‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 2)Chapitre 3 sur 24 · Eléenne (Jeune), m. g. pl. 864- M. Pie-Clémentin · texte numérisé non relu

Eléenne (Jeune), m. g. pl. 864- M. Pie-Clémentin

Statue provenant de la collection Barberini, et offrant une jeune fille dans un costume particulier.

Sa chevelure descend sur les épaules. Une tunique, courte et sans manches, laisse à nu le côté droit de la poitrine, et la partie inférieure du corps à partir du milieu des cuisses. Elle est serrée sous les seins par une large ceinture, ou plutôt par une écharpe.

L’attitude est à peu près celle d’une jeune fille qui s’exerce à la course. Sur un tronc d’arbre est en relief une branche de palmier.

Visconti a trouvé l’explication de cette figure dans un passage de Pausanias qui fait connaître des courses qui avaient lieu, dans le stade d’Olympie, entre les jeunes filles, lors des fêtes qu’on célébrait en l’honneur de Junon. D’après Pausanias, ces jeunes filles avaient les cheveux tombans et une tunique courte qui ne couvrait pas le côté droit de la poitrine. C’était donc exactement le costume de notre statue.

D’après l’auteur grec, c’était la peinture qui reproduisait l’image des jeunes filles victorieuses. Mais la sculpture a pu représenter une de ces jeunes filles au moins comme type, et notamment Cliloris, l’une des filles de Niobé, qui, selon Pausanias, prit part à ces courses et remporta la victoire.

La tête est celle de la statue , et n’a pas même été séparée. Sont modernes : le nez, les bras depuis le milieu du biceps, un petit fragment du pied droit et du tronc d’arbre, et le bord de la plinthe. Il y a plusieurs cassures à la jambe droite. [Haut. 6 pal. 10 on.]

a 2200. — Jeune Spartiate, m.grec, pl. 864- coll. Vescovali.

Statue trouvée dans la villa Falconieri, à Tescolo.

La partie antique, consistant dans le torse et les cuisses, offrait une jeune

DE L'EUROPE

iille vêtue d’une tunique sans manches, libulée sur les deux épaules et s’arrêtant près des genoux. La cassure des bras indiquait que la main droite était élevée et la gauche abaissée : on voyait dans la partie antique la preuve que la figure se soulevait sur la pointe des pieds; on l’a donc restaurée d’après ces indications, en mettant dans la main gauche, abaissée, une palme qui remonte le long de l’avant-bras.

On a donné à cette figure le nom de Atleta Sparlana, mais il n’est pas certain pour nous que les indications qu’on a sur le vêtement des jeunes filles de Sparte conviennent bien à cette figure. Pourquoi, en outre, aurait-on représenté l’une d’elles dans une pose qui rappelle celle des Caryatides ? Du reste, la partie antique offre une très bonne sculpture grecque.

La tête est celle cl’une autre statue. On doit à la restauration : le nez, le bras droit en entier, le gauche depuis le milieu du deltoïde, les deux jambes.

Nous n’avons pas d’indication sur le tronc d’arbre. [Haut. 7 pal. 3 on. 1/2.]

2201. — Gladiateur, terre cuite, pl. 866. Musée Borgia

à Vellétri.

Le dessin de cette figurine a été pris dans le recueil de Guattani, année 1787. Elle était alors au musée Sléfano Borgia, à Vellétri, et l’auteur dit que ce musée renfermait beaucoup d’autres figurines du même genre.

Le sujet est un Guerrier ou Gladiateur tenant devant lui un bouclier convexe et carré, et ayant à la main droite un glaive. 11 est dans l'altitude de l’attaque.

La coiffure a une forme particulière, que nous retrouverons cependant presque semblable dans une autre figurine. Le visage est caché par une surface plane où se voient six trous destinés à la vue et à la respiration, et qui se termine en haut par un ornement conique. La tête du personnage est couverte par un morceau d’étoffe qui, du bout de l’ornement conique, descend sur les épaules. On trouve cette espèce de casque, mais à nu et sans étoffe, à une figurine étrusque du musée Gaddi, donnée par Gori dans son Mus. etrusc. et qui, d’ailleurs, est en tout sembable à celle-ci, sauf le plastron à la jambe gauche, dont nous parlerons plus bas (1).

La cuirasse paraît rembourrée . et cette circonstance amène la citation du passage suivant de Tite-Live, déjà donné par Guattani. L’historien romain parle d’un ancien costume de gladiateur, et dit, entre autres choses, qu’ils avaient la poitrine protégée par de l’éponge et un plastron à la jambe.

Forma erat scuti summum lalius , qua peclus alqae liumeri teguntur, fasligio æquali, ad imum cuneatior, nobilitatis causa; spongia peclori iegumcnium , et sinistrum crus ocrea tectum, galea cristata.

On trouve à la jambe gauche de notre figurine le détail cl’un jambarl qu’on voit aussi à une figurine en bronze du musée Carpegna, donnée par Gori,

(1) On trouvera une figurine de ce genre épaules et a deux trous pour les yeux. Le dans Caylus, t. III, pl. 26, n° 5. La visière, bouclier est à droite et le glaive à gauche, ou ce qui en tient lieu, tombe aussi sur les ce qui suppose une gravure au rebours.

STATUES ANTIQUES

pl. 45, n° 3, sous le nom d’Amour étrusque, quoiqu’elle ail les mêmes armes que les soldais. Les autres figurines publiées par eel auteur ont les deux jambarts ou n’en ont aucun.

Il reste à remarquer que notre figurine n’a de chaussure qu’au pied gauche. Tite-Live ne mentionne pas ce détail, mais il est signalé par d’autres auteurs, notamment par Virgile, dans l’Enéide, comme une circonstance de l’armement de quelques peuples d’Italie. [Haut. 2 po. 6 li.]

2202. — Gladiateur, m. g. pl. 866 et 869. Mus. Borbonico.

Nous donnons cette figure deux fois, parce que la gravure de la pl. 866, prise dans le musée Borbonico, n’en fait pas bien sentir le mouvement. La seconde gravure la présente de profil.

C’est un Gladiateur dans un mouvement animé, avançant la jambe droite et élevant le bras du même côté. La restauration a mis dans chaque main la poignée d’une épée.

