BATRACIENS
Ces replles ont aussi Gé nommés Amplibiens, et ce nom indique les deux existences, terrestre el aquatique, entre lesquelles peut se partager leur vie.
La peau de tous ces animaux est nue ou couverte d'un épiderme fort mince; leur derme à quelquefois de petites plaques granuleuses en forme d’écailles. Le caractère essentiel des Amphibiens réside dans leurs métamorphoses. Adultes, ils respirent l'air en nature, ainsi que les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères, et ils ont comme eux des poumons ; mais dans le jeune âge, leur vie est complétement aquatique, et semblable aux poissons ils respirent au moyen de branchies, l'air dissous dans l’eau. Les Amplhibiens encore pourvus de branchies, recoivent le nom de larves ou de tétards. Certaines espèces, Grenouilles, Crapauds, Rainettes, perdent non seulement leurs branchies, mais aussi la queue, qui était leur principal organe de natation, car d’abord ils n’ont pas de pattes. Ces derniers forment une première famille qui est celle des Grenouilles ; on les appelle aussi Anoures, parce qu'ils n’ont point de queue dans l'état adulte. D’autres conservent leur prolongement caudal. I en est.parmi eux qui sont ovovivipares, telles sont les Salamandres terrestres, qui naissent avec quatre pattes. D'autres sont ovipares, les Tritons, et ils déposent leurs œufs sous des feuilles de plantes aquatiques. Leurs petits n’ont pas encore de pattes lorsqu'ils éclosent. Les Salamandres et les Tritons sont surtout communs dans l'Amérique septentrionale : l'Amérique méridionale n’en possède pas, non plus que des Sirènes et autres Amphibiens à queue persistante. L'Afrique n’a qu'un petit nombre de ces repüles. Différents genres conservent leurs branchies pendant toute la vie, et leurs poumons ne se développent qu'incomplétement; tels sont les Protées, les Sirènes ; ces animaux sont donc de véritables larves permanentes.
C'est aussi parmi les Amphibiens que prennent place les Lépidoriens, nouveau genre dont on connait deux espèces, l’une du Brésil, l’autre de Gambie, et qui ressemblent tellement à certains poissons, que des naturalistes fort habiles ont eru devoir les réunir aux animaux de cette dernière classe. Ce sont les dermiers des Amphibiens, aussi présentent-ils plusieurs des caractères des poissons.
Les Grenouilles ont la peau lisse, le corps ellilé, les pieds de derrière trèslongs et plus où moins bien palmés, et la mâchoire supérieure garnie de peütes
dents. Elles nagent et sautent très-bien, et les mâles ont de chaque côté du cou une petite poche membraneuse qui se gonfle d'air quand ils produisent le bruit particulier appelé croassement. L'espèce si commune dans toutes nos eaux Stagnantes est la Grenouille verte.
Les Anglo-Américains des États-Unis ont donné le nom de Grenouille-Taureau à une habitante des marais de l'Amérique du nord, dont le cri très-sonore, imitant le mugissement d’un bœuf, est fort incommode durant les nuits. Cette espèce, répandue dans tout le nord de l'Amérique, n’est pas connue dans la partie méridionale du même continent.
