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Leur éducation embrasse tout un système de lecons pratiques qui reposent sur leur instinct naturel et secondé par les privations qu’on leur impose, autant que par la spécialité des soins et de la nourriture appropriés à ce genre de service. Pour former des Pigeons messagers on accouple deux individus ayant un petit corps, relativement à la vigueur de leurs bras et à l’envergure de leurs ailes; ainsi conformés ils offrent moins de prise à l'air qu'ils doivent déplacer, et résistent mieux aux fatigues d’un long voyage. Quant à l'instinct propre au Pigeon, et quile ramène à son habitation, on le développe par une bienveillance constante et au moyen de petits voyages d'essais, dont on recule successivement la distance. À leur retour ils trouvent dans le colombier les aliments qu'ils préfèrent avec une légère dose de sel.
Le Coq et la Poule appartiennent à la famulle des GazLiNAGÉS, l'opinion la plus répandue leur assigne pour patrie l'Hindoustan, où, dans la chaine des Gates, on trouve encore de nos jours le Coq et la Poule'à l’état sauvage.
Ces oiseaux s’acchmatent dans tous les pays, prospèrent sous toutes les latitudes, vivent à très-peu de frais et donnent de constants produits à celui qui les élève d’une manière intelligente. L'époque où a commencé la domesticité de ces utiles ammaux, remonte à l'antiquité la plus reculée, dans laquelle le Coq était considéré comme l’emblème du courage. Aussi les Grecs le consacraient-ils à Mars, à Minerve, à Bellone, aux trois divinités qui présidaient à la guerre.
Le Coq est couvert de longues plumes veloutées qui brillent de nuances éclatantes et variées; sa queue ondoie en panache; il porte sur la partie antérieure de la tête une crête rouge et dentelée, des membranes charnues lui garnissent le dessous du bec ; ses pattes, larges et fortes, sont armées d’ongles robustes et d’ergots qui se développent avec l’âge; il a Pœil ardent et la démarche altière.
Il annonce le lever de l’auroré par son chant qui retentit semblable à l’appel du clairon, et le fait regarder comme l'horloge du laboureur. A peine éveillé, il s'occupe de ses compagnes; il veille à leurs besoins, ne les perd pas de vue, | les guide, les défend, les appelle pour prendre la proie qu’il leur abandonne ; | il a pour chacune d’elles un langage spécial. C’est une abnégation de tous les | jours, de tous les instants, qui ne se dément jamais.
| La poule est plus petite que le Coq, sa crète et ses membres sont beaucoup | moins développés, ses plumes sont plus courtes et celles de la queue, au lieu | de s’arrondir en panache, sont droites et peu flexibles. La plupart des Poules | manquent d’ergots, remplacés chez elles par un bouton peu saiïllant.
| Leur principal mérite consiste dans leur régularité et leur continuité à pon-
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dre. La jeune poule peut pondre des œufs, d’elle-mème, et sans être appariée à un Coq; seulement ces œufs, quoique plus délicats, sont inféconds et ne conviennent pas à l'incubation.
La fécondité de la Poule a quatre ans de durée et commence à l’âge de dix mois. Une bonne poule peut pondre, chaque année, cent vingt à cent cinquante œufs. Elle cesse ordinairement pour couver, où au temps de la mue. Des gloussements continuels et une inquiétude qui se trahit dans {ous leurs mouvements, enfin l’obstination avec laquelle elles restent sur leurs œufs, révèlent chez les poules le besoin de couver.
Le Dindon domestique a beaucoup dégénéré sous le rapport de la taille, de la force du volume et de la beauté. C'est dans sa patrie, sous les ombrages des forêts, qui viennent se mirer dans les eaux du Saint-Laurent, du Mississipi, de la Delaware , que cet oiseau sauvage se révèle à l'observateur avec tous ses avantages. Il pèse jusqu'à 30 kilogrammes ; des reflets d'améthystes et des nuances d’or bruni relèvent le noir d’ébène de son plumage, sur lequel tranche une cravate de pourpre avec la couleur éclatante de ses caroncules semées de rubis. ;
Le plus beau est le Dindon argusin ocellé, récemment découvert près de Ja baie d'Honduras ; son plumage bronzé à d’admirables reflets et rivalise avec la queue du Paon, à cause des taches en forme d'yeux dont il est parsemé.