A vrai dire, il n’y a d’antique que le torse et les cuisses, mais le style de cette partie est ancien et paraît tenir de l’étrusque.

Les parties modernes sont : la tête, les bras et les jambes.

La statue provient de la collection Farnèse. [Haut. 7 pal. 1/2.]

2 2 o3 . — Gladiateur, m. pl. 865. Musée Borbonico.

Statue provenant de la collection Farnèse et de bonne sculpture romaine. Le personnage est posé comme s’il dirigeait une lance contre une bêle féroce, par exemple un sanglier. Mais la restauration lui a mis dans chaque main la poignée d’un glaive. Il a une chlamyde.

Dans le livret de Naples, on dit que ce jeune guerrier a une blessure à la main gauche; que, du reste, la statue est pleine de mouvement et de vie, et que quelques-uns la considèrent comme la copie de quelque statue de Praxitèle.

La tête est antique, mais d’une autre statue. Elle est de bon style, sans cependant convenir à la figure, dont elle refroidit l’action.

Sont modernes : le bras droit, la main gauche, la jambe droite et le pied gauche. [Haut. 7 pal.]

2 2 o3 A. — Gladiateur, m. grec, pl. 870. Mus. Borbonico.

Statue provenant de la collection Farnèse et de bonne sculpture grecque. Elle est du même style et de même hauteur que celle qui est donnée n° 2202, ce qui peut faire imaginer que leurs poses se correspondaient. Celui-ci avance le bras gauche et la jambe du même côté. La restauration lui a mis aussi la poignée d’une épée à chaque main , et de plus une draperie sur le bras gauche.

Sont modernes : la tête, le cou et les deux bras depuis le milieu des deltoïdes. [Haut. 7 pal. 1/2.]

DE L’EDROPE.

2 2o4- — Gladiateur, marbre, pl. 866. Cavaceppi.

Le dessin de cette figure a été pris dans Cavaceppi , et nous n’avons pas d’autres indications.

C’est un jeune homme debout, nu, posant principalement sur la jambe droite et abaissant les deux mains. La main gauche, tient une épée dont le bout s’appuie au deltoïde. A droite, sur la plinthe, se trouve une cuirasse.

Cette pose se voit fréquemment à nos athlètes , et l’épée et la cuirasse sont probablement des restaurations.

2 2 o5. — Gladiateur, marbre, pl. 865. Musée de Dresde.

Statue représentant un Gladiateur qui fait un grand pas vers la gauche et avance les deux mains dans la même direction , mais tourne la tête un peu à droite.

Casanova a cru reconnaître à quelques indices que les bras ne devaient pas être ainsi étendus en avant, comme les a mis la restauration.

Sont modernes : le bras droit en entier, une partie du gauche, la jambe droite, les cuisses et la jambe gauche. [Haut. 6 pi. 3 po.]

2206, 2207. — Gladiateurs, marbre, pl. 865, 866. Dresde.

Statues provenant de la collection Chigi, et que Casanova croit dénaturées par la restauration.

La première offre maintenant un Gladiateur casqué qui avance la jambe gauche et porte aussi en avant la main gauche, laquelle tient un très-petit bouclier, et élève la main droite, qui tient la poignée d’une épée.

Les parties modernes sont : la tête, les bras et les pieds. [Haut. 3 pi.] (1).

Dans la seconde statue, le Gladiateur se présente de face et écarte les bras; la main gauche, élevée à la hauteur de l’épaule, est vide; la main droite, abaissée, tient la poignée d’une épée.

Celte seconde statue n’a d’antique que le torse. [Haut. 4 pi. 10 po.]

2208. — Gladiateur, marbre, pl. 867. Musée de Dresde.

Cette statue n’a été donnée, tant par Leplat que dans l’ Augusleum, que vue par derrière.

Le personnage nu, sans casque, imberbe, avance la jambe gauche, incline un peu le corps de ce côté, mais retourne la tête à droite. La main gauche, abaissée, est ouverte et vide. On ne voit rien du bras droit.

La tête et les bras sont modernes. Cassures h la cuisse gauche. [Haut. 6 pi.]

(1) La hauteur donnée sur la gravure est inexacte.

STATUES ANTIQUES

2209, — Gladiateurs, marbre, pl. 867. Musée de Dresde.

Sous ce numéro sont deux statues offrant deux Gladiateurs dans une pose analogue. Cette pose est naturelle, si l’on suppose qu’ils viennent de tirer l’épée du fourreau.

La seconde est la plus belle de travail et de dessin. Le marbre porte, dit-on , des taches rouges sur le corps.

Les deux Gladiateurs sont sans casque, barbus, et sur chaque plinthe est une cuirasse à gauche de la figure.

On doit à la restauration, dans la première sur la planche, la tête, le bras gauche en entier, la plus grande partie du droit, la poitrine, la jambe droite depuis le mollet, la gauche en entier.

Dans la seconde, la main droite avec partie de l’avant-bras, le bras gauche en entier, la jambe droite entre le genou et le pied, le pied gauche.

La tête paraît antique, mais il est fort douteux que ce soit celle de la^tatue.

[Haut. 6 pi. 10 po.]

2210. — Gladiateur blessé, marbre grec, pl. 870 et 872.

Musée Borbonico.

Statue provenant de la collection Farnèse, de sculpture et marbre grecs.

C’est un Gladiateur blessé sous le sein gauche ; l’épée l’a traversé de part en part. II est encore debout, mais au moment de s’affaiser. On vante beaucoup, dans le livret de Naples , la tête de celte statue; mais comme elle est moderne, nous croyons ne pas devoir en signaler le mérite. On voit sur la plinthe une épée, et la restauration en a mis une autre à la main droite du blessé.

Nous la donnons sur deux planches , pour l’offrir sous deux points de vue , et réparer sur la seconde gravure l’omission des restaurations.

On doit à la restauration : la tête, les bras depuis le bas des deltoïdes, et les pieds avec le bas des jambes. [Haut. 7 pal. 6 on.]

a 2210 A. — Gladiateur, marbre, pl. 869. Coll. Grey.

Homme entièrement nu , debout, dont la main droite, ramenée près du sein , tient un poignard; l’autre main est abaissée.

La pose est donc celle, non pas d’un Gladiateur, mais d’un homme qui médite de frapper avec un poignard. L’arme est moderne , mais nous ne voyons pas quel autre objet la main a pu tenir.

