‹ Musée de Lille: le Musée de peintureChapitre 2 sur 13 · ÉCOLES D'ITALIE · texte numérisé non relu

ÉCOLES D'ITALIE

Les écoles d'Italie ne sont représentées au musée de Lille que par quelques spécimens isolés, sans lien entre eux et de valeur inégale. Cette indigence n'a rien qui puisse étonner ; elle est un peu commune à tous nos musées de province et plus sensible encore dans les collections de la Belgique et de la Hollande, spécialement dans celle d'Anvers. En France, les musées de Lyon et de Montpellier l'emportent seuls par la qualité des œuvres sur celui qui nous occupe. On est même surpris de rencontrer, dans nos collections provinciales, un nombre relativement aussi considérable de tableaux italiens. Les envois successifs du premier empire, les répartitions faites de 1801 à 1811, bribes sauvées de nos illustres pillages^ ont formé presque exclusivement le fonds italien en province. Quelques-uns des envois eurent, il faut le dire, une réelle importance. Il en est parmi ces tableaux, choisis un peu au hasard et à la hâte, qu'il serait impossible aujourd'hui d'acquérir, et qui , comme les Pérugin de Lyon, auraient mérité les honneurs du Salon-Carré. Le musée de Lille n'a pas eu une si haute fortune, ou du moins sa fortune fut différente. Les quarante tableaux italiens inscrits à son catalogue lui viennent, en grande partie, d'envois postérieurs et d'acquisitions municipales. Le Saint Georges de Paul Véronèse et l'André del Sai-te sont les seuls morceaux italiens vraiment remarquables qui lui furent attribués dans le lot de 1801. Les richesses dans ce sens sont au musée Wicar, où nous retrouverons le grand art de l'Italie dans quelques-unes de ses plus augustes reliques. Avec de tels trésors il n'a rien à envier à personne, et si Montpellier montre fièrement son admirable Portrait dhomme^ Lille a dans la Tète de cire une merveille unique, incomparable, et qui prendra rang au sommet de ce que l'art de tous les temps a produit de plus parfait.

Deux petits panneaux peints sur bois, à la détrempe, dans le sentiment des miniatures, appartiennent au commencement du xv*' siècle, et sont vraisemblablement de l'école milanaise.

L'un d'eux représente avec une naïveté un peu gauche, mais non sans grâce, ce charmant épisode des Métamorphoses y où Céphale étant à

la chasse perça involontairement Procris avec son javelot et se donna ensuite la mort de désespoir :

Fronde ievem tenera strepitum movet aemula Procris;

Hirsutam Gephalus sed putat esse feram, Et jaculum céleris telumque volatile mittit.

L'autre, en pendant, donné comme sujet inconnu , est d'une qualité plus fine encore. La scène se passe au milieu d'un paysage, à l'entrée d'un temple. Une femme assise tient un fruit dans ses mains, et s'entretient avec un homme debout ; dans un plan plus éloigné un troisième personnage s'agenouille au pied d'une colonne que surmonte une statue. Ne serait-ce pas un autre épisode des Métamorphoses^ peut-être tiré de l'histoire d'Âtalante ?

Outre ces deux panneaux, il faut noter un délicieux spécimen de Técole lombarde de la fin du xV" siècle. C'est un portrait de jeune fille en buste et de trois quarts, les cheveux retenus par une résille d'or, au corsage rouge collant et finement brodé ; costume du temps s'il en fut, et c'est tout dire. Ce petit portrait acheté en 1866 à la vente Nolivos

est attribué à Lorenzo Costa, le gracieux émule du Francîa. L'attribution me semble facilement contestable ; les tableaux de Lorenzo Costa n'ont ni cette couleur, ni ce style. Je n'affirme rien, mais ce ton terreux des chairs, cette pointe de rudesse dans le dessin, la manière de traiter le vêtement et les cheveux, rappellent un artiste dont le nom est si grand que je n'ose l'écrire, ou, tout au moins, un élève, un imitateur. J'ai revu attentivement les Hantegna du Louvre qui sont de premier ordre, et mon opinion s'en est trouvée fortifiée. C'est un morceau d'art délicat et distingué, d'une couleur un peu austère, et qui semble presque dépaysé dans ce grand musée de Lille où les maîtres de la touche et de la palette sont si largement représentés.

