MOSAIQUE : SECONDE SECTION D'UN PAVEMENT DIE, AIR GILINNNNONME
(Portus Magnus, Saint-Leu)
Bordure. — À droite et à gauche, une Bacchante vêtue jouant des cymbales, commencement et fin du cortège qui se poursuit tout autour de la salle.
Champ. — APOLLON VAINQUEUR DE MARSYAS.
Apollon, debout, nu, la chlamyde rejetée sur les épaules, appuie la main gauche sur sa lyre posée sur un court pilier, et la droite sur le bas de sa hanche. C’est la pose bien connue de la statue du Braccio Nuovo, pose reproduite, à l’époque même de notre mosaïque, sur une monnaie de Tavia frappée sous Septime Sévère. Seulement le mosaïste n’a pas mis le plectre dans la main droite. Apollon est nimbé et couronné de laurier.
A la droite du dieu, une Victoire à grandes ailes, vêtue d’une tunique talaire, tient de la main droite une palme; sa main gauche, qui manque ou qui était cachée derrière la tète du vainqueur, vient de couronner celui-ci. Ainsi fait une Victoire toute pareille sur le petit côté du sarcophage Campanà au Louvre. Nimbée comme Apollon, la Déesse est coiffée d’un bonnet : nous sommes en Thrace.
À la gauche d’Apollon se tient Olympos, dans le costume d’un aulète de l’époque impériale, tel que le montre une peinture murale de la nécropole de Cyrène. Il tient dans ses mains les deux flûtes de Marsyas, et n’a d’ailleurs pas l’air de s'occuper de lui au-
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Ces trois personnages forment la partie droite du tableau. Dans la partie gauche se voit l’arbre auquel va être attaché Marsyas, et celui-ci saisi par un Scythe. Marsyas, qui a sur le dos une peau de panthère, fait un geste de désespoir et cherche à fuir; mais le Scythe, exactement vêtu comme sur la base Praxitélienne de Mantinée, l’empoigne par les cheveux et par le bras gauche. Cette moitié du tableau rappelle encore une sculpture de sarcophage.
La mosaïque a beaucoup souffert. Il manque: presque toute la moitié droite du personnage d'Olympos et les jambes ; le haut du corps, le bras gauche, grande partie de la lyre, la moitié de la cuisse gauche, le pied droit et partie du pied gauche d’Apollon; l’aile gauche et les pieds de la Victoire; la jambe gauche et le bras droit du Scythe; l’épaule gauche et le coude droit de Marsyas; la partie centrale de l’arbre.
Viala de Sorbier, dans son dessin, marque les lacunes qui se voyaient de son temps, et restitue les portions manquantes. Il n’a
très exactement reproduit ni la coiffure de la Victoire ni son aile droite, ni le bonnet du Scythe.
Dans la restitution au trait sur le ciment, au Musée, on a mal reproduit la draperie d’Apollon; c’est une longue chlamyde, avec
son agrafe sur l'épaule droite, comme l’a faite Viala de Sorbier.
PFANCHIENV