‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 40 sur 153 · GRIMPEURS · texte numérisé non relu

GRIMPEURS

Dans les oiseaux de cet ordre, le doigt externe se dirige en arrière comme le pouce, d'où il résulte pour eux un appui plus solide que quelques genres mettent à profit pour se cramponner au tronc des arbres et y grimper. On leur a donné pour cette raison le nom de Grimpeurs, quoique plusieurs oiseaux grimpent sans appartenir à ce groupe par la disposition de leurs doigts. Tout oiseau dont les doigts seront partagés, deux en avant, deux en arrière, sera de

l'ordre des Grimpeurs ; les mœurs de la plupart des espèces qai lui appartiennent ne sont point connues; elles varient d’ailleurs presque à chaque genre.

Les Grimpeurs nichent en général dans les troncs des vieux arbres; leur vol est médiocre ; ils se nourrissent, comme les Passereaux, d'insectes ou de fruits, selon le degré de force de leur bec. On a remarqué que le sternum avait deux échancrures en arrière dans la plupart des genres, disposition qui est en accord avec le peu de force des muscles des ailes.

Les Grimpeurs ont des torses courts, ce qui les empêche de se poser et de se mouvoir hbrement sur la terre; ils s’y dandinent plutôt qu'ils n’y marchent, et leur allure est une espèce de balancement semblable à celui des Oies. Comme d’ailleurs leur vol est médiocre, ils préfèrent généralement le repos à l’action. Ils ont un air triste et grave qu’on n’est pas habitué à voir dans les autres oiseaux, et qui donne à leur physionomie quelque chose d’étrange. Solitaires ou réunis en troupes, tantôt ils se üennent perchés sur les branches des plus grands arbres, occupés à en dévorer les fruits; tantôt ils grimpent le long du tronc ou de branche en branche pour chercher les larves cachées sous leur écorce. La plupart des espèces sont étrangères à l'Europe et ne se trouvent que dans les contrées chaudes de l’ancien et du nouveau continent : nous n’en avons en France que neuf ou dix espèces; encore les individus en sont-ils peu communs.

Les principaux groupes des Grimpeurs, sont : les Pics, les Torcols, les Coucous, les Barbus, les Anis, les Toucans, les Perroquets et les Touracos.

Les Jacamars, oiseaux du Brésil et la Guianne, qui se tiennent isolés dans les bois humides, sur les branches basses, volent légèrement, sont silencieux, et nichent dans des troncs d'arbres, sur le bois vermoulu, s’écartant rarement du canton qu'ils ont choisi. La tranquillité et le repos ont tant d’attraits pour le Jacamar, qu'il reste perché sur une branche peu élevée pendant la plus grande partie du jour. On attribue à son imdolence la préférence qu'il donne aux endroits humides, où il trouve abondamment les insectes qui font sa seule nourriture ; son chant est agréable mais court, c’est le seul moyen de communication qu'il ait avec les autres oiseaux de son espèce qui se tiennent dans son voisinage. Son vol est très-rapide. Un beau vert doré à reflets cuivreux couvre sa tète, ses côtés, sa poitrine et son dos.

L'un des oiseaux Grimpeurs le plus singulier par la forme de son bec, est le Toucan. Cet oiseau a un bec énorme, dont la longueur et la grosseur égalent presque le corps entier , mais tout gros qu'il est, il s’en faut que ce soit une arme où un instrument bien utile. Léger et celluleux intérieurement, il se brise par l'effet du moindre choc, et ne peut servir que pour prendre les insectes, les

fruits, les œufs ou les petits oiseaux nouvellement éclos. Cet organe ne leur sert méme pas pour diviser leurs aliments, qu’ils sont obligés d’avaler tout-entiers. Pour cela, ils les saisissent et les lançant en l'air, ils les recoivent adroitement au fond de leur gosier.

Les Toucans ont la taille et un peu la forme des Corbeaux ; mais leurs tarses et leurs ailes sont plus courts, ce quiles rend moins aptes au vol et à la marche. Aussi dit-on de ces oiseaux qu'ils ne savent ni marcher, m voler, mi grimper.

GALLINACES.

C'est dans l’ordre des Gallinacés que se trouvent réunis les oiseaux les plus intéressants et dont l’homme fait le plus de cas soit pour la beauté de leurs formes et le brillant de leur plamage, soit pour l'excellence de leur chair.