La tête est celle d’une autre statue antique. Elle a de la barbe.

Sont modernes : le cou, la main droite avec le poignet et l’arme, le bras gauche depuis le bas du deltoïde.

22 10 B, C. — Gladiateurs, marbre, pl. 868. Coll. Pamphili.

L’ouvrage sur la villa Pamphili donne ces deux figures de Gladiateurs. Nous

DE L’EUROPE. 1 3 3

n’avons reçu d’indication de restauration que pour la seconde, ce qui donne à penser que l’autre n’est plus à la villa Pamphili.

Les parties modernes sont, à la seconde : la tête, le bras droit en entier, l’avant-bras gauche, la jambe droite, la cuisse et la jambe gauches, et le tronc d’arbre.

La partie antique appartenait donc à ces figures nombreuses qui ont l’avantbras gauche horizontal et le bras droit abaissé. Mais, très-probablement, ce n’était pas un Gladiateur, et surtout la statue n’avait pas cette tête à cheveux hérissés et à moustaches qui sort tout à fait du goût antique.

[Haut, q pal. 2 on.]

La première figure a une tête du même genre et est dans l’attitude de l’escrime; elle étend la main droite, qui tient une épée et porte la gauche près du sein , où elle saisit une draperie qui repose sur l’épaule.

2210 D. — Gladiateur, marbre, pl. 870. Coll. Pembrocke.

Il y a entre celte statue et celle du n° 2173 un si grand rapport de pose, que nous sommes porté à y voir le même sujet, un Discobole vainqueur.

Ici comme à l’autre figure, la main gauche, horizontale, est fermée et n’a pu tenir qu’une palme; le talon gauche est levé aussi, ce qui suppose que la main droite, abaissée, tenait un objet lourd; cette main est, il est vrai, fermée, et ne nous est pas signalée comme moderne. Mais le disque aurait pu être appuyé sur le tronc d’arbre et retenu d’en haut par la main.

La figure a la tête tournée à gauche et lève les yeux. La tête est ceinte du diadème.

Sont modernes : les deux jambes avec une partie delà cuisse droite. [Haut. 2 pi. 2 po.]

2211. — Gladiateur, marbre, pl. 868. Musée Saint-Marc.

Petite statue offrant un Gladiateur tombé sur le genou gauche, s’appuyant de la main gauche à un tronc d’arbre peu élevé, et étendant la main droite, qui lient la poignée d’une épée.

Zanetti n’émet pas d’opinion positive sur le sujet de cette figure; il se demande si le Gladiateur est représenté se défendant encore, ou attendant la sentence du peuple, ou même prêt à recevoir le dernier coup. Quant aux restaurations, il nous apprend que plus de la moitié du bras droit est moderne.

Nous serions disposé à voir dans cette figure un bestiaire, à raison de la tunique courte qui laisse à nu tout le côté droit de la poitrine, et qui est, en outre, retroussée parle bas jusqu’cà la hanche gauche, et serrée autour du corps par une large ceinture.

Ceux qui combattaient les bêtes dans le cirque, opposaient, sans doute, l’adresse à l’attaque aveugle de leur adversaire ; l’épée de notre Gladiateur a pu menacer le ventre d’un animal qui se serait dressé sur lui. [Haut. 2 pal. 3 on.]

STATUES ANTIQUES

2211 A. — Gladiateur, marbre grec, pl. 85 1 . Coll. Mattéi.

Statue colossale offrant un homme nu, qui a à la main droite une épée, et qui de la gauche, placée près de la hanche, tient le fourreau.

Une draperie, jetée sur l’épaule droite, couvre d’abord le devant du bras jusqu’à la saignée, passe ensuite derrière le corps, et, revenant près de la hanche droite, couvre le haut des cuisses et le devant du ventre, pour s’enrouler autour de la cuisse droite. On paraît avoir imité ici l’effet de la force du vent sur une draperie, et cette disposition, jointe à la hauteur, porterait à penser que c’est une de ces statues que l’on plaçait en assez grand nombre sur le couronnement des arcs de triomphe.

On trouvera au n° 24o3, sous le nom de Domitien, une statue semblable de pose , à peu près de la même hauteur , mais dont la draperie , placée sur l’épaule gauche, repose sur l’avant-bras du même côté comme aux statues impériales.

La tête est celle de la statue, dont elle a été séparée. Sont modernes : tout le bras gauche , depuis le milieu du deltoïde , avec partie du torse , depuis le cou jusqu’au flanc, et un fragment de la plinthe. H y a d’autres restaurations de détails marquées sur la gravure. [Haut. 12 pal.]

22 11 B. — Gladiateur, marbre, pl. 85 1. Coll. Mattéi.

Celte statue est donnée, dans l’ouvrage sur la villa Mattéi, immédiatement à la suite de la précédente, mais on ne nous en a pas fait connaître les restaurations ; ce qui rend probable qu’elle n’est plus dans la collection.

Elle a pu avoir le même emploi que la précédente.

Elle représente un homme debout, nu, barbu, tournant la tête à droite, et avançant la jambe droite. Le bras gauche, qui manque depuis le milieu du biceps, se dirigeait en arrière, ce qui est d’accord avec la disposition des jambes. Quant au bras droit, il se montre derrière la figure, qui est donnée de profd dans une position horizontale, à peu près au-dessous des côtes. Celte disposition, jointe à celle de la main , n’est pas naturelle.

Derrière la figure est un tronc d’arbre couvert d’une draperie.

2211 G. — Gladiateur, marbre grec, pl. 854 C. Villa Albani.

Statue de grande hauteur, offrant un Gladiateur tombé sur le genou droit, et qui oppose à son ennemi le bras gauche , où le bouclier est représenté par l’anneau. La main droite, abaissée, tient la poignée d’une épée.

Ce Gladiateur a une tunique sans manches, qui laisse à nu le côté de la poitrine, et en l’état il n’a pas de casque.

Sont modernes : la tête, le bras droit depuis le deltoïde, l’autre bras avec l’épaule, la jambe gauche et une parLie de la cuisse, mais sans le pied. [Haut. 8 pal. 6 on.]

DE L’EUROPE

a 221 i D. — Gladiateur, m. grec, pl. 854 D. Pal. Altemps.

