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DES REPTILES FOSSILES

L'antique existence des Reptiles est attestée par les restes nombreux de ces animaux, dont les races ne sont plus. C’est parmn les Chéloniens, les Crocodiliens, les Sauriens et les Batraciens, qu'on compte les reptiles fossiles les plus remarquables. Il n’y à de constaté en fait de reste d'Ophidiens, que quelques vertèbres isolées, qui se sont trouvées dans les brèches osseuses des bords de la Méditerranée, avec des restes d’autres animaux dont les espèces vivent encore aux mêmes lieux.

Les couches les plus anciennes que nous offrent les débris des reptiles appartiennent à la formation de calcaire compacte que plusieurs géologues ont appelé jurassique ou calcaire à cavernes ; la formation des schistes métallifères en présente aussi ; la craie surtout en contient de parfuitement caractérisés. C'est sur les côtes de la Manche et de l'Angleterre qu'on trouve les espèces les plns remarquables. On à d'abord cru qu'elles leur étaient propres, mais on commence à les retrouver en plusieurs autres lieux de l'Europe. Divers sites de la Belgique, le plateau de Saint-Pierre de Maëstricht, et les schistes caleaires d’OEnimgen en Souabe, renferment des fossiles très-curieux. Le Piérodactyle est de ce dernier gisement; le Mososaure vient de Maëstricht. Ce sont les Gavials qui abondent autour de la Manche. Dans le Midi de la France, on a trouvé des Chéloñiens, regardés d'abord comine des débris humains. C’est en Angleterre qu'ont té découverts les premiers Ichthyosaures qu'on commence à retrouver en d'autres lieux ; mais ce pays est jusqu'ici seul en possession des Plésiosaures. Comme ces deux genres sont maintenant très-bien connus, et que leur squelette a pu être parfaitement rétabli, ils ont été classés dans la méthode, à la place qu'ils y devraient occuper s'ils vivaient encore ; mais il est difficile de faire cela pour les genres Iguanodon, Mégalosaure, Géosaure et Mososaure.

Les dents sur lesquelles on a fondé le genre Iguanodon furent découvertes

Dune ‘et

dans le grès d’une forêt du comté de Sussex en Angleterre. Ces restes étaient confondus avec ceux de Crocodiles gigantesques, de Mégalosaures, de Plesio= saures, de Tortues, d'oiseaux et de végétaux. Cuvier y a reconnu les morceaux d’un reptile herbivore d’eau douce qui ne devait pas avoir moins de seize à vingt mètres de longueur.

Les Mégalosaures et Géosaures étaient aussi de grandes espèces retrouvées dans les bancs d’Oolite près Oxford; les premiers paraissent avoir été intermédiares aux Crocodiliens et aux Lacertiens. «Si lon pouvait donner le nom de Salamandre gigantesque à un autre animal qu’à celui de Maëstricht, dit Cuvier, c'est le Mégalosaure qui le mériterait : son fémur, long de trente-deux pouces anglais, annoncerait une longueur totale de plus de quarante-cmq pieds de roi ; et même s'il y à de ces fémurs de quatre pieds et plus, comme on l'a dit, sa longueur serait encore plus étonnante. »

L'animal de Maëstricht a reçu le nom de Mososaure, pour indiquer qu'il a ététrouvé d’abord dans la région qu’arrose la Meuse, l’un des grands affluents du Rhin. Il parait qu'on en a rencontré plus récemment quelques débris dans l'Amérique septentrionale. Une tête assez bien conservée fut le premier indice qu'on eut de l'existence de cet animal. Faujas de Saint-Fond, qui en fit graver la figure dans ses ouvrages, prétend que ce précieux monument d’une race antédiluvienne fut rencontré à cinq ou six pas de la grande entrée des cryptes. Beaucoup d’ossements fossiles y sont du reste confondus : à côté de restes de Tortues se voient des coquilles diverses, des pattes de Crustacés ou de Bélemnites; ailleurs, des dents mélées avec des vertèbres diverses ; des ossements regardés à tort comme ayant appartenu à des animaux terrestres, avec les dents de quelques Squales, des Echinodermes, des Alcyons, du us pétrifié DEN de Tarets ; enfin des Madrépores avec divers fragments de Sauriens.

Il est un autre débris, échappé aux ravages de plusieurs milhers de siècles, qui, vers le milieu du siècle dernier, acquit beaucoup d'importance dans le monde savant, par l'opinion singulière qu'il avait appartenu à un homme exis-

| tant avant le déluge. C’est le célèbre reptile d'OEningen, que la naturaliste

théologien Scheuchzer appelait Homo diluvii testis et theoscopos (l'Homme : témoin du déluge).

Les partisans du système qui attribue toutes les pétrifications au déluge, se sont toujours préoccupés de trouver des ossements humains parmi les débris d'animaux de toutes classes que nous offre le globe. Aussi éprouvèrent-ils une grande joie, lorsqu'on découvrit, à plusieurs kilomètres du lac de Constance, un

schiste contenant l'empreinte d’un squelette assez analogue, dans quelques parties, au squelette humain.

On regardait également comme des débris de géants les fragments trouvés, sur presque tous les points, dans les terrains meubles où les naturalistes ont reconnu des ruines de Mastodontes, d'Éléphants ou autres grands Mammifères. Des carapaces de Tortues avaient été prises pour leurs cränes, dans les environs d'Aix. « C’est irrécusable, disait Scheuchzer, voici une moitié, ou peu s’en «faut, du squelette d’un homme; la substance même des os, et qui plus est, « des chairs et des parties encore plus molles que les chairs, sont incorporées « dans la pierre ; en un mot c’est une des reliques les plus rares que nous ayons

« de cette race maudite qui fut ensevelie sous les eaux.

Cuvier a renversé cet échafaudage d’hypothèses, et donné une force nouvelle à l'opinion qui prétend que l’homme n’a été mis sur la terre que longtemps après les mammifères, qui n’ont commencé eux-mêmes à se montrer que trèstard. D’après les grandeurs relatives des os du fossile d'OEningen, ce savant à jugé que le prétendu homme fossile n’était autre chose qu’une Salamandre antique de taille gigantesque et d'espèce imconnue. Pour asseoir son opinion sur une base inébranlable, 1l dessina d'avance la figure du squelette que la gouge et maillet allaient mettre à découvert, dans le schiste qui contenait ce vieux témoin du déluge. On avait sous les yeux le dessin du squelette de la Salamandre terrestre, et, à mesure que le ciseau enlevait un éclat de pierre, on voyait paraitre au jour quelques-uns des os que ce dessin avait annoncés d'avance.

Les Mososaures et autres étaient, à ce qu'il parait, de très-grands Sauriens de la même époque, et plusieurs n'avaient pas moins de dix mètres et au delà en longueur. Les terrains secondaires recèlent aussi des restes de Crocodiles. En Auvergne, à Paris, et ceux de l'étage tertiaire en présentent également.

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