L'école vénitienne est naturellement, ici comme ailleurs, plus nombreuse que les autres. Je trouve, de Paul Véronèse : trois tableaux bien authentiques; plus un quatrième, le Christ au tombeau^ qui lui a été longtemps attribué et qu'il faut restituer à quelqu'un de son entourage, Carletto Cagliari, peut-être ; ce qui devient presque une certitude si l'on fait état qu'il se mit à l'école du Bassan et si l'on compare ce tableau avec Y Ensevelissement du Christ y au Salon-Carré du Louvre. Les jambes du Christ sont d'un dessin très-serré, un peu sec, mais très-habile. La couleur générale est terne et froide. Des trois autres tableaux le plus important est le Martyre de saint Georges y répétition littérale, et en

demi- grandeur, de la célèbre toile qui se voit encore aujourd'hui dans l'église de San Giorgio à Vérone. Je Tai devant les yeux. C'est une scène mouvementée, dans laquelle le peintre a su faire entrer, avec sa dextérité habituelle de composition, des chevaux aristocratiques et pleins de feu, une brillante architecture, une statue d'Apollon que le saint refuse d'adorer, et devant laquelle va s'exécuter la sentence de Dioclétien ; puis saint Georges à genoux, dépouillé de son armure, au milieu d'une foule de bourreaux et de personnages attentifs, les yeux tournés vers le ciel qui s'entr'ouvre et laisse descendre un groupe aérien et lumineux de belles femmes aux épaules lustrées et aux chatoyantes étoffes ; lignes ondoyantes et gracieusement emmêlées que noie une vapeur d'argent, irisée de tons d'améthyste. On n'imagine rien de plus rayonnant et de plus gai dans les tons clairs. La répétition du musée de Lille est, selon moi, de Yéronèse lui-même : elle a tous les caractères de l'authenticité ; moins séduisante il est vrai, le tableau ayant passé au jaune à cause du vernis. M. Villot n'hésite pas à y voir une copie de Tiepolo. Lanzi dit bien que Tiepolo fit, plus tard, de grandes études d'après Paolo, « en arrière duquel s'il demeure pour l'air des visages, il s'en rapproche singulièrement pour les draperies et pour le coloris » ; la grandeur demi-nature des figures est, à la vérité, une exception dans l'œuvre du maître; mais sont-ce des raisons suffisantes? Gomme tonalité, comme forme et comme faire il se rapproche tout à fait du groupe de saints du Brera qui n'est pas contesté à Véronèse. Il ne faut pas oublier que le Saint Georges de Vérone est un des tableaux du peintre qui, de son temps, ont eu le plus de succès : il n'y aurait donc rien d'étonnant à ce qu'il en ait fait luimême, avec la facilité qu'on lui connaît, une répétition réduite. Pour les deux autres Véronèse du musée le doute n'est plus possible. Ce sont des morceaux décoratifs, deux lunettes pour les caissons d'un plafond du palais Barbarîgo où ils furent achetés en 1832 par M. Mottez. Sur un fond de ciel bleu se détachent en raccourci les figures allégoriques de VEloquence et de la Science : deux femmes de grandeur naturelle, à mi-corps, enlevées d'une brosse leste, en robes de brocart vert glacé de tons argentins, des perles dans les cheveux, souriantes, blondes, fantasques, avec ce type dont Véronèse use et abuse, comme d'une formule rossinienne, qui est bien à lui, du reste, et dont on ne se lasse pas. Ces fragments de décoration ont été faits pour êtres vus de bas en haut et de loin. Leur conservation est parfaite.