Statue de près de onze palmes , offrant un jeune homme nu , qui a le pied posé sur un petit rocher et qui appuie les deux mains sur la cuisse , qui soutient aussi la chlamyde. Le personnage lève la tête à gauche et regarde le ciel.

Nous pensons que cette statue était placée sur le couronnement d’un arc de triomphe, dont elle occupait une extrémité. Dans cette position, elle ne représentait probablement pas un Gladiateur, dont elle n’a, du reste, pas même le glaive.

Sont modernes : la tête , les deux bras depuis le bas des deltoïdes , les cuisse et jambe droites, des fragmens de la draperie et de la jambe gauche.

Le rocher sur lequel porte le pied gauche est antique et encastré dans la plinthe moderne. [Haut. îo pal. y on.]

2212. — Gladiateur, m. de Luni, pl. 858 A. Mus. Capitolin,

Cette statue est celle dont nous avons dit, au n° 2iy4 A, que c’était le torse d’une copie du Discobole de Myron, dont on n’a pas, d’abord, reconnu le sujet, et qu’on a restaurée en Gladiateur.

La restauration a présenté le Gladiateur tombé sur les deux genoux, s’appuyant à terre de la main gauche, et élevant la main droite, qui tenait l’épée renversée. Cette représentation, n’a peut-être pas de sens.

Sont modernes en entier : les bras, les cuisses, les jambes, le bouclier et la plinthe.

La statue a appartenu au sculpteur M. Monal; elle était déjà au Capitole lorsque Guatlani en a parlé dans sa publication de 1784. [Haut. 5 pal. 3 on.]

22 i3. — Gladiateur blessé, m. pl. 872. Musée de Dresde.

Statue provenant de la collection Chigi, et qui n’a d’antique que le corps.

En la restaurant, on lui a donné l’altitude d’un guerrier blessé, à demi couché et qui, s’appuyant de la main droite sur son bouclier, porte la gauche vers sa tête.

[Haut. 2 au. — Long. 3 au. 5 po.]

22 i4- — Gladiateur mourant, m. pl. 869. Mus. Capitolin.

Statue provenant de la villa Ludovisi , et dont les restaurations sont attribuées à Michel Ange.

Nous avons parlé de celte statue célèbre au n° 21 58, à propos d’une statue de Naples qui olfre le même sujet qu’elle , mais dans une pose inverse.

Le Gladiateur du Capitole est assis sur la cuisse droite , s’appuyant aussi de la main droite à la plinthe, et il laisse couler le sang de la blessure qu’il a reçue sous le sein droit. Sa chevelure est hérissée, et il porte autour du cou une corde, qui le fait reconnaître pour un Gladiateur.

La tête a été séparée précisément sous la corde.

Sont modernes : le bout du nez, le bras droit depuis le milieu du biceps, le pouce gauche , la rotule gauche , le bout de chaque pied , et un tiers de la plinthe à droite. Il y a, en outre, au milieu du pied droit une cassure, qui s’étend jusqu’à la plinthe et traverse le bouclier. On remarque d’autres cassures au milieu de chaque jambe, au genou et au cou-de-pied gauche.

[Haut. 3 pal 8 on. 1/2. — Long. 8 pal. 4 on.]

221 5. — Gladiateur mort, m. pl. 872. Musée de Venise.

Cette statue nous offre un Gladiateur mort, étendu sur le dos. Il a une blessure sous le sein gauche et est sans casque ; le bras gauche , qui tient encore le boucher, est allongé sur la plinthe. Autour des reins est une corde, qui désigne suffisamment un Gladiateur. [Long. 4 pal-]

2216, 2217. — Gladiateurs morts , marbre, pl. 871. Musée Borbonico.

Statues provenant de la collection Farnèse et de bonne sculpture grecque.

Ce sont deux guerriers morts , le premier étendu sur le dos, le second sur le côté.

Le premier a la main droite placée en arrière de la tête, et cette main tient encore l’épée; le bras gauche est allongé et enveloppé de la petite draperie que portaient les héros et qu’on voit aussi aux Gladiateurs. Sur la plinthe est une courroie, qui désigne cette dernière profession. La figure est barbue.

La seconde figure est imberbe et jeune; elle a un casque sans visière, une courte tunique attachée sur l’épaule gauche, et qui laisse presque tout le buste à découvert. Il a enfin des anaxyrides , ce qui dans le musée Borbonico , le fait nommer Guerrier phrygien. Il est couché sur le côté gauche, ayant la main droite sur la plinthe, près de la poignée d’un sabre dont la lame est quelque peu courbe. Derrière lui est son boucher.

On doit à la restauration dans la première statue : la moitié de la jambe gauche et le pied, et la moitié des doigts du pied droit. [Long. 2 pal. 3 on.]

La seconde n’a de moderne que le bras droit. [Long. 3 pal. 9 on.]

2218. — Athlète, marbre de Car. pl. 872. Coll. Giustiniani.

Cette statue n’est plus dans la collection Giustiniani. Elle représente un personnage debout, portant le corps principalement sur la jambe droite. La main droite, abaissée, tient un fragment de palme; la main gauche porte un volume. Une chlamyde libulée à droite couvre le haut de la poitrine, passe sous l’épaule gauche et va reposer sur l’avant-bras. La tête est ornée du crédemnon.

Cette statue n’est pas sans ressemblance avec le n° 2 1 89 B de la collection Pamphili.

DE L’EUROPE

2219. — Gladiateur, m. de L. pl. 861. Munich, Glypt.

Statue provenant de la collection Albani , et qui a fait partie quelque temps du musée du Louvre , où elle portait le nom de Mars victorieux.. Elle a été gravée par Piroli et Bouillon.

Nous l’avons déjà donnée parmi les Mars n° i438 A, pl. 633, et comme se trouvant à la villa Albani.

Winckelmann s’est occupé plusieurs fois de cette statue, à laquelle il a reconnu les oreilles de pancraliasle, et c’est pour cela qu’à Munich elle porte le nom de Gladiateur victorieux.

C’est une statue debout, nue, dont la main droite, abaissée, tient la poignée d’un glaive. La main gauche, horizontale, soutient une petite Victoire. Le fourreau du parazonium est suspendu au côté gauche par un baudrier. Une draperie placée sur l’épaule gauche descend jusque sous le jarret.