La Grenouille-Taureau surpasse beaucoup en grandeur toutes les espèces européennes. Son corps (les pattes non comprises) atteint plus d'un décimètre de long sur une largeur de quatre : on trouve fréquemment des individus du poids d'un kilogramme; sa couleur dominante est un vert léger; des taches de brun plus ou moins foncé, sont semées sur les flancs, la tête et le dessous du corps est en général blanchâtre. Toutes les eaux stagnantes qui n'ont pas trop de profondeur sont un séjour qui lui convient, où elle se plait à montrer sa tète au milieu des nympheas et autres plantes qui étendent leurs feuilles sur la surface du liquide. Ces tapis flottants peuvent être chargés de têtes de Grenouilles, sans que le spectateur placé sur le bord de l'eau apercoive un seul de ces animaux, parce que le vert de leur peau se confond avec celui des feuilles. Cette espèce de Grenouille est très-Vorace. Un colon avait le projet d'élever des canetons, et avait fait provision de bonnes couveuses. Tout alla bien jusqu'au moment où les Jeunes oiseaux commencèrent à fréquenter les eaux; mais depuis lors on s’aperçut que leur nombre diminuait journellement. On rechercha la cause de ces pertes, et l’on découvrit que des Grenouilles-Taureaux, embusquées dans les eaux fréquentées par les canetons, savaient à merveille les saisir par les pattes, les entrainer sous l’eau, et les noyer pour les manger ensuite à leur aise.
Le tapage nocturne de ces Grenouilles se fait entendre à plus de 4 kilomètres
de distance. On en mange en Amérique, en les préparant à peu près comme
celles d'Europe.
Les Rainettes sont des Batraciens qui ne diffèrent guère des Grenouilles que parce que chacun de leurs doigts est terminé par une pelotte visqueuse qui leur permet de se fixer aux corps et de grimper aux arbres. La Rainette commune est d'un vert pomme.
Les Crapauds ont le corps ventru, les pattes de devant peu allongées et la peau couverte de verrues; dans les oreilles, on leur remarque aussi un gros bour-
relet glanduleux d’où suinte une humeur laiteuse, fétide et âcre. C’est à tort
Ph)
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que dans les campagnes on prétend souvent que leur morsure est venimeuse ; ms 1l est peu d'animaux plus hideux et plus dégoütants; il fait suinter de fout son corps une humeur jaunâtre, fétide et âcre, qui peut être nuisible aux petits animaux, quand ceux-e1 en sont touchés. Lorsqu'on le tourmente, il se gonfle, et lance par l'anus une liqueur particulière, qui si elle arrive dans les yeux y cause une grande irritation et de vives douleurs. Il se nourrit de vers, de cheuilles, de fimaces et de petits insectes. Les Crapauds sont pour la plupart nocturnes et solitaires. Is habitent les endroits frais et obscurs, les trous de vieux murs, les décombres, sous les pierres et dans la terre. Quelquefois les vents ou les trombes enlèvent, avec l’eau des élangs et des rivières, une grande quantité de pelts Crapauds qui retombent ensuite avec la pluie et couvrent quelquefois le sol sur une grande étendue.
Les Crapauds habitent peu les eaux; ils semblent même ne s’en rapprocher que pour y déposer leurs œufs, et deviennent la proie des Brochets et même des Anguilles. À terre, ce sont les Serpents, les Hérons, les Cigognes et les Buses, qui eur font une guerre cruelle. On a trouvé dans des Couleuvres des Crapauds qui ayant été avalés tout vifs, n'étaient pas encore morts quelques heures après avoir été engloutis par ces reptiles.
Les Crapauds passent pour vivre très-longtemps. Lacépède raconte qu'un de ces animaux, d'un volume énorme et sans doute fort âgé, fut trouvé sous un escalier, apprivoisé et gardé pendant trente-six ans, dans la même maison.
