d’un beau bleu d’aigue-marine le long du dos; roussätre en dessous, avec un-ruban de la même couleur de chaque côté du cou. Ces jolis oiseaux se postent à l'affût sur quelque branche au-dessus des eaux dont ils habitent les bords, ils y demeurent immobiles, pendant des heures entières, et attendent avec une patence admirable que leur proie se montre ; aussitôt qu'ils aperçoivent un pet poisson, ils fondent à plomb dans l’eau, y restent très-peu de temps, et en sortent ayant au bec le poisson, qu'ils portent ensuite sur n terre contre laquelle ils le battent pour le tuer, avant de l’avaler.

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