La Victoire est une addition moderne, et, dans le livret de Munich , on dit que , d’après la direction du bras , la statue a dû tenir un bouclier ; du reste , la Victoire est antique.

Les parties modernes sont : l’avant-bras droit , la plus grande partie de l’avantbras gauche, le parazonium, les cuisses , les jambes et le tronc d’arbre. [Haut. 6 pi. 9 po.]

2220. — Bestiaire, marbre, pl. 871. Coll. Giustiniani.

Un Gladiateur bestiaire saisit un lion de la main gauche par la tête, lui met le genou gauche sur le dos , et va le frapper de son épée.

C’est un groupe plein d’intérêt à raison de la rareté du sujet.

Il n’est plus dans la collection Giustiniani , et nous en ignorons les restaurations et la hauteur.

* 2221. — Joueuse de lyre , marb. pl. 3 1 o. Musée du Louvre.

Cette statue offre une femme vêtue d’une tunique sans manches, à peu près dans la pose de quelques Vénus demi-drapées et de celle, tout à fait vêtue, donnée n° i3oi. Elle élève le genou droit pour soutenir sa draperie.

Pour compléter cette figure à peu près sans bras , on lui a fait tenir de la main gauche une lyre placée sur un pilastre ; l’autre main lient le plectrum.

Sont modernes : la tête , l’avant-bras droit , tout le bras gauche , la lyre et le pilastre. Elle provient de la villa Borglièse. La coiffure donnée à la tête est de l’époque de Trajan ou d’Adrien. [Haut. om,929.]

a 2221 A. — Histrion, marbre, pl. 874. Villa Albani.

La tête de cette statue a un masque qui laisse voir beaucoup plus que la bouche, mais la tête n’est pas l’originale, quoiqu’elle soit antique.

Le personnage porte une tunique et un pantalon de peau ; par-dessus , un

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manteau qui couvre d’abord l’épaule et le bras gauche, revient ensuite du côté droit et passe sur le ventre ; la main gauche en relient un bout. La main droite, placée au milieu de la poitrine, tient aujourd’hui un pédum.

Sont modernes : les deux mains, le pédum, moitié de la jambe droite et la gauche en entier.

La statue est moindre que nature.

a 22 2 1 B. — Acteur comique, m. de L. pl. 874. Villa Albani.

On a ici indubitablement le portrait d’un acteur comique.

La tête, qui est celle de la statue, n’est pas masquée, ce qui lui a fait mettre par la restauration un masque dans la main droite.

La pose est purement statuaire, et le costume pourrait n’être pas scénique. Le vêtement estune tunique à longues manches, et un manteau qui ne couvre point la poitrine et s’arrête à mi-jambes. La main gauche le saisit près du flanc.

La tête a été séparée. Sont modernes : l’avant-bras droit, les doigts de la main gauche , le pied droit et le talon gauche.

La statue a été trouvée à Tivoli. [Haut. 5 pal. 2 on. 1/2.]

a 2221 C. — - Acteur comique, m. g. pl. 874 B. Villa Albani.

On a encore très-probablement, dans cette statue, le portrait d’un acteur, car le visage n’est pas masqué et la statue est absolument nue.

Quoique le personnage soit jeune et imberbe, et absolument chauve, l’expression du visage, le geste et la pose ont une signification mimique.

Dans le recueil de Ficoroni (1), on voit aussi des figures d’acteurs dont la tête est rasée et qui tiennent le masque à la main. 11 paraît que la calvitie complète rentrait, pour quelques-uns, dans les commodités de leur profession (voy. p. 76, 82); d’autres ont sur la tête un bonnet collant, ce qui vient à l’appui de notre comparaison (voy. pl. 7 1) ; en général, ces figures regardent le masque qu’elles portent à la main. Peut-être notre statue tenait-elle de la même manière et à la main droite le masque, que la restauration a mis à la main gauche?

La tête a été séparée. Sont modernes : le nez, le menlon, la main droite, l’avant-bras gauche, le masque, les deux jambes et le tronc d’arbre. [Haut. 4 pal. 2 on.]

a 222 1 D. — Acteur comique, m. de C. pl. 874 A. Villa Albani.

Ici encore la tête n’est pas masquée; le visage est barbu et le haut de la tête est chauve; c’est donc probablement une statue iconique.

Comme au n° 2221 A, le personnage a une tunique et des pantalons de peau , mais à longs poils , et un manteau qui ne couvre que l’épaule gauche et le ventre.

La restauration a supposé que les deux mains réunies sur le ventre tenaient une flûte; cela n’est pas probable, car, de la sorte, la figure manque de mou-

(1) Ficoroni, Mcischcre • sceniclie , etc.

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vement. La main droite a dû être plus abaissée , et un pédum était un accessoire plus convenable.

La tête a été séparée et est quelque peu corrodée. Sont modernes : le bras droit en entier, le fragment de flûte, la jambe droite sans le pied. Il y a des cassures à l’avant-bras gauche et sous le genou gauche. [Haut. 5 pal. 6 on.]

222 i E. — Acteur comique, m. g. pl. 874 B. Villa Albani.

La tête de cette statue est moderne , et l’on se demande si la restauration a entendu lui donner un masque.

Le vêtement, composé d’une tunique et d’un manteau, indique, en outre, que le personnage ici représenté était vieux. Le restaurateur a mis à la main droite un volume, ce qui en fait un de ces Didascales ou directeurs qu’on voit sur les scènes comiques des peintures de Pompéi (1).

Sont modernes, outre la tête : l’avant-bras droit, la main gauche, le bord de draperie qui descend perpendiculairement, les deux jambes.

[Haut. 3 pal. 6 on.]

2221 F, G. — Acteur et actrice, terres cuites, pl. 874 D. Naples, musée Borbonico.

Ces deux terres cuites trouvées ensemble dans une maison de Pompéi, et de moins de cinq pieds , sont du plus grand intérêt. Elles oflrent deux personnages scéniques, l’un homme, l’autre femme, qui évidemment se faisaient pendant.

Ils ont un masque qui s’adapte exactement au visage; la bouche est entr’ouverte. Le masque de l’homme est sans barbe.