L'ordre des Gallinacés comprend les oiseaux terrestres qui ont le bec médiocre, et voùté en dessus, les narimes percées dans un espace membraneux et couvert d’une sorte d’écaille, Le corps lourd, et les ailes en général courtes.

Ces oiseaux sont essentiellement granivores, et sont pourvus d’un gésier musculeux très-fort ; 1ls se plusent à chercher leur nourriture à terre, au milieu de la poussière. Leur sternum est diminué d’étendue par deux grandes échancrures qui, de chaque côté, en occupent la partie postérieure ; enfin, leur larynx inférieur est très-simple, et 1l n’en est aucun qui chante agréablement.

C'est à cet ordre qu’appartiennent la plupart de nos oiseaux de basse-cour. La chair de beaucoup de Gallinacés est un mets sain et léger, qui restaure, sans surcharger l'estomac. Leurs plumes servent à divers usages : on les applique à la parure et aux arts industriels.

Généralement les Gallinacés ne font point de nid; la femelle dépose ses œufs à terre, parmi les herbes et les broussailles, souvent dans un simple sillon. Les petits, toujours nombreux, sont en naissant assez forts pour marcher et pour pourvoir eux-mêmes à leur subsistance. Aussi le mâle ne prend-1il aucune part à leur éducation ; mais comme ils sont très-étourdis et qu'ils s’exposeraient à de fréquents dangers, la mère les surveille avec beaucoup de soin, et les protège avec une sollicitude qui va jusqu'au courage.

Tous les Gallinacés portent la tête haute et ont un air fier et décidé ; leur na-

102 ZOOLOGTE.

turel est aussi très-querelleur, et les mâles se livrent fréquemment de sanglantes batailles, dans lesquelles ils s’attaquent à coups de bec et d’éperon.

Les combats de coqs sullisent seuls à prouver toutes les améliorations que les Anglais ont introduites dans cette branche de l’économie rurale. Ces améliorations ont porté d’abord sur les races elles-mêmes, ensuite sur les dispositions relatives à la basse-cour, sur l’intérieur du poulailler, enfin sur les soins dont ces animaux sont l’objet, et sur la nourriture qu'ils reçoivent. Rien n’a été épargné par les Anglais, ni peine, ni argent, ni recherches ; ils se sont adressés à tous les climats : à l’'Hindoustan, à Malacca, à la Pologne, et ils sont parvenus à créer leur admirable race de Darking, dans le comté de Surrey, qui se distingue par son volume considérable, ses plumes blanches et sa fécondité. Il est vrai qu'en Angleterre, un œuf provenant de couples estimés se vend jusqu'à 200 francs, et tel coq est payé vingt fois davantage.

Cet ordre se compose de deux familles bien distinctes, celle des Pigeons et celle des Gallinacés proprement dits, comprenant le Coq, les Faisans, les Paons, les Dindons, les Pintades, les Perdrix, les Cailles, les Lagopèdes ou Perdrix de neige, les Coqs de bruyère, ete.

Les PIGEONS appartiennent aux différentes parties du globe, ils n’ont pas de patrie spéciale et on les trouvait en Europe dès les temps les plus reculés. On peut dire qu'ils établissent une sorte de transition entre les Passereaux etles Gallinacés. Leur bec est médiocre, comprimé, et couvert à sa base d’une peau molle dans laquelle sont percées les narines. Ils ont trois doigts en avant, un en arrière,

Le Pigeon domestique revêt toutes les nuances de plumage ; pour le volume, il l'emporte sur le Pigeon sauvage. On considère généralement cet oiseau comme l'emblème de la fidélité et de la tendresse ; la femelle du pigeon est souvent inconstante ; mais le père et la mère rivalisent de dévoûment et d'affection à l'égard de leur jeune famille.

Il y a d'innombrables variétés de races de Pigeons, que l'homme a successivement modifiées, améliorées et créées, à cause des produits qu’elles donnent, et pour l'agrément qu’elles procurent à leur maître. Les Pigeons messagers lächés dans la campagne, savent très-bien suffire à leurs besoins ; et pour retourner au colombier, leur instinct n’est jamais en défaut. C'est ce qui a donné l'idée de les employer à porter des messages. |

En quelques heures un Pigeon messager peut franchir des distances immenses. Les peuples de l'Orient ont constamment pratiqué ce moyen de communication que l'Europe leur a emprunté, en l’employant quelquefois pour la politique et surtout pour des nouvelles de commerce. |

Page 1