‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 102 sur 286 · PLACE DU CARROUSEL · texte numérisé non relu

PLACE DU CARROUSEL

Une tics parties tics Tuileries qui attirent le plus l’attention est sans contre- *1 i t l’arc de triomphe élevé en 1806 sur la place du Carrousel en mémoire des victoires remportées dans les années precedentes par les années françaises; mais c’est aussi celle qui , plus que toute autre , a etc' l’objet de l’e'Ioge et de la critique. MM. Percicr et Fontaine ont été les architectes de ce monument, à l’elegance duquel on ne peut rien reprocher sous le rapport des proportions, du plan et de l’élévation, ainsi que sous celui de la pureté des profils. Rien ne manque à sa construction, et les ornemens ont ete, dans toutes leurs parties, exécutés avec un goût et une netteté de travail qui feraient honneur meme à un édifice grec. Les bas-reliefs qui ornaient autrefois les differentes faces de l’arc de triomphe, et ceux qui les remplacent aujourd’hui, ont ete confies à des mains habiles, et tout s’est reuni pour faire de ce monument un morceau précieux d’architecture. Quant à ses dimensions et à la position qu’il occupe sur la place du Carrousel, peut-être , pour bien en juger, faudrait-il attendre que cette place fut terminée, et voir l’effet qu’il produira dans cet ensemble; c’est aussi le parti que je prends , et je m’abstiendrai d’entrer dans une discussion à ce sujet.

Les grands bas-reliefs en marbre qui décoraient autrefois l’arc de triomphe étaient de plusieurs sculpteurs (l). Du côte’ de la Seine, M. Le Sueur avait représente la Paix d’Amiens ; de lui est aussi une Victoire. En tournant vers les Tuileries, le premier bas-relief, l’Entrevue des empereurs de France et d’Autriche, était de M. Ramcy père; après venait la Paix de Presbourg , par M. Dumont; et l’Entrée à Munich, sculptée par Clodion (2), terminait

(1) La plupart de ces bas-refiefs ont été graves dans un recueil de sculptures antl(P «es et modernes, publie' en 1812 par MM. Vautbier et Lacour, qui les ont dessines et graves avec beaucoup de soin et de talent.

(2) Claude-Michel Clodion naquit à Nancy vers 1740, et mourut à Paris le 28 mars 1814. Dès ses premières années il annonça par ses heureuses dispositions pour les arts et surtout pour la sculpture ce qu’il serait un jour, et qu'ii ferait honneur à notre école, il fit ses premières études sous son oncle Lambert-Sigisbert Adam, l’un des meilleurs sculpteurs d’alors, à qui sa statue de Promet liée avait fait une grande réputation. Clodion ne fut pas heureux dans son premier concours, où il lutta, très-jeune encore, contre des rivaux

plus âgés et plus exercés; mais, l’année suivante, l’académie lui décerna le grand prix à l’unanimité des suffrages. Ses études a Rome eurent beaucoup de succès : il mettait du naturel dans ses ouvrages, quelquefois peut-être un peu trop lâchés, et il savait leur empreindre une grâce qui n’était qu’à lui, et à laquelle cependant on pouvait souvent reprocher un peu de mignardise. Les étrangers, qui affluaient alors à Rome, se disputaient ses productions; et ce fut, sans doute, outre le désir de se perfectionner, ce qui engagea Clodion , après avoir fini son temps de pensionnat,;! retourner dans cette ville, ou il fit un séjour de onze ans, dont il retira un grand avantage pour son talent. Ce sculpteur, qui composait et modelait avec une grande facilité, a beaucoup travaille :

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