Le vêtement de la figure d’homme consiste dans une tunique à doubles manches, dontl’une va jusqu’au poignet, et l’autre s’arrête au milieu du biceps. Un manteau couvre la figure jusqu’au bas des jambes; il va de l’épaule gauche au flanc droit, et la main droite en saisit le bord sous la poitrine.

La figure de femme, a deux tuniques, dont l’une ne paraît qu’ autour du cou et aux manches. La tunique de dessus forme beaucoup de plis sur la poitrine. Un manteau jeté sur l’épaule gauche revient, par le côté droit, couvrir la partie supérieure du ventre et l’avant-bras gauche. Le bout qui en retombe a des franges.

La première figure est intacte, l’autre est corrodée à la main gauche.

Chaque figure est chaussée d’élégantes sandales.

[Haut, de la première statue 4 pal. 9 on; haut, de la seconde 4 pal. 6 on ]

a 2222, 2222 A. — Histrions assis, marbre, pl. 873. Vatican et musée Britannique.

Les deux statues réunies ici ont moins de deux palmes de hauteur. Elles servaient donc probablement de décoration dans l’intérieur des maisons.

(1) Roux et Barré, Peintures de Pompéi, t. III, pl. 123.

l4o STATUES ANTIQUES

Les têtes sont celles des statues, et le masque paraît être celui de Davus, l’esclave fripon par excellence.

La première a été trouvée en 1817, près de l’ancien Forum Romanum. Le vêtement est la tunique courte et à manches, le pantalon et un manteau, qui d’abord entoure son buste horizontalement, et revient par-dessus l’épaule gauche pour couvrir le bras de ce côté; la main gauche en tient le bout; l’autre bras est appuyé sur l’autel.

La tête a une couronne de fleurs, dont Visconli a donné l’explication suivante, sur ceux du Vatican, reproduits par nous, n° 2 2 23 : « L’action du drame aurait eu lieu un jour de fête, et l’esclave aurait mis cette couronne d’après l’usage des esclaves à pareils jours. Peut-être aussi la couronne était sur l’autel , ou auprès , et l’esclave l’aurait prise comme un moyen de protection de plus. Dans le Plutus d’Aristophane, l’esclave Carion en met une de cette manière pour se soustraire à la colère de Chrémyle. »

La tête a été séparée, et le bout du pied gauche est moderne. Plusieurs cassures sur les jambes. [Haut. 1 pal. 11 on.]

La seconde figure ne porte pas de pantalon, sa tunique est aussi plus courte et n’a pas de manches. En présence de la statuette même , nous avons remarqué que le vêtement ne faisait pas de plis et paraissait formé d’une peau épaisse. Le manteau est aussi plus court et plus épais. (Voy. 2222 D.)

La disposition du manteau et l’attitude sont les mêmes qu’à la précédente figure. On y voit aussi la couronne de fleurs, mais le masque est plus grimé.

11 y a du naturel dans la pose de cet histrion et du comique dans son ensemble.

Sont modernes : l’avant-bras droit sans la main , et les deux jambes sans les pieds. [Haut. 1 pi. 8 po.]

2 22 2 B et C. — Histrions assis, m. C. pl. 874 A. Villa Albani.

Ici encore est une figure assise sur un autel, mais elle est jeune et sans barbe. On remarque qu’elle tire la langue.

Les cheveux sont rangés et la tête porte une couronne, ce qui n’a pas empêché la restauration de mettre une seconde couronne à la main droite de la figure.

Le vêtement consiste dans une tunique sans manches et sans plis, et un pantalon où sont, au contraire, beaucoup de plis, et qui enveloppe le talon et la moitié des pieds. Il paraît s’adapter à des sandales. Le manteau est disposé comme aux autres figures de ce genre.

La tête a été séparée. Sont modernes : le bras droit depuis le biceps, quelques doigts de la main gauche , la jambe droite sous le genou , l’autre jambe avec partie de la cuisse. [Haut. 3 pal. 7 on.] •

L’autre figure est plus renversée à droite sur l’autel qu’à la précédente. La tunique est souple et a des manches; le bas du pantalon disparaît sous la chaussure. La main gauche, placée près de la cuisse, tient aussi le bout du manteau. La main droite, appuyée à l’autel, porte une couronne.

DE L’EÜROPE. l4l

Sont modernes: la tête, le cou, l’index droit, la moitié antérieure du pied droit, la moitié de la jambe gauche avec le pied. [Haut. 3 pal.]

a 2222D. — Histrion assis, mar.deC. pl. 874 B. Villa Albani.

La tunique de cet acteur est sans manches ni plis, et la statue n’a pas de pantalon. La main gauche, en contact avec la cuisse droite, tient le bout du manteau.

Les parties modernes sont la tête, le bras droit ainsi qu’une partie de l’autel où la main repose, la main gauche et les jambes. [Haut. 4 pal. 4 on.]

a 2222 E. — Acteur comique, m. g. pl. 874 B. Villa Albani.

Un grand masque à oreilles de cheval , placé ici sur la plinthe , a fait considérer la statue comme nous offrant un personnage de comédie. Elle représente un jeune homme semblable de pose et de costume aux figures de pêcheurs. (Voy. 2 245 et suiv.) Il marche tenant de la main gauche un sceau qui est antique, et à l’autre main une bourse qui est moderne. Il a une tunique courte qui ne couvre que l’épaule gauche et laisse le côté droit à nu.

Sont modernes : le bras droit depuis le milieu du biceps , la bourse et le bas de la plinthe à droite. [Haut. 3 pal. 2 on 1/2.]

2223. — Histrion, mar. Luni, pl. 8g3. Mus. Pie-Clémentin.

Lemusée Pie-Clémentin possède, avec la ligure dontnous donnons icile dessin, une autre statue toute semblable, mais qui a sa tête inclinée à gauche.

Ces deux marbres viennent de la collection Mattéi ; l’un d’eux a été donné par Spon. Ces deux figures ont dû être trouvées ensemble et se faire pendant.

C’est encore l’esclave se réfugiant sur un autel , comme dans la Mostellaria de Plaute.

On voit encore ici la couronne de fleurs , et , de plus , un anneau à la main droite. Ce dernier détail a préoccupé Visconti, qui a dit que le châtiment encouru par l’esclave pourrait provenir du vol d’un anneau , et a rappelé que dans une pièce perdue du poète Piaule, intitulée Condalium, toute l’intrigue roulait sur un anneau.