Deux portraits, sous les n" 300 et 301 du catalogue, sont donnés au Tintoret. Le premier, Portrait cTun religieux y est au-dessous du médiocre et indigne de lui ; le second. Portrait d'un vieillardy habillé

d'uDe robe de velours rouge bordée d'hermiDe, à mi-corps, est plue vraisemblable. C'est encore du mauvais Tiotoret, lourdement peint, i peine dessiné, plusieurs fois restauré et reverni ; mais encore la grande allure de la pose et de la tête, l'harmoDie générale du ton dans le costume véniUen, subsistent assez pour qu'on s'y arrête un instant. En pendant il y a un autre portrait de vieillard à barbe grise, en robe de soie noire, ni meilleur, ni pire. Il est porté au nom de Jacques Bassao avec quatre

(MuXs de UVt.)

autres tableaux : le Couronnement d'épines, l'Intérieur d'un minage, la Noce; ceux-tà bien authentiques, dans la note connue, avec l'inévitable efTet de lumière artificielle de ce peintre de troisième ordre dont on a dit avec raison que, s'il y a honte pour une galerie à n'avoir aucune de ses œuvres, il n'y a pas de gloire à en posséder. U paraît, cependant, que le musée de Madrid renferme quelques œuvres d'un faire plus élevé, inconnu même à Venise et qui le relève singulièrement; son tableau de la Nativité, à San Giuseppe 'de Bassano, passe aussi pour un des chefsd'œuvre de l'école. Le Jétut chasmnt le» vendeurs du temple, de Léandre Bassan, fils de Jacques, n'est guère meilleur.

8 Lli MUSÉE DE PEINTURE A LILLE.

Je me sens plus à Taise avec un tableautin, ovale en largeur, Esiher devant Assuérus, composition en figurines, d'Andréa Scbiavone. La scène se passe sous les galeries d'un palais. Échappée de vue sur un fond de paysage lumineux, personnages allongés et d'une élégance un peu maniérée, gamme chaude : quelque chose comme une ébauche du Parmesan achevée par Titien. Cela est peu commun et joli par la couleur et la vivacité des mouvements. Scbiavone avait appris à dessiner chez le Parmesan et à peindre chez Titien. Ridolfi en faisait grand cas; il estimait particulièrement ses petites compositions. « Il excellait, dit-il, à peindre sur des coiTres et des meubles des compositions remarquables par leur élégance et leur belle couleur. » Lanzi en parle avec complaisance. Ces petites improvisations sont devenues introuvables, même en Italie. Il est plus que probable que celle du musée de Lille, peinte sur une planchette, provient d'un de ces coffres dont parle Ridolfi, casse solite a vendersi. On voit encore à Venise les peintures que Scbiavone fit pour les orgues de Santa Maria del Carminé, et qui sont d'une extrême élégance.

Antonio Canale est un vrai Vénitien, bien intéressant et bien réel, le seul peintre qui ait rendu Venise avec notre Joyant et quelques aquarellistes anglais. Voici de lui un pont en pierre sur un canal, charmante esquisse où l'on surprend le travail du peintre, qui est très-simple, léger, dans une note jaune clair. Il y a aussi de son neveu Bellotto, qui a travaillé à Dresde , une curieuse vue de la place Saint-Marc, avec la Piazzetta et Saint-Georges. La touche est spirituelle, mais toute de pratique. Évidemment le tableau a été fait de souvenir ; on peut s'en convaincre par la singulière façon dont est dessinée et placée l'île de San Giorgio.

Le grand tableau n" 335, le Bepos en Egypte^ est une véritable rareté. Il paraît résulter de diverses preuves, groupées dans une note de M. Reynart, au catalogue, que ce tableau est de Carlo Saracini dit il VenezianOy un des plus ardents imitateurs du Caravage , « un ténébreux » , comme on les appelait alors , et que nous fait connaître la Pittura Veneziana et la Caria del navegar pittoresco de Boschini. Ce tableau est probablement le seul qu'en dehors de l'Italie on puisse donner avec certitude à ce peintre. Il est remarquablement peint, surtout dans les étoffes, qui sont abondantes, et dans les rouges. Adam Elzheimer en a fait une médiocre reproduction, en miniature, sur cuivre, qui se trouve au Belvédère de Vienne. Malgré l'opinion de M. Reynart, qui renverse la proposition, Elzheimer est le copiste et non Saracini ; cela ne ressort-il pas absolument du Carolus Saracenus inventor, qui se