On à trouvé des Crapauds dans des cavités au milieu de rochers où de murailles où pouvaient parvenir tout au plus quelques atomes d’eau et d'air, et cependant la grosseur de ces reptiles démontrait qu'ils avaient vécu dans ces relraites un grand nombre d'années. On a trouvé que ces animaux pouvaient se passer d'air pendant quelque temps et qu'ils n'en consommaient qu'une trèsfaible quantité. Ainsi, des Crapauds ont été renfermés dans des boules de plà-
le, et ont vécu ; mais dès que l'accès a été à peu près fermé à l'air qui passait à travers le plâtre, en plongeant ces boules dans l’eau, les Crapauds sont morts au bout de peu de temps. On tue aussi ces reptiles en les enduisant de suif. Les Pipas ressemblent un peu aux Crapauds; ils ont le corps apla, la tête liangulaire, point de langue et les doigts de devant fendus au bout, chacun en quatre petites parties; l'espèce la mieux connue habite l'Amérique du Sud, et présente un phénomène très-remarquable : la femelle, après avoir pondu ses œuis, les porte sur son dos dont la peau se gonfle et forme des espèces de loges,
où tous les pelits naissent et subissent leurs métamorphoses. La Salamandre commune, longue de 15 à 20 centimètres au plus, la queue
pes cr Du
faisant la moitié de sa longueur totale, noire, à grandes taches d’un jaune vif; elle a de chaque côté, sur l'occiput, une glande analogue à celle des Crapauds, et sur ses côtés sont des rangées de tubercules, desquels suinte dans le danger une liqueur laiteuse, amère, d’une odeur forte, qui est un poison pour des animaux très-faibles. Elle se trouve dans toute Europe, se tient dans les lieux humides, se retire dans des trous souterrains, mange des lombrics, des insectes, de l’humus. Elle parait sourde et n’a pas de voix.
Les petits n'éclosent que quinze jours après la ponte, et conservent leurs branchies plus ou moins longtemps, selon leurs espèces. Lorsque l’hiver les surprend avec des branchies, ils les conservent jusqu’à l’année suivante. Les observateurs modernes en ont reconnu dans notre pays plusieurs espèces dont la plus grande taille est de 20 à 25 centimètres; mais ces espèces sont encore mal déterminées, attendu que ces animaux changent de couleur, selon l’âge, le sexe et la saison. Les mâles se distinguent des femelles par des crêtes dont le bord supérieur de la queue est garni, et qui ne sont bien développées qu'au printemps.
Les Protées ont le corps allongé, terminé par une queue comprimée verticalement, quatre pattes avec trois doigts en avant, deux seulement en arrière; ils ont de chaque côté du cou trois branchies en forme de houppes, qu'ils conservent toute leur vie. On n’en connaît qu'une seule espèce, c’est le Protée qui ne se trouve que dans un seul pays du monde, et dans deux ou (rois localités de ce pays; on a supposé que c'était la larve de quelque grand
animal inconnu, habitant de ces souterrains, à travers les rochers calcaires dont
la Carmole abonde. On dit bien, à l'appui de cette opinion, que les pieds ne sont pas en harmonie avec le reste de son orgamisation, et que s'il les perdait, il aurait tous les caractères d’un poisson ; mais la nature n'offre pas d'exemple d’une transition d'un animal plus parfait à un animal moins parfait. Toute l’anatomie du Protée répugne d’abord à cette idée, et sans aucun doute il forme un être d’une espèce particulière, présentant une nouvelle preuve de la pro-
digieuse variété et du nombre infini des modes dans lesquels la vie se pro- . duit et se perpétue sur toutes les parties de notre globe, même dans les lieux
qui semblent le moins convenir à des existences organisées. Aux Batraciens appartiennent aussi les Cécilies d'Afrique, d'Asie et de PA-
| Dipé ie ET . ee . S .
mérique méridionale; animaux tout à fait serpentiformes, mais que leur peau
nue et leur double condyle occipital ne permettent pas de placer ailleurs que dans
« cet ordre. Ces animaux établissent le passage entre les Ophidiens et les Ba-
traciens. En voici maiñlenant qui forment la transition entre les Batraciens et les
Poissons, ce sont les Lépidosirens, dont on connait deux espèces. L'une du Brésil, l’autre de Gambie. Ils ont le corps couvert d’écailles imbriquées, la queue aplate et les membres réduits à des appendices déliés cylindriques. Leur squelette ressemble à celui des Poissons, mais leur cœur rappelle celui des Reptiles, eton trouve chez eux des poumons communiquant avec le pharynx par une glotte disposée comme chez ces derniers animaux.