Les Dindons sauvages mènent une vie nomade, selon les ressources du pays où ils se trouvent; ils mangent des baies et des fruits. Les mâles voyagent par petites bandes composées de 10 à 100 individus, tandis que les femelles dirigent leurs jeunes familles, et se réunissent entre elles pour protéger leurs petits contre les mâles. Ils voyagent ainsi à pied tendant au même but, mais séparément. Une rivière leur oppose-t-elle la barrière de ses flots, 1ls s’assemblent sur la rive, examinent l'obstacle, semblent se consulter; puis, après un ou deux jours de réflexions, ils montent dans les arbres voisins, le chef de la migration donne le signal et toute la bande prend son essor, les plus jeunes et les plus faibles tombent quelquefois dans la rivière et nagent jusqu'à l’autré rive.
La Pintade, appelée Poule peinte, à cause de son plumage tacheté de noir et de blane, était déjà introduite en Europe, à l'époque où florissait Aristote. Les gourmands la recherchaient, à cause de la saveur de sa chair; mais durant le moyen âge cette race se perdit jusqu'aux temps des premières navigations des Portugais sur les côtes d'Afrique, d’où ils rapportèrent des individus qui se sont propagés en Europe.
Le coq et la poule Pintade sont frès-beaux, ils ont le cou mince et flexi-
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ble, garni de plumes légères et surmonté d’une petite tête élégante et gracieuse; rouge à l’origine, le bec est noir à l'extrémité; près de sa base retombent en arrière des excroissances charnues d’un rouge ardent ; le mâle a les joues bleues; elles sont rouges chez la femelle; sur le haut de la tête s'élève une corne recourbée en arrière, dure et bleuâtre ; leur corps a une forme ovale, et la queue se recourbe au-dessous du croupion. Le eri des Pintades a de l’analogie avec celui de la perdrix, mais il est plus fort. Ces oiseaux ont beaucoup de turbulence, ils exercent une espèce de despotisme dans la basse-cour, mais ces inconvénients sont compensés par la délicatesse de leur chair que l’on compare à celle du Faisan.
Originaire de l’Hindoustan, d’où 1l fut apporté en Europe à la suite de l’expédition d'Alexandre de Macédoine, le Paon répond par le luxe et la beauté de son plumage à la richesse d’une des terres les plus riches du globe. Dans ses forêts natales, le Paon sauvage est encore plus beau que notre Paon domestique ; sa queue est mieux fournie, et les teintes bleues qui étincellent sur son cou se prolongent sur ses ailes et sur son dos, au milieu d’un réseau de maiïlles de vert doré.
Les Grecs ne pouvaient manquer de prendre le Paon pour un des symboles de leur mythologie, et ils le consacrèrent à Junon. On prétendait que le Paon emportait au ciel les âmes des morts et on le plaçait au-dessus des bûchers. Parmi nous, le Paon est bien déchu de ses antiques honneurs, pourtant on le trouve encore dans les parcs et les jardins des grands seigneurs, où il fait la roue; mais sa démarche embarrassée et sa voix criarde sont loin de répondre à la richesse de son plumage étincelant.
Le Paon en domesticité a conservé une partie des habitudes de la vie sauvage. Ainsi les femelles cachent leurs œufs ; elles ne font chaque année qu’une seule ponte de huit à douze œufs, dont l’incubation dure trente, trente et un ou trente-deux jours. Pour mieux assurer le succès de l’éclosion il convient de les faire couver par une Poule ou une Dinde.
Les paonneaux naissent avec un duvet jaunâtre; ils sont Ab. Un mois après leur aigrette commence à percer, les ergots se révèlent, la queue grandit, mais il faut un laps de trois années pour son entier développement. La mère élève ses petits avec beaucoup de sollicitude; elle les met sur son dos pour les porter sur la branche où ils perchent pendant la nuit.
Le Tragopan à un bec court. Les mâles présentent une nudité complète de la gorge, de véritables cornes placées à la partie postérieure de la tête, mais dépourvues de noyau osseux. Les Tragopans vivent au milieu des montagnes,
et assez souvent dans des zones assez froides; le plus grand nombre habite l'Himalaya. Les mâles sont remarquables par leurs belles couleurs ; mais les femelles, au contraire, ont un plumage terne.