Le vêtement consiste dans une tunique courte et à manches; et dans un manteau disposé comme aux autres figures. On ne voit pas ici de pantalon.

La tête a été séparée, et les parties modernes se réduisent à quelques détails marqués sur la gravure. Il y a des cassures à chaque jambe, sur le genou et au-dessus des malléoles. [Haut. 2 pal. 9 on.]

2 2 2 3 A. — Egyptien sur un crocodile, pl. 87 5 . Mus. Britannique.

Groupe apporté de Rome par lord Cawdor et cédé par lui à M. Townley.

Un jeune homme se dresse la tête en bas et les pieds en l’air perpendiculai-

rement sur un crocodile, et y fait sans doute des tours de souplesse et dequilibre. On sait que certains peuples d’Afrique , familiarisés avec la vue des crocodiles que leur pays produisait en grande quantité , apprivoisaient ces animaux de manière à pouvoir les montrer en spectacle. On sait d’ailleurs que le croco dile ne se retourne pas facilement, en sorte qu’il ne lui serait pas aisé de se débarrasser d’un sauteur hardi, agile et adroit qui se placerait sur son dos. On vit souvent paraître des crocodiles dans les jeux des Romains; il est à croire qu’on ne se bornait pas à les faire combattre, mais qu’on en tirait parti pour des divertissements et pour amuser le peuple en les soumettant à des tours d’adresse. On reconnaît le jeune Ethiopien à son nez écrasé, à ses grosses lèvres et à ses cheveux crépus; ils sont arrangés en tresses, ce qui est encore fort à la mode chez beaucoup de nègres et de négresses, et se voit sans cesse aux colonies, où ils chargent leurs cheveux de petites plumes, de bouts de rubans ou de graines de couleurs vives. Cette figure est fracturée à la ceinture et aux cuisses. Les jambes sont modernes , le bras gauche est fracturé et le coude restauré; la queue du crocodile, la tête et les pieds de devant le sont aussi. Ce monument très-curieux est d’un travail médiocre. [Haut. 2 pi. 6 po.]

a 2 223 B. — Histrion, mar. gr. pl. 874 A. Musée Borbonico.

Cet Hermès a été trouvé à Herculanum ; il porte une barbe touffue et longue, et est coiffé d’une couronne particulière qu’on retrouvera au n° 22 34 A. 11 est vêtu d’une double tunique à longues manches, et qui monte jusqu’au cou. Une large ceinture serre les deux vêtements.

Les deux mains, abaissées, tiennent, la gauche un fragment de flûte, et la droite une patère. Une sorte d’écharpe, placée sur l’épaule gauche, vaparderrière passer sur l’avant-bras droit , d’où elle retombe.

Le visage est dans la direction de la main droite, et on suppose que la figure fait une offrande. Quant à la physionomie, on dit quelle est bouffonne. Il n’y a de moderne que le bout de draperie au-dessous de la main droite. [Haut. 4 pal. 6 on.]

2224. — Histrion, mar. Luni, pl. Sg/\.. Musée Pie-Ciémentin.

Statue trouvée dans l’ancienne Préneste, sur l’emplacement du Forum. Elle porte une tunique à longues manches , un pantalon étroit et des sandales semblables à celles de la figure précédente; un manteau roulé autour du corps, de gauche à droite, revient par l’épaule gauche et descend jusque près des genoux en couvrant le bras ; la main en tient le bord. L’autre main est abaissée et vide.

La tête est moderne et a le masque. Il est plus probable que la statue était iconique, et tenait un masque à la main droite. Le pied droit, placé sur un petit rocher, ne permet guère d’y voir la reproduction d’un personnage comique dans une scène déterminée.

Sont aussi modernes : l’avant-bras droit , l’index et le médius gauches , les deux jambes, le petit rocher, le tronc d’arbre. [Haut. 4 pal. 5 on.]

DE L’EUROPE

2 2 25. — Jeune Histrion, mar. pl. 874. Villa Albani.

Sur la hauteur de la statue, nos indications se réduisent à savoir qu’elle est moins grande que nature.

11 en résulte qu’elle représente un Histrion assez jeune, ce qu’indiquent aussi les traits du visage et les formes du corps. Elle est sans doute représentée dans l’un de ses rôles, car la figure a beaucoup de mouvement.

Son vêlement consiste dans une tunique sans manches qui ne se voit qu’à la poitrine, et un manteau roulé d’abord autour du corps de gauche à droite, et reparaissant sur l’épaule gauche, d’où il descend jusqu’aux jambes en couvrant le bras.

Sont modernes : le bras droit depuis le biceps, le masque que tient la main, et une grande partie des jambes.

* 2225 A. — Génie des jeux, mar. pl. 3/19. Louvre.

Un bas-relief du Louvre, où se trouvent entre autres figures deux petits enfants qui font battre des coqs , nous a fourni l’occasion de parler avec étendue de ce divertissement des anciens que l’on voit aussi sur des vases et des pierres gravées. Ces derniers monumens surtout offrent des Amours ou Génies qui tiennent, comme notre figure, une palme, et ont auprès d’eux des coqs. (Voy. notre tome II, p. 225, pl. 191 et 200.)

Notre statuette, tenant à gauche une palme, avance la main droite vers le coq, et de cette dernière main porte une couronne. Le coq relève la tête vers la couronne. Sur une pierre gravée publiée parRaspe, un Amour présente à deux coqs une palme et une couronne, pour les récompenser ou pour les animer.

Sont modernes : au génie , le bras droit depuis le milieu du biceps , la couronne, un fragment intermédiaire de la plinthe; les deux jambes avec partie de la cuisse droite; au coq, la tête et le cou. [Haut. om,56o. = 1 pi. 8 po.8 li.]

* 2226, 2227 et 2227 A. — Enfans à l’Oie, mar. pl. 293, 875 et 874 C. Louvre, Vatican et Capitole.

Pline fait connaître un bronze du statuaire carthaginois Boéthus, représentant un enfant qui serrait le cou d’une oie : Boethi puer eximie anserem strangulat.

Les trois sculptures ici réunies offrent précisément un enfant debout tenant des deux mains une oie qui est aussi grande que lui , et cherchant à l’étrangler. Il y en a une semblable au n° 2232.

