‹ Musée de l'Ermitage impérial. Notice sur la formation de ce musée et description des diverses collections qu'il renferme avec une introduction historique sur l'Ermitage de Catherine IIChapitre 4 sur 304 · ERMITAGE IMPÉRIAL. XI · texte numérisé non relu

ERMITAGE IMPÉRIAL. XI

L'Impératrice aimait les petites soirées intimes où elle réuuissait autour d'elle un nombre fort restreint de privilégiés, quelquefois douze ou quinze personnes seulement. Le comte de Ségur en parle dans ses Mémoires; et il a consacré quelques pages, des plus intéressantes, à ces Soirées de l’Ermitage dans lesquelles l’Impératrice montrait cet esprit, cette aménité de manières, cette indulgence, ce tact fin qui formaient comme le côté privé de son caractère. D'une humeur naturellement sereine, elle aimait qu’on montrôt autour d'elle de la gaîté, et elle l’encourageait par sa manière d’être. |

Elle ne dédaignait point de se mêler quelquefois aux petits jeux de société qui animaient ces soirées, et quittait spontanément pour cela la table où l’on jouait le whist ou le boston récemment importé d’Amérique, et dont les termes d'usage, alors, petile et grande Indépendance [pour petite et grande Misère] rappelaient l'origine‘). Son enjouement s’amusait de la mauvaise humeur que montraient quelquefois au jeu quelquesuns de ses partenaires. Sa finesse d’observation, ha-

1) Le comte Strogonoff (grand - chambellan sous le règne de Paul I) expliquant ce jeu à l’Impératrice, lui disait qu’au fond c’était le whist que l’on jouait contre deux adversaires, avec le secours d’un partenaire qui quelquefois vous faisait perdre la partie. «Quel vilain jeu vous m’enseignez, lui dit avec finesse la Souveraine, où l’on lutte contre deux ennemis, avec un frattre!/»

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