trouve au ba^ de la rarissime eau-forte italienne du Repos en Egypte^ au Cabinet des estampes, qui est fort belle du reste, et qui a tout l'accent d'une œuvre originale? Robert Duménil considérait sans hésitation cette e^iu-forte et une autre de la même collection, Y Emevelîs^ement de la Vierge y comme étant de Jean Leclerc, élève de Saracini, sans tou* tefois nous donner ses motifs. Je pencherais à croire qu'elles sont bien de Saracini lui-même, de travail et d'invention comme le tableau.

Je rangerai dans l'école vénitienne deux tableaux, plus rares encore et d'une grande valeur, par Lambert Zustris. Quoique cet artiste soit né en Hollande et mort très- probablement à Munich, et qu'il appartienne par sa naissance aux écoles du Nord, sa manière toute vénitienne m'engage à en parler ici. Sa personnalité à peine débrouillée, puisqu'on le confond encore avec deux ou trois Flamands qui ont travaillé à Venise, Lambert Lombard, Lambert Suavius, mérite qu'on s'y arrête. Et à ce propos je ne puis pas admettre, quoi qu'en dise M. Lobet; qu'il n'y ait au moms deux personnes distinctes dans tous ces noms. Le peintre de Liège ne peut être celui d'Amsterdam. Celui de Liège paraît incontestable, et celui d'Amsterdam nous est révélé par la signature du tableau de Caen : Lambertus de Amsterdam pinxit. Lambert Zustris et Lambert d'Amsterdam ne seraient donc qu'un seul et même peintre. Quoi qu'il en soit, les œuvres elles-mêmes de notre Zustris sont aussi peu connues que sa personne. Quatre tableaux, jusqu'à plus amples renseignements, forment le catalogue de son œuvre : l'esquisse du musée de Caen — le Baptême du Christ, — la ravissante Vénus du Louvre, son chefd'œuvre, et les deux toiles du musée de Lille qui, sans le tableau du Louvre qui a servi à les déterminer et dont l'authenticité est absolument confirmée par celui de Caen signé, seraient encore portées sous le nom de Dosso Dossi et de Christophe Allori. La première repi*ésente Y Apparition de Jésus à Madeleine, ce que Ton appelle vulgairement le Bon Jardinier. Jésus-Christ debout, appuyé sur une houe, parle à Madeleine qu'il bénit ; celle-ci à genoux , en costume vénitien , au milieu d'une pelouse émaillée de fleurs; sur un plan plus éloigné, un jardin en broderie et taillé aux ciseaux ; fond de montagnes. C*est une composition dessinée dans le sentiment d'une gravure de Raphaël Sadeler et peinte par un flamand qui n'est point encore italien, largement, dans des tons d'aquarelle, laiteux, mêlés de blanc dans tous les empâtements ; mais avec un je ne sais quoi dans l'ensemble de distingué et d'original. Ce tableau est évidemment de ses débuts à Venise. Le second, la Judith, qui lui fait pendant, est déjà plus réveillé, plus monté de ton, plus Véronëse en un mot. Même type de femme, aminci, coquet

et moins flamand, trës-décoUeté et trëa-profane. Les tons ombrés de la chûr font, avec les nuances roses, lilas, améthyste des étoffes, un joli bouquet de couleurs. Encore un pas et Zustris, devenu complètement vénitien, de style et de pinceau, fera cette Vénus du Louvre dont la grftce et Tallure , la pose hardie et allongée, l'élégant et svelte contour, font penser à la Diane d'Anet. Malheureusement elle est si bien égarée au milieu des primitifs allemands et flamands, que personne ne songe à la regarder.

L'école de Venise est couronnée par un triomphant Piazzetta, V Assomption de la Vierge, grande et facile peinture de décadence, — 5 mètres de hauteur sur 2 mètres et demi, — enlevée en pleine lumière sur un fond de ciel très-fin ; habile au possible et fort amusante avec un parti pris de naturalisme tout personnel, et qd ne peut se confondre avec celui d'aucun autre peintre. Ce n'est qu'un morceau de décoration théâtrale, un de ses meilleurs certsdnement, mais traité dans une manière à part, tout à Tefiet, avec des ombres accentuées dans la lumière vive et caractérisé par un emploi très-imprévu et très-osé des blanci? qui sont la dominante de la gamme. Piazzetta, Tiepolo et Longhi à Venise, se soutiennent encore au milieu de l'effroyable décadence artistique de l'Italie au xvni^ siècle : machinistes, je le veux bien, mais d'une verve endia* blée et très-artiste. Leurs peintures sont du reste des plus rares à l'étranger.

Dans les autres écoles d'Italie nous n'aurons plus de ces surprises. Des deux André del Sarte, l'un, une Vierge à VEnfant, provenant de la collection Gampana, n'est qu'une copie; et l'autre beaucoup plus important, dans un sentiment presque raphaélesque, ingénieux et noble — grande Vierge avec F enfant Jésus, saint Jean et trois Anges, — mais où l'on ne retrouve en aucune façon la touche du grand Florentin, est une belle et ancienne répétition par un élève, peut-être par un Flamand de Florence, de l'original qui se trouve dans la galerie Gorsini à Florence. Ni l'un ni l'autre, du reste, n'appartiennent au style sublime de la Madona del Sacco et de la Cène de San Salvi. Il y a encore un Saint Grégoire de Lanfranc, vigoureusement torché ; de Romanelli, une Allé^ gorie de la France entourée des attributs de la prospérité, qui doit avoir été peinte à Paris ; de Carlo Maratti, la Dédicace du Temple de la Paix, qui a fait partie de la galerie de tableaux que le comte de Toulouse avait arrangée en décoration permanente de l'hôtel Lavrillière ; un Troupeau de chèvres de Philippe Roos; un petit Paysage de F. Mola, authentique; un Spada, la Chasteté de Joseph, excellent; quelques grandes copies faites au xviii^ siècle, d'après les Chambres de Raphaël au Vatican ; puis

un Saini Jean en méditationt assis dans une grotte sombre, vêtu de bail* Ions et tenant une tète de mort à la main, que le livret donne au Garayage et qui est plutôt de quelque habile de l'école Bolonaise, à la suite du Guide. Pour ceux qui aiment le paysage de convention il y a un petit Salvator Rosa, intact, indiscutable et bien conservé, j'avouersd même d'un faire assez agréable ; et un curieux Paysage, effet de neige, de Foschi. De tout cela il y a peu de chose à dire et moins encore à apprendre.

11 faut faire exception pour une Flagellation, d'auteur inconnu, trèsprobablement napolitain, c'est-à-dire à demi espagnol, tableau remarquable par sa vigueur et la franchise de son exécution ; et pour un Dominiquin, en exemplaire très-par : VAmoiur vainqueur sur la nue, à cheval sur un aigle, et se détachant en avant d'un fond de ciel robuste, bleuvert foncé, ce même bleu, singulièrement beau, qui se trouve dans le petit Bavissement de saint Paul au Louvre* Le mouvement général de cet Amour aux formes accusées a quelque chose de fier et de libre ; le dessin, sans être dégagé de la pesanteur habituelle, est intéressant et fort juste* Exception aussi pour un bien joli tableau de genre de Benedetto Castiglione, un de ses meilleurs certainement. Dans un paysage, haut monté en couleur, un Ane à bonne et honnête figure, portant sur son bat un singe et des ustensiles de ménage de toute forme et de toute espèce, regarde d'un air mélancolique une pannerée de poules, de canards, de lapins et autres animaux domestiques qui se pressent au premier plan du tableau. Quelle bonne nature d'Ane, et comme il est grassement peint I

Page 1