Celle du musée du Louvre a été trouvée à Roma Vecchia , ancien Pagus Lemonius, et servait autrefois à l’ornement d’une fontaine.

Sont modernes: la tête de l’enfant et celle de foie. [Haut. om,g27.]

Au n° 2227, l’enfant a de moderne la tête, la main droite avec partie de l’avant-bras, le bras gauche depuis le milieu avec la moitié de la main, les cuisses, les jambes; et l’oie, le cou, les ailes, les jambes elle bout de la queue. [Haut. 3 pal. 9 on. 1/2.]

STATUES ANTIQUES

1 Ml

Au n° 2227 A, .l’enfant a de moderne la jambe gauche avec partie de la cuisse, mais sans le pied; l’oie, la tête.

On trouva cette statuette à Rome, en 1741, en faisant une chaussée de Sainte-Croix à Saint-Jean-de-Latran.

Boltari lui-même dit que cette oie a pu donner de l’eau. Mais la restauration de la tête n’a pas conservé d’indication sur ce point. [Haut. 3 pal. 9 on.]

2228. — Enfanta l’Oie, mar. gr. pl. 876. Musée Borbon.

Statue de style et marbre grecs, trouvée à Herculanum. Un enfant debout tient entre ses jambes une oie dressée sur ses pattes. Il a les mains croisées sous la tête de l’oie, et le genou droit sur une aile.

Sont modernes, à l’enfant: la tête, les deux bras depuis le biceps, partie des deux jambes; à l’oie, la tête et le dos,

La restauration, qui est de Canardi, est mauvaise. [Haut. 3 pal. 9 on.]

* 2228 A, B, C. — Enfans et Oies, mar. br. pl. 878, 875 et 876. Coll. Giustiniani et musée Britannique.

Les deux premières figures sont des statuettes d’un peu plus de deux palmes.

La première, debout près d’un tronc d’arbre, et ayant le pied gauche sur un petit pilastre, tient des deux mains une oie à la hauteur de sa poitrine. L’oie est posée verticalement, de manière que l’enfant et l’oiseau semblent se regarder.

Sont modernes : la tête de l’enfant, à qui la restauration a donné une sorte de bonnet phrygien, la tête et le cou de l’oie. H y a des cassures à l’attache des cuisses et sur les malléoles. [Haut. 2 pal. 3 on. 1/2.]

La seconde statuette est en bronze et a été trouvée, en 1826, dans unemaison de Pompéi, au milieu d’une ancienne pièce d’eau de forme rectangulaire. Elle était au milieu du rectangle sur un piédestal.

L’enfant a des ailes et se tient debout sur le pied gauche. La main droite est écartée, la gauche serre l’oie contre la poitrine. L’oie donnait autrefois de l’eau par le bec. [Haut. 2 pal. 2 on.]

La troisième figure est en marbre et se réduit à un fragment comprenant le torse, les cuisses, le bras gauche et l’oie; encore le côté droit sur la poitrine manque-t-il. L’enfant serre l’oie sur sa poitrine et l’oiseau mord le pouce de l’autre main, qui s’est conservée adhérente au torse (1).

(1) Les reproductions nombreuses que l’antiquité nous a léguées de l’Enfant à l’Oie et auxquelles il faut joindre une charmante terre cuite trouvée en Cyrénaïque, de la collection Valtier de Bourville, ne nous permettent pas de douter que ce sujet , en apparence de fantaisie, ne fût la représentation d’une anecdote connue des an-

ciens ou d’un mythe célèbre. En effet, comme les monumens qui nous restent ne sont pas tous la reproduction d’un seul et même type, on ne saurait expliquer ces nombreuses représentations en admettant que quelque célèbre groupe avait souvent été reproduit.

( Alfred Maurj.)

DE L’EUROPE

i Zi 5

2228D. — Jeune homme et Oie, m. L. pl. 877 B. Mus. Borbon.

Statue trouvée à Pompéi, cle médiocre sculpture romaine, mais qui révèle, dit l’auteur du livret de Naples, l'existence d’un original de mérite.

Celte statue est d’une grande hauteur, même pour un Ephèbe.

La figure, toute nue et debout, se retourne à gauche et porte ses regards au loin.

Le bras droit est abaissé le long du corps et la main tient une grappe de raisin.

La main gauche tient une oie près de la hanche. Les jambes seules sont modernes.

Ses cheveux sont tressés cl donnent l’idée d’une perruque.

[Haut. 5 pal. 4 on ]

2228 E. — Jeune homme, m. gr. pl. 877 B. Musée Borbonico.

Statue de moins de trois palmes trouvée à Pompéi , et de médiocre sulpture romaine.

C’est un enfant tout nu, s’appuyant de l’avant-bras gauche sur un bermès de Priape, et tenant dans chaque main un fruit, qui paraît être une grosse prune ( sus in a ).

Ses cheveux, abondants, sont arrangés avec recherche et ceints d’un cordon colorié en minium (vermillon).

La statuette est intacte. [Haut. 2 pal. 7 on.l

2228 F. — Jeune homme,???, pl. 970 G. Mus. Borbonico.

Statue d’un peu plus de quatre palmes offrant un jeune homme debout, nu, dont l’attitude et le geste indiquent qu’il fait un discours.

L’expression de celte statue est pleine de vérité. La sculpture est romaine. Les parties modernes se. réduisent aux deux mains, à tout le milieu delà jambe gauche et à la partie inférieure du tronc d’arbre. [Haut. 4 pal. 6 on.]

2228 G. — Orateur, marbre, pl. 970 C. Musée de Madrid.

C’est un jeune homme nu, appuyé du coude gauche sur un Hermès formant pilastre , et qui est recouvert de sa chlamyde.

11 tient de cette main un volume; la main droite est abaissée.

La tête est antique, rapportée. Sont modernes : le bras droit, le milieu des deux cuisses et quelques fragmens. (Voir la gravure.) [Haut. 6 pi. 4 po.]

2229, 2 2 3 o , 2 2 3 o A. • — Enfans et Oies, m. pl. 877 et 877 A. Musées Pie-Clémentin et Florence.

Dans ces trois figures, un enfant assis élève la main droite et porte l’autre main sur une oie renversée sur la